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Chaque baptisé est invité à travailler à la croissance du règne de Dieu parmi les
hommes et les femmes de son temps. Mais comment être apôtre lorsqu’on est malade
ou infirme, quand on est en prison, ou tout simplement lorsque notre temps est monopolisé
par le travail et les soucis de la famille? Et quand on ne sait pas parler en public,
lorsqu’on ne connaît pas la théologie, si on n’ose pas se lancer dans la lecture
de la Bible (mieux vaudrait oser), doit-on renoncer à annoncer le Royaume?
Au Puy-en-Velay (France), de jeunes jésuites encore prisonniers de leurs livres
et de leurs cours auraient tant voulu déjà parcourir le monde en missionnaires.
Le jour de la fête de St François Xavier, patron des missions, le 3 décembre 1844,
le P. Gautrelet leur fit une conférence. Il leur dit qu’ils n’avaient pas besoin
d’attendre la fin de leurs études: "Soyez déjà missionnaires par votre prière, par
l’offrande de votre vie quotidienne. Priez pour les hommes que vous rencontrerez
demain. Tout homme est sauveur avec Jésus Sauveur".
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Les journées de ces religieux furent transformées par ces paroles. Ils redoublèrent
d’ardeur et vécurent profondément les travaux, les joies, les peines… qui se présentent
quotidiennement. Dans la prière, ils offraient tout cela à Dieu pour les intentions
qui étaient affichées au tableau de la communauté. Actuellement, dans plus de 90
pays, l’Apostolat de la Prière, reconnu par Pie IX en 1849, diffuse les intentions
mensuelles, l’une générale et l’autre missionnaire, dont le choix, pour être plus
universel, a été confié au Pape. Il repose sur quatre piliers: la prière, l'offrande
de la journée, le Coeur de Jésus et l'Eucharistie.
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« Une évidence se dégage de l'histoire de l'Apostolat de la Prière : sa
naissance et son origine sont intimement liées à l'Evangélisation, au désir missionnaire d'un
groupe de jeunes jésuites » (Peter-Hans Kolvenbach, sj, 1996)
Né en 1844 parmi les jeunes jésuites dans le sud de la France, l'Apostolat de la Prière se présentait
comme une réponse spirituelle à leur élan missionnaire à un moment où ils étaient contraints de rester
sur place pour étudier. Une question les taraudait : comment aider tout de suite, les missionnaires déjà
envoyés au loin, sans attendre leur propre départ? Comment leur vie actuelle, axée sur l’étude,
pouvait-elle devenir utile à l’annonce de l'Évangile aux limites des frontières de la foi ?
Leur accompagnateur spirituel, le Père Gautrelet, leur montra comment y parvenir par la prière, en
unissant leurs études et tout ce qu’ils faisaient avec ces missionnaires lointains. Ils devraient offrir
chaque jour au Père, en union avec le Cœur de Jésus, leur prière, leurs actes, leurs désirs, voire leurs
souffrances et leurs propres limites, pour le salut du monde. Même sans quitter leurs maisons et sans
voir les fruits de leur prière, ils soutenaient par leurs vies l’œuvre missionnaire de l’Eglise. Ils
comprirent que cette offrande ne pouvait se vivre que dans une intime communion avec le Christ. Dit
autrement, cette offrande quotidienne de soi-même était une réponse à son amour, la décision de suivre
Jésus-Christ, dans un profond amour pour Lui et dans la docilité à l'Esprit. En conséquence, toute leur
vie, jusque dans ses moindres détails, était en soi une mission. Tout faire pour Jésus-Christ, avec
Jésus-Christ et à la manière de Jésus-Christ, serait leur contribution la meilleure à la mission de
l'Église toute entière.
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Cette idée et cette proposition spirituelle fut appelée «l’Apostolat de la Prière». Elle s’est répandue
très vite parmi les catholiques de France, de l’Europe et du monde entier. La nouvelle initiative
n’aurait pas prospéré si le Père Gautrelet n’avait pas eu l’aide du jeune professeur de philosophie
Henri Ramière, sj, un des jeunes jésuites du groupe initial. Lui, - était un homme de grande capacité
intellectuelle, fervent et plein de zèle apostolique, et aussi avec un grand talent d’écrivain et
d’organisateur. Il fut le successeur du Père Gautrelet à la tête de l’AP pendant 24 ans. Au moment de
sa mort, en 1884, les centres de l’AP dans le monde étaient 35.000, comptant plus de 13 millions de
membres. Dans l’expansion de l’AP, le grand succès de sa revue officielle dans plusieurs nations,
le "Messager du Cœur de Jésus", a joué un rôle clé. Aujourd’hui, animés par l’AP, autour de
40 millions de personnes dans tous les continents prient pour les intentions du Pape et font chaque jour
l’offrande de leur vie au Père en union avec le Cœur de Jésus.
Vous trouverez une histoire plus complète de l’AP dans la section
Documents / Documents de base de l’AP dans
Histoire de l’Apostolat de la Prière (P. John L. Vessels, S.J.)
et
L'histoire de
l'Apostolat de la Prière (d’après ses Directeurs Généraux) (P. Peter-Hans Kolvenbach, S.J.).
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