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 Editorial
Chères amies et chers amis,
Voici l’édition spéciale de Prière et Servir présentant les intentions de prière du
Pape. Les thèmes que nous a proposés le Saint Père, sont importants et pressants. Bon
nombre d'entre eux nous alertent au sujet des sérieux défis provoqués par l'injustice
et la souffrance répandues et subies par plusieurs de nos frères et sœurs. Notre prière
constante et chaleureuse à ces intentions, unie à l’offrande de nos vies, montre la
magnifique vocation missionnaire de l'Apostolat de la prière. Pour nous, Apôtres de la
prière comme l’indique notre nom, notre prière sera toujours apostolique. L’offrande
quotidienne fait proprement de notre vie entière le contenu et le lieu de notre action
apostolique. Nous déclarons chaque matin notre volonté de faire tout pour Dieu, avec
Dieu et à la manière de Dieu. Nous offrons nos travaux, nos sacrifices et des prières
en solidarité avec les douleurs réelles des personnes, et avec les situations
difficiles que ces intentions évoquent. De cette façon, non seulement nous aidons
d'autres par une prière d'intercession efficace, mais nous nous aidons également
nous-mêmes, en élargissant nos cœurs et en ouvrant nos esprits au-delà de nos soucis
habituels. Nous devenons universels, unissant nos vies et notre prière aux besoins
pressants du monde. Alors, nous remercions le Saint Père qui, une fois encore, nous
invite à vivre notre vie chrétienne comme mission, au cœur de la grande mission
de l'Eglise.
P. Claudio Barriga, S.J.
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INTENTION GENERAL
Pour que les jeunes sachent utiliser les moyens modernes de communication sociale
pour leur croissance personnelle et pour mieux se préparer à servir la société.
A l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse
à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année: Nouvelles
technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet,
les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de
communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les
jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont
donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous,
adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la
communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui
font partie de cette génération digitale: je voudrais partager avec eux quelques idées sur
l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour
favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour
l'humanité: par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis
au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables,
et de toutes les communautés.
L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la
capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer,
de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde:
c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en
particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la
communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour
communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des
réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions.
De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication: les familles peuvent
rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs
peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes
scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux;
en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction
et de communication, qui contribuent au progrès social.
Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont
développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne
devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en
relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre
nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux
innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme
un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de
l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres
personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel
de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu,
le Dieu de la communication et de la communion.
Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture
contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et
constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité,
lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et
nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par
le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable
amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus: « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu,
de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton
prochain comme toi-même » (cf. Mc 12,30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles
technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le
contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en
circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde
émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect,
du dialogue, de l'amitié.
C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des
nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la
personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société,
ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et
donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité
humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.
Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents
pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se
rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes,
de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute
attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de
la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas
une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du
beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux,
c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie.
Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un
marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait
passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.
Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux
digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture
humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant
qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours
comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être
attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre
désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité
envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence
quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir
de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant
ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et
de réflexion nécessaires à un développement humain sain.
L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une
fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons
et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est
gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité
humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de
la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes
géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens
de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde
digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous.
Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication,
qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace,
n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés
ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui
se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.
Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les
exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous
à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles
s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle
de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait
la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher
les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles
technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate.
C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens
de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ».
Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains! Vous connaissez
leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions: le don le plus précieux que
vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait
homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde
où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens
dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes,
la foi peut apporter la réponse: soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec
sa bénédiction.
Benoît XVI
Message pour la 43ème Journée Mondiale des Communications Sociales
24 janvier 2009
© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
MESSAGE DU SAINT-PÈRE BENOÎT XVI POUR LA 41ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES - 24 janvier 2007
CONSEIL PONTIFICAL POUR LES COMMUNICATIONS SOCIALES - L'EGLISE ET INTERNET - 22 février 2002
POPE 2 YOU
COMMENTAIRE PASTORAL
Internet, ce procédé moderne, a commencé à se développer dans les années 80, mais durant cette décennie
son usage était encore limité à des cercles restreints. Il s’est répandu massivement il y a peu, dans
la décennie des années 90. L’énorme impact que ce réseau de communication exerce dans la société et dans
la culture constitue donc un phénomène très récent. Son existence a marqué une révolution technologique
et culturelle incontestable, à tel point que le Pape se réfère aux jeunes d’aujourd’hui comme à
"la génération digitale". La croissance du nombre des usagers d’Internet a augmenté au niveau mondial
de 300% entre les années 2000 et 2008. On prévoit qu’en 2011, 22% de la population mondiale utilisera
régulièrement Internet. Environ 76 % de la population des Etats-Unis sera "connectée". L’Inde, la Chine
et le Brésil connaîtront les rythmes de croissance les plus élevés dans l’incorporation de nouveaux usagers.
Les enfants et les adolescents sont à la tête de la quantité d’utilisateurs si nous distribuons ceux-ci
par tranches d’âges.
En plus du courrier électronique si populaire, nous trouvons sur le réseau tout type d’information,
de nouvelles, de clubs d’amis… jusqu’à la possibilité d’entrer dans un monde virtuel avec une identité
fictive pour vivre une deuxième vie, où l’on peut acheter des terrains, connaître des gens, participer
à des événements, etc., tous virtuels. La promotion de l’industrie du sexe occupe lamentablement des
centaines de milliers de pages d’Internet. Dans certains pays, 70% des jeunes hommes âgés de 18 à 34 ans
qui utilisent Internet visitent avec une certaine régularité des sites pornographiques. Ces derniers,
ainsi que des jeux vidéo et d’autres attractions du réseau rendent le développement de la dépendance
à Internet de plus en plus rapide, très fréquemment comme un échappatoire aux dures exigences de la vie
réelle.
Attentifs à en discerner les dangers, nous, les chrétiens, nous reconnaissons aussi dans les nouvelles
technologies digitales (qui incluent aussi la télévision et le téléphone portable) de grandes opportunités
de faire le bien. Le Pape nous dit qu’elles répondent à un désir de connexion et de communication, très
propre à l’être humain. Il nous invite à les utiliser afin de créer une culture du respect, du dialogue
et de l’amitié. Les possibilités technologiques de création de réseaux de mobilisation sociale en faveur
de causes nobles sont incomparablement supérieures maintenant au potentiel disponible en d’autres époques
de l’humanité. Le Pape encourage vivement les jeunes à utiliser ces moyens "pour leur croissance
personnelle et pour mieux se préparer à servir la société". Leur usage bien choisi doit les aider à être
des hommes et des femmes tournés vers les autres. Il reviendra à cette génération digitale, surtout,
d’utiliser avec créativité cette grande tribune universelle afin que le Royaume de Dieu soit chaque jour
plus réel et pas seulement une seconde vie virtuelle.
Voir d’autres statistiques Internet sur
http://www.internetworldstats.com/stats.htm
Je conclus en vous recommandant quelques sites de prière et de formation chrétienne auxquels nous
pouvons accéder par Internet:
Voir aussi:
Lectures de la messe du jour, ainsi que les lectures de la liturgie des heures
(Offices des lectures, Laudes, Tierce, Sexte et None, Vêpres et Complies): www.liturgiecatholique.org
Un Moment Sacré: http://www.unmomentsacre.com/
L'Evangile au Quotidien: http://www.dailygospel.org/main.php
La Bible numérique: http://www.biblegateway.com/
Vatican: www.vatican.va
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Quels sont les "moyens modernes de communication sociale" que j’utilise le plus et pourquoi?
M’ont-ils aidé à être meilleur et à rendre ce monde meilleur? Comment?
Quel sont, à mon avis, l’aspect le plus positif et l’aspect le plus négatif d’Internet?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Qo 3,1-8: Pour tout il y a un moment (Ecclésiaste)
Mt 28,16-20: L’annonce de la bonne nouvelle.
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que tout croyant dans le Christ prenne conscience du fait que l’unité entre
tous les chrétiens constitue une condition pour rendre l’annonce de l’Evangile plus efficace.
Au Cardinal Peter ERDO
Président du Conseil des Conférences épiscopales d'Europe
et au Pasteur Jean-Arnold DE CLERMONT
Président de la Conférence des Eglises d'Europe
C'est avec joie que j'adresse mes salutations à tous les délégués et participants à la Troisième Assemblée
œcuménique européenne à Sibiu, qui réfléchit sur un thème important pour la nouvelle évangélisation en Europe,
"La lumière du Christ resplendit sur tous les hommes. L'espérance du renouveau et de l'unité en Europe", et qui
s'est fixé comme tâche de "reconnaître une nouvelle lumière dans le Christ crucifié et ressuscité pour favoriser
la voie de la réconciliation entre les chrétiens en Europe".
Je présente mes salutations à chacun de vous et, à travers vous, au Conseil des Conférences épiscopales
d'Europe et à la Conférence des Eglises d'Europe. Je regarde cette importante rencontre avec la vive espérance
qu'elle fasse progresser le chemin œcuménique vers la recomposition de l'unité pleine et visible de tous les
chrétiens. En effet, il s'agit d'une priorité pastorale que j'ai désiré souligner dès le début de mon Pontificat.
L'engagement dans la recherche de l'unité visible de tous les chrétiens est essentielle, afin que la lumière du
Christ puisse resplendir sur tous les hommes.
Avec le Concile Vatican II, comme l'a observé mon vénéré Prédécesseur le Pape Jean-Paul II, "l'Eglise catholique
s'est engagée de manière irréversible à prendre la voie de la recherche œcuménique, se mettant ainsi à l'écoute
de l'Esprit du Seigneur qui apprend à lire attentivement les signes des temps" (Ut unum sint, n. 3).
"Croire au Christ signifie vouloir l'unité, vouloir l'unité signifie vouloir l'Eglise" (ibid., n. 9).
Consciente de cela, l'Eglise catholique poursuivra avec confiance le chemin de la communion et de l'unité
des chrétiens, un chemin certainement difficile, mais porteur de grande joie (cf. ibid., n. 2).
Combien de "signes des temps" nous ont soutenus et encouragés à poursuivre cette route, au cours des décennies
passées et durant les précédentes Assemblées œcuméniques européennes de Bâle (1989) et de Graz (1997),
jusqu'à la signature de la Charte œcuménique à Strasbourg en 2001! Les nombreuses rencontres et célébrations
œcuméniques, avec le travail patient du dialogue théologique au niveau local et international, nous ont elles
aussi offert des signes encourageants et nous ont fait "prendre une conscience plus vive de l'Eglise comme
mystère d'unité" (Novo millennio ineunte, n. 48). Le véritable dialogue se tisse là où il n'y a pas que la parole,
mais également l'écoute, et où, dans l'écoute, a lieu la rencontre, dans la rencontre, la relation et,
dans la relation, la compréhension entendue comme approfondissement et transformation de notre être chrétiens.
Le dialogue ne concerne donc pas seulement le domaine du savoir et de ce que nous sommes capables de faire.
Il fait plutôt parler la personne croyante, ou mieux, le Seigneur lui-même parmi nous.
Deux éléments doivent nous orienter dans notre engagement: le dialogue de la vérité et la rencontre sous le
signe de la fraternité. Tous deux ont besoin de l'œcuménisme spirituel comme fondement. Le Concile Vatican II
avait déjà noté: "Cette conversion du cœur et cette sainteté de vie, unie aux prières publiques et privées pour
l'unité des chrétiens, doivent être regardées comme l'âme de tout œcuménisme" (Unitatis redintegratio, n. 8).
La prière pour l'unité représente la voie royale vers l'œcuménisme. Elle permet aux chrétiens d'Europe de regarder
avec des yeux nouveaux le Christ et l'unité de son Eglise. En outre, elle nous rend capables d'affronter avec
courage les souvenirs douloureux dont l'histoire européenne ne manque pas, ainsi que les problèmes sociaux à
l'ère du relativisme aujourd'hui largement prédominant. A chaque époque, des hommes et des femmes de prière, dont
font partie de nombreux témoins de la foi de toutes les confessions, ont été les principaux artisans de la
réconciliation et de l'unité. Ils ont inspiré les chrétiens divisés à rechercher le chemin de la réconciliation
et de l'unité.
Nous chrétiens, nous devons être conscients de la tâche qui nous a été confiée, qui est celle d'apporter à
l'Europe et au monde la voix de Celui qui a dit: "Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera
pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie" (Jn 8, 12). Notre tâche est de faire resplendir la lumière du
Christ devant les hommes et les femmes d'aujourd'hui: non pas notre lumière, mais celle du Christ. Demandons alors
à Dieu l'unité et la paix pour les Européens et montrons-nous prêts à contribuer à un véritable progrès de la société
en Europe, en Orient et en Occident. Je suis convaincu que la rencontre de Sibiu offrira des idées précieuses pour
poursuivre et intensifier la vocation spécifique de l'Europe, des idées qui doivent ensuite aider à construire
un avenir meilleur pour sa population.
Je souhaite à la Troisième Assemblée œcuménique européenne de Sibiu, de réussir à créer des lieux de rencontre
pour l'unité dans la diversité légitime. Dans une atmosphère de confiance réciproque et avec la conscience
que nos racines communes sont beaucoup plus profondes que nos divisions, il sera possible de briser une fausse
autosuffisance et de surmonter le sentiment d'être étrangers, en faisant spirituellement l'expérience du fondement
commun de notre foi. L'Europe a besoin de lieux de rencontre et d'expériences d'unité dans la foi guidés par l'Esprit.
J'invoque Dieu pour que, à travers son Esprit, il fasse que votre assemblée de Sibiu devienne un tel lieu.
Que la lumière du Christ illumine le chemin du continent européen! Que le Seigneur bénisse vos familles,
les communautés, les Eglises et tous ceux qui, dans chaque région d'Europe, se professent disciples du Christ.
Benoît XVI
Lettre aux participants à la III Assemblée OEcuménique Européenne
par le Conseil des Conférence des Églises d'Europe
et du Conseil des Conférences Épiscopales d'Europe
20 août 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
"Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique" prions-nous dans le Credo chaque dimanche.
L’unité de l’Eglise est un de ses attributs caractéristiques. Chaque fois que nous montrons entre chrétiens des
divisions et des bagarres, nous opposons un véritable obstacle à l’efficacité de la proclamation de l’Evangile.
L’intention missionnaire pour ce mois constitue un appel de plus du Saint-Père à prier et à travailler pour
l’unité nécessaire entre les chrétiens.
Nous ne pouvons pas banaliser la gravité de cette situation objective de division.
Nous avons enregistré des progrès encourageants, comme l’accord avec les orthodoxes en 1997 sur la primauté de
l’évêque de Rome et la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification avec les luthériens en 1999.
La récupération de la fraternité entre les différentes Eglises chrétiennes au cours des quatre dernières décennies
peut certainement laisser en nous un sentiment de gratitude.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir pour parvenir au souhait de Notre Seigneur exprimé en
Jean 17, 20-23: Que tous soient un. Il sera ardu pour beaucoup de croire "en" Christ si par nos actes nous
rendons difficile de croire "au" Christ. Il nous a demandé de demeurer unis à Lui et unis entre nous.
Le monde ne croira pas qu’Il est l’envoyé du Père et que le Père aime tous les hommes autant que Lui, si nous,
ses disciples, nous contredisons cela. Les paroles dites par le Mahatma Gandhi nous secouent encore:
« Si les chrétiens vivaient selon le message qu’ils proclament, je serais chrétien ».
L’unité visible de l’Eglise doit montrer son identité d’être "dans le Christ, en quelque sorte le sacrement,
c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain"
(LG 1, dans Vatican II). Comment être signe et moyen d’unité si nous ne nous aimons pas? Le Décret sur l’oecuménisme
du même Concile (1a) dit ceci: « Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des buts
principaux du saint Concile oecuménique de Vatican II ».
Notre engagement oecuménique exigera que nous travaillions avec une énorme honnêteté et à partir de la claire
affirmation de notre identité, mais encouragés par la certitude que ce qui nous unit est beaucoup plus important
que ce qui nous divise. L’Eglise grandira non par prosélytisme mais par attraction, comme le Christ attire tous
à Lui par la force de son amour. L’Eglise attire lorsqu’elle vit en communion, car les disciples de Jésus seront
reconnus s’ils s’aiment les uns les autres comme Il nous a aimés (Rm 12,4-13; Jn 13,14).
Voir aussi:
Unitatis Redintegratio, n.3;
Orientalium Ecclesiarum, n. 26;
Lumen Gentium n.8;
Ut unum sint, n. 58.
ANGELUS: FÊTE DE LA CONVERSION DE SAINT PAUL
ET CONCLUSION DE LA SEMAINE DE PRIÈRE POUR L'UNITÉ DES CHRÉTIENS - 25 janvier 2009
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS À LA RÉUNION DE LA COMMISSION MIXTE INTERNATIONALE
POUR LE DIALOGUE THÉOLOGIQUE ENTRE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
ET LES ÉGLISES ORTHODOXES ORIENTALES - 30 janvier 2009
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
A UNE DÉLÉGATION ŒCUMÉNIQUE DE FINLANDE
À L'OCCASION DE LA FÊTE DEI SAINT HENRIK - 19 janvier 2009
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INTENTION GENERAL
Pour tous les hommes de science et les hommes de culture, pour qu’à travers la
recherche sincère de la vérité, ils puissent parvenir à la connaissance de l’unique vrai Dieu.
[...]
Avec dix ans de recul, un regard attentif sur l'encyclique Fides et ratio permet d'en saisir avec
admiration l'actualité durable: dans celle-ci apparaît la profondeur clairvoyante de mon inoubliable
prédécesseur. En effet, l'encyclique se caractérise par sa grande ouverture à l'égard de la raison,
en particulier à une période où on en théorise la faiblesse. Jean-Paul ii souligne en revanche
l'importance de conjuguer la foi et la raison dans leur relation réciproque, tout en respectant la
sphère d'autonomie propre à chacune. Avec ce magistère, l'Eglise s'est faite l'interprète d'une
exigence naissante dans le contexte culturel actuel. Elle a voulu défendre la force de la raison et
sa capacité d'atteindre la vérité, en présentant à nouveau la foi comme une forme particulière de
connaissance, grâce à laquelle on s'ouvre à la vérité de la Révélation (cf. Fides et ratio, n. 13).
On lit dans l'encyclique qu'il faut avoir confiance dans les capacités de la raison humaine et ne
pas se fixer des objectifs trop modestes: "C'est la foi qui incite la raison à sortir de son
isolement et à prendre volontiers des risques pour tout ce qui est beau, bon et vrai. La foi se fait
ainsi l'avocat convaincu et convaincant de la raison" (n. 56). Le temps écoulé manifeste, du reste,
quels sont les objectifs que la raison, soutenue par la passion pour la vérité, a su atteindre.
Qui pourrait nier la contribution que les grands systèmes philosophiques ont apporté au
développement de l'auto-conscience de l'homme et au progrès des différentes cultures? Celles-ci,
par ailleurs, deviennent fécondes quand elles s'ouvrent à la vérité, permettant à ceux qui y
participent d'atteindre des objectifs qui rendent la vie sociale toujours plus humaine.
La recherche de la vérité porte ses fruits en particulier quand elle est soutenue par l'amour de
la vérité. Saint Augustin a écrit: "Ce que l'on possède avec l'esprit s'obtient en le
connaissant, mais aucun bien n'est parfaitement connu si l'on n'aime pas parfaitement"
(De diversis quaestionibus, 35, 2).
Toutefois, nous ne pouvons pas nous cacher qu'un glissement a eu lieu, d'une pensée en grande
partie spéculative à une pensée le plus souvent expérimentale. La recherche s'est en particulier
tournée vers l'observation de la nature, dans la tentative d'en découvrir les secrets. Le désir de
connaître la nature s'est ensuite transformé dans la volonté de la reproduire. Ce changement
n'a pas été indolore: l'évolution des concepts a entaché la relation entre la fides et la ratio, avec
la conséquence de conduire l'une et l'autre à suivre des voies différentes. La conquête scientifique
et technologique, avec laquelle la fides est toujours davantage appelée à se confronter, a modifié
l'antique concept de ratio; d'une certaine manière, elle a mis en marge la raison qui recherchait
la vérité ultime des choses pour laisser place à une raison qui se contentait de découvrir la vérité
contingente des lois de la nature. La recherche scientifique a certainement une valeur positive.
La découverte et le développement des sciences mathématiques, physiques, chimiques et des sciences
appliquées sont le fruit de la raison et expriment l'intelligence avec laquelle l'homme réussit à
pénétrer dans la profondeur de la création. La foi, pour sa part, ne craint pas le progrès de la
science et les développements auxquels ses conquêtes conduisent lorsque celles-ci sont finalisées à
l'homme, à son bien-être et au progrès de toute l'humanité. Comme le rappelait l'auteur inconnu de la
Lettre à Diognète: "Ce n'est pas l'arbre de la science qui tue, mais la désobéissance. Il n'y a pas
de vie sans science, ni science sûre sans vie véritable" (xii, 2.4).
Il arrive cependant que les scientifiques n'orientent pas toujours leurs recherches vers ces
objectifs. Le gain facile ou, pire encore, l'arrogance de remplacer le Créateur jouent parfois un
rôle déterminant. Il s'agit d'une forme d'hybris de la raison, qui peut assumer des caractéristiques
dangereuses pour l'humanité elle-même. La science, par ailleurs, n'est pas en mesure d'élaborer des
principes éthiques; elle peut seulement les accueillir en elle et les reconnaître comme nécessaires
pour faire disparaître ses éventuelles pathologies. La philosophie et la théologie deviennent, dans
ce contexte, des aides indispensables avec lesquelles il faut se confronter pour éviter que la science
n'avance toute seule sur un sentier tortueux, plein d'imprévus et qui n'est pas privé de risques.
Cela ne signifie pas du tout limiter la recherche scientifique ou empêcher la technique de produire
des instruments de développement; cela consiste plutôt à garder en éveil le sens de responsabilité
que la raison et la foi possèdent à l'égard de la science, pour qu'elle demeure dans le sillon de son
service à l'homme.
La leçon de saint Augustin est toujours riche de signification, également dans le contexte actuel:
"A quoi parvient - se demande le saint Evêque d'Hippone - celui qui sait bien utiliser la raison,
sinon à la vérité? Ce n'est pas la vérité qui parvient à elle-même avec le raisonnement, mais c'est
elle que recherchent ceux qui utilisent la raison... Confesse que tu n'es pas toi-même ce qui est
la vérité, car celle-ci ne se cherche pas elle-même; toi, en revanche, tu es parvenu à elle non pas
en passant d'un lieu à l'autre, mais en la recherchant avec la disposition de l'esprit"
(De vera religione, 39, 72). Ce qui revient à dire: quel que soit le lieu où se déroule la recherche
de la vérité, celle-ci demeure comme une donnée qui est offerte et qui peut être reconnue comme déjà
présente dans la nature. En effet, l'intelligibilité de la création n'est pas le fruit de l'effort du
scientifique, mais la condition qui lui est offerte pour lui permettre de découvrir la vérité qui
y est présente. "Le raisonnement ne crée pas ces vérités - poursuit Augustin dans sa réflexion - mais
les découvre. Celles-ci existent donc en elles-mêmes, avant encore d'être découvertes et, une fois
découvertes, elles nous renouvellent" (ibid., 39, 73). La raison, en somme, doit pleinement accomplir
son parcours, forte de son autonomie et de sa riche tradition de pensée.
Par ailleurs, la raison sent et découvre que, outre ce qu'elle a déjà atteint et conquis, il existe
une vérité qu'elle ne pourra jamais découvrir en partant d'elle-même, mais seulement recevoir comme
un don gratuit. La vérité de la Révélation ne se superpose pas à celle qui est atteinte par la raison;
elle purifie plutôt la raison et l'élève, lui permettant ainsi d'élargir ses propres espaces pour
s'insérer dans un domaine de recherche insondable comme le mystère lui-même. La vérité révélée,
dans la "plénitude des temps" (Ga 4, 4), a pris le visage d'une personne, Jésus de Nazareth, qui
apporte la réponse ultime et définitive à la question de sens que se pose chaque homme. La vérité
du Christ, dans la mesure où elle touche chaque personne à la recherche de joie, de bonheur et de
sens, dépasse de beaucoup toute autre vérité que la raison peut trouver. C'est donc autour du mystère,
que la fides et la ratio trouvent la possibilité réelle d'un parcours commun. [...]
Benoît XVI
Au Congrès organisé par l'Université Pontificale du Latran
pour le X anniversaire de l'Encyclique "Fides et Ratio"
16 Octobre 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Fait véridique survenu en 1892, faisant aujourd’hui partie d’une biographie.
Un homme d’environ 70 ans voyageait en train, ayant à ses côtés un jeune universitaire qui lisait
son livre de sciences. Le monsieur, pour sa part, lisait un livre à la couverture noire. C’est alors
que le jeune s’aperçut qu’il s’agissait de la Bible et qu’elle était ouverte à l’Evangile de Marc.
Sans faire de cérémonie, le jeune homme interrompit la lecture du vieil homme et lui demanda:
- Monsieur, vous croyez encore à ce livre plein de fables et de contes?
- Oui, mais ce n’est pas un livre de contes, c’est la Parole de Dieu. Est-ce que je me trompe?
- Mais bien sûr. Je crois que vous devriez étudier l’Histoire universelle. Vous verriez que la
Révolution française, survenue il y a plus de 100 ans, dénonça la myopie de la religion. Seules des
personnes sans culture croient encore que Dieu a fait le monde en 6 jours. Vous devriez savoir un
peu mieux ce que nos hommes de science disent de tout ceci.
- Et… c’est vraiment çà que nos hommes de science disent de la Bible?
- Bon, comme je descends à la prochaine gare, je n’ai pas le temps de vous expliquer, mais
laissez-moi votre carte de visite avec votre adresse et je vous enverrai du matériel scientifique
par le courrier le plus rapide.
Alors, avec beaucoup de patience, le vieil homme ouvrit soigneusement la poche droite de son sac
de voyage et donna sa carte de visite au jeune homme. Lorsque celui-ci lut ce qui s’y trouvait écrit,
il sortit la tête basse, se sentant plus petit qu’une amibe. La carte de visite disait ceci:
Professeur Docteur Louis Pasteur, Directeur national de l’Institut de recherches scientifiques,
Université nationale de France
" Un peu de science nous éloigne de Dieu. Beaucoup nous en rapproche ". Louis Pasteur
La beauté et l’extension que le savoir scientifique a atteint en cette époque nous permettent de
nous sentir comblés d’étonnement au dévoilement des confins de l’univers et à l’examen détaillé des
particules les plus petites, les plus élémentaires de la matière. Pour leur généreux dévouement,
nous sommes reconnaissants au grand nombre d’hommes et de femmes de science qui nous ont ouvert les
domaines du savoir humain. La capacité scientifique appliquée au bénéfice de l’être humain a rendu
possible de grands progrès techniques qui ont amélioré la vie des personnes.
Mais la science s’écarte de son rôle spécifique lorsqu’elle se dresse comme l’unique savoir valable
et légitime et qu’elle prétend disqualifier toutes les autres sources du savoir. Même à notre époque,
des voix se font entendre, provenant surtout du milieu scientifique, qui vont jusqu’à douter que
l’on puisse affirmer l’existence de Dieu sans cesser d’être rigoureux dans les découvertes de
la science. Il n’y a pas si longtemps, Stephen Hawking alla jusqu’à dire que "la science ne laisse
pas beaucoup de place à Dieu ".
A partir d’une théologie rénovée, nous avons appris qu’il n’y a pas de contradiction entre la
science et la foi, car toutes deux apportent des perspectives distinctes et complémentaires entre
elles. Les deux savoirs ont leur autonomie qui doit être respectée. Tous deux sont au service de
la vie humaine intégrale et du bien-être de tous. La science doit demeurer ouverte et prête à se
laisser guider par une raison éthique illuminée par la foi, qui orientera ses progrès en accord avec
les critères de la justice et du bien commun. Il y a, dans l’histoire, de tristes exemples des graves
aberrations que l’on a commises lorsque le savoir scientifique n’a pas été accompagné du jugement
éthique.
Nous savons que la logique scientifique seule n’est pas capable de répondre aux questions les
plus profondes et pressantes du coeur humain. De fait, malgré les énormes progrès scientifiques
atteints, encore un tiers de l’humanité souffre la faim, un quart n’a même pas accès à l’eau potable.
Cela montre que le savoir scientifique et technique ne suffit pas pour résoudre les problèmes.
D’autres savoirs sont nécessaires, qui garantissent le bon usage des ressources et la juste
distribution des opportunités que le progrès nous offre.
L’intention de prière du Saint-Père pour ce mois invite l’homme de science à convertir son
étonnement en adoration capable de reconnaître l’empreinte de Dieu dans l’ampleur et la beauté
d’une création qui le surpasse. Elle l’invite en outre à persévérer dans la recherche sincère
de la vérité, qui sera toujours un chemin qui mène à Dieu.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
En quoi consiste la " recherche sincère de la vérité " que le Pape demande aux hommes de science?
Que serait le contraire de cela?
Est-il possible de trouver Dieu à partir de la contemplation de la nature?
Quels exemples puis-je avancer des occasions où la science a servi à faire du tort à l’humanité au lieu de construire le véritable progrès?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Rm 1:18-25: Dieu se manifeste dans la création
Mt 16:1-4: Interpréter les signes des temps.
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que l’Eglise, consciente de sa propre identité missionnaire, s’efforce de suivre
fidèlement le Christ et de proclamer son Evangile à tous les peuples.
A l'occasion de la prochaine Journée mondiale des Missions, je voudrais inviter le Peuple de Dieu
tout entier - pasteurs, prêtres, religieux, religieuses et laïcs - à une réflexion commune sur
l'urgence et sur l'importance que revêt, à notre époque également, l'action missionnaire de l'Eglise.
Les paroles à travers lesquelles Jésus Christ, crucifié et ressuscité, avant de monter au Ciel,
confia aux Apôtres le mandat missionnaire: "Allez, de toutes les nations faites des disciples,
les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que
je vous ai prescrit", ne cessent en effet de résonner, comme un rappel universel et un appel ardent.
Et il ajouta: "Et voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 19-20). Dans l'œuvre
exigeante d'évangélisation, nous accompagne et nous soutient la certitude que Lui, le maître de la
moisson, est avec nous et guide sans cesse son peuple. Le Christ est la source inépuisable de la
mission de l'Eglise. Cette année, en outre, un motif supplémentaire nous pousse à un engagement
missionnaire renouvelé: nous célébrons en effet le 50 anniversaire de l'Encyclique du Serviteur
de Dieu Pie XII Fidei donum, par laquelle fut promue et encouragée la coopération entre les Eglises
pour la mission ad gentes.
"Toutes les Eglises pour le monde entier": tel est le thème choisi pour la prochaine Journée
mondiale des Missions. Celui-ci invite les Eglises locales de tous les continents à une conscience
partagée de la nécessité urgente de relancer l'action missionnaire face aux multiples et graves
défis de notre temps. Les conditions dans lesquelles vit l'humanité ont certainement changé, et
au cours des dernières décennies, un grand effort a été accompli pour la diffusion de l'Evangile,
en particulier à partir du Concile Vatican II. Il reste toutefois encore beaucoup à faire pour
répondre à l'appel missionnaire que le Seigneur ne se lasse pas d'adresser à tous les baptisés.
Il continue d'appeler en premier lieu les Eglises dites d'antique tradition, qui, par le passé,
ont fourni aux missions, au-delà des moyens matériels, également un nombre important de prêtres,
de religieux, de religieuses et de laïcs, donnant lieu à une coopération efficace entre communautés
chrétiennes. De cette coopération sont nés d'abondants fruits apostoliques tant pour les jeunes
Eglises en terre de mission, que pour les réalités ecclésiales dont provenaient les missionnaires.
Face à l'avancée de la culture sécularisée, qui semble parfois pénétrer toujours plus les sociétés
occidentales, et en considérant en outre la crise de la famille, la diminution des vocations et le
vieillissement progressif du clergé, ces Eglises courent le risque de se refermer sur elles-mêmes,
de regarder l'avenir avec moins d'espérance et de ralentir leurs efforts missionnaires. Mais le
moment est précisément venu de s'ouvrir avec confiance à la Providence de Dieu, qui n'abandonne
jamais son Peuple et qui, avec la puissance de l'Esprit Saint, le guide vers l'accomplissement de
son dessein éternel de salut.
Le Bon Pasteur invite également les Eglises de récente évangélisation à se consacrer généreusement
à la missio ad gentes. Bien qu'elles rencontrent de nombreuses difficultés et obstacles dans leur
développement, ces communautés sont en croissance constante. Heureusement, certaines d'entre elles
connaissent une abondance de prêtres et de personnes consacrées, dont un grand nombre, en dépit des
nombreuses nécessités in loco, sont toutefois envoyés pour accomplir leur service apostolique
ailleurs et également dans les terres d'ancienne évangélisation. On assiste de cette façon à un
"échange de dons" providentiel, qui va au bénéfice de tout le Corps mystique du Christ. Je souhaite
vivement que la coopération missionnaire s'intensifie, en valorisant les potentialités et les
charismes de chacun. Je souhaite, en outre, que la Journée mondiale des Missions contribue à rendre
toutes les communautés chrétiennes et chaque baptisé toujours plus conscients de l'universalité de
l'appel du Christ à diffuser son Royaume jusqu'aux extrémités de la planète. "L'Eglise est
missionnaire par nature - écrit Jean-Paul II dans l'Encyclique Redemptoris missio - car le précepte
du Christ n'est pas quelque chose de contingent ni d'extérieur, mais il est au cœur même de l'Eglise.
Il en résulte que toute l'Eglise, que chaque Eglise, est envoyée aux païens. Les jeunes Eglises
elles-mêmes, précisément pour que ce zèle missionnaire fleurisse chez les membres de leur patrie,
doivent dès que possible, participer effectivement à la mission universelle de l'Eglise en envoyant
elles aussi des missionnaires pour annoncer l'Evangile par toute la terre, même si elles souffrent
d'une pénurie du clergé" (n. 62).
Cinquante ans après l'appel historique de mon prédécesseur Pie XII avec l'Encyclique Fidei donum,
en vue d'une coopération entre les Eglises au service de la mission, je voudrais répéter que l'annonce
de l'Evangile continue de revêtir un caractère actuel et urgent. Dans l'Encyclique citée Redemptoris
missio, le Pape Jean-Paul II, pour sa part, reconnaissait que "la mission de l'Eglise est plus large
que la "communion entre les Eglises": elle doit non seulement assurer l'aide pour la
ré-évangélisation, mais aussi et surtout être orientée dans le sens de l'activité spécifiquement
missionnaire" (n. 64). L'engagement missionnaire reste donc, comme je l'ai répété à plusieurs reprises,
le premier service que l'Eglise doit à l'humanité d'aujourd'hui, pour orienter et évangéliser les
transformations culturelles, sociales et éthiques; pour offrir le salut du Christ à l'homme de notre
temps, dans de nombreuses régions du monde humilié et opprimé à cause des formes de pauvreté endémiques,
de la violence, de la négation systématique des droits de l'homme.
L'Eglise ne peut se soustraire à cette mission universelle; celle-ci revêt pour elle une forme
d'obligation. Le Christ ayant confié en premier lieu à Pierre et aux Apôtres le mandat missionnaire,
celui-ci revient aujourd'hui avant tout au Successeur de Pierre, que la Providence divine a choisi
comme fondement visible de l'unité de l'Eglise, et aux Evêques directement responsables de
l'évangélisation, tant comme membres du Collège épiscopal que comme pasteurs des Eglises particulières
(cf. Redemptoris missio, n. 63). Je m'adresse donc aux Pasteurs de toutes les Eglises, placés par
le Seigneur à la tête de son unique troupeau, afin qu'ils partagent la préoccupation de l'annonce et
de la diffusion de l'Evangile. Ce fut précisément cette préoccupation qui poussa, il y a cinquante ans,
le Serviteur de Dieu Pie XII à rendre la coopération missionnaire plus conforme aux exigences des
temps. En particulier face aux perspectives de l'évangélisation, il demanda aux communautés d'ancienne
évangélisation d'envoyer les prêtres pour soutenir les Eglises de fondation récente. Il donna ainsi
vie à un nouveau "sujet missionnaire", qui tira précisément le nom de "Fidei donum" des premières
paroles de l'Encyclique. Il écrivit à ce propos: "Aussi bien, considérant la foule innombrable de
nos fils qui spécialement dans les pays d'ancienne chrétienté, bénéficient des richesses surnaturelles
de la foi et, par ailleurs, la foule plus innombrable encore de ceux qui attendent toujours le message
du salut, Nous voulons vous exhorter instamment, Vénérables Frères, à soutenir par votre zèle la cause
sacrée de l'expansion de l'Eglise dans le monde". Et il ajouta: "Dieu veuille qu'à notre appel
l'esprit missionnaire pénètre plus profondément au cœur de tous les prêtres et, par leur ministère,
enflamme tous les fidèles!" (AAS XLIX 1957, 226).
Rendons grâce au Seigneur pour les fruits abondants de cette coopération missionnaire en Afrique
et dans d'autres régions de la terre. D'innombrables prêtres, après avoir quitté leurs communautés
d'origine, ont placé leurs énergies apostoliques au service de communautés parfois à peine nées,
dans des régions pauvres et en voie de développement. Parmi eux figurent de nombreux martyrs qui,
au témoignage de la parole et au dévouement apostolique, ont uni le sacrifice de leur vie. Nous ne
pouvons pas non plus oublier les nombreux religieux, religieuses et laïcs volontaires qui, avec les
prêtres, se sont prodigués pour diffuser l'Evangile jusqu'aux extrémités du monde. Que la Journée
mondiale des Missions soit une occasion de nous souvenir dans la prière de nos frères et sœurs
dans la foi, ainsi que de tous ceux qui continuent de se prodiguer dans le vaste domaine missionnaire.
Nous demandons à Dieu que leur exemple suscite partout de nouvelles vocations et une conscience
missionnaire renouvelée chez le peuple chrétien. En effet, chaque communauté chrétienne naît
missionnaire, et c'est précisément sur la base du courage d'évangéliser que se mesure l'amour des
croyants pour leur Seigneur. Nous pourrions ainsi dire que, pour les fidèles, il ne s'agit plus
simplement de collaborer à l'activité d'évangélisation, mais de se sentir eux-mêmes protagonistes et
coresponsables de la mission de l'Eglise. Cette coresponsabilité exige que croisse la communion entre
les communautés et que s'intensifie l'aide réciproque en ce qui concerne tant le personnel
(prêtres, religieux, religieuses et laïcs volontaires) que l'utilisation des moyens aujourd'hui
nécessaires pour évangéliser.
Chers frères et sœurs, le mandat missionnaire confié par le Christ aux Apôtres nous concerne
véritablement tous. Que la Journée mondiale des Missions soit donc une occasion propice pour en
prendre plus profondément conscience et pour préparer ensemble des itinéraires spirituels et de
formation appropriés qui favorisent la coopération entre les Eglises et la préparation de nouveaux
missionnaires pour la diffusion de l'Evangile à notre époque. N'oublions pas, toutefois, que la
contribution première et prioritaire que nous sommes appelés à offrir à l'action missionnaire de
l'Eglise, est la prière. "La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux - dit le Seigneur -.
Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" (Lc 10, 2). "Priez donc,
vénérables frères et chers fils - écrivait, il y a cinquante ans, le Pape Pie XII de vénérée
mémoire -; priez davantage. Souvenez-vous des immenses besoins spirituels de tant de peuples encore
si éloignés de la vraie foi ou si démunis de secours pour y persévérer" (AAS, cit. p. 240). Et il
exhortait à multiplier les Messes célébrées pour les Missions, observant que "ces intentions sont
celles mêmes du Seigneur, qui aime son Eglise et la voudrait répandue et florissante en tous lieux
de la terre" (ibid., p. 239).
Dear brothers and sisters, I also renew this invitation, which is more timely than ever.
May the unanimous invocation of the "Our Father who art in Heaven" be extended in every community,
so that his Kingdom will come on earth.
I appeal in particular to children and young people, who are always ready and generous in their
missionary outreach. I address the sick and the suffering, recalling the value of their mysterious
and indispensable collaboration in the work of salvation. I ask consecrated people, especially those
in cloistered monasteries, to intensify their prayers for the missions.
Chers frères et sœurs, je renouvelle moi aussi cette invitation plus que jamais actuelle.
Que dans toutes les communautés s'étende l'invitation commune à "Notre Père qui est aux Cieux"
afin que vienne son Royaume sur terre. Je fais appel en particulier aux enfants et aux jeunes,
toujours prêts à de généreux élans missionnaires. Je m'adresse aux malades et aux personnes
souffrantes, en rappelant la valeur de leur collaboration mystérieuse et indispensable à l'œuvre
du salut. Je demande aux personnes consacrées et en particulier aux monastères de clôture
d'intensifier leur prière pour les missions. Que grâce à l'engagement de chaque croyant s'étende dans
toute l'Eglise le réseau spirituel de la prière au service de l'évangélisation. Que la Vierge Marie,
qui a accompagné avec une sollicitude maternelle le chemin de l'Eglise naissante, guide nos pas
également à notre époque et nous obtienne une nouvelle Pentecôte d'amour. Qu'en particulier, elle
nous rende tous conscients d'être missionnaires, c'est-à-dire envoyés par le Seigneur pour être des
témoins à tout moment de notre existence. J'assure les prêtres, "Fidei donum", les religieux, les
religieuses, les laïcs volontaires engagés sur les frontières de l'évangélisation, ainsi que tous
ceux qui, de diverses façons, se consacrent à l'annonce de l'Evangile, de mon souvenir quotidien dans
la prière, tandis que je donne à tous avec affection la Bénédiction apostolique.
Benoît XVI
Solennité de Pentecôte
27 mai 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Chaque mois, le Pape nous présente une intention générale et une autre, missionnaire.
Pourquoi sont-elles différentes ? La seconde, l’intention missionnaire, nous rappelle cette dimension
inéluctable de la foi, et elle la renforce. Auparavant, l’identification des " pays de mission ",
normalement lointains, pour lesquels les catholiques de l’autre partie du monde priaient spécialement,
était claire. Pour renforcer cette idée parurent dès 1925 les intentions missionnaires du Pape.
Elles s’ajoutèrent chaque mois à l’intention générale que l’Apostolat de la Prière promouvait déjà depuis
1890.
Aujourd’hui, nous ne savons plus clairement quels sont les pays de mission et ceux qui ne le sont pas.
En réalité, aujourd’hui nous avons appris que la mission constitue une dimension permanente de l’Eglise
où qu’elle soit. De plus, il n’est pas difficile de trouver des exemples de pays traditionnellement
catholiques qui sont devenus aujourd’hui un désert au point de vue religieux, véritables domaines
de mission.
L’intention du Pape pour ce mois nous incite à renforcer l’initiative missionnaire permanente
de l’Eglise. En plus d’avoir tous reçu en vertu du baptême l’appel à la mission
(" prophète, roi et prêtre "), nous, les membres de l’AP, nous avons une responsabilité particulière à
l’égard de la mission de l’Eglise. Nous sommes nés en tant qu’association missionnaire pour faire de
tous les chrétiens des apôtres par la prière, et ce fut précisément le jour de la fête de saint François
Xavier, vers l’an 1844. Prions afin qu’en ce mois grandisse en nous et chez tous les chrétiens
la conscience d’être responsables de communiquer la Bonne Nouvelle de l’Evangile. « Il n’y a pas de
pire tristesse que de mourir sans connaître Dieu » affirma une fois Jean Paul II. Que les mots parç
lesquels s’achèvent les évangiles, et qui envoient l’Eglise à rendre témoignage et à instruire les
disciples résonnent à nouveau en nous tous avec une vigueur nouvelle.
Je vous quitte maintenant avec un témoignage missionnaire d’un Secrétaire national de
l’AP d’un pays européen :
Ces cinq dernières années, trois mois par an (et je continue aujourd’hui), je vais en voyage
apostolique sur les chemins du diocèse avec d’autres compagnons. Nous allons sans argent, au service des
communautés chrétiennes, et nous frappons à n’importe quelle porte non pas pour parler de Dieu ou de
l’Evangile, mais pour demander de la nourriture et l’hospitalité pour dormir.
Vulnérables, sans pouvoir, ni avoir, ni savoir, mais comme " prêtres itinérants ", c’est une autre
relation qui naît avec les gens qui nous accueillent, qui nous parlent à coeur ouvert de leur vie, et de
tout ce qui chaque jour est un chemin de vie et de mort. Lors de cette rencontre fraternelle, de frères
en humanité, nous faisons souvent l’expérience de l’Evangile, une bonne nouvelle pour celui qui est
malade, qui est seul, qui a perdu sa femme, qui est divorcé et qui souffre, pour celui qui jour après
jour tente de donner une vie décente à ses enfants, grâce à son dur labeur. Pour beaucoup d’entre eux,
que quelqu’un, et pas n’importe qui, mais bien l’Eglise, s’intéresse à eux, les écoute sans les
condamner, c’est une bonne nouvelle, c’est l’Evangile, et un chemin dans cette direction. Il me semble
qu’en révélant à chacun, dans sa vie quotidienne, le visage présent de celui qui leur semblait
jusqu’alors absent, beaucoup se mettent en chemin et voient l’Eglise avec d’autres yeux.
|
INTENTION GENERAL
Pour que l’économie mondiale soit gérée selon des critères de justice et d’équité, en
tenant compte des exigences réelles des peuples, spécialement des plus pauvres.
[...]
9. Dans le domaine du commerce international et des transactions financières, des processus sont
aujourd'hui en place qui permettent une intégration positive des économies, ce qui contribue à
l'amélioration des conditions générales; mais il y a aussi des processus en sens inverse, qui
suscitent des divisions entre les peuples et la marginalisation, créant ainsi de dangereux risques
de guerres et de conflits. Dans les décennies qui ont suivi la seconde Guerre mondiale, le
commerce international des biens et des services s'est accru de manière extrêmement rapide,
avec un dynamisme qui n'avait jamais eu de précédents au cours de l'histoire. Une grande
partie du commerce mondial concernait les pays d'industrialisation ancienne, auxquels se sont
ajoutés de manière significative de nombreux pays émergents qui en sont devenus des acteurs
importants. Mais d'autres pays, dont le revenu est bas, demeurent largement en marge des
mouvements d'échanges commerciaux. Leur croissance s'est trouvée ralentie par la chute rapide,
dans les dernières décennies, du cours des matières premières qui représentent la quasi totalité
de leurs exportations. Dans ces pays, africains pour la plupart, la dépendance par rapport aux
exportations des matières premières continue à représenter un puissant facteur de risque.
Je voudrais ici renouveler un appel afin que tous les pays aient les mêmes possibilités d'accès
au marché mondial, en évitant toute exclusion et toute marginalisation.
10. Une réflexion similaire peut être conduite à propos du domaine financier, qui concerne l'un des
aspects premiers du phénomène de la mondialisation, grâce au développement de l'électronique et aux
politiques de libéralisation des flux monétaires entre les différents pays. La fonction objectivement
la plus importante de la finance, celle qui consiste à soutenir à long terme la possibilité
d'investissements et donc de développement, se révèle aujourd'hui tout à fait fragile: elle subit
les contrecoups négatifs d'un système d'échanges financiers – au niveau national et mondial – basé
sur une logique du très court terme, qui a pour but l'accroissement de la valeur des activités
financières et se concentre sur la gestion technique des diverses formes de risque. La récente crise
démontre aussi comment l'activité financière est parfois guidée par des logiques purement
auto-référencées et dépourvues de considération, à long terme, pour le bien commun. Le nivellement
des objectifs des opérateurs financiers mondiaux à l'échelle du très court terme, diminue la capacité
de la finance de jouer son rôle de pont entre le présent et l'avenir, pour soutenir la création de
nouvelles possibilités de production et de travail sur une longue période. Une finance limitée au
court terme et au très court terme devient dangereuse pour tous, même pour ceux qui réussissent à en
tirer profit dans les périodes d'euphorie financière.[12]
11. Il ressort de tout cela que la lutte contre la pauvreté exige une coopération aussi bien sur
le plan économique que sur le plan juridique qui permette à la communauté internationale et en
particulier aux pays pauvres de trouver et de mettre en œuvre des solutions coordonnées pour
affronter ces problèmes en donnant un cadre juridique efficace à l'activité économique. Elle requiert
en outre des incitations pour créer des institutions efficaces et participatives, ainsi que des
soutiens pour lutter contre la criminalité et promouvoir une culture de la légalité. On ne peut nier,
par ailleurs, que les politiques fondées sur l'assistance sont à l'origine de nombreux échecs dans
l'aide aux pays pauvres. Investir dans la formation des personnes et développer sur un mode inclusif
une culture spécifique de l'initiative constitue actuellement, semble-t-il, la démarche appropriée
à moyen et long terme. Si, pour se développer, les activités économiques ont besoin d'un contexte
favorable, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas accorder d'attention aux problèmes du revenu. Si
l'on a fort à propos souligné que l'accroissement du revenu par tête ne peut pas constituer de
manière absolue la fin de l'action politico-économique, on ne doit pas pour autant oublier que
celui- ci représente un moyen important pour atteindre l'objectif de la lutte contre la faim et
l'extrême pauvreté. À cet égard, doit être écartée comme une illusion l'idée selon laquelle une
politique de pure redistribution des richesses existantes puisse résoudre le problème définitivement.
Dans une économie moderne, en effet, la valeur de la richesse dépend dans une importante mesure de
sa capacité de créer du revenu pour le présent et pour l'avenir. La création de valeurs devient
donc une obligation incontournable, dont il faut tenir compte pour lutter de manière efficace et
durable contre la pauvreté matérielle.
12. Mettre les pauvres à la première place suppose, enfin, que les acteurs du marché international
construisent un espace où puisse se développer une juste logique économique, et que les acteurs
institutionnels mettent en œuvre une juste logique politique ainsi qu'une correcte logique de
participation capable de valoriser la société civile, locale et internationale. Les Organismes
internationaux eux-mêmes reconnaissent de nos jours combien sont précieuses et profitables les
initiatives économiques de la société civile ou des administrations locales pour permettre la
sauvegarde et l'insertion dans la société des couches de population qui, souvent, sont au-dessous
du seuil de l'extrême pauvreté et qui, en même temps, sont difficilement atteintes par les aides
officielles. L'histoire du développement économique du XXe siècle montre que de bonnes politiques
de développement relèvent de la responsabilité des hommes et de la création de synergies positives
entre marchés, société civile et États. En particulier, la société civile a un rôle de premier plan
dans tout processus de développement, parce que le développement est essentiellement un phénomène
culturel et que la culture naît et se développe dans le domaine civil.[13]
Benoît XVI
Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix
1er Janvier 2009
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
INTERVENTION BY THE PERMANENT OBSERVER OF THE HOLY SEE AT THE SPECIAL SESSION OF THE HUMAN RIGHTS COUNCIL
ON THE WORLD FINANCIAL CRISIS - ADDRESS BY H.E. MSGR SILVANO MARIA TOMASI - 20 February 2009
BENEDICT XVI TO THE BISHOPS OF HUNGARY ON THEIR "AD LIMINA" VISIT - 10 May 2008
COMMENTAIRE PASTORAL
La grave crise financière qui s’est déchaînée au second semestre 2007 a donné la démonstration
flagrante et tragique que le réseau financier mondial était posé sur des bases incertaines.
La crise fut favorisée par une ambiance d’optimisme excessif dans le système au point d’engendrer
l’illusion que la croissance ne pouvait que continuer. Dans cette "euphorie constructive", on abusa
du crédit et des prêts furent accordés sans précautions convenables. Les « mauvais payeurs » se sont
accumulés, beaucoup ne purent ou ne voulurent pas répondre à leurs dettes. A côté de cela apparurent
différents produits financiers manquant du contrôle gouvernemental et peu transparents.
La spéculation déchaînée, le mensonge voilé, les investissements promettant des revenus impossibles
étaient la procédure normale des organismes financiers, et nul ne semblait pouvoir ni vouloir
l’empêcher. Jusqu’au jour où la bulle a éclaté
Aujourd’hui, nous souffrons des conséquences d’un mécanisme économique global irresponsable,
incapable de limiter l’ambition et l’avarice de quelques-uns. Encore une fois, ce sont les plus
faibles et les plus pauvres qui paient le prix le plus fort, dans l’incapacité où ils se trouvent
d’honorer le paiement de leurs dettes, et la conséquence qui les frappe sous la forme de la perte
de millions d’emplois et, pour nombre d’entre eux, la perte de leur logement. Ce ne sont pas les
banquiers avides ni les spéculateurs peu scrupuleux qui ont le plus souffert des effets de la crise.
Ceux qui sont la cause de la catastrophe, personnes et institutions, ont été et continuent d’être
aidés dans de nombreux pays par les coffres nationaux, dans le but d’empêcher que tout le système
s’écroule, et d’éviter que les conséquences soient encore pires pour tous. Le double standard
du système en vigueur, qui privatise le profit et socialise les pertes, est resté très visible.
Quelques-uns ont tiré profit de la situation au temps de l’abondance, mais quand le système dû aux
erreurs et aux ambitions démesurées de ces profiteurs est tombé à l’eau, c’est l’Etat qui a dû payer
et qui continuera de payer, avec l’argent des citoyens.
Les causes réelles de cette situation ne se situent pas seulement au niveau des défauts techniques
du système financier, mais elles obéissent à une profonde crise morale. Ce sont l’ambition, l’avidité
sans règles et la loi du plus fort qui ont gouverné. Par conséquent, et comme unique voie réelle de
solution, c’est un renouveau moral à grande échelle des sociétés et des relations commerciales modernes
qui s’impose aujourd’hui nécessairement. Voilà quelle est la toile de fond de l’Intention de prière du
Pape pour ce mois. Gérer l’économie mondiale avec responsabilité pour parvenir à la vraie solidarité.
Apprendre qu’un changement de mentalité dans la coexistence mondiale est requis, qui produise de nouveaux
concepts et de nouveaux modèles.
Prions avec le Saint-Père pour que cette crise, qui peut signifier aussi bien un danger qu’une
opportunité, nous rende plus capables de mener à bien des changements durables. Il n’est pas pensable
de continuer à maintenir l’inégalité insultante entre le haut niveau de gaspillage des riches et la
situation toujours plus tragique des pauvres, qu’il s’agisse de pays ou de personnes. La crise est
une opportunité pour avancer sérieusement vers des formes alternatives d’économie (comme la création
de banques de micro-crédits, l’instauration du commerce équitable, etc.). Le mauvais moment a
démontré que lorsque la volonté politique s’est jointe à la préoccupation du bien commun, il a été
possible de dégager en quelques mois des fonds énormes afin de sauver les marchés financiers.
La conjugaison de grands efforts permet d’envisager de grandes solutions.
Je conclus ce commentaire par les mots de Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du
Saint-Siège auprès de l’ONU, le 1er décembre 2008 : « Bien que l’incertitude et l’anxiété semblent
prévaloir actuellement, les vertus et les principes qui ont porté la communauté globale à sortir de
nombreuses crises demeurent. Par exemple, la solidarité avec notre communauté globale, la juste
répartition des ressources et des opportunités, l’usage prudent du milieu environnant, la modération
dans la recherche du bénéfice financier et social à courte échéance aux dépens du développement
durable, et finalement l’audace politique nécessaire pour construire un monde dans lequel la vie
humaine soit au centre de toutes les activités sociales et économiques ».
Notre économie est terriblement affaiblie, c’est une conséquence de l’avidité et de l’irresponsabilité
de la part de quelques-uns, mais c’est aussi notre échec collectif à effectuer des choix forts en vue de
préparer la nation à un âge nouveau. B. Obama, discours inaugural, 2008.
Du Père Ernesto Cavassa, s.j., un choix de paragraphes de son article, UN AUTRE MONDE EST URGENT,
publié dans Le mot de la CPAL, Rio de Janeiro, le 29 décembre 2008:
L’habileté dont les pays développés ont fait preuve pour empêcher le collapsus des institutions
financières produit par l’avarice et l’avidité de quelques-uns contraste énormément avec leur lenteur
en matière d’aide au développement, de lutte contre la pauvreté, de respect des droits humains et de
l’environnement, priorités centrales pour l’édification d’un monde plus juste. […]
Il n’est pas difficile d’en déduire que ceux qui vont souffrir davantage des conséquences de cet état de
choses sont les pauvres de toujours. Pour eux, cette succession de crises, la plus importante depuis la
récession de 1929, est une question de vie ou de mort. Il suffit de jeter un regard sur qui souffre
davantage des catastrophes continuelles de l’environnement qui sont en train d’affliger différentes régions
de la planète à cause du changement climatique. La hausse du prix des produits alimentaires a déjà signifié
un grand choc pour beaucoup d’économies fragiles. Le chômage est en train d’attaquer durement les membres des
catégories les plus vulnérables, tels que les paysans, les immigrés, les jeunes, et ne fait qu’augmenter
à mesure que la récession s’accentue. En outre, comme tout le monde le sait, très peu nombreux sont les
pays qui vont pouvoir honorer leurs engagements financiers de telle sorte que soit atteint, à l’horizon
de l’an 2015, le premier Objectif du Millénaire, à savoir celui de "supprimer la pauvreté extrême
et la faim". […]
La crise économique n’est donc pas seulement une question de chiffres. Derrière ceux-ci se trouvent
des personnes qui vont souffrir des conséquences de la thèse aveugle et irresponsable selon laquelle le
marché s’autorégulerait tout seul et éviterait les dérèglements qui s’avèrent maintenant évidents.
Dans le cas d’une récession économique prolongée, - scénario que nous appréhendons chaque jour
davantage - , les immigrés, les réfugiés, les habitants de la périphérie des villes, les retraités
et d’autres secteurs de population à risque continu seraient exposés à des situations insoutenables.
Il ne serait alors pas étonnant que des expressions collectives de mécontentement social se
produisent, qui pourraient entraîner les gouvernements à opter pour la voie facile de la répression
ouverte ou dissimulée. Entre-temps, les vrais responsables de cette situation, les présidents et
directeurs exécutifs des banques effondrées et leurs protecteurs dans la fonction publique sont en
train de jouir d’une jubilation substantielle.
La crise actuelle est, avant tout, une crise éthique, une crise de valeurs. Non seulement des banques
ont fait faillite ; mais la confiance qui rend possible les relations entre les personnes et les
institutions, y compris les institutions financières, s’est rompue. Ce qui nous a amenés à cette
situation n’est pas le profit légitime, fruit du travail orienté vers la production de biens
(matériels ou d’autre nature) utiles à la société, mais l’élévation absolue du lucre comme critère
ultime et unique de l’activité économique, sans que la moindre considération soit accordée aux
conséquences que cet idole peut entraîner chez d’autres, particulièrement les plus faibles. La crise
dont nous souffrons actuellement répète et illustre une des pratiques les plus immorales du système
capitaliste : privatiser les profits et, par contre, socialiser les pertes. […]
Comme toute crise, celle-ci peut aussi représenter une opportunité. Certes faudra-t-il combler les
vides creusés par l’avidité de quelques-uns, mais il est encore plus nécessaire de mettre à l’agenda de
la discussion le système de valeurs qui a provoqué ces vides et sur lequel se fonde le système capitaliste
qui domine réellement aujourd’hui. Dans ce monde interconnecté, il est nécessaire d’imaginer de
nouvelles alternatives globales basées sur la dignité de toute personne et le respect de ses droits
inaliénables, sur la justice sociale et le développement durable, sur une économie sociale de marché qui
limite la concentration de la richesse et qui ouvre des possibilités de développement intégral pour tous.
La situation actuelle impose avec un caractère d’urgence que soit élaboré un nouveau pacte social,
réellement global, fruit d’un dialogue multilatéral qui inclue les gouvernements, les Eglises et les
organisations de la société civile.
Sites web intéressants sur le thème d’une économie alternative:
www.commercequitable.org
www.éthique-sur-etiquette.org
www.developpement-durable.gouv.fr
www.lonelyplanet.org
www.alternatives-economiques.fr
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Quels effets ou quelles conséquences de la crise économique mondiale avons-nous vu et ressenti dans notre pays et dans notre communauté?
De quelle manière cette situation m’invite-t-elle à un style de vie plus évangélique?
Quel engagement concret puis-je assumer pour vivre dans mon économie locale (communauté ou famille) les signes de solidarité que le Pape attend de nous?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Is 58,1-12 Le vrai jeûne est d’instaurer la justice
Lc 6,20-23 Les Béatitudes
Mt 6:1-4 Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les Eglises en Afrique soient signe et instrument de réconciliation et de
justice dans chaque région du Continent.
[...]
Parmi les défis les plus urgents auxquels l’Église dans votre pays doit répondre, se trouvent
la paix et la concorde nationale. Les plus pauvres sont particulièrement victimes de situations
dramatiques qui conduisent inévitablement à de profondes divisions dans la société, ainsi qu’au
découragement. La deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, qui est en
cours de préparation, sera un temps fort de réflexion sur l’annonce de l’Évangile dans un
contexte marqué par de nombreux signes d’espérance, mais aussi par des situations préoccupantes.
Je souhaite vivement que l’Afrique ne soit plus oubliée dans ce monde en mutation profonde, et
qu’une authentique espérance se lève pour les peuples de ce continent.
Il est du devoir de l’Église de défendre les faibles et de se faire la voix des sans-voix.
Je voudrais donc encourager les personnes qui travaillent à susciter l’espérance par un engagement
résolu pour la défense de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables.
Parmi ceux-là se trouve le bien fondamental de la paix et d’une vie dans la sécurité. La promotion
de la paix, de la justice et de la réconciliation est une expression de la foi chrétienne dans
l’amour que Dieu nourrit pour chaque être humain. Que l’Église continue résolument à annoncer la
paix du Christ en œuvrant, avec toutes les personnes de bonne volonté, à la justice et à la
réconciliation. J’invite aussi tous les fidèles à implorer du Seigneur ce don si précieux, car
la prière ouvre les cœurs et inspire les artisans de paix. Par ses œuvres sociales, en particulier
dans les domaines de la santé et de l’éducation des jeunes, l’Église contribue aussi, à sa manière,
à l’édification de la société fraternelle et solidaire à laquelle aspire votre peuple. J’invite
notamment les communautés religieuses et les laïcs, qui participent avec compétence à cet engagement
essentiel pour l’avenir du pays, à poursuivre leurs efforts, en ne perdant jamais courage, pour être
des signes de la confiance que le Seigneur met en toute personne humaine.
Par ailleurs, pour que la société puisse accéder à un développement humain et spirituel
authentique, un changement des mentalités est à opérer. Cette œuvre de longue haleine concerne
spécialement la famille et le mariage. En s’engageant résolument à vivre dans la fidélité conjugale
et dans l’unité de leur couple, les chrétiens montrent à tous la grandeur et la vérité du mariage.
C’est par un «oui» librement consenti, pour toujours, que l’homme et la femme expriment leur humanité
authentique et leur ouverture à donner une vie nouvelle. Aussi, la préparation sérieuse des jeunes
au mariage doit-elle les aider à surmonter les réticences à fonder une famille stable, ouverte sur
l’avenir. Je vous invite également à développer le soutien aux familles, notamment en favorisant
leur éducation chrétienne. Alors, elles pourront rendre raison de la foi qui les anime avec plus de
vigueur, aussi bien devant leurs enfants que devant la société.
Quant à vos prêtres, dont je salue la générosité et le zèle, ils exercent, avec votre soutien
attentionné à leur vie personnelle et pastorale, une responsabilité essentielle dans la mission de
vos diocèses. En collaboration fraternelle avec tous les agents pastoraux, en premier lieu avec les
missionnaires et les catéchistes, dont je connais l’engagement inlassable au service de l’Évangile,
je les invite avec force à être des hommes passionnés par l’annonce de l’Évangile. Pour y parvenir,
ils trouveront l’unité de leur personne et la source de leur dynamisme apostolique dans l’amitié
personnelle avec le Christ et dans la contemplation, en lui, du visage du Père. Une vie sacerdotale
exemplaire, fondée sur une recherche constante de la conformité au Christ, est une exigence de chaque
jour. [...]
Benoît XVI
Discours aux Evêques de la Conference Episcopale
de la République Centrafricaine
en visite "Ad limina visit"
1er juin 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
IIème ASSEMBLÉE SPÉCIALE POUR L’AFRIQUE
L’ÉGLISE EN AFRIQUE AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION,
DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX.
INSTRUMENTUM LABORIS - Cité du Vatican 2009
IIème ASSEMBLÉE SPÉCIALE POUR L’AFRIQUE - L'ÉGLISE EN AFRIQUE
AU SERVICE DE LA RECONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX
LINEAMENTA - Cité du Vatican 2006
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE
DE LA RÉGION DU NORD DE L’AFRIQUE
EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM" - 9 juin 2007
COMUNICATO: 18a RIUNIONE DEL CONSIGLIO SPECIALE PER L’AFRICA DELLA SEGRETERIA GENERALE DEL SINODO DEI VESCOVI - 12 Febbraio 2009
EXHORTATION APOSTOLIQUE
POST-SYNODALE
ECCLESIA IN AFRICA
DU SAINT-PÈRE
JEAN-PAUL II - 1995
COMMENTAIRE PASTORAL
La Seconde Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques fut célébrée du 4 au 25 octobre
2009 à Rome sous la devise de "L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et
de la paix. Vous êtes le sel de la Terre… Vous êtes la lumière du monde".
Le Pape, en son Intention de prière, nous met à l’unisson des objectifs qui furent ceux de cette
rencontre et nous demande de prier pour que ses conclusions et ses buts puissent être menés à bonne
fin. Prions pour que la lumière du Saint-Esprit guide les évêques et toute l’Eglise dans leur défi
d’annoncer la Bonne Nouvelle au milieu des tensions, de l’exploitation et de l’injustice. Que leur
option renouvelée en faveur des pauvres soit le signe que la situation de misère qui afflige beaucoup
d’africains n’est pas irréversible.
Nous nous unissons aux désirs de tous les chrétiens sur le continent africain de rendre réelle
une paix et une réconciliation basées sur la justice, et non une fausse réconciliation qui prétendrait
faire abstraction de la justice. Nous nous engageons par notre prière et par l’offrande quotidienne
de nos vies à collaborer, à partir de notre réalité, à une plus grande conscience mondiale de la
clameur pour la justice en Afrique. Nous pourrons même parfois réaliser des gestes concrets d’aide,
à travers les organisations humanitaires ou de développement, comme par exemple le Service Jésuite des
Réfugiés (www.jrs.net) ou le CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix) en Côte d’Ivoire
(www.cerap-inades.org), parmi beaucoup d’autres.
|
INTENTION GENERAL
Pour que toute poussée vers le fondamentalisme et l’extrémisme soit contrée par le
respect constant, la tolérance et le dialogue entre tous les croyants.
[...]
Tout cela semble d'autant plus nécessaire pour affronter les défis que la société mondialisée
d'aujourd'hui représente pour l'annonce et la pratique cohérente de la vie chrétienne dans vos
régions également. Je voudrais ici rappeler combien, outre les difficultés auxquelles je faisais
allusion ci-dessus, on constate presque partout dans le monde des phénomènes préoccupants, qui
mettent sérieusement en danger la sécurité et la paix. Je me réfère en particulier à la plaie de
la violence et du terrorisme, à la diffusion de l'extrémisme et du fondamentalisme. Il faut bien
sûr s'opposer à ces fléaux à travers des interventions législatives. Mais jamais la force du droit
ne peut se transformer elle-même en iniquité; et le libre exercice des religions non plus ne peut
pas être limité, car professer sa foi librement compte parmi les droits de l'homme fondamentaux
et universellement reconnus.
Il me semble ensuite utile de réaffirmer que l'Eglise n'impose pas, mais propose librement la foi
catholique, tout en sachant que la conversion est le fruit mystérieux de l'action de l'Esprit Saint.
Le foi est don et œuvre de Dieu. C'est précisément pour cette raison qu'est interdite toute forme de
prosélytisme qui force ou amène et attire quelqu'un à travers des pratiques indiscrètes à embrasser
la foi (cf. Ad gentes, n. 13). Une personne peut s'ouvrir à la foi avec une réflexion mûre et
responsable et doit pouvoir réaliser librement cette inspiration intime. Cela est au bénéfice non
seulement de l'individu, mais de la société tout entière, car l'observance fidèle des préceptes
divins aide à construire une coexistence plus juste et solidaire. [...]
Benoît XVI
Discours aux Evêques d'Asie Centrale
en visite "Ad limina visit"
2 octobre 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
MESSAGE OF HIS HOLINESS POPE BENEDICT XVI FOR THE CELEBRATION OF THE WORLD DAY OF PEACE -1 January 2006
COMMENTAIRE PASTORAL
Les phénomènes de l’extrémisme et du fondamentalisme dans différents cadres de la coexistence humaine
semblent avoir augmenté ces dernières années. On entend par fondamentalisme l’observance très stricte des
principes fondamentaux d’un groupe ou d’une organisation. En matière religieuse, le fondamentalisme considère
ses dogmes comme la vérité absolue, indiscutable; il est, par conséquent, fermé au dialogue avec les tenants
d’une autre croyance. Il a coutume de chercher à imposer ses idées à d’autres groupes, y compris par la force.
Dans toute religion, des personnes peuvent en arriver à devenir fondamentalistes.
On appelle extrémisme l’action fanatique d’individus ou de groupes qui se sont radicalisés et qui se situent
au-delà du centre politique de la société. Il y a des groupes religieux qui utilisent des méthodes extrémistes,
c’est-à-dire la violence, pour promouvoir l’obéissance à leurs doctrines par la contrainte ou la peur.
Malheureusement, tous ne vivent pas le nom de Dieu comme un nom de paix. Aujourd’hui, les exemples de ceux qui
utilisent son nom pour tuer ou détruire se multiplient. Il est clair que la religion n’est pas la cause réelle ni
la véritable inspiratrice de la violence, elle est plutôt l’excuse que l’on allègue pour revendiquer d’autres
positions ou pour dénoncer des injustices ou des défauts du système.
Les nouvelles de l’augmentation des tensions et de la violence anti-chrétienne dans certains états de
l’Inde ou à Mossoul, en Irak, ou encore dans certaines parties de l’Indonésie ou des Philippines nous
alarment. De nombreuses contrées et régions musulmanes implantent comme loi civile une interprétation de la
sharia, la loi islamique, de façon stricte, intolérante et violente envers quiconque ne se soumet pas à elle.
Dans ces endroits, ainsi que dans d’autres, où l’on a pratiquement institutionnalisé une violence "d’Etat",
justifiée superficiellement par des idéologies qui méprisent la vie de celui qui n’est pas "des leurs", le
pouvoir politique de groupes fanatiques et extrémistes grandit. Très souvent, la violence sectaire des
groupes fondamentalistes compte sur la connivence ou l’inertie des autorités politiques locales. Certains
cas nous émeuvent particulièrement, comme celui de la condamnation à mort d’un jeune journaliste en Arabie
Saoudite converti au christianisme, découvert en flagrante possession d’une Bible, ou l’histoire de la jeune
iraquienne assassinée par son père et ses frères parce qu’elle a été vue en train de bavarder avec un soldat
britannique, assassinat revendiqué comme légitime pour sauver l’honneur de la famille. Nous pourrions citer
beaucoup d’autres exemples de la croissance du fondamentalisme et de l’extrémisme aujourd’hui pour illustrer
la grave situation qui forme la toile de fond de la préoccupation du Pape ce mois-ci.
L’histoire prouve que lorsque l’on veut combattre le fondamentalisme et l’extrémisme par la seule force
des armes, celui-ci se fortifie. La guerre au terrorisme, la prépotence qu’un peuple exerce sur un autre, en
annulant toute capacité au dialogue, ont exacerbé et en grande partie fortifié les mouvements extrémistes
qu’ils prétendaient combattre. Aujourd’hui, par exemple, dans le conflit israélo-palestinien, il y a chaque
jour plus d’arabes disposés à être des attaquants kamikazes, en grande partie poussés par la violence exercée
sur eux, et qui les a conduits aux bords de l’agonie et du désespoir. Des années de violence mutuelle et le
manque d’accomplissement des accords conclus n’ont pas apporté la paix, il n’ont semé que douleur et mort.
Heureusement, nous trouvons aussi des groupes, nés en ces mêmes endroits de conflit, qui cherchent la paix
basée sur le dialogue et le respect mutuel. Appuyons par notre prière ces cheminements de paix, comme
l’Eglise l’a toujours fait, unis au Saint-Père qui a dû répéter maintes et maintes fois : la violence n’est
jamais la solution aux problèmes, au contraire, elle les aggrave.
Nous aussi, chrétiens, y compris les catholiques, nous pouvons tomber et nous sommes tombés dans des
attitudes fondamentalistes et intolérantes. Dans les lieux et aux moments où nous nous sommes trouvés en
positions majoritaires, nous n’avons pas toujours respecté les droits de ceux qui professaient une autre
religion. Actuellement, nous n’accueillons pas toujours et nous ne défendons pas toujours les immigrants et
les personnes d’une autre culture ou d’une autre religion. Souvent, à partir de positions chrétiennes
intégristes, nous méprisons sans humilité les pensées différentes. Le jeu du pouvoir nous a fait oublier le
style dépouillé et pacifiste de Jésus, quand il a vaincu la prépotence et l’injustice à travers un Amour qui
s’est laissé crucifier. Lorsque ses disciples voulurent empêcher quelqu’un qui expulsait des démons en son
nom parce qu’il n’était pas l’un d’entre eux, il leur reprocha ceci : « Ne l’empêchez pas, car il n’y a
personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi. Celui qui n’est pas
contre nous est pour nous. » (Mc 9, 38-40). Nous souhaitons aujourd’hui suivre le chemin du Maître qui
nous a enseigné à aimer l’ennemi et à tendre l’autre joue, car nous sommes tous fils du même Père, « qui fait
lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45).
Avec le Saint-Père, prions ce mois-ci pour que l’entente par-delà l’affrontement puisse prévaloir dans
notre monde ; pour que nous soyons capables de construire la paix basée sur le respect constant, la tolérance
et le dialogue. En tant que membres de l’AP, nous voulons être les premiers à cultiver l’accueil et le
respect de ceux qui pensent différemment de nous, et cheminer vers un monde dans lequel tous puissent vivre
avec dignité.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Quels moyens pouvons-nous utiliser, nous, chrétiens, pour contribuer à éradiquer le fondamentalisme et l’extrémisme de la société actuelle?
Est-ce que, moi aussi, je cours le danger de tomber dans ces attitudes intolérantes? Comment?
Quelles attitudes dois-je cultiver dans ma vie personnelle ou devrais-je promouvoir dans la société pour être plus respectueux, tolérant et ouvert au dialogue avec des personnes d’autres groupes religieux ou de pensée différente?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Ac 7,54-60 - Martyre d’Etienne: Seigneur, ne leur impute pas ce péché
Mc 9,38-40 - Qui n’est pas contre nous est pour nous
Mt 5,38-48 - La loi du talion et l’amour des ennemis.
MISSION INTENTION
That Christians persecuted for the sake of the Gospel may
persevere, sustained by the Holy Spirit, in faithfully
witnessing to the love of God for the entire human race.
5. […] Pour ce qui concerne la libre expression de la foi, un autre symptôme préoccupant du manque de paix dans
le monde est constitué par les difficultés que rencontrent souvent aussi bien les chrétiens que les croyants d'autres
religions à professer publiquement et librement leurs convictions religieuses. En parlant particulièrement des
chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés; dans certains États,
ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de violence abominable.
Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent non pas
une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances religieuses. Dans tous les cas,
un droit humain fondamental n'est pas respecté, avec des répercussions graves sur la convivialité pacifique. Cela
ne peut que promouvoir une mentalité et une culture négatives pour la paix.
Benoît XVI
Message pour la Journée Mondiale de la Paix
1er Janvier 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
En Inde, les chrétiens constituent des groupes très minoritaires dans la société; au niveau national, ils ne
représentent que 2% de la population. Très souvent, le travail développé par l’Eglise, fondamentalement dans des
oeuvres éducatives et de promotion des plus pauvres, est contesté avec haine et violence. Face aux persécutions
subies, ils se sont demandé la raison de tant d’animadversion à leur encontre, étant donné qu’ils sont peu nombreux
et dotés de peu de pouvoir. La raison en est claire. Leurs efforts pour annoncer une bonne nouvelle aux plus
marginaux de cette société et le soutien de leurs revendications légitimes contrarient les intérêts de ceux qui les
exploitent, qui se voient privés d’un groupe humain soumis et docile à leurs abus. Et ce qui est le plus grave
pour eux, ces revendications visent à redresser des injustices qui plongent leurs racines dans un passé millénaire.
La semence de l’Evangile veut être ici le levain dans la masse pour un nouveau modèle de culture et de coexistence,
sans que cela n’enlève rien à l’énorme richesse des traditions locales. Dans chaque culture, l’Evangile est appelé
à rendre possible la coexistence de tous sans distinction, en tant que fils de Dieu, et cette perspective se heurte
à la résistance de certains groupes fondamentalistes fanatisés.
Cette semence continuera à pousser et les chrétiens continueront à agir, réconfortés par les paroles de Jésus à
ses disciples:
Jn 15,18-21: Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous
Lc 23,31: Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, qu’en sera-t-il de l’arbre sec?
Mt 5,10: Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux…
Mt 10,24: Le disciple n’est pas plus grand que son maître.
L’Eglise poursuivra son travail dans le but d’humaniser la vie des exclus du système des castes, en les aidant à
prendre conscience de leurs droits. Ils seront (et ils sont) persécutés et même assassinés, accusés d’être subversifs
et de porter atteinte à l’identité religieuse de l’Inde. Est-ce que ces accusations ne nous rappellent pas
exactement les causes "politico-religieuses" alléguées pour la mise à mort de Jésus?
Il y a aussi d’autres modes de persécution contre ceux qui professent leur foi, moins visibles et moins violents,
mais qui limitent la libre expression de celle-ci. Je me réfère à la difficulté que vivent les fidèles qui sont de
vrais chrétiens pratiquants dans les sociétés modernes fortement marquées par la sécularisation. Cette problématique
apparaît très clairement dans le témoignage d’une religieuse travaillant avec le Mouvement Eucharistique des Jeunes au
Canada:
Jeudi dernier, j’ai rencontré des jeunes entre 14 et 30 ans… nous avons commencé à parler de saint Paul, nous
avons abordé le thème de la persécution des chrétiens en ce temps-là… et puis nous nous sommes référés au temps
actuel. Ils ont fait part d’une situation très sérieuse en se penchant sur leur propre expérience. En un mot, ils
ont expliqué comment ils vivaient aujourd’hui dans une ambiance de persécution. Dans certains contextes sociaux
sévit déjà l’interdiction des images religieuses, des cadres, des crucifix, et même, quelquefois, de l’arbre de Noël
en Amérique du Nord et en Europe. Nos jeunes ont parlé de la façon dont ils sont critiqués et jugés par leurs
compagnons, qui parfois ne les saluent pas ou vont même jusqu’à les insulter. Cela se voit aussi bien à l’école
qu’à l’université, y compris de la part des professeurs eux-mêmes qui parfois se moquent de la religion et en rient.
Les jeunes qui pratiquent et qui croient se sentent offensés, mais ils ne peuvent pas faire grand chose et ils en
souffrent…
|
INTENTION GENERAL
Pour que l’on mette fin au commerce triste et ignoble d’êtres humains, qui implique
malheureusement des millions de femmes et d’enfants.
[...]
Il faut mentionner, dans ce contexte, le trafic d'êtres humains - et surtout de femmes - qui se
développe là où les possibilités d'améliorer ses conditions de vie, ou même de survie, sont rares.
Il devient facile pour le trafiquant d'offrir ses "services" aux victimes, qui souvent, n'ont pas le
moindre soupçon de ce qu'elles devront ensuite affronter. Dans certains cas, des femmes et des jeunes
filles sont destinées à être ensuite exploitées sur le lieu de travail comme des esclaves, et souvent
également dans l'industrie du sexe. Bien que ne pouvant pas approfondir ici l'analyse des
conséquences d'une telle migration, je fais mienne la condamnation, déjà exprimée par Jean-Paul II
de "la culture hédoniste et mercantile fort répandue qui prône l'exploitation systématique de la
sexualité" (Lettre aux femmes, 29 juin 1995, n. 5). Il existe ici tout un programme de rédemption
et de libération, auquel les chrétiens ne peuvent se soustraire. [...]
Benoît XVI
Message pour la Journée Mondiale des Migrants
18 octobre 2005
© Copyright 2005 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
VIENNA, FORUM ON THE FIGHT AGAINST "TRAFFICKING IN HUMAN BEINGS" ADDRESS OF H.E. MSGR. AGOSTINO MARCHETTO - 13-15 February 2008
COMMENTAIRE PASTORAL
Un des phénomènes les plus honteux, injustes et outrageants de notre temps n’est autre que la traite des personnes
pour leur exploitation sexuelle ou économique, bien évidemment en opposition frontale avec la libre volonté des
victimes. Il ne s’agit là de rien d’autre que d’esclavage, lequel hélas! en ce monde moderne concerne encore des
millions de personnes de tous les continents de notre Terre.
La traite des êtres humains est un délit qui a pris une ampleur considérable au niveau mondial depuis la décennie
des années 1990. Parmi les abus que subissent couramment les victimes de la traite, il faut citer " le viol,
la torture, la servitude pour dette, le confinement illégal, les menaces contre les parents et les proches des
victimes et bien d’autres formes de violence physique, sexuelle ou psychologique", comme le déclare l’Office
International pour les Migrations (OIM). Cette institution ajoute que "la demande de main d’oeuvre bon marché,
de services sexuels et de certaines activités criminelles sont les causes originaires de la traite des êtres humains.
Le manque d’opportunités et de ressources, ainsi que de pouvoir social, sont d’autres facteurs qui contribuent à ce
phénomène".
Selon l’information de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la traite des personnes constituait en 2005
un des trois délits les plus lucratifs au niveau mondial, dépassé seulement par le trafic des drogues et des armes.
Selon certaines estimations, cette activité rapporterait au crime organisé quelques 32.000 millions de dollars
annuellement. Pour l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), les victimes de la traite des
personnes sont principalement destinées à l’exploitation sexuelle et aux travaux forcés.
Définition des concepts associés
TRAFIC DES PERSONNES
Le trafic des personnes ou trafic illicite des migrants consiste à faciliter l’entrée des personnes dans le
pays de destination de manière illégale en échange d’argent.
PROSTITUTION
Le mot "prostitution" vient du latin prostitutio qui avait le même sens et qui provient à son tour de cet autre
mot latin prostituere qui signifie littéralement "exposer à la vente". La prostitution consiste en la vente de
services sexuels en échange d’argent ou d’autre type de rétribution.
TRAVAUX FORCES
Situations où les travailleurs sont privés de leurs droits du travail et travaillent illégalement.
ESCLAVAGE
Statut ou condition de la personne sur laquelle tout ou quelque droit des pouvoirs associés au droit de propriété.
Est esclave la personne qui, pour être soumise au pouvoir d’une autre personne, est privée de liberté.
Sources: Acnur / Religieuses adoratrices
|
Du fait de la clandestinité dans laquelle opèrent les mafias, il est très malaisé de connaître le nombre des
victimes de cette grave violation de la dignité humaine. Les chiffres peuvent indiquer de 700.000 à deux millions
de personnes victimes chaque année de trafics mafieux. La plus forte concentration de trafics humains ou de traite
des personnes se rencontre en Asie, mais il s’agit d’une réalité présente dans tous les continents.
Ce qui est alarmant dans cette situation est l’absence, auprès d’un importante proportion des autorités politiques
nationales, d’une réelle volonté de prendre les mesures nécessaires pour y faire face. La méconnaissance de ce thème
et le silence dont l’entoure l’opinion publique ne peuvent que favoriser les malfaiteurs qui étendent leurs réseaux
d’illégalité et d’extorsion. Peu nombreux sont les pays qui disposent des instruments légaux destinés à contrecarrer
le trafic des personnes. Là où de tels instruments sont en vigueur, ils sont souvent insuffisants, sinon inadéquats.
Aucun pays n’a vraiment été capable de stopper l’expansion croissante de ce mal.
On imagine avec peine l’indicible angoisse et le sentiment d’impuissance étreignant les victimes qui finissent,
en général, par tomber dans l’addiction aux drogues, par contracter des maladies sexuellement transmissibles, et par
achever leur périple en mourant dans des conditions d’inhumaine précarité. En tout état de cause, certaines personnes
sont arrivées à échapper à ce destin. Lisons les témoignages de l’un ou l’autre d’entre eux:
Témoins laissés sans protection:
"Quand j’ai réussi à m’échapper, j’ai eu très peur
et j’ai beaucoup souffert quand ils ont menacé ma fille
dans mon pays. J’ai sollicité aide et protection
pour ma fille et que l’on protège mon identité pendant
toute l’affaire judiciaire mais ils n’ont rien fait.
Je continue à avoir peur, d’autant plus que ces gens
sont dans la rue. Je ne comprends pas comment
ils peuvent encore être en Espagne alors qu’ils
ont été condamnés à deux ans de prison et
qu’ils ont reçu un arrêté d’expulsion."
Roumanie
|
Assez forte pour aller de l’avant
"Quand j’en suis sortie j’étais très déprimée et surtout fatiguée. Les braves gens que j’ai connus m’ont beaucoup
aidés ainsi que, personnellement, la patience et la force de ne pas me laisser aller. A certains moments je me
disais :" je n’en peux plus ; m…, c’est fini". Il devint alors très important d’avoir quelqu’un qui me donne
courage, qui m’aide à aller de l’avant. Mon compagnon me fut d’un grand secours, c’est lui qui me prit par la main
et me dit : « allons, cesse de tourner en rond » Dans la situation où il se trouvait, il put me donner logement et
couvert, protection et des informations claires sur tout ce qui se rapportait au jugement, et au contenu des papiers,
ce dont je n’avais pas la moindre idée. Privée si longtemps de soins de santé, avoir accès au médecin m’apparut comme
un luxe de la vie. J’ai pu aussi demander à voir un psychologue. De plus, j’avais mon avocat de sorte que l’affaire a
commencé à avancer plus vite et que l’on m’a écoutée plus attentivement quand j’appelais au téléphone pour savoir où
en étaient les choses. Je me sentais plus importante. Les policiers ont bien fait leur travail d’enquête. Pendant ces
neuf mois depuis ma plainte jusqu’au jugement, ils n’ont cessé de me tenir au courant de leurs découvertes et de me
donner courage. Ils me disaient que tout allait bien et que l’on pouvait s’attendre à une bonne condamnation. Je ne
croyais pas qu’ils allaient le prendre au dépourvu, car je pensais que s’il était espagnol et qu’il avait des sous,
c’était lui qu’ils allaient croire et pas moi .Quand ils ont prononcé le jugement, je ne me suis pas sentie récompensée,
mais je me suis sentie fière de moi. C’était comme si je vous disais que l’on ne joue pas avec moi. Je sortais d’une
situation brutale où je ne pouvais rien dire, ni sortir de chez moi. Si quelqu’un me traitait comme une personne,
je n’en revenais pas. Dans un de mes jobs, mon patron m’a prêté de l’argent quand je suis partie pour deux mois dans
mon pays. Ce fut un geste très important pour moi. Je lui avais raconté mon histoire, mais je compris qu’il ne faisait
pas son geste la main forcée, mais parce qu’il avait confiance en moi. Dans un étranger, les gens voient toujours
l’étranger. Ils sont peu nombreux à voir en toi la personne, à voir d’abord en toi la personne, et seulement ensuite
que tu viens d’un autre pays. Je crois que l’éclairage que la vie te donne est celui-là, car je n’avais vraiment
confiance en personne. Il m’en a coûté beaucoup de restaurer la confiance.
Mes père et mère ne savaient pas où j’étais, ils me croyaient en Ucraine, dans la construction. Je leur ai menti
pendant des mois, et le moment est venu où je n’en pouvais plus, et j’ai fini par leur écrire une lettre de 25 pages
où je leur détaillais tout ce que j’avais vécu. J’en étais arrivée à penser qu’ils allaient me dire que je n’étais
plus leur fille, mais ils ne m’ont jamais tourné le dos, ni eux, ni mes meilleurs amis au pays. Je n’en pouvais
plus du mensonge et ce fut un fameux soulagement de pouvoir parler tranquillement.
Quand je suis retournée en Biélorussie, la police est venue chez moi pour me demander de dénoncer la situation, car
ils contrôlaient les jeunes filles qui sortaient du pays, afin de vérifier qu’une traite des femmes ne se produisait pas. Je ne tenais pas à formuler une plainte, car j’ai charge de famille et je sais que l’individu qui m’a vendue sait où me trouver et que nous n’allons pas déménager pour autant. Devant leur insistance, j’ai parlé à mes parents et nous sommes tombés d’accord en famille que je raconterais ce que je savais. Enfin les choses bougeaient et je m’en réjouis pour mon pays car ma décision de parler pourrait aider l’une ou l’autre à ne pas commettre la même erreur. Si ma collaboration peut servir à quelque chose, tant mieux. Ainsi n’aurai-je pas souffert pour rien et mon expérience pourra aider les autres.
Pour ce qui est de l’avenir, ce que je veux faire de cette situation, c’est d’en finir une fois pour toutes, de ne
garder que les bonnes choses que j’ai tirées de cette expérience, les gens que j’ai connus, tout ce qui m’a aidé à
devenir meilleure en tant que personne, les choses que j’ai apprises… et tout le reste, l’oublier, l’effacer
complètement de mon esprit… Tout cela c’est du passé et nous n’allons pas en reparler."
Biélorussie
|
Le cri d’alarme du Saint-Père nous invite à travailler pour nous opposer, pour résister et pour éliminer ce fléau
de notre société. L’intention de prière de ce mois constitue tout d’abord un appel à nous informer sur ce thème, et
puis un appel à le faire connaître, évitant en même temps le danger que notre silence ne favorise l’oeuvre des
criminels. Soucions-nous de savoir comment et à qui dénoncer les situations suspectes auprès des organismes
spécialisés de la police de notre pays, s’ils sont fiables, ou bien auprès d’autres entités concernées. Nous pouvons
aussi collaborer activement avec les institutions qui travaillent déjà sur ce thème. Voici la dénomination du site
informatique de certaines d’entre elles:
www.proyectoesperanza.org
www.oim/int
www.acnur.org
www.unodc.org
www.un.org
www.acnur.org/biblioteca/pdf/6020.pdf
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Que savons-nous de la traite des personnes dans notre pays?
Me basant sur la foi, quelles actions puis-je entreprendre pour contribuer au développement d’une meilleure
conscience du problème du commerce d’êtres humains?
Quels comportements dois-je tenir dans ma vie quotidienne pour aider à promouvoir un plus grand respect entre
les personnes?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Am 2,6-7 Il y en a qui oppriment les pauvres
Jc 2,5-9 Dieu a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde?
Jn 8,1-12 Jésus plaide en faveur de la dignité de la femme
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les ministres ordonnés, les religieuses, les religieux et les laïcs engagés
dans l’apostolat sachent infuser l’enthousiasme missionnaire aux communautés qui leur sont
confiées.
Monsieur le cardinal,
vénérés frères dans l'épiscopat
et dans le sacerdoce
Chers frères et sœurs,
Je suis particulièrement heureux de cette rencontre avec vous tous, qui êtes directement engagés dans les Œuvres
pontificales missionnaires, des organismes au service du Pape et des évêques des Eglises locales pour réaliser le
mandat missionnaire d'évangéliser les peuples jusqu'aux extrémités de la terre. A Monsieur le cardinal Ivan Dias,
préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, j'adresse en premier lieu mon remerciement cordial pour
les paroles qu'il m'a adressées au nom de toutes les personnes présentes. J'étends mon salut au secrétaire et à tous
les collaborateurs du dicastère missionnaire, prêtres, religieux et religieuses, hommes et femmes laïcs. Très chers
amis, grâce à votre œuvre intense, l'affirmation du Concile, selon laquelle "toute l'Eglise par nature est
missionnaire", devient une réalité effective. Les Œuvres pontificales missionnaires ont le charisme de promouvoir
parmi les chrétiens la passion pour le Royaume de Dieu, qu'il faut édifier partout à travers la prédication de
l'Evangile. Nées avec ce souffle universel, elles ont été un instrument précieux entre les mains de mes prédécesseurs,
qui les ont élevées au rang de "pontificales", en recommandant aux évêques de les instituer dans leurs diocèses.
Le Concile Vatican II en a reconnu à juste titre la première place dans la coopération missionnaire, "parce que ce
sont des instruments à la fois pour inculquer chez les catholiques, dès l'enfance, un esprit vraiment universel et
missionnaire, et pour favoriser une collecte de fonds au bénéfice de toutes les missions et selon la nécessité de
chacune" (Ad Gentes, n. 3e). Le Concile a particulièrement approfondi la nature et la mission de l'Eglise
particulière, en reconnaissant sa pleine dignité et responsabilité missionnaire. La mission est une tâche et un devoir
de toutes les Eglises, qui comme des vases communicants partagent des personnes et des ressources pour la réaliser.
Chaque Eglise locale est le peuple choisi parmi les nations, convoqué dans l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit
Saint, pour "proclamer les merveilles de celui qui des ténèbres les a appelés à son admirable lumière"
(Lumen gentium, n. 10). Elle est le lieu où l'Esprit se manifeste avec la richesse de ses charismes, en conférant à
chaque fidèle l'appel et la responsabilité de la mission. Sa mission est une mission de communion. Aux germes de
désagrégation parmi les hommes, que l'expérience quotidienne montre si profondément enracinée dans l'humanité à cause
du péché, l'Eglise locale oppose la force génératrice d'unité du Corps du Christ.
Le Pape Jean-Paul II pouvait affirmer avec joie que "les Eglises locales se sont multipliées, avec leurs évêques,
leur clergé et leur personnel apostolique; ... la communion entre les Eglises entraîne un échange intense de biens
spirituels et de dons; ... une conscience nouvelle s'affirme, à savoir que la mission concerne tous les chrétiens,
tous les diocèses et toutes les paroisses, toutes les institutions et toutes les associations ecclésiales"
(Redemptoris missio, n. 2). Grâce à la réflexion qu'elles ont développé ces dernières décennies, les Œuvres
pontificales missionnaires se sont inscrites dans le contexte des nouveaux paradigmes d'évangélisation, et du modèle
ecclésiologique de communion entre les Eglises. Il est clair qu'elles sont pontificales, mais en droit elles sont
aussi épiscopales, car ce sont des instruments entre les mains des évêques pour réaliser le mandat missionnaire du
Christ. "Tout en étant les œuvres du Pape, les Œuvres pontificales missionnaires sont également de tout l'épiscopat
et de tout le Peuple de Dieu" (Paul VI, Message pour la Journée mondiale de 1968). Elles sont l'instrument
spécifique, privilégié et principal pour l'éducation à l'esprit missionnaire universel, pour la communion et la
collaboration inter-ecclésiale au service de l'Evangile (cf. Statuts, n. 18).
Egalement dans cette période de l'histoire, qui s'est reconnue missionnaire pas nature, le charisme et le travail
des Œuvres pontificales missionnaires ne se sont jamais épuisés, et ils ne doivent pas faire défaut. La mission
d'évangéliser l'humanité demeure encore urgente et nécessaire. La mission est un devoir, dont il faut répondre:
"Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile" (1Co 9,16). L'apôtre Paul, auquel l'Eglise consacre une année
particulière en souvenir des deux mille ans de sa naissance, a compris sur le chemin de Damas, puis fait l'expérience
au cours de son ministère qui a suivi, que la rédemption et la mission sont des actes d'amour. C'est l'amour du Christ
qui le pousse à parcourir les routes de l'empire romain, à être héraut, apôtre, propagateur de l'Evangile
(cf. 2Tm 2,1-11) et à se faire tout à tous, pour sauver à tout prix quelqu'un (cf. 1 Co 22). "Celui qui annonce
l'Evangile participe à la charité du Christ, qui nous a aimés et qui s'est livré pour nous (cf. Ep 5,2). Il est son
ambassadeur et il supplie au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu! (cf. 2Co 5, 20)" (Congrégation pour
la doctrine de la foi, Note doctrinale sur certains aspects de l'évangélisation, n. 11). C'est l'amour qui doit nous
pousser à annoncer avec franchise et courage à tous les hommes la vérité qui sauve (cf. Gaudium et spes, n. 28).
Un amour que l'on doit faire rayonner partout et qui doit atteindre le cœur de tout homme. En effet, les hommes
attendent le Christ.
Les paroles de Jésus, "Allez donc! de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du
Fils, et du Saint-Esprit; apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés" (Mt 28,19-20),
constituent encore un mandat obligatoire pour toute l'Eglise et pour chaque fidèle du Christ. Cet engagement
apostolique est un devoir mais aussi un droit imprescriptible, expression même de la liberté religieuse, à laquelle
correspondent des dimensions éthiques et sociales et éthiques et politiques (cf. Dignitatis humanae, n. 6). Il est
demandé aux Œuvres pontificales de faire de la Missio ad gentes le paradigme de toute l'activité pastorale. Il leur
revient, et en particulier à l'Union missionnaire pontificale, la tâche de "promouvoir et diffuser toujours davantage
chez le peuple chrétien le mystère de l'Eglise, c'est-à-dire cet esprit missionnaire concret" (Paul VI, Graves et
Increscentes). Je suis certain que vous continuerez à vous engager avec tout votre enthousiasme, pour que vos Eglises
locales assument avec toujours plus de générosité leur part de responsabilité dans la mission universelle.
Benoît XVI
Discours aux participants à la rencontre du Conseil Supérieur des Œuvres Pontificales Missionnaires
17 mai 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Dans l’intention de ce mois, le Saint-Père nous rappelle que nous devons tous participer à la tâche missionnaire
de l’Eglise. Chaque membre de l’Eglise, à commencer par ceux qui exercent une responsabilité pastorale, sont invités
à inspirer un enthousiasme missionnaire dans la communauté ou les personnes qui leur sont confiées.
L’intention est rédigée de manière à mettre en évidence une réalité fréquemment vérifiable en de nombreux endroits:
initialement à cause de la pénurie de prêtres, l’attention pastorale des communautés était passée en de nombreux cas
aux mains des religieuses ou des laïcs. Cet état de fait a notamment servi à développer plus largement la définition
du rôle de ces derniers dans l’Eglise. Aujourd’hui, les structures ecclésiales fonctionnent en général selon une riche
relation mutuelle de collaboration entre les clercs et les laïcs. Les premiers comme les seconds ont besoin de l’aide
et du rôle propre de l’autre.
Les communautés ecclésiales de base, les cercles bibliques, les pastorales juvéniles, les associations et
organisations ecclésiales fortement marquées par le leadership des laïcs, doivent être des communautés de pasteurs avec
leurs brebis. Quelquefois, ces communautés ne peuvent pas compter sur la présence régulière de prêtres, et quand elles
peuvent compter sur la présence d’un ministre ordonné, ce n’est souvent que pour la célébration des sacrements. Les
leaders laïques assument la charge pastorale de s’occuper des plus faibles et de se rapprocher des exclus, et le devoir
d’annoncer La Bonne Nouvelle à ceux qui ne la connaissent pas. Leur mission de pasteurs de ces communautés comporte
également la composante essentielle qu’est le devoir d’inspirer l’enthousiasme missionnaire à ceux qui sont là et de
sortir à la rencontre de ceux qui ne sont pas là. En effet, si tel groupe manque d’élan missionnaire, hé bien! c’est un
groupe qui vit de manière tronquée et incomplète sa façon d’être Eglise.
La vocation missionnaire nous est donnée en germe dans le baptême. Elle est, de notre être chrétien, une composante
essentielle qui est une grâce comme toutes les autres composantes. L’éveil de cet enthousiasme missionnaire ne sera
pas le fruit de notre force de volonté, mais bien un don de l’Esprit. La vocation missionnaire est donc une grâce, que
nous devons prier le Seigneur de nous accorder. Tel est le sens de la prière dont le Saint-Père nous charge ce mois-ci.
Rappelons-nous que l’Apostolat de la Prière est né missionnaire, en tant qu’invitation faite à tous les chrétiens à
collaborer par une vie sainte à l’oeuvre apostolique de l’Eglise. Prions pour que l’Esprit Saint, qui fit naître
l’Eglise par l’expérience pascale, continue à l’engendrer en tant et tant de communautés diverses, par un nouvel
embrasement d’enthousiasme missionnaire.
|
INTENTION GENERAL
Pour que toute institution nationale et supranationale s’engage à garantir le respect de
la vie humaine, depuis sa conception jusqu’à son terme naturel.
[…]
Comment ne pas se préoccuper non plus des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort
naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est
traditionnelle, comme en Afrique, où l’on tente de banaliser subrepticement l’avortement, par le Protocole de Maputo,
ainsi que par le Plan d’action adopté par les Ministres de la santé de l’Union Africaine, qui sera d’ici peu soumis
au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement. Se développent également des menaces contre la structure naturelle
de la famille, fondée sur le mariage d’un homme et d'une femme, et des tentatives de la relativiser en lui donnant
le même statut que d’autres formes d’union radicalement différentes. Tout cela offense la famille et contribue à
la déstabiliser, en en voilant la spécificité et le rôle social unique. D’autres formes d’agression à la vie sont
commises parfois sous couvert de recherche scientifique. La conviction se répand que la recherche n’est soumise
qu’aux lois qu’elle veut bien se donner et qu’elle n’a d’autre limite que ses propres possibilités. C'est le cas
par exemple dans les tentatives de légitimer le clonage humain pour d’hypothétiques fins thérapeutiques. […]
Benoît XVI
Discours pour les voeux au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège
8 janvier 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
* * *
Le droit à la vie et à la liberté religieuse
4. Le devoir de respecter la dignité de tout être humain, dont la nature reflète l'image du Créateur, comporte
comme conséquence que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir. La personne qui jouit d'un plus
grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s'en prévaloir pour violer les droits des personnes
moins chanceuses. C'est en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix. Consciente de cela, l'Église
s'emploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne. Elle revendique en particulier le respect de la vie
et de la liberté religieuse de chacun. Le respect du droit à la vie à toutes ses étapes constitue un point fort d'une
importance décisive: la vie est un don; le sujet n'en a pas la pleine disponibilité. De la même façon, l'affirmation
du droit à la liberté religieuse met l'être humain en relation avec un Principe transcendant qui le soustrait à
l'arbitraire de l'homme. Le droit à la vie et à la libre expression de la foi en Dieu ne relève pas du pouvoir de
l'homme. La paix a besoin que s'établisse une frontière claire entre ce qui est disponible et ce qui ne l'est pas:
on évitera ainsi d'introduire des éléments inacceptables dans le patrimoine de valeurs qui est propre à l'homme en
tant que tel.
5. En ce qui concerne le droit à la vie, on doit dénoncer toutes les terribles violations qui lui sont faites dans
notre société: outre les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence, il y a les
morts silencieuses provoquées par la faim, par l'avortement, par l'expérimentation sur les embryons et par
l'euthanasie. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix? L'avortement et l'expérimentation sur les
embryons constituent la négation directe de l'attitude d'accueil envers l'autre, qui est indispensable pour instaurer
des relations de paix durables. Pour ce qui concerne la libre expression de la foi, un autre symptôme préoccupant
du manque de paix dans le monde est constitué par les difficultés que rencontrent souvent aussi bien les chrétiens
que les croyants d'autres religions à professer publiquement et librement leurs convictions religieuses. En parlant
particulièrement des chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés;
dans certains États, ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de
violence abominable. Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes
indifférents nourrissent non pas une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances
religieuses. Dans tous les cas, un droit humain fondamental n'est pas respecté, avec des répercussions graves sur
la convivialité pacifique. Cela ne peut que promouvoir une mentalité et une culture négatives pour la paix.
L'égalité de nature de toutes les personnes
6. À l'origine des nombreuses tensions qui menacent la paix, il y a assurément les innombrables et injustes
inégalités qui sont encore tragiquement présentes dans le monde. Parmi elles, de manière particulièrement insidieuse,
on trouve, d'une part, les inégalités dans l'accès aux biens essentiels, comme la nourriture, l'eau, un toit,
la santé; d'autre part, les inégalités persistantes entre homme et femme dans l'exercice des droits humains
fondamentaux.
La reconnaissance de l'égalité essentielle entre les personnes humaines, qui découle de leur commune dignité
transcendante, constitue un élément de première importance pour l'édification de la paix. L'égalité à ce niveau
est donc un bien de tous inscrit dans la « grammaire » naturelle, qui ressort du projet divin de la création; un bien
qui ne peut pas être laissé de côté ou bafoué sans provoquer de graves répercussions mettant la paix en péril. Les
très graves manques dont souffrent de nombreuses populations, spécialement sur le continent africain, sont à la
source de revendications violentes et constituent donc une blessure profonde infligée à la paix.
7. Le fait que la condition féminine soit insuffisamment prise en considération introduit aussi des facteurs
d'instabilité dans l'ordre social. Je pense à l'exploitation de femmes traitées comme des objets et aux nombreuses
formes de manque de respect pour leur dignité; je pense également — dans un contexte différent — aux perspectives
anthropologiques persistantes dans certaines cultures, qui réservent aux femmes une place encore fortement soumise à
l'arbitraire de l'homme, avec des conséquences qui portent atteinte à leur dignité de personne et à l'exercice des
libertés fondamentales elles-mêmes. On ne peut se faire illusion: la paix ne sera pas assurée tant que ces formes de
discrimination, qui lèsent la dignité personnelle, inscrite par le Créateur en tout être humain, ne seront pas
abolies.(5)
Droits humains et Organisations internationales
12. Une paix véritable et stable présuppose le respect des droits de l'homme. Si ces droits se fondent cependant
sur une conception faible de la personne, comment n'en sortiraient-ils pas eux-mêmes affaiblis? On voit ici de manière
évidente l'insuffisance profonde d'une conception relativiste de la personne, lorsqu'il s'agit d'en justifier et d'en
défendre les droits. L'aporie est ici manifeste: les droits sont proposés comme absolus, mais le fondement qu'on
invoque pour eux est seulement relatif. Faut-il donc s'étonner si, face aux exigences « dérangeantes » de tel ou tel
droit, quelqu'un puisse se présenter pour le contester ou pour décider de le mettre de côté? Les droits qui sont
attribués à l'homme peuvent être affirmés sans crainte d'être démentis seulement s'ils sont enracinés dans les
exigences objectives de la nature, données à l'homme par le Créateur. Par ailleurs, il va de soi que les droits de
l'homme impliquent pour ce dernier des devoirs. À ce sujet, le mahatma Gandhi déclarait à juste titre: « Le Gange
des droits descend de l'Himalaya des devoirs ». C'est seulement en faisant la clarté sur ces présupposés de fond
que les droits humains, aujourd'hui soumis à des attaques continuelles, peuvent être défendus de manière
appropriée. Sans une telle clarté, on finit par utiliser la même expression « droits humains », sous-entendant
alors des sujets très différents entre eux: pour certains, la personne humaine marquée par une dignité permanente
et des droits toujours valables, partout et pour quiconque; pour d'autres, une personne à la dignité changeante
et avec des droits négociables dans leur contenu, dans le temps et dans l'espace.
Benoît XVI
Message pour la Journée Mondiale de la Paix
8 Décembre 2006
© Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX MEMBRES DU MOUVEMENT POUR LA VIE - 12 mai 2008
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL SUR L'EMBRYON HUMAIN PROMU PAR L'ACADÉMIE PONTIFICALE POUR LA VIE
- 27 février 2006
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II POUR LA CÉLÉBRATION DE LA XXXIIème JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX , Spécialement n. 4 - 8 décembre 1998
COMMENTAIRE PASTORAL
Je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en surabondance : ce sont les paroles de Jésus
aux siens (Jn 10,10). Le Dieu de la vie s’est manifesté sur notre Terre pour conduire tous ses fils et ses filles à
une vie pleine. Fidèle à l’enseignement du Maître, l’Eglise a toujours défendu la vie des personnes, depuis son début
avant de naître jusqu’à sa fin naturelle. La préoccupation du Pape pour l’intention de ce mois est la garantie du
respect de la vie humaine.
Les groupes ou les organisations ne font pas tous preuve de cohérence dans leurs luttes pour la défense de la vie.
Certains se proclament grands défenseurs des droits humains, et, de fait, ils effectuent un labeur digne de louange,
mais ils manquent à l’heure de défendre les droits de ceux qui sont le plus sans défense, les non-nés. Ils défendent
la thèse inacceptable que l’avortement est un droit de la femme sur son propre corps. Le droit de naître est le
premier droit, le plus fondamental, et il n’est pas sujet à la décision arbitraire de la mère. En certaines occasions,
ces mêmes groupes appuient l’euthanasie, qui est une façon d’approuver le droit douteux à tuer.
D’un autre côté, il y a ceux qui sont énergiques et actifs dans la lutte contre l’avortement ou l’euthanasie, avec
beaucoup de zèle en faveur de la doctrine de l’Eglise, mais qui gardent le silence face aux violations des droits des
pauvres et autres graves injustices sociales. Dans certains pays développés, quelques-uns de ces groupes ont même
appuyé et soutenu la guerre injustifiable contre l’Irak. Cette manière de poser le problème n’est pas fidèle à
l’ensemble du magistère de l’Eglise, qui promeut toujours la paix et la justice.
Les chiffres du dommage fait à la vie au niveau mondial donnent le frisson : 45 millions d’avortements par an, 2000
millions de personnes dans la misère, 1500 de celles-ci n’ayant même pas accès à l’eau potable, 70 millions de réfugiés
et de personnes déplacées, 300.000 enfants soldats… et bien d’autres chiffres encore.
La cohérence dans la défense de la vie depuis son début jusqu’à sa fin naturelle passe aussi aujourd’hui par la
défense de l’environnement. Dans l’habitat où la vie doit naître et grandir, attenter à l’environnement, c’est attenter
à la vie.
La préoccupation du Pape en ce mois constitue un appel aux institutions sociales nationales et internationales afin
qu’elles exercent leur mission de promotion de la vie en faveur de leurs peuples. L’effort commun de tous les agents
sociaux est requis afin de contrecarrer les forces de ceux qui sèment la mort dans le monde.
Les liens des institutions et de personnes qui développent des actions et des projets en faveur de la vie sont
interminables. Nous nous limiterons à certains d’entre eux:
Service Jésuite des Réfugiés
Nations Unies - Déclaration universelle des droits de l’homme
Nations Unies - Droits de l’homme
Haut-Commissariat aux droits de l’homme
Index universel des droits de l'homme des documents des Nations Unies
The Refuge Media Project (is developing several video documentaries and other resources for those working with immigrant torture survivors)
FIDH (Federación Internacional para los Derechos Humanos)
Human Rights Watch
Acción por la Vida y la Paz (Organización peruana por la defensa de la vida y una cultura de Paz)
Un video de denuncia contra el aborto, con imágenes muy fuertes, impactante: (SPA – ENG)
List of Pro-life organizations (wikipedia)
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Quelles situations, quelles attitudes de notre société constituent-elles des menaces à la vie (des pauvres, des non-nés)?
Quels types d’actions pourrions-nous entreprendre dans notre milieu en défense de la vie? Quelles seraient les plus urgentes d’entre elles?
Suis-je capable d’expliquer les principes fondamentaux ou la doctrine que l’Eglise défend sur ces thèmes?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Gn 1,1-2,4 Récit de la création
Lc 4,16-21 Mission prophétique de Jésus
Mc 10,13-16 Laissez venir à moi les petits enfants
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les Eglises en Asie, qui constituent « un petit troupeau » parmi des
populations non chrétiennes, sachent communiquer l’Evangile et témoigner avec joie leur
adhésion au Christ.
[…]
Bien que les catholiques en République de Chine représentent un peu plus d'un pour cent de la population, ils sont
désireux de jouer leur rôle afin de construire une société qui soit humaine, juste et caractérisée par une
préoccupation authentique pour le bien-être des membres les plus faibles de la société. La mission de l'Eglise est
aussi de partager son "expertise en humanité" avec tous les peuples de bonne volonté en vue de contribuer au bien-être
de la famille humaine. C'est traditionnellement dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'assistance
caritative qu'elle offre sa contribution. Le ferme engagement de votre gouvernement au service de la liberté de
religion a permis à l'Eglise de mener sa mission d'amour et de service, et de s'exprimer ouvertement à travers le culte
et la proclamation de l'Evangile. Au nom des catholiques de Taïwan, je souhaite vous affirmer combien j'apprécie la
liberté dont jouit l'Eglise.
Grâce à leur "sens spirituel inné et leur sagesse morale" (Ecclesia in Asia, n. 6), il y a une grande vitalité
religieuse et une capacité de renouveau chez les peuples d'Asie. Le terrain est donc particulièrement fertile pour
permettre au dialogue interreligieux de prendre racine et de grandir. Les asiatiques continuent de démontrer "une
ouverture naturelle à l'enrichissement mutuel des peuples, dans une pluralité de religions et de cultures" (ibid.).
Qu'il est important dans le monde d'aujourd'hui pour des peuples différents d'être capables de s'écouter les uns les
autres dans une atmosphère de respect et de dignité, conscients qu'ils ont l'humanité en partage dans un lien plus
profond que les différences culturelles qui semblent les diviser! Une telle croissance dans la compréhension mutuelle
offre un service indispensable à la société dans son ensemble. En apportant un clair témoignage "des vérités morales
qu'ils ont en commun avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, les groupes religieux exerceront une
influence positive sur la culture au niveau le plus large" (Discours aux représentants des autres religions,
Washington, le 17 avril 2008).
Un dialogue franc et constructif est également la clé pour résoudre les conflits qui menacent la stabilité de notre
monde. A cet égard, le Saint-Siège accueille favorablement les récents développements positifs dans les relations entre
Taïwan et la Chine continentale. L'Eglise catholique est en effet désireuse de promouvoir des solutions pacifiques aux
conflits de toutes sortes "en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de
réconciliation" (Discours à l'Assemblée générale des Nations unies, 18 avril 2008). De cette manière, elle souhaite
soutenir les efforts des gouvernements pour devenir "un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la
dignité de la personne humaine" (Message pour la Journée mondiale de la Paix 2007, n. 16).
Benoît XVI
Discours à S.E. M. Wang Larry Yu-Yuan
nouvel Ambassadeur de la République de Chine
8 novembre 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
* * *
[…]
En effet, le monde a faim du message d'espérance qu'apporte l'Evangile. Même dans les pays très industrialisés
comme le vôtre, beaucoup découvrent que le succès économique et la technologie avancée ne sont pas suffisants à eux
seuls à l'épanouissement du cœur humain. Celui qui ne connaît pas Dieu "est dans le fond sans espérance, sans la
grande espérance qui soutient toute l'existence" (Spe Salvi, n. 27). Rappelez à chacun que, dans la vie, il y a plus
que le succès professionnel et que le profit! Par la pratique de la charité, dans la famille et dans la communauté,
les personnes peuvent être conduites à "la rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux l'amour et qui ouvre
leur esprit à autrui" (Deus caritas est, n. 31). Telle est la grande espérance que les chrétiens au Japon peuvent
offrir à leurs concitoyens. Elle n'est pas étrangère à la culture japonaise mais, au contraire, renforce et donne
une nouvelle impulsion à tout ce qu'il y a de bon et de noble dans le patrimoine de votre nation bien-aimée. Le juste
respect que les citoyens de votre pays démontrent envers l'Eglise, sur la base de son importante contribution à
l'éducation, à la santé et dans de nombreux autres domaines, vous offre l'occasion de les inciter au dialogue et de
leur parler avec joie du Christ, "lumière véritable qui éclaire tout homme" (Jn 1,9).
Les jeunes, en particulier, courent le risque d'être trompés par la fascination de la culture séculière moderne.
Toutefois, comme toutes les grandes et petites espérances qui, à première vue, semblent promettre beaucoup (cf. Spe
Salvi n. 30), elle apparaît être une fausse espérance et, tragiquement, la désillusion conduit souvent à la dépression
et au désespoir, voire au suicide. Si leur énergie et leur enthousiasme juvéniles peuvent être orientés vers les choses
de Dieu, qui à elles seules sont suffisantes à satisfaire leurs désirs les plus profonds, toujours plus de jeunes
seront tentés de consacrer leur vie au Christ et certains reconnaîtront un appel à le servir dans le sacerdoce et
dans la vie religieuse. Exhortez-les à discerner si cela pourrait être leur vocation. N'ayez pas peur de le faire.
De même, encouragez vos prêtres et religieux à être actifs dans la promotion des vocations et conduisez votre peuple
dans la prière, en demandant au Seigneur d'envoyer "des ouvriers à sa moisson" (Mt 9,38).
La moisson du Seigneur au Japon est toujours plus formée de personnes de nationalités diverses, au point que plus
de la moitié de la population catholique est constituée d'immigrés. C'est une opportunité pour enrichir la vie de
l'Eglise dans votre pays et pour vivre la catholicité authentique du peuple de Dieu. En accomplissant des pas pour
garantir que tous se sentent accueillis dans l'Eglise, vous pouvez puiser dans les nombreux dons apportés par les
immigrés. En même temps, vous devez demeurer vigilants pour garantir que les normes liturgiques et disciplinaires de
l'Eglise universelle soient scrupuleusement observées. Le Japon moderne a choisi généreusement de s'engager dans le
monde et l'Eglise catholique, avec sa sollicitude universelle, peut apporter une précieuse contribution à ce
processus d'ouverture toujours plus grande à la Communauté internationale.
D'autres nations peuvent aussi apprendre du Japon, de la sagesse de son antique culture et, en particulier, du
témoignage de paix qui a caractérisé sa position sur la scène politique mondiale ces soixante dernières années.
Vous avez rendu audible la voix de l'Eglise sur l'importance permanente de ce témoignage, à plus forte raison dans
un monde où les conflits armés provoquent tant de souffrances à des innocents. Je vous encourage à continuer d'exprimer
votre opinion sur des questions d'intérêt public dans la vie de votre nation et vous assurer que vos déclarations
soient promues et largement diffusées afin de pouvoir être correctement reçues à tous les niveaux de la société.
De la sorte, le message d'espérance de l'Evangile touchera vraiment les cœurs et les esprits, en apportant une
confiance plus grande en l'avenir, davantage d'amour et de respect pour la vie, tout en accroissant l'ouverture à
l'égard des étrangers et ceux qui séjournent parmi vous. "Celui qui a l'espérance vit différemment, une vie nouvelle
lui a déjà été donnée" (Spe Salvi, n. 2).
A ce propos, la béatification prochaine de 188 martyrs japonais offre un signe clair de la force et de la vitalité
du témoignage chrétien dans l'histoire de votre pays. Dès les premiers temps, les hommes et les femmes du Japon ont
été prêts à verser leur sang pour le Christ. De l'espérance de ces personnes "touchées par le Christ a jailli
l'espérance pour d'autres qui vivaient dans les ténèbres et sans espérance" (Spe Salvi, n. 8). Je m'unis à vous pour
rendre grâce à Dieu pour le témoignage éloquent de Peter Kibe et de ses compagnons, qui ont "lavé leurs robes et les
ont blanchies dans le sang de l'Agneau" (Ap 7, 14sq).
Benoît XVI
Discours aux Évêques Japonais en visite "Ad limina Apostolorum"
15 décembre 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
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[...]
L'Asie montre avant tout des pays qui sont caractérisés par une population très nombreuse et un grand développement
économique. Je pense à la Chine et à l’Inde, pays en pleine expansion, souhaitant que leur présence croissante sur la
scène internationale entraîne des bénéfices pour les populations elles-mêmes et pour les autres nations. De même, je
forme des vœux pour le Viet-Nâm, rappelant sa récente adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce. Ma pensée
rejoint les communautés chrétiennes. Dans la plupart des pays d’Asie, il s’agit souvent de communautés petites mais
vivantes, qui désirent légitimement pouvoir vivre et agir dans un climat de liberté religieuse. C'est à la fois un
droit primordial et une condition qui leur permettra de contribuer au progrès matériel et spirituel de la société,
et d’être des éléments de cohésion et de concorde.
Au Timor oriental, l’Église catholique entend continuer à offrir sa contribution notamment dans les secteurs de
l’éducation, de la santé et de la réconciliation nationale. La crise politique traversée par ce jeune État, comme
d’ailleurs par d’autres pays de la région, met en évidence une certaine fragilité des processus de démocratisation.
De dangereux foyers de tension couvent dans la Péninsule de Corée. L’objectif de la réconciliation du peuple coréen
et la dénucléarisation de la Péninsule, qui auront des effets bénéfiques dans toute la région, doivent être poursuivis
dans le cadre de négociations. Il convient d'éviter les gestes qui puissent compromettre les pourparlers, sans
toutefois conditionner aux résultats les aides humanitaires destinées aux couches de la population nord-coréenne les
plus vulnérables.
Je voudrais attirer votre attention sur deux autres pays asiatiques, qui sont des motifs de préoccupation. En
Afghanistan, au cours des derniers mois, il faut hélas déplorer une augmentation notable de la violence et des attaques
terroristes, qui rendent difficile le chemin vers la sortie de crise et qui pèsent lourdement sur les populations
locales. Au Sri Lanka, l’échec des négociations de Genève entre le Gouvernement et le Mouvement Tamoul a entraîné une
intensification du conflit, qui provoque d’immenses souffrances parmi les populations civiles. Seule la voie du
dialogue pourra assurer un avenir meilleur et plus sûr pour tous.
Benoît XVI
Discours pour les voeux au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège
8 janvier 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE LA CORÉE ET AU PRÉFET APOSTOLIQUE D'OULAN-BATOR (MONGOLIE) EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM" - 3 décembre 2007
COMMENTAIRE PASTORAL
Dans les pays asiatiques, le pourcentage de catholiques est généralement très bas. A l’exception des Philippines et
du Timor oriental, dans tout le reste, ils constituent des groupes minoritaires et nombre de ceux-ci sont presque
inexistants par rapport à la population totale. Ils vivent leur foi et développent leur mission chrétienne entourés
de millions de personnes qui n’ont jamais entendu l’annonce du Christ. S’ils en entendent parler, c’est très souvent
dans des conditions de suspicion ou d’hostilité ouverte, fruit de gouvernements nationaux intolérants ou de groupes
fondamentalistes fanatisés (voir le commentaire à l’intention générale du mois d’avril).
Parmi les pays que l’Occident appelle "de l’Extrême-Orient", quelques-uns ont atteint de hauts niveaux de
développement économique et technologique (comme le Japon, Taiwan, la Corée du Sud) et d’autres, comme la Chine,
se dirigent à grands pas vers de tels résultats. Dans de nombreux cas, le prix à payer pour cette réussite matérielle
sont de hauts indices d’épuisement (stress) et d’insatisfaction chez les personnes, dus à l’énorme pression et à
l’excès de travail auxquels elles se voient soumises au nom de la productivité. Cela s’observe même chez les enfants,
que les parents talonnent pour qu’ils parviennent à la réussite académique. Dans beaucoup de cas, nous pourrions les
définir comme des sociétés en crise: crises de valeurs et d’absence de Dieu, même lorsque dans certains endroits, le
bouddhisme jouit de vitalité et de popularité parmi les habitants. Ces sociétés ont atteint le progrès conforme aux
modèles occidentaux, mais leurs structures familiales, sociales et religieuses traditionnelles se sont affaiblies.
Déjà, beaucoup ne savent plus vers où tourner le regard.
C’est ici que les chrétiens ont l’opportunité, dans ces pays, de témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, en
réponse à l’intention du Pape pour ce mois. Beaucoup d’hommes et de femmes fatigués et désorientés accueilleraient
avec joie une annonce capable de donner un nouveau sens à leurs vies. (En japonais comme en chinois, le mot « crise »
signifie deux choses: danger et opportunité). Dans ce contexte culturel et politique difficile, qui nuit à de
nombreuses personnes, les chrétiens trouvent la vie nouvelle de Jésus-Christ et l’offrent à leurs frères. La force
nouvelle du Ressuscité transforme l’obscurité en lumière, selon les paroles du Seigneur, « ils prendront des serpents
à la main ; et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal » (Mc 16,18).
Nous constatons aussi avec espérance que l’Eglise, en certains de ces pays, comme l’Inde, le Vietnam et l’Indonésie,
vit une vigoureuse expansion et une floraison soutenue, même en ce qui concerne le nombre des vocations à la vie
religieuse. Le sang de nombreux martyrs qui, dans ces régions, ont donné leur vie pour la foi est en train de porter
ses fruits. Prions intensément ce mois avec le Saint-Père pour que ce petit troupeau ait la force de l’Esprit afin
de pouvoir, dans un contexte posant de nombreux défis, « communiquer l’Evangile et témoigner avec joie de son adhésion
au Christ ».
|
INTENTION GENERAL
Pour que dans toutes les nations du monde, les élections des gouvernants se déroulent
selon la justice, la transparence et l’honnêteté, et dans le respect des libres décisions des citoyens.
[...]
Monsieur l'ambassadeur, le peuple du Nigeria désire une démocratie vivante et vous avez mentionné certaines des
priorités que votre pays a identifié comme des étapes nécessaires sur son chemin vers une croissance significative et
un développement durable. Ils incluent la gouvernance démocratique et l'Etat de droit, la sécurité intérieure, et une
administration efficace de la justice. Comme Votre Excellence le sait, la bonne gouvernance exigent que les élections
soient clairement perçues comme libres, justes et transparentes. Elle dépend également de la sécurité intérieure,
toujours fondée sur un idéal démocratique de respect des droits individuels et l'Etat de droit. Pour renforcer la
construction de cet édifice de la démocratie, cela exige que les autorités publiques s'attaquent tout d'abord aux
causes fondamentales du malaise social et, deuxièmement, de former le peuple aux vertus du respect et de la tolérance.
Je suis conscient que, par le passé, des heurts entre différents groupes ont été une source de préoccupation. Un conflit de ce genre peut
souvent s'expliquer par une multitude de facteurs, y compris des erreurs d'administration, des injustices ponctuelles ou
des tensions ethniques. A cet égard, je suis heureux de noter que ces dernières années les tensions semblent s'être
atténuées. On peut y voir un véritable indicateur de progrès et un signe d'espoir pour l'avenir. Dans la promotion de
la compréhension, de la réconciliation et de la bonne volonté entre les différents groupes, l'Eglise continue
d'encourager l'esprit de communauté en travaillant à éradiquer les préjugés et en défendant l'ouverture à l'égard de
tous. Elle s'attache tout particulièrement à promouvoir le dialogue interreligieux, dans l'espoir qu'une attitude de
profonde solidarité entre les responsables religieux se traduira progressivement dans des expressions populaires
d'acceptation pacifique, de compréhension mutuelle et de coopération dans toute la nation. [...]
Benoît XVI
Discours à S.E. M. Obed Wadzani
nouvel Ambassadeur du Nigeria près le Saint-Siège
29 mai 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
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Une bonne gestion des affaires publiques
110. Les Pères du Synode furent unanimes à reconnaître que le plus grand défi pour réaliser la justice et la paix en
Afrique consiste à bien gérer les affaires publiques dans les deux domaines connexes de la politique et de l'économie.
Certains problèmes ont leur origine hors du continent et, pour cette raison, ne sont pas entièrement sous le contrôle
des gouvernants et des dirigeants nationaux. Mais l'Assemblée synodale a reconnu que beaucoup de problèmes du continent
sont la conséquence d'une manière de gouverner souvent entachée de corruption. Il faut un vigoureux réveil des
consciences, avec une ferme détermination de la volonté, pour mettre en œuvre des solutions qu'il n'est désormais plus
possible de remettre à plus tard.
Construire la nation
[...]
111. Sur le front politique, le processus ardu de la construction d'une unité nationale rencontre des obstacles
particuliers dans le continent africain où la plupart des États sont des entités politiques relativement jeunes.
Concilier des différences extrêmes, dépasser des animosités ethniques anciennes et s'intégrer dans un ordre mondial,
tout cela exige de grandes qualités dans l'art de gouverner. C'est pourquoi l'Assemblée synodale a fait monter vers le
Seigneur une prière fervente pour que surgissent en Afrique des responsables politiques — hommes et femmes — saints,
pour qu'il y ait de saints chefs d'État qui aiment leur peuple jusqu'au bout et qui désirent servir, plutôt que se
servir.215
La voie du droit
112. Les fondements d'un bon gouvernement doivent être établis sur la saine base de lois qui protègent les droits et
définissent les devoirs des citoyens.216 Je dois constater avec une grande tristesse que de nombreuses nations d'Afrique
peinent sous des régimes autoritaires et oppressifs qui dénient à leurs membres la liberté personnelle et les droits
humains fondamentaux, tout spécialement la liberté d'association et d'expression politique de même que le droit de
choisir leurs gouvernants au moyen d'élections libres et impartiales. De telles injustices politiques provoquent des
tensions qui dégénèrent souvent en conflits armés et en guerres civiles, avec de graves conséquences, comme des
famines, des épidémies, des destructions, sans oublier les massacres et la tragédie scandaleuse des réfugiés. C'est
pourquoi le Synode a considéré avec raison que la démocratie authentique, dans le respect du pluralisme, est « l'une
des routes principales sur lesquelles l'Église chemine avec le peuple. [...] Le laïc chrétien engagé dans les luttes
démocratiques selon l'esprit de l'Évangile est le signe d'une Église qui se veut présente à la construction d'un État
de droit, partout en Afrique ».217
Gérer le patrimoine commun
113. Le Synode demande aux gouvernements africains d'adopter des politiques appropriées, aptes à améliorer la
croissance et les investissements, afin de créer des emplois.218 Ceci implique la poursuite de politiques économiques
saines, l'établissement de priorités correctes pour l'exploitation et la distribution des ressources nationales parfois
faibles, de manière à pourvoir aux besoins fondamentaux des personnes et à assurer un partage honnête et équitable des
avantages et des charges. Les gouvernements ont, en particulier, le devoir imprescriptible de protéger le patrimoine
commun contre toutes les formes de gaspillage et de détournement réalisés par des citoyens dépourvus de sens civique et
des étrangers sans scrupules. Il leur revient aussi de prendre les initiatives appropriées pour améliorer les
conditions du commerce international.
Les problèmes économiques de l'Afrique sont, en outre, aggravés par la malhonnêteté de certains gouvernants corrompus
qui, de connivence avec des intérêts privés locaux ou étrangers, détournent les ressources nationales à leur profit,
transférant des deniers publics sur des comptes privés dans des banques étrangères. Il s'agit purement et simplement
de vol, quelles que soient les fictions lé- gales qui les couvrent. Je souhaite vivement que les organisations
internationales et des personnes intègres des pays africains et d'ailleurs sachent préparer les moyens juridiques de
faire rentrer ces fonds indûment détournés. Également, dans la concession de prêts, il est important de s?assurer du
sens de la responsabilité et de la transparence des parties concernées.219 [...]
Benoît XVI
Exhortation Apostolique Post-Synodale "Ecclesia in Africa"
14 septembre 1995
© Copyright 1995 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II POUR LA CÉLÉBRATION DE LA XXXIIème JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX , spécialement n. 6 - 1 janvier 1999
COMMENTAIRE PASTORAL
Il est difficile de dire combien de pays, d’états ou de villes du monde sont dirigés par des gouvernements vraiment
légitimes et représentatifs de leur population. Les endroits qui ne s’encadrent pas dans cette catégorie sont très
nombreux. Dans beaucoup de lieux, la pratique de base de la démocratie pour l’élection des autorités n’existe pas.
Des gouvernements de fait se sont installés au pouvoir, parfois pour de longues années, et semblent plus intéressés
à se perpétuer dans leurs positions de privilège qu’à servir le peuple. En de multiples endroits, on réalise sous
le contrôle du pouvoir des parodies de suffrages, présentés ensuite comme démocratiques. Empêcher à l’opposition
un accès équitable à la propagande électorale avant les élections, acheter, falsifier ou manipuler les votes,
entre autres choses, frustrent la libre décision des gens et engendrent de la violence. Les démocraties
traditionnelles elles-mêmes, dans les pays occidentaux, suscitent beaucoup de questions quant à la façon dont
elles respectent la libre volonté des citoyens, étant donné les coûts élevés des campagnes, les mécanismes de
désignation des candidats par les partis, les jeux de pouvoir et d’intérêts particuliers, etc.
Le Pape attire notre attention sur cette grave situation présente en tant de parties du monde. Il nous invite en
tant que chrétiens à prier et à agir afin que lors des élections, le bien-être de la nation ou de la région prévale sur
les intérêts particuliers. Avec le Saint-Père, nous demandons qu’il y ait justice, transparence et honnêteté lors des
procédures électorales des peuples. Nous croyons que construire sur la base de la vérité constitue l’unique façon
d’établir une société qui grandisse dans la paix et la prospérité pour tous.
De fait, l’Eglise a toujours encouragé l’engagement des chrétiens dans la politique et le débat public, en vue de
la construction d’un monde plus juste. Plus encore, l’Eglise est appelée à jouer un rôle actif d’éducation de la
conscience citoyenne, afin d’engendrer des leaders chrétiens disposés à servir leur peuple. Jésus l’avait déjà
indiqué à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde » (Mt 5,13-14). Les baptisés ont
pour mission d’oeuvrer en faveur d’une société plus humaine et plus juste, y compris dans le domaine politique.
L’Evangile doit être source d’inspiration pour les politiciens chrétiens engagés dans la construction de la société
d’aujourd’hui et de demain.
Si nous ne sommes pas disposés à nous engager par notre prière et notre action également dans le domaine politique,
nous n’aurons pas le droit de nous plaindre ensuite des mauvais dirigeants que nous avons mis au pouvoir.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Est-ce que je connais la doctrine de l’Eglise relative à la participation des chrétiens dans le domaine politique? Qu’est-ce qu’il nous appartient de faire?
Comment pouvons-nous nous impliquer personnellement et de façon communautaire afin d’aider à la transparence et à l’honnêteté des procédures électorales?
Suis-je transparent, honnête et respectueux des autres quand il me revient d’exercer le pouvoir, même si c’est au niveau familial ou communautaire?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Is 32, 1-8 - il y aura un roi qui régnera selon la justice
Is 59, 13-15 - la justice se tient au loin
1Tm 2, 1- 4 - qu’ils prient pour les dépositaires de l’autorité
Mt 5, 13-16 - le sel et la lumière du monde
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les chrétiens s’engagent à offrir partout, spécialement dans les grands
centres urbains, une contribution valable à la promotion de la culture, de la justice, de la solidarité
et de la paix.
[...]
3. Le phénomène de la mégalopole est présent depuis longtemps, et l'Eglise n'a pas tardé à rechercher la meilleure
façon d'y répondre. Dans sa Lettre apostolique de 1971, Octogesima adveniens, le Pape Paul VI soulignait combien
l'urbanisation croissante et irréversible représente un défi important à la sagesse humaine, à l'imagination et au
pouvoir d'organisation (n. 10). Il soulignait combien l'urbanisation dans une société industrielle bouleverse les les
voies et les structures de vie traditionnelles, engendrant pour les personnes «une nouvelle solitude [...] dans une
foule anonyme [...] dans laquelle elles-même se sentent étrangères» (ibid.). Cela produit également ce que le Pape a
appelé des «nouveaux prolétariats» aux marges des grandes villes, «une ceinture de pauvreté qui proteste en silence
contre le luxe qui se déverse de manière flagrante des centres de consommation et de gaspillage» (ibid.). Il en
ressort une culture de discrimination et d'indifférence, «se prêtant à de nouvelles formes d'exploitation et de
domination» qui minent profondément la dignité humaine. Ce n'est pas là toute la vérité sur la mégalopole moderne,
mais il s'agit d'une partie cruciale qui présente à l'Eglise et en particulier aux pasteurs, un défi urgent et
incontournable. L'urbanisation, cela est vrai, crée de nouvelles opportunités, crée de nouveaux modes de communauté,
encourage de nombreuses formes de solidarité; mais dans la «lutte contre le péché» (cf. He 12, 4) c'est souvent la
sombre face cachée de l'urbanisation qui occupe votre attention pastorale immédiate.
Depuis 1971, la vérité des remarques du Pape Paul VI est devenue plus claire à mesure que le processus
d'industrialisation s'est poursuivi et accru. Les Pères du Synode ont souligné que le flux des personnes dans les villes
est souvent causé par la pauvreté, le manque d'opportunités et de service dans les zones rurales (Ecclesia in America,
n. 21). L'attirance devient plus forte car les villes détiennent les promesses d'emploi et de divertissement, et
semblent être les réponses à la pauvreté et à l'ennui lorsqu'en fait, elles en engendrent de nouvelles formes.
Pour de nombreuses personnes, en particulier les jeunes, la ville devient une expérience de déracinement, d'anonymat
et d'inégalité, provoquant une perte d'identité et de sens de la dignité humaine. Le résultat est souvent la violence
qui frappe maintenant tant de grandes villes, en particulier dans vos pays. Au centre de la violence, il y a la
protestation engendrée par une déception enracinée: la ville promet tant de choses et n'en offre que si peu et à si peu
de personnes. Ce sens de déception est également lié à une perte de confiance dans les institutions - politiques,
juridiques et éducatives, mais également dans l'Eglise et dans la famille. Dans un tel monde, un monde de profondes
absences, les cieux semblent fermés (cf. Is 64, 1) et Dieu semble bien lointain. Cela devient un monde profondément
sécularisé, unidimensionnel qui peut apparaître comme une prison à tant de personnes. Dans cette «ville de l'homme»,
nous sommes appelés à édifier «la ville de Dieu»; et face à une tâche si immense, nous sommes peut-être tentés, comme
le prophète Jonas à Ninive, de perdre courage et de fuir devant la tâche (cf. Jon 4, 1-3; Octogesima adveniens,
n. 12). Mais, comme pour Jonas, le Seigneur lui-même nous conduira résolument le long du chemin qu'il a choisi pour
nous.
4. Les Pères du Synode n'ont pas promu une nouvelle évangélisation urbaine de manière indéterminée: ils ont précisé
des éléments de l'activité pastorale qu'une telle évangélisation requiert. Ils ont parlé du besoin d'«une
évangélisation urbaine méthodique et capillaire par la catéchèse, la liturgie et la manière même d'organiser ses
structures pastorales» (Ecclesia in America, n. 21). Ici nous avons donc trois éléments très précis: la catéchèse, la
liturgie, et l'organisation des structures pastorales - éléments qui sont radicalement liés aux trois dimensions du
ministère de l'Evêque: enseigner, sanctifier et gouverner. A ce sujet, chers Frères, nous touchons le point central de
ce que le Christ nous appelle à être et à faire dans la nouvelle évangélisation.
Ces trois dimensions ont pour objectif une expérience nouvelle et plus profonde de la communauté dans le Christ, qui
est la seule réponse efficace et durable à une culture marquée par le déracinement, l'anonymat et les inégalités. Là où
cette expérience est fragile, on peut s'attendre à ce que davantage de fidèles se détachent de la religion ou dérivent
vers des sectes et vers des groupes pseudo-religieux, qui s'appuient sur leur faiblesse et se développent parmi les
chrétiens déçus par l'Eglise pour quelque raison que ce soit. On ne peut plus s'attendre à ce que les gens viennent
dans nos communautés spontanément; il doit plutôt y avoir une nouvelle impulsion missionnaire dans les villes, avec
des hommes et des femmes dévoués, notamment des jeunes, qui s'engagent au nom du Christ pour inviter les gens à
rejoindre la communauté ecclésiale. C'est un élément central de l'organisation des structures pastorales, qui est
requis pour une nouvelle évangélisation des villes. Cette dernière donnera un nouvel élan du même ordre que celui qui
a permis la naissance de l'Eglise sur votre terre: en particulier l'engagement héroïque de Jean de Brébeuf et d'Isaac
Jogues, de Marguerite Bourgeoys et Marguerite d'Youville. Mais maintenant, le but est la ville, et c'est là que le
nouvel héroïsme missionnaire doit briller avec autant d'éclat que cela s'est produit dans le passé, mais autrement.
Cela dépendra en grande partie de l'élan et du dévouement des missionnaires laïcs urbains; ceux-ci auront aussi
besoin du service de prêtres vraiment zélés, qui seront eux-mêmes habités par l'esprit missionnaire et qui sauront
comment allumer cet esprit chez les autres. Il est vital que les séminaires et les maisons de formation soient
clairement vus comme des écoles pour la mission, formant des prêtres qui pourront aider les fidèles à devenir les
nouveaux évangélisateurs dont l'Eglise a désormais besoin.
[...]
7. Dans une communauté davantage consciente de la présence du Christ, la mégalopole trouvera le signe de Dieu poindre
derrière une culture de déracinement, d'anonymat et d'inégalité. On nourrira la culture de la vie que vous, chers frères
vous êtes efforcés de promouvoir en permanence; et cela engendrera en retour une culture de la dignité humaine, ce
véritable humanisme qui est enraciné dans l'acte créateur de Dieu et qui est toujours un signe de la puissance
rédemptrice du Christ. Une telle communauté sera la semence de «la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du
ciel, de chez Dieu» (Ap 21, 2). Nous sommes ceux qui avons vu cette vision de l'Eglise: c'est pourquoi «nous avons
appris qu'il y a une Cité de Dieu et nous avons voulu être les citoyens de cette Cité» (Saint Augustin, Cité de Dieu,
XI, 1), où «nous serons calmes et verrons; nous verrons et nous aimerons; nous aimerons et nous louerons»
(ibid., XXII, 30).
Avec la louange de la Très Sainte Trinité dans nos cœurs et sur nos lèvres, nous nous tournons vers Marie «Mère de
l'Amérique» (Ecclesia in America, n. 76). Puisse-t-elle, elle à travers laquelle la lumière jaillit sur le monde, faire
la lumière sur votre chemin tandis que vous allez avec votre peuple à travers les ténèbres à la rencontre du Seigneur
ressuscité. Confiant l'Eglise qui est en Ontario à son soin infaillible, et invoquant la miséricorde infinie de Dieu sur
vous, ainsi que sur les prêtres, les religieux et les fidèles laïcs, je vous donne avec joie ma Bénédiction
apostolique.
Jean Paul II
Discours aux Évêques de l'Ontario en visite "Ad Limina Apostolorum"
4 mai 1999
© Copyright 1999 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
EVANGELII NUNTIANDI - EXHORTATION APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PAUL VI - La rupture entre Evangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques (20) - 8 décembre 1975
REDEMPTORIS MISSIO -JEAN PAUL II - Sur la valeur permanente du précepte missionnaire, spécialement n. 52 - 7 décembre 1990
COMMENTAIRE PASTORAL
L’intention de ce mois nous situe face au défi de l’évangélisation de la grande ville. Les grands centres urbains
se sont convertis de nos jours en un lieu où vit la plus grande partie de la population, laissant en arrière les temps
où prévalait une culture rurale. Les métropoles modernes surpeuplées ont engendré une culture propre, ou mieux,
diverses cultures en leur sein, présentant des défis grands et importants, non seulement à l’évangélisation, mais
aussi à la coexistence entre les hommes. Nous rencontrons en ces métropoles le monde du commerce et du travail, tout
comme celui de l’inactivité, le monde juvénile en ses multiples expressions, la distribution inégale de la richesse,
le monde de la misère et de la marginalisation, les sans-abri, l’entassement et la promiscuité, les bandes et la
violence, le trafic des drogues, la contamination de l’environnement et la pollution acoustique, la sécurité (ou
l’insécurité) citadine, les défis du transport urbain, entre beaucoup d’autres aspects que le citadin commun doit
affronter chaque jour. Le monde artistique, l’éducation, le sport et la récréation, la vie sociale et familiale,
la diversité culturelle et l’apport des immigrés font aussi partie de la ville, … et la vie dans la ville moderne
prend des rythmes accélérés. Elle peut devenir un monde fractionné et stressant, voire même menaçant et cruel pour
certains, où, malgré le fait d’être entourés de millions de personnes, l’on peut en arriver à expérimenter la plus
profonde solitude. C’est dans ce contexte que l’homme et la femme d’aujourd’hui cherchent Dieu.
Comment parler de Dieu dans la grande ville? Comment témoigner sa présence dans un milieu sécularisé et
désacralisé? Comment annoncer un message évangélique qui doit être levain dans la masse pour concevoir une
société plus juste, plus solidaire et plus pacifique? Quelle est la nouvelle culture qui commence à germer avec
la semence de l’Evangile, capable de répondre au coeur de l’homme moderne? Comment pouvons-nous, nous les chrétiens,
contribuer à rendre la vie urbaine plus fraternelle et plus humaine?
La réponse à ces questions nous place dans la ligne de l’intention missionnaire du Pape pour ce mois. Sans avoir
la possibilité d’y répondre ici, nous voulons au moins prendre conscience de la problématique et nous situer dans les
pistes de solution.
Pourquoi un thème comme celui-ci peut-il être considéré comme une intention missionnaire ? Il n’y a pas de doute,
la mission chrétienne doit trouver sa voie dans la vie quotidienne de la grande ville. Une partie fondamentale de
la mission propre au chrétien, reçue dans le baptême, est de promouvoir activement la nouvelle culture de justice,
de solidarité et de paix, selon les mots du Pape. C’est la Bonne Nouvelle qu’à son époque, saint Paul, le grand
missionnaire, sortit annoncer précisément dans les centres urbains, et que nous sommes aujourd’hui appelés à rendre
présente dans les nouveaux aréopages (cf. Ac 17,19).
En priant avec le Saint-Père ce mois-ci, nous nous engageons à être missionnaires dans la grande ville.
Nous collaborons avec le Seigneur pour que l’on vive ici les valeurs du Royaume, que les minorités soient
respectées et que les faibles soient secourus, que les chrétiens puissent apporter « une contribution valable à la
promotion de la culture, de la justice, de la solidarité et de la paix », selon les mots du Pape.
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INTENTION GENERAL
Pour que les chômeurs, les sans-abri et ceux qui vivent dans des situations de grave
nécessité, trouvent compréhension et accueil, et soient aidés de façon concrète à surmonter leurs
difficultés
[...]
En début d'année, nous sommes invités à porter un regard sur la situation internationale, pour envisager les défis
que nous sommes appelés à affronter ensemble. Parmi les questions essentielles, comment ne pas penser aux millions de
personnes, spécialement aux femmes et aux enfants, qui manquent d’eau, de nourriture, de toit ? Le scandale de la faim,
qui tend à s’aggraver, est inacceptable dans un monde qui dispose des biens, des connaissances et des moyens d’y
mettre un terme. Il nous pousse à changer nos modes de vie; il nous rappelle l’urgence d’éliminer les causes
structurelles des dysfonctionnements de l’économie mondiale et de corriger les modèles de croissance qui semblent
incapables de garantir le respect de l’environnement et un développement humain intégral pour aujourd’hui et surtout
pour demain. J'invite à nouveau les Responsables des Nations les plus riches à prendre les dispositions nécessaires
pour que les pays pauvres, souvent pleins de richesses naturelles, puissent bénéficier des fruits des biens qui
leur appartiennent en propre. De ce point de vue, le retard dans la mise en œuvre des engagements pris par la
communauté internationale au cours des toutes dernières années est aussi source de préoccupation. Il faut donc
souhaiter la reprise des négociations commerciales du «Doha Development Round» de l’Organisation mondiale du
Commerce, ainsi que la poursuite et l’accélération du processus d’annulation et de réduction de la dette des pays
les plus pauvres, sans que cela soit conditionné à des mesures d’ajustement structurel, néfastes pour les
populations les plus vulnérables.
Dans le domaine du désarmement également, se multiplient les symptômes d’une crise progressive, liée aux difficultés
dans les négociations sur les armes conventionnelles aussi bien que sur les armes de destruction massive, et, d’autre
part, à l’augmentation des dépenses militaires à l’échelle mondiale. Les questions de sécurité, aggravées par le
terrorisme, qu’il faut condamner fermement, doivent être traitées dans une approche globale et clairvoyante.
En ce qui concerne les crises humanitaires, il convient de noter que les Organisations qui les affrontent ont besoin
d’un soutien plus fort, afin qu’elles soient en mesure de fournir aux victimes protection et assistance. Une autre
question qui prend toujours davantage de relief est celle des mouvements de personnes: des millions d’hommes et de
femmes sont contraints à laisser leurs foyers ou leur patrie à cause de violences ou bien pour rechercher des conditions
de vie plus dignes. Il est illusoire de penser que les phénomènes migratoires pourront être bloqués ou contrôlés
simplement par la force. Les migrations et les problèmes qu’elles créent doivent être affrontés avec humanité, justice
et compassion. [...]
Benoît XVI
Discours pour les voeux au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège
8 janvier 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Saint Alberto Hurtado, jésuite chilien décédé en 1952, qui avait constaté la situation tragique d’enfants et
d’adultes pauvres qui dormaient dans les rues sous les ponts, ne resta pas les bras croisés. Il fonda le Foyer du
Christ, un refuge qui puisse leur assurer logement et nourriture, et descendit lui-même dans la rue à leur recherche.
Aujourd’hui, son oeuvre a grandi, même au-delà des frontières du pays et elle accueille des milliers et des milliers
d’enfants, de jeunes, d’adultes, de malades, de personnes âgées et de toxicomanes ; elle développe même d’importants
projets de construction d’habitations à bon marché pour les pauvres.
Soeur Gonxha Agnes (Marie Thérèse) Bojaxhiu, religieuse de Loreto, travaillait dans un collège pour jeunes filles
de familles aisées en Inde. Mais elle avait le coeur rempli d’inquiétude à force de voir chaque jour dans la rue la
misère des sans-abri. Elle se sentit très clairement appelée par le Seigneur à faire quelque chose pour eux. Elle
quitta sa congrégation et partit à la rencontre et au service de Jésus dans la personne « des non-désirés, des
non-aimés, de ceux dont personne ne s’occupait ». Mère Teresa de Calcutta devint ensuite la fondatrice des
Missionnaires de la Charité.
Il y a quelques années, dans une ville du Nord du Chili caractérisée comme beaucoup d’autres par la présence de
nombreux malades mentaux adultes déambulant en rue abandonnés à eux-mêmes, un groupe de chrétiens décida d’agir.
Ils s’organisèrent pour rassembler des fonds, et ils louèrent et plus tard achetèrent une maison afin de les
accueillir. L’offre à ces malheureux d’un toit, de nourriture et d’affection réalisa le miracle de donner humanité et
dignité à ceux qui, jusqu’il y a peu, vivaient dans des conditions infra-humaines. L’oeuvre a subsisté et grandi et
elle continue aujourd’hui à accueillir le Christ pauvre et désemparé qui marche dans les rues de la ville.
En suivant l’inspiration de l’Esprit de Jésus, le pauvre de Nazareth, beaucoup de personnes, à travers l’histoire,
ont fourni des réponses concrètes à l’inquiétude du coeur du Pape exprimée dans les intentions de prière de ce mois-ci.
Citons parmi tant d’autres l’abbé Pierre, fondateur des chiffonniers d’Emmaüs en France, saint Pierre Claver en
Colombie, saint Martin de Porres au Pérou, saint Damien de Molokai aux îles Hawaï, saint François d’Assise en
Italie…
« La foi sans les oeuvres est une foi morte » nous rappelle l’apôtre Jacques (2,17). « L’amour doit se situer
davantage dans les oeuvres que dans les paroles » nous enseigne saint Ignace de Loyola. « L’injustice cause beaucoup
plus de maux que ceux auxquels la charité peut remédier » juge saint Alberto Hurtado. Demandons-nous ce que nous
pouvons faire pour rendre nos vies plus cohérentes avec nos prières de ce mois selon les intentions du Saint-Père.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Qu’est-ce que je peux faire afin de soulager le sort de ceux qui vivent dans une situation de grave nécessité?
Est-ce que je connais un groupe ou une organisation d’assistance aux plus nécessiteux, auquel je pourrais prendre part en tant que volontaire? De quelle façon est-ce que j’enrichis ma vie en y participant?
Que signifie cette phrase d’Alberto Hurtado: «L’injustice cause beaucoup plus de maux que ceux auxquels la charité peut remédier»?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Is 58,6-10 le jeûne que le Seigneur agrée
Jc 2,14-20 la foi se montre dans les oeuvres
Lc 4,16-21 le Christ vient prêcher la Bonne Nouvelle aux pauvres
MISSION INTENTION
Pour que l’Eglise soit la « maison » de tous, prête à ouvrir ses portes à ceux qui, en
raison des discriminations raciales et religieuses, de la faim et des guerres, sont contraints à
émigrer dans d’autres pays.
Chers frères et sœurs,
Cette année, le message pour la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié a pour thème: «Saint Paul migrant, Apôtre des
Peuples» [...]
La proclamation du kérygme lui fit traverser les mers du Proche-Orient et parcourir les routes de l'Europe, jusqu'à
atteindre Rome. Il partit d'Antioche, où l'Evangile fut annoncé à des populations n'appartenant pas au judaïsme, et où
les disciples de Jésus furent pour la première fois appelés «chrétiens» (cf. Ac 11, 20.26). Sa vie et sa prédication
furent totalement dédiées à faire connaître et aimer Jésus de tous, parce qu'en Lui tous les peuples sont appelés à
devenir un seul peuple.
Cela est, aujourd'hui également, à l'heure de la mondialisation, la mission de l'Eglise et de tous les baptisés;
mission qui, par un soin pastoral attentif, se tourne aussi vers l'univers bigarré des migrants — étudiants non
résidents, immigrés, réfugiés, personnes déplacées — en incluant ceux qui sont victimes des esclavages modernes,
comme par exemple le trafic des êtres humains. Aujourd'hui aussi le message du salut doit être proposé avec la même
attitude que l'Apôtre des nations, en tenant compte des différentes situations sociales et culturelles, et des
difficultés particulières de chacun qui découlent de la condition de migrant et d'itinérant. Je forme le vœu que
toutes les communautés chrétiennes puissent nourrir la même ferveur apostolique que saint Paul qui, pour annoncer
à tous l'amour salvifique du Père (Rm 8, 15; Ga 4, 6) afin «de gagner le plus grand nombre» (1 Co 9, 19) se fit
«faible avec les faibles (...) tous à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns» (1 Co 9, 22). Que son
exemple soit pour nous aussi un encouragement à nous faire solidaires de ces frères et sœurs et à promouvoir,
partout dans le monde et par tous les moyens, la coexistence pacifique entre les ethnies, les cultures et les
religions différentes.
Mais quel fut le secret de l'Apôtre des nations? Le zèle missionnaire et la fougue du combattant, qui le
caractérisaient, provenaient du fait que lui-même, «saisi par le Christ Jésus» (Ph 3, 12), lui demeura si intimement uni
qu'il se sentît prendre part à sa propre vie, à travers «la communion à ses souffrances» (Ph 3, 10; cf. également
Rm 8, 17; 2 Co 4, 8-12; Col 1, 24). C'est là qu'est la source de l'ardeur apostolique de saint Paul, lequel raconte:
«Celui qui dès le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce divine daigna révéler en moi son Fils pour que
je l'annonce parmi les païens» (Ga 1, 15-16; cf. également Rm 15, 15-16). Il se sentit «Crucifié avec le Christ»,
au point de pouvoir affirmer: «Ce n'est plus moi qui vit mais le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20). Et aucune
difficulté ne l'empêcha de poursuivre dans sa courageuse action évangélisatrice dans des villes cosmopolites comme
Rome et Corinthe qui, à cette époque, étaient peuplées d'une mosaïque d'ethnies et de cultures.
En lisant les Actes des Apôtres et les Lettres que Paul adresse à différents destinataires, on saisit un modèle
d'Eglise non exclusive, et même ouverte à tous, formée par des croyants sans distinction de culture et de race: chaque
baptisé est, en effet, membre vivant de l'unique Corps du Christ. Dans cette optique, la solidarité fraternelle, qui
se traduit en gestes quotidiens de partage, de coparticipation et d'attention joyeuse aux autres, acquiert un profil
singulier. Il n'est cependant pas possible de réaliser cette dimension d'accueil fraternel réciproque, nous enseigne
toujours saint Paul, sans la disponibilité à l'écoute et à l'accueil de la Parole prêchée et pratiquée (cf. 1 Th 1, 6),
Parole qui invite tout le monde à imiter le Christ (cf. Ep 5, 1-2) à l'image de l'Apôtre (cf. 1 Co 11, 1). Aussi, plus
la communauté est unie au Christ, plus elle est invitée à l'égard du prochain, en fuyant les préjugés, le mépris et
le scandale, et en s'ouvrant à l'accueil réciproque (cf. Rm 14, 1-3; 15, 17). Conformés au Christ, les croyants se
sentent en Lui «frères», fils du même Père (Rm 8, 14-16; Gal 3, 26; 4, 6). Ce trésor de fraternité les rend «avides
de donner l'hospitalité» (Rm 12, 13), qui est la première fille de l'agapè (cf. 1 Tm 3, 2; 5, 10; Tt 1, 8; Phm 17).
On réalise de cette manière la promesse du Seigneur: «Je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous
serez pour moi des fils et des filles» (2 Co 6, 17-18). Si nous sommes conscients de cela, comment ne pas prendre en
charge ceux qui, en particulier parmi les réfugiés et les personnes déplacées, se trouvent dans des conditions
difficiles et malaisées? Comment ne pas remédier aux besoins de celui qui est, de fait, plus faible et sans défense,
marqué par la précarité et l'insécurité, marginalisé, et souvent exclus de la société? On leur doit une attention plus
grande parce que, pour paraphraser un texte paulinien bien connu, «Dieu a choisi ce qu'il y a de fou dans le monde pour
confondre les sages, ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise et ce qui n'est pas pour réduire à
rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu» (1 Co 1, 27-29).
Chers frères et sœurs, que la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, qui sera célébrée le 18 janvier 2009, soit
pour tous un encouragement à vivre pleinement l'amour fraternel sans distinction de genre et sans discriminations, dans
la conviction que quiconque a besoin de nous et que nous pouvons aider est notre prochain (cf. Deus caritas est,
n. 15). Que l'enseignement et l'exemple de Saint Paul, humble grand Apôtre et migrant, évangélisateur des peuples et
des cultures, nous encouragent à comprendre que la pratique de la charité constitue le sommet et la synthèse de toute
la vie chrétienne. Le commandement de l'amour — nous le savons bien — se nourrit quand les disciples du Christ
participent unis à l'Eucharistie qui est, par excellence, le Sacrement de la fraternité et de l'amour. Et de même
que Jésus au cénacle, unit le commandement nouveau de l'amour fraternel au don de l'Eucharistie, de même ses «amis»,
en suivant les traces du Christ, qui s'est fait «serviteur» de l'humanité, et soutenus par sa Grâce, ne peuvent
que se dévouer au service réciproque, en se soutenant les uns les autres selon ce que saint Paul recommanda:
«Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la loi du Christ» (Ga 6, 2). Ce n'est que de cette
manière que grandit l'amour entre les croyants et envers tout le monde (cf. 1 Th 3, 12).
Chers frères et sœurs, ne nous lassons pas de proclamer et de témoigner cette «Bonne Nouvelle» avec enthousiasme,
sans peur et sans économiser notre énergie! Tout le message évangélique est contenu dans l'amour et les disciples
authentiques du Christ se reconnaissent par leur amour mutuel et par leur accueil à l'égard de tous. Que l'Apôtre Paul
nous obtienne ce don, mais surtout Marie, Mère de l'accueil et de l'amour. Tandis que j'invoque la protection divine
sur ceux qui sont engagés dans l'aide aux migrants et, plus généralement, sur le vaste monde de l'émigration,
j'assure à chacun un rappel constant dans la prière et j’accorde affectueusement à tous la Bénédiction apostolique.
Benoît XVI
Message pour la 95ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié
24 août 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ - 13 janvier 2008
COMMENTAIRE PASTORAL
Des habitants du Zimbabwe ont du fuir en Afrique du Sud, des Soudanais du Darfour se sont réfugiés au Tchad, des
membres de minorités opprimées du Myanmar ont fui en Thaïlande, des Bhoutanais ont du fuir au Népal et des milliers
d’Iraquiens en Jordanie. Des Pakistanais, des Afghans, des Congolais, des Colombiens, des Somaliens, des Nigérians,
des personnes du Sri Lanka, entre autres, ont du se déplacer à l’intérieur de leurs frontières pour échapper à la mort
et à la terreur des combats. Sans compter les centaines de milliers d’Africains qui entreprennent de pénibles
traversées pour atteindre l’Europe à la recherche de perspectives meilleures et les innombrables ressortissants
d’Amérique centrale et du Mexique qui subissent de très dures épreuves pour arriver aux Etats-Unis.
La liste des millions et des millions de personnes innocentes, honnêtes et travailleuses, qui se voient forcées de
fuir leurs foyers en laissant tout derrière elles parce qu’elles ont peur ou qu’elles ont faim est beaucoup
plus longue. Elles fuient terrorisées vers où c’est possible, en emportant un maigre bagage, et pour nombre d’entre
elles après avoir subi des traitements cruels ou connu la mort de leurs proches. Presque 80% d’entre elles sont des
femmes et des enfants dont les familles ont été tronquées ou disloquées par les conflits.
Aujourd’hui, la migration, forcée ou non, constitue un phénomène mondial. De fait, dans tous les pays, et sûrement
aussi dans le nôtre, il y a des gens qui ont quitté leurs terres et leurs coutumes afin de chercher de meilleures
conditions de vie.
Qui les accueille?
Ils sont repoussés, ils sont craints, le droit d’asile leur est dénié; ils sont discriminés et traités comme des
délinquants, persécutés et même assassinés. Pourquoi ? Parce qu’ils sont différents, qu’ils parlent une autre langue,
qu’ils viennent d’ailleurs. Ils sont considérés comme une menace par ceux qui sont arrivés avant eux.
La Bible rend témoignage du fait que le Peuple de Dieu a toujours été un peuple de migrants et qu’il est passé par
de pénibles épreuves durant son exil. Jésus lui-même, ainsi que sa famille, lorsqu’il était enfant, furent obligés
d’émigrer en Egypte, en cherchant eux-aussi une porte ouverte…
Le Pape nous invite ce mois-ci à ouvrir les portes de l’Eglise aux plus nécessiteux, surtout aux réfugiés.
Qu’ils trouvent en nous, au sein de notre communauté chrétienne et dans nos sociétés, un foyer, une main tendue, un
sourire et un coeur compréhensif. Que tous les baptisés, fils et filles du même Père, indépendamment de l’endroit
où ils sont nés, puissent sentir qu’en l’Eglise, c’est chez eux qu’ils arrivent.
Aujourd’hui, nombreux sont les exemples d’organismes et d’institutions d’Eglise ou laïques où les plus pauvres
trouvent accueil et aide sont nombreux. Prends connaissance de quelques-uns d’entre eux:
Service Jésuite des Réfugiés (JRS)
La Cimade est une association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile, à Paris, France
Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados – ACNUR
SERPAJ-AL - Servicio Paz y Justicia en América Latina
Amnesty International
ECRE - European Council on Refugees and Exiles
Refugees International
Save the Children
U.S. Committee for Refugees
|
INTENTION GENERAL
Pour que dans les régions les moins développées du monde, l’annonce de la Parole de
Dieu rénove le coeur des personnes, en les encourageant à être protagonistes d’un progrès social
authentique.
Parole de Dieu et service de charité
39. La diakonia – ou service de la charité – est une vocation de l'Église de Jésus-Christ, dans le domaine de la
charité, et que le Verbe de Dieu a manifestée par ses mots et par ses œuvres.
La Parole de Dieu doit conduire à l'amour du prochain. Dans de nombreuses communautés, il est affirmé que la
rencontre avec la Parole ne s'épuise ni dans l'écoute ni dans la célébration elle-même, mais qu'elle vise à devenir un
engagement concret, personnel et communautaire, envers le monde des pauvres, en tant que signe de la présence du
Seigneur.
[...]
Avec, à l'esprit, les nombreuses pages des Saintes Écritures qui non seulement recommandent, mais ordonnent même le
respect de la justice envers le prochain (cf. Dt 24,14-15 ; Am 2,6-7 ; Je 22,13 ; Jc 5,4), on est fidèle à la Parole
de Dieu lorsque la première forme de charité se réalise dans le respect des droits de la personne humaine, dans la
défense des opprimés et de ceux qui souffrent. Pour ce faire, il faut avoir présent l'importance que revêtent les
communautés de foi, formées aussi de pauvres et animées par la lecture de la Bible. Il est nécessaire d'apporter
consolation et espérance aux pauvres du monde. Le Seigneur, qui aime la vie, entend, avec sa Parole, éclairer,
guider et soutenir toute la vie des croyants, en toutes circonstances, dans le travail et dans la fête, dans la
souffrance, dans les loisirs, dans les engagements familiaux et sociaux et à chaque moment de la vie, afin que
tous puissent discerner toutes choses et retenir ce qui est bon (cf. 1 Th 5,21), en reconnaissant par là la
volonté de Dieu, et la mettre en pratique (cf. Mt 7,21).
[...]
Parole de Dieu, levain des cultures modernes
57. Au cours des siècles, le livre de la Bible est entré dans les cultures, au point d'inspirer les différents
domaines du savoir philosophique, pédagogique, scientifique, artistique, littéraire. La pensée biblique a tellement
pénétré qu'elle devient synthèse et âme de la culture elle-même. Comme l'affirmait le Cardinal Ratzinger à l'époque,
dans un commentaire à l'Encyclique Fides et Ratio : «Déjà dans la Bible même est élaboré un patrimoine de pensée
religieuse et philosophique pluraliste dérivant de différents mondes culturels. La Parole de Dieu se développe dans
le contexte d'une série de rencontres avec la recherche de l'homme d'une réponse à ses questions ultimes. Elle n'est
pas tombée directement du ciel, mais elle est proprement une synthèse des cultures».[109] Les influences économiques
et technologiques d'inspiration séculariste dont le potentiel est amplifié par les médias exigent un dialogue plus
intense entre la Bible et la culture, un dialogue parfois dialectique, mais riche en potentialités pour l'annonce,
du fait qu'il est riche en demandes de signification, qui trouvent une proposition libératrice dans la Parole du
Seigneur.
Cela signifie que la Parole de Dieu demande à pénétrer dans un monde pluraliste et sécularisé pour en être le levain,
dans les aréopages modernes, en apportant «la force de l'Évangile au cœur de la culture et des cultures»[110] pour les
purifier, les élever et en faire des instruments du Royaume de Dieu. Pour ce faire, une inculturation de la Parole de
Dieu est nécessaire : elle ne doit pas être réalisée d'une manière superficielle, mais avec une préparation adéquate
pour la confrontation avec les positions d'autrui, de façon à ce que soient mises en évidence l'identité du mystère
chrétien et son action bénéfique à l'égard de chaque personne. Dans ce contexte, il faut apporter un soin tout spécial
à la recherche de ce qui est appelé «l'histoire des effets» (Wirkungsgeschichte) de la Bible dans la culture et dans
l'ethos commun, raison pour laquelle elle est, avec justesse, appelée et évaluée comme « code fondamental », en
particulier en Occident. Le Saint-Père Benoît XVI a affirmé : «Aujourd'hui plus que jamais, l'ouverture entre les
cultures est un terrain privilégié pour le dialogue entre les hommes engagés dans la recherche d'un humanisme
authentique, au-delà des divergences qui les séparent. Dans le domaine culturel également, le christianisme peut
offrir à tous la force de renouveau et d'élévation, c'est-à-dire l'amour de Dieu qui se fait amour humain».[111]
De tout cela se chargent, avec un grand engagement, les nombreux centres culturels catholiques de par le monde.
Synode de Évêques
XIIème Assemblée Générale Ordinaire
Instrumentum Laboris
11 mai 2008
© Copyright - Secrétairerie Générale du Synode des Évêques et Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Voici que je renouvelle toutes choses (Ap 21,5)
L’intention de prière du Saint-Père pour le mois de septembre, - au cours duquel beaucoup d’Eglises célèbrent
le mois de la Bible -, nous invite à placer la Parole de Dieu au centre. Le Saint-Père nous appelle à renouveler
notre confiance dans la force transformatrice de la Parole, capable de rendre nouvelles toutes les choses, même
dans les régions les moins développées du monde.
Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas sans avoir irrigué la terre, sans
l’avoir fécondée et fait germer, ainsi la parole de Dieu ne retournera-t-elle pas à Lui sans avoir produit ses
fruits. (Is 55,10-11)
La Parole renouvelle l’espérance et pousse à l’action dans les situations de grande douleur, dans les régions
en conflit ou dans celles qui souffrent d’une grande pauvreté:
Je ferai jaillir des fleuves sur les monts dénudés,
et des sources au milieu des vallées. (Is 41,18)
Voici que je crée des cieux nouveaux et une terre nouvelle.
On ne se souviendra plus des choses passées,
elles ne remonteront pas au coeur. (…)
Il n’y aura plus là de petit enfant vivant quelques jours,
ni de vieillard qui n’aura pas mis le comble à ses jours. (…)
Ils bâtiront des maisons et les habiteront ;
ils planteront des vignes et mangeront leurs fruits. (…)
Le loup et l’agneau paîtront ensemble,
le lion comme le boeuf mangera du fourrage,
et le serpent aura la poussière pour nourriture.
On ne fera pas le mal, on ne détruira pas
sur toute ma sainte montagne,
dit Yahvé. (Is 65, 17-25)
La Parole apporte le réconfort et la tendresse de Dieu:
Consolez, consolez mon peuple,
dit votre Dieu.
Parlez au coeur de Jérusalem
et criez-lui que son service est accompli. (…)
Voici le Seigneur Yahvé : il vient avec puissance,
et son bras lui donne le commandement. (…)
Comme un pasteur, il fait paître son troupeau,
de son bras il rassemble les agneaux,
dans son sein il les porte,
il conduit celles qui allaitent. (Is 40, 1-11)
La Parole de Dieu est fiable:
L’herbe sèche, la fleur se fane,
mais la parole de notre Dieu
demeure à jamais. (Is 40,8)
La formulation de l’intention du Pape exprime sa foi dans la potentialité de la Parole de Dieu d’engendrer
« le progrès social authentique ». Cette Parole agit en nous et nous entraîne à donner réalité à l’annonce
joyeuse du salut qui vient du Seigneur:
L’esprit du Seigneur Yahvé est sur moi,
parce que Yahvé m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres,
panser les coeurs brisés,
annoncer aux captifs la libération, (…)
annoncer une année de faveur de la part de Yahvé. (Is 61, 1-2)
Ah! vous tous qui avez soif,
venez vers les eaux ;
même celui qui n’a pas d’argent, venez !
achetez et mangez… (Is 55,1)
Dieu intervient en faveur de ses pauvres, et il le fait en suscitant des prophètes qui annoncent et qui mènent
à bien son oeuvre de salut:
J’anéantis les signes mensongers et rends fous les devins ; (…)
je confirme la parole de mon serviteur
et accomplis le projet de mes envoyés. (Is 44, 25-26)
Ainsi parle Yahvé.
Ceux d’Israël ont commis tant de crimes
que je ne manquerai pas de les punir :
parce qu’ils ont vendu le juste à prix d’argent
et l’indigent pour une paire de sandales;
parce qu’ils écrasent sur la poussière de la terre
la tête des malheureux
et font dévier la voie des pauvres. (Am 2, 6-7)
Que l’intention de ce mois renouvelle notre amour de la Parole et nous stimule à ouvrir fréquemment le Livre Saint.
Que sa lecture assidue fasse de nous de nouveaux prophètes, engagés dans la naissance d’une nouvelle culture et d’un
progrès social authentique.
Le Cardinal Josip Bozanić, envoyé spécial du Pape pour la célébration du XVIIe centenaire du martyre de l’évêque
saint Quirin, exprimait ceci en Croatie : « Les persécuteurs n’ont jamais eu le dernier mot. […] Il ne peut pas
exister de système politique ni de persécution qui parvienne à éliminer la force de la Parole de Dieu. »
09/06/2009
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Puis-je raconter quelque témoignage de la force transformatrice de la Parole de Dieu dans ma vie?
Quelles difficultés les chrétiens trouvent-ils dans la lecture personnelle de la Bible ?
Comment pouvons-nous apprendre davantage de la Bible pour mieux la comprendre et l’aimer davantage ?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Is 29,17-24 Encore un peu, et le Liban redeviendra un verger
Is 41,13-20 moi, Yahvé, Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas
Jr 30,8 je briserai le joug et je romprai les liens de mon peuple
He 1,1 Dieu a parlé jadis à nos pères à maintes reprises et de bien des manières
1Jn 1,1- 4 ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et touché
de nos mains concernant le Verbe de vie
Jn 1,14 Et le Verbe s’est fait chair
Mc 2,27 le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour qu’en ouvrant le coeur à l’amour, l’on mette fin aux si nombreuses guerres et
aux conflits qui ensanglantent encore le monde.
En considérant la situation politique dans les différents continents, nous trouvons encore des motifs de
préoccupation et d’espérance. Nous constatons en premier lieu que la paix est bien souvent fragile et même bafouée.
Nous ne pouvons pas oublier le Continent africain. Le drame du Darfour se poursuit et s'étend aux régions frontalières
du Tchad et de la République centrafricaine. La communauté internationale semble impuissante depuis bientôt quatre
ans, malgré les initiatives destinées à soulager les populations en détresse et à apporter une solution politique.
C’est seulement par une collaboration active entre les Nations unies, l’Union Africaine, les gouvernements en
cause et d'autres protagonistes que ces moyens pourront devenir efficaces. Je les invite tous à agir avec
détermination : nous ne pouvons pas accepter que tant d’innocents continuent à souffrir et à mourir ainsi.
La situation dans la Corne de l’Afrique s’est récemment aggravée, avec la reprise des hostilités et
l’internationalisation du conflit. En appelant toutes les parties à l’abandon des armes et à la négociation, qu’il me
soit permis d’évoquer la mémoire de Sœur Leonella Sgorbati qui a donné sa vie au service des plus défavorisés,
invoquant le pardon pour ses meurtriers. Que son exemple et son témoignage inspirent tous ceux qui cherchent réellement
le bien de la Somalie.
En Ouganda, il faut souhaiter les progrès des négociations entre les parties, en vue de la fin d’un conflit cruel
qui voit même l'enrôlement de nombreux enfants contraints de se faire soldats. Cela permettra aux nombreux déplacés
de revenir chez eux et de retrouver une vie digne. La contribution des chefs religieux et la récente désignation d’un
Représentant du Secrétaire général des Nations unies sont de bonne augure. Je le redis: n’oublions pas l’Afrique et
ses nombreuses situations de guerre et de tension. Il faut se rappeler que seules les négociations entre les
différents protagonistes peuvent ouvrir la voie à un règlement juste des conflits et faire entrevoir des progrès
vers la consolidation de la paix.
La Région des Grands Lacs a été ensanglantée depuis des années par des guerres sans merci. C’est avec intérêt et
espérance qu’il convient d’accueillir les développements positifs récents, en particulier la conclusion de la phase
de transition politique au Burundi et plus récemment en République démocratique du Congo. Il est cependant urgent que
les pays s'attachent à un retour au fonctionnement des institutions de l'état de droit, pour endiguer tous les
arbitraires et pour permettre le développement social. Au Rwanda, je souhaite que le long processus de réconciliation
nationale après le génocide trouve son aboutissement dans la justice, mais aussi dans la vérité et le pardon. La
Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, avec la participation d'une délégation du Saint-Siège et
des représentants de nombreuses conférences épiscopales nationales et régionales de l'Afrique centrale et orientale,
laisse entrevoir de nouvelles espérances. Enfin, je voudrais mentionner la Côte d’Ivoire, exhortant les parties en
présence à créer un climat de confiance réciproque qui puisse conduire au désarmement et à la pacification, et
d’autre part l’Afrique Australe: dans ces pays, des millions de personnes sont réduites à une situation de grande
vulnérabilité, qui exige l’attention et l’appui de la communauté internationale.
Des signes positifs pour l’Afrique viennent également de la volonté exprimée par la communauté internationale de
maintenir ce continent au centre de son attention, et aussi du renforcement des institutions continentales et
régionales, qui témoignent de l’intention des pays concernés de devenir toujours davantage responsables de leur
propre destin. De même, il faut louer l'attitude digne des personnes, qui chaque jour, sur le terrain, s'engagent avec
détermination pour promouvoir des projets qui contribuent au développement et à l'organisation de la vie économique et
sociale.
Benoît XVI
Discours pour les voeux au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège
8 janvier 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
Pacem in terris (Juan XXIII - 1963)
Populorum progressio (Pablo VI - 1967)
Sollicitudo rei socialis (Juan Pablo II - 1987)
INTERVENTO DELLA SANTA SEDE ALLA TERZA E ULTIMA SESSIONE
DEL COMITATO PREPARATORIO DELL'OTTAVA CONFERENZA DI ESAME DEL TRATTATO DI NON PROLIFERAZIONE DELLE ARMI NUCLEARI - DISCORSO DI S.E. MONS. CELESTINO MIGLIORE - 5 maggio 2009 (only in italian)
COMMENTAIRE PASTORAL
Le désir ardent de paix est en tous. Le désir d’oeuvrer pour la paix est en beaucoup de personnes ; l’action pour
la paix, en peu d’entre elles. Pour y parvenir, il ne suffit pas de ne pas faire la guerre. La paix se forge à
travers l’engagement de sa vie et à travers des actions décidées, contraires à la logique de la guerre et de la
violence.
« Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » nous enseigne Jésus (Mt 5, 9).
Par conséquent, la paix est une construction, le résultat d’actions concrètes. La paix est le fruit d’oeuvres,
d’oeuvres de justice et de réconciliation. La paix est le fruit du respect des personnes, du dialogue patient, de
la persévérance, de l’humilité. Elle requerra très souvent un grand courage, car ceux qui proposent des actions
de paix seront persécutés par ceux qui tirent profit de l’injustice.
« Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 10).
Nous savons que beaucoup d’intérêts personnels et de grands bénéfices économiques se jouent dans l’industrie de
guerre multimillionnaire. Le fait que les principales industries d’armements se trouvent dans les pays riches,
alors qu’actuellement, toutes les guerres se livrent dans les pays pauvres, attire notre attention. Dans de nombreux
cas, il suffit de se demander s’il y a de la part des premiers une véritable volonté d’atteindre la paix ou bien si
prévalent de grands intérêts contractuels, qui maintiennent actives des guerres dans les pays pauvres.
Le site web italien Conflits oubliés (Les guerres oubliées) fait ressortir 22 zones de crises dans le monde, qui
ont été ou qui sont maintenant en conflit. Sept d’entre elles se trouvent en Afrique : Algérie, Burundi, Ouganda,
Rwanda, R. D. du Congo et Soudan ; six autres en Asie : Inde (Cachemire), Népal, Philippines, Myanmar (ex-Birmanie),
Sri Lanka et Pakistan ; quatre au Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Israël-Palestine et Turquie ; trois autres sur
le continent américain : Colombie, Salvador et Pérou ; deux, pour finir, en Europe : Russie (Tchétchénie) et
Géorgie. De notre part, nous pouvons ajouter la Somalie à la liste. Heureusement, aujourd’hui, quelques-uns
de ces conflits ont cessé, comme la guerre civile au Salvador et la guérilla au Pérou.
Depuis les années 90 - continue la même source – 57 guerres ont été combattues sur le sol de 45 pays. Si nous
incluons la période entre 1945-1999, l’on enregistre 25 guerres entre Etats, qui ont fait environ 3,3 millions de
morts au combat. Pendant la même période, 127 guerres civiles ont eu lieu, qui ont laissé 16, 2 millions de morts.
Les dommages causés par la guerre perdurent souvent très longtemps après la fin officielle du conflit, étant donné
les milliers de mines antipersonnelles qui restent actives durant de nombreuses années, mutilant ou tuant
principalement la population civile.
L’Eglise n’a jamais cessé d’appuyer activement les initiatives mondiales de paix, notamment relatives, ces derniers
temps, aux traités de non-prolifération nucléaire. La voix de l’Eglise a constamment dénoncé le fait que la guerre
n’apporte jamais la solution des problèmes, et constaté qu’au contraire, elle les aggrave. Le Pape exprime
fréquemment sa douleur devant les conflits et il se prononce avec insistance pour la paix en ces endroits du monde
qui saignent aujourd’hui à cause des guerres. Prions intensément ce mois-ci avec le Saint-Père pour la fin des
guerres qui causent d’indicibles souffrances.
Citation se trouvant sur un monument dans le jardin
du siège des Nations-Unies à New York :
Yahvé jugera entre les nations
et se prononcera sur des peuples innombrables.
Ils forgeront leurs épées en socs de charrue
et leurs lances en faucilles.
Les peuples n’élèveront pas l’épée l’un contre l’autre
et ils n’apprendront plus la guerre.
(Is 2, 4 ainsi que Mi 4, 3)
Voir aussi:
Stockholm International Peace Research Institute
Caritas: Resource Kits for Peace Builders
Conflitti Dimenticati
|
INTENTION GENERAL
Pour que les Universités catholiques deviennent toujours plus des lieux où, grâce à la
lumière de l’Evangile, il soit possible d’expérimenter l’unité harmonieuse existant entre foi et
raison.
Théologie et philosophie forment en cela un couple original, dans lequel aucune des deux ne peut être totalement
détachée de l'autre et, où chacune doit cependant conserver sa propre tâche et sa propre identité. Le mérite historique
en revient à saint Thomas d'Aquin qui, face aux différentes réponses des Pères en raison des contextes historiques a
mis en lumière l'autonomie de la philosophie et, avec elle, le droit et la responsabilité propres de la raison qui
s'interroge en s'appuyant sur ses forces. Se différenciant des philosophies néoplatoniciennes, où la religion et la
philosophie s'interpénétraient de manière inséparable, les Pères avaient présenté la foi chrétienne comme la vraie
philosophie, soulignant également que cette foi correspond aux exigences de la raison en recherche de vérité; que
la foi est le "oui" à la vérité, par rapport aux religions mythiques devenues une simple habitude. Mais, au moment de
la naissance de l'Université, ces religions n'existaient plus en Occident; il n'y avait que le christianisme, et il
fallait donc souligner de manière nouvelle la responsabilité propre de la raison, qui ne disparaît pas dans la foi.
Saint Thomas oeuvra à un moment privilégié: pour la première fois les écrits philosophiques d'Aristote étaient
accessibles dans leur intégralité; les philosophies juives et arabes étaient présentes comme des appropriations et des
prolongements spécifiques de la philosophie grecque. Ainsi le christianisme, dans un nouveau dialogue avec la raison
d'autrui, qu'il rencontrait, dut lutter pour son propre caractère raisonnable. La Faculté de philosophie que l'on
appelait la "Faculté des artistes" et qui, jusqu'alors, n'avait été qu'une propédeutique à la théologie, devint une
véritable Faculté, un partenaire autonome de la théologie et de la foi qui se réfléchissait en elle. Nous ne pouvons
pas approfondir ici le débat passionnant qui en découla. Je dirais que l'idée de saint Thomas sur le rapport entre
philosophie et théologie pourrait être exprimée dans la formule trouvée par le Concile de Chalcédoine pour la
christologie: philosophie et théologie doivent entretenir entre elles des relations "sans confusion et sans
séparation". "Sans confusion" signifie que chacune des deux doit conserver son identité. La philosophie doit rester
véritablement une recherche de la raison dans sa liberté et dans sa responsabilité; elle doit voir ses limites et
précisément ainsi sa grandeur et son étendue. La théologie doit continuer à puiser dans un trésor de connaissance
qu'elle n'a pas inventée elle-même, qui la dépasse toujours et qui, ne pouvant jamais totalement s'épuiser dans la
réflexion, engage précisément pour cela toujours de nouveau la pensée. Avec le "sans confusion" s'applique également
le "sans séparation": la philosophie ne part pas chaque fois du point zéro du sujet pensant, de manière isolée,
mais elle s'inscrit dans le grand dialogue du savoir historique, qu'elle accueille et développe toujours à nouveau,
de façon à la fois critique et docile; mais elle ne doit pas non plus se fermer à ce que les religions et en
particulier la foi chrétienne ont reçu et donné à l'humanité comme indication du chemin. Au cours de l'histoire,
des choses dites par des théologiens ou encore traduites dans la pratique par les autorités ecclésiales se sont
révélées historiquement fausses et nous déconcertent aujourd'hui. Mais, dans le même temps, il est vrai que
l'histoire des saints, l'histoire de l'humanisme qui a grandi à partir de la foi chrétienne, démontrent la
vérité de la foi en son noyau essentiel, en en faisant ainsi également un élément pour la raison publique. Bien
sûr, beaucoup de ce que disent la théologie et la foi ne peut être approprié qu'à l'intérieur de la foi et ne
peut donc pas se présenter comme une exigence pour ceux auxquels cette foi demeure inaccessible. Mais dans
le même temps, il est vrai que le message de la foi chrétienne n'est jamais seulement une "comprehensive
religious doctrine" au sens où l'entend Rawls, mais encore une force purificatrice pour la raison elle-même,
qu'elle aide à être toujours davantage elle-même. Le message chrétien, en vertu de son origine, devrait
toujours être un encouragement en vue la vérité et une force contre la pression du pouvoir et des intérêts.
Or, jusqu'à présent, j'ai uniquement parlé de l'Université médiévale, en tentant toutefois de laisser transparaître la
nature permanente de l'Université et de sa tâche. A l'époque moderne, se sont ouvertes de nouvelles dimensions du
savoir, qui sont mises en valeur dans l'Université, surtout dans deux grands domaines: tout d'abord dans les sciences
naturelles, qui se sont développées à partir de la connexion entre l'expérimentation et une rationalité présupposée de
la matière; en second lieu, dans les sciences historiques et humanistes, où l'homme, en scrutant le miroir de son
histoire et en éclairant les dimensions de sa nature, cherche à mieux se comprendre lui-même. Dans ce développement
s'est ouverte à l'humanité non seulement une mesure immense de savoir et de pouvoir; mais la connaissance et la
reconnaissance des droits et de la dignité de l'homme ont également grandi, et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Toutefois le chemin de l'homme ne peut jamais se dire achevé et le danger de la chute dans le manque d'humanité n'est
jamais tout simplement conjuré: nous le voyons bien dans le panorama de l'histoire actuelle! Le danger pour le monde
occidental - pour ne parler que de lui - est aujourd'hui que l'homme, eu égard à la grandeur de son savoir et de son
pouvoir, ne baisse les bras face à la question de la vérité. Et cela signifierait en même temps que la raison, en
définitive, se plierait face à la pression des intérêts et à l'attraction de l'utilité, contrainte à la reconnaître
comme critère ultime. Du point de vue de la structure de l'Université, il existe un danger que la philosophie, ne se
sentant plus en mesure de remplir son véritable devoir, ne se dégrade en positivisme; que la théologie avec son
message adressé à la raison soit confinée dans la sphère privée d'un groupe plus ou moins grand. Toutefois, si la
raison - inquiète de sa pureté présumée - devient sourde au grand message qui lui vient de la foi chrétienne et de
sa sagesse, elle se dessèche comme un arbre dont les racines n'atteignent plus les eaux qui lui donnent la vie. Elle
perd le courage pour la vérité et n'en sort pas grandie, mais devient plus petite. Appliqué à notre culture
européenne, cela signifie que si elle veut seulement se construire elle-même en fonction de sa propre
argumentation et de ce qui sur le moment la convainc et - préoccupée de sa laïcité - se détache des racines qui la
font vivre, elle n'en devient pas alors plus raisonnable ni plus pure, mais elle se décompose et se brise.
Je retourne ainsi à mon point de départ. Qu'est-ce que le Pape a à faire ou à dire à l'Université? Il ne doit
certainement pas chercher à imposer aux autres, de manière autoritaire, la foi, qui ne peut être donnée que dans la
liberté. Au-delà de son ministère de Pasteur dans l'Eglise et en raison de la nature intrinsèque de ce ministère
pastoral, il est de son devoir de maintenir vive la sensibilité pour la vérité; d'inviter toujours à nouveau la raison
à se mettre à la recherche du vrai, du bien, de Dieu et, sur ce chemin, de la pousser à découvrir les lumières utiles
apparues au fil de l'histoire de la foi chrétienne et à percevoir ainsi Jésus Christ comme la lumière qui éclaire
l'histoire et aide à trouver le chemin vers l'avenir.
Benoît XVI
Allocution pour la rencontre avec les Étudiants
de l'Université "La Sapienza" de Rome
17 janvier 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
Pope John Paul II’s Apostolic Constitution Ex Corde Ecclesiae
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AU CONGRÈS ORGANISÉ PAR L'UNIVERSITÉ PONTIFICALE DU LATRAN POUR LE X ANNIVERSAIRE DE L'ENCYCLIQUE "FIDES ET RATIO"
- 16 octobre 2008
Paroles du Pape Bénédict aux évêques italiens
Rencontre du Pape Bénédict avec les Educateurs Catholiques lors de son séjour aux États-Unis
Encyclique Fides et Ratio de Jean Paul II
COMMENTAIRE PASTORAL
Quel doit être l’apport spécifique d’une université catholique à la société et à la tâche évangélisatrice de
l’Eglise? Quels traits devraient distinguer une université qui porte le qualificatif de « catholique »?
Suffirait-il que l’université dispose de chapelles et qu’elle offre la messe quotidienne à ses étudiants?
Ou bien sa tâche est-elle plutôt de former des agents de changement social, inspirés par les critères de l’Evangile?
L’aspect religieux et liturgique d’une part, l’aspect de conscience sociale qui lutte pour la justice du Royaume de
Dieu, d’autre part : les deux dimensions semblent importantes et nécessaires. Quels traits spécifiques devraient
caractériser la maille du curriculum dans les différentes carrières pour parvenir à cela? Comment la pastorale
universitaire doit-elle s’organiser sur le campus?
Telles sont quelques-unes des questions auxquelles une université qui se dit catholique devra répondre. C’est le
thème de l’intention de prière du Pape pour ce mois. Le Pape espère sans aucun doute que les universités catholiques
soient des lieux d’élaboration de la culture chrétienne, où les grands problèmes de l’humanité sont traités en
profondeur et avec toute l’excellence académique. Elles doivent être des plates-formes de dialogue avec la société
actuelle qui montrent, selon les propres mots du Pape, « l’unité harmonieuse existant entre foi et raison », ce qui est
une autre façon de parler d’inculturation. L’université est appelée à être le lieu de rencontre de la foi en dialogue
avec les sciences humaines et la philosophie contemporaine, avec le monde scientifique et artistique. Elle doit offrir
d’une façon intelligente au monde moderne une raison illuminée par la foi. Elle doit élaborer une réponse
convaincante au laïcisme et au matérialisme actuels, en offrant une foi raisonnée et raisonnable. Elle ne doit pas
négliger les problèmes auxquels les plus pauvres de la société sont confrontés chaque jour et elle doit y chercher
des solutions. Elle doit être capable de mettre en question les racines profondes des structures sociales et
économiques qui maintiennent une grande partie de l’humanité dans la pauvreté et le sous-développement, et proposer
des alternatives de cheminement vers un monde plus juste.
Je conclurai par ces mots lumineux du Père P. H. Kolvenbach adressés au monde universitaire en deux occasions
distinctes, et qui se complètent mutuellement fort bien.
Au Mexique, le 16 février 2003:
Une université ne mérite pas ce nom si elle passe sous silence le caractère inhumain de l’abondance globale actuelle,
et si elle regarde ailleurs afin de ne pas voir les inégalités qui appellent la justice du ciel. Il ne suffit pas non
plus de dénoncer la pauvreté, l’injustice ou la dégradation du milieu environnant. Il faut le faire de façon
universitaire, avec sagesse spirituelle et avec savant recours aux connaissances nécessaires à l’édification de
nouvelles réalités plus justes et plus humaines. Nous devons ordonner les moyens aux fins qui leur correspondent.
C’est pourquoi aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’une université qui se distingue, dans la formation
des jeunes, dans ses recherches et dans sa voix dans la société, par sa connexion avec les nécessités des pauvres
et leurs aspirations légitimes, et qui sert en même temps de pont avec le monde patronal et la gestion publique,
pour qu’ensemble, ils puissent construire une société accueillante, offrant à tout un chacun les opportunités de
vie digne. (MESSAGE A L’UNIVERSITE D’AMERIQUE LATINE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DES SOIXANTE ANS DE SA
FONDATION).
A Santiago du Chili, le 2 mai 2006:
Est-ce là la vision d’une université idéale qui n’existe qu’en songe? De toutes manières, si une université se dit
catholique, chrétienne, si elle désire s’inspirer de la tradition éducative de saint Ignace, elle devra prendre au
sérieux l’effort d’incarner l’Evangile de l’amour chrétien dans la vie académique, dans la vie étudiante et dans sa
promotion de la foi et de la justice dans le monde. (Lectio Inauguralis à l’Université Alberto Hurtado)
"La première mission de l’Université est d’inquiéter le monde et la première vertu de l’universitaire est de
ressentir cette inquiétude, ce non-conformisme face au monde prisonnier". (Saint Alberto Hurtado)
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Que pouvons-nous espérer d’une université catholique quant au dialogue avec la société actuelle? Quelle devrait
être sa contribution spécifique à la coexistence nationale?
Les universités catholiques de notre pays ne négligent-elles pas les problèmes des pauvres et recherchent-elles
les voies de rendre ce monde plus juste?
Les élèves pauvres de notre ville ou de notre pays ont-ils accès aux études universitaires?
La situation pourrait-elle s’améliorer ; comment?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Dt 5,1-21: les dix commandements
Mt 5,1-12: la vraie sagesse (les Béatitudes)
Lc 12,54-56: savoir interpréter les signes des temps
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que la célébration de la Journée Missionnaire Mondiale soit l’occasion de
comprendre que la tâche d’annoncer le Christ est un service nécessaire que l’Eglise est appelée à
effectuer en faveur de l’humanité.
A l'occasion de la prochaine Journée mondiale des Missions, je voudrais inviter le Peuple de Dieu tout entier -
pasteurs, prêtres, religieux, religieuses et laïcs - à une réflexion commune sur l'urgence et sur l'importance que
revêt, à notre époque également, l'action missionnaire de l'Eglise. Les paroles à travers lesquelles Jésus Christ,
crucifié et ressuscité, avant de monter au Ciel, confia aux Apôtres le mandat missionnaire: "Allez, de toutes les
nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout
ce que je vous ai prescrit", ne cessent en effet de résonner, comme un rappel universel et un appel ardent. Et il
ajouta: "Et voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 19-20). Dans l'œuvre exigeante
d'évangélisation, nous accompagne et nous soutient la certitude que Lui, le maître de la moisson, est avec nous et
guide sans cesse son peuple. Le Christ est la source inépuisable de la mission de l'Eglise. Cette année, en outre,
un motif supplémentaire nous pousse à un engagement missionnaire renouvelé: nous célébrons en effet le 50
anniversaire de l'Encyclique du Serviteur de Dieu Pie XII Fidei donum, par laquelle fut promue et encouragée la
coopération entre les Eglises pour la mission ad gentes.
"Toutes les Eglises pour le monde entier": tel est le thème choisi pour la prochaine Journée mondiale des Missions.
Celui-ci invite les Eglises locales de tous les continents à une conscience partagée de la nécessité urgente de
relancer l'action missionnaire face aux multiples et graves défis de notre temps. Les conditions dans lesquelles vit
l'humanité ont certainement changé, et au cours des dernières décennies, un grand effort a été accompli pour la
diffusion de l'Evangile, en particulier à partir du Concile Vatican II. Il reste toutefois encore beaucoup à faire
pour répondre à l'appel missionnaire que le Seigneur ne se lasse pas d'adresser à tous les baptisés. Il continue
d'appeler en premier lieu les Eglises dites d'antique tradition, qui, par le passé, ont fourni aux missions,
au-delà des moyens matériels, également un nombre important de prêtres, de religieux, de religieuses et de laïcs,
donnant lieu à une coopération efficace entre communautés chrétiennes. De cette coopération sont nés d'abondants
fruits apostoliques tant pour les jeunes Eglises en terre de mission, que pour les réalités ecclésiales dont
provenaient les missionnaires. Face à l'avancée de la culture sécularisée, qui semble parfois pénétrer toujours
plus les sociétés occidentales, et en considérant en outre la crise de la famille, la diminution des vocations
et le vieillissement progressif du clergé, ces Eglises courent le risque de se refermer sur elles-mêmes, de
regarder l'avenir avec moins d'espérance et de ralentir leurs efforts missionnaires. Mais le moment est
précisément venu de s'ouvrir avec confiance à la Providence de Dieu, qui n'abandonne jamais son Peuple et qui,
avec la puissance de l'Esprit Saint, le guide vers l'accomplissement de son dessein éternel de salut.
Le Bon Pasteur invite également les Eglises de récente évangélisation à se consacrer généreusement à la missio ad
gentes. Bien qu'elles rencontrent de nombreuses difficultés et obstacles dans leur développement, ces communautés sont
en croissance constante. Heureusement, certaines d'entre elles connaissent une abondance de prêtres et de personnes
consacrées, dont un grand nombre, en dépit des nombreuses nécessités in loco, sont toutefois envoyés pour accomplir
leur service apostolique ailleurs et également dans les terres d'ancienne évangélisation. On assiste de cette façon
à un "échange de dons" providentiel, qui va au bénéfice de tout le Corps mystique du Christ. Je souhaite vivement
que la coopération missionnaire s'intensifie, en valorisant les potentialités et les charismes de chacun. Je souhaite,
en outre, que la Journée mondiale des Missions contribue à rendre toutes les communautés chrétiennes et chaque
baptisé toujours plus conscients de l'universalité de l'appel du Christ à diffuser son Royaume jusqu'aux extrémités de
la planète. "L'Eglise est missionnaire par nature - écrit Jean-Paul II dans l'Encyclique Redemptoris missio - car le
précepte du Christ n'est pas quelque chose de contingent ni d'extérieur, mais il est au cœur même de l'Eglise. Il
en résulte que toute l'Eglise, que chaque Eglise, est envoyée aux païens. Les jeunes Eglises elles-mêmes, précisément
pour que ce zèle missionnaire fleurisse chez les membres de leur patrie, doivent dès que possible, participer
effectivement à la mission universelle de l'Eglise en envoyant elles aussi des missionnaires pour annoncer l'Evangile
par toute la terre, même si elles souffrent d'une pénurie du clergé" (n. 62).
[...]
L'engagement missionnaire reste donc, comme je l'ai répété à plusieurs reprises, le premier service que l'Eglise
doit à l'humanité d'aujourd'hui, pour orienter et évangéliser les transformations culturelles, sociales et éthiques;
pour offrir le salut du Christ à l'homme de notre temps, dans de nombreuses régions du monde humilié et opprimé à cause
des formes de pauvreté endémiques, de la violence, de la négation systématique des droits de l'homme.
L'Eglise ne peut se soustraire à cette mission universelle; celle-ci revêt pour elle une forme d'obligation. Le
Christ ayant confié en premier lieu à Pierre et aux Apôtres le mandat missionnaire, celui-ci revient aujourd'hui avant
tout au Successeur de Pierre, que la Providence divine a choisi comme fondement visible de l'unité de l'Eglise, et aux
Evêques directement responsables de l'évangélisation, tant comme membres du Collège épiscopal que comme pasteurs des
Eglises particulières (cf. Redemptoris missio, n. 63).
Benoît XVI
Message pour la Journée Mondiale des Missions
27 mai 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Je cite l’abbé Guillermo Alberto Morales Martínez, Directeur national des Oeuvres Missionnaires Pontificales
Episcopales au Mexique:
« La Journée Missionnaire Mondiale – dénommée " DOMUND " dans les pays de langue espagnole – est un appel à tous
les chrétiens du monde à collaborer, chacun selon ses responsabilités, à l’annonce de la Bonne Nouvelle. L’Oeuvre
Pontificale de la Propagation de la Foi convoque actuellement tout le peuple de Dieu à participer à cette journée,
mais cet appel prend sa racine la plus profonde dans le mandat missionnaire : après la résurrection, Jésus apparut
aux disciples : "puis il leur dit : « Allez par le monde entier, proclamez l’Evangile à toute créature" (Mc 16,15).
En réponse à ce mandat, déjà aux temps des premières communautés, les chrétiens ont coopéré à la proclamation de la
Bonne Nouvelle selon divers formats. Nous avons ainsi la prière ( Ac 6,5 ; 1,24. Ph 4,6) et l’aide matérielle.
Rappelons, par exemple, les collectes en faveur de la communauté de Jérusalem (1Co 16,1ss; Rm 15,26-28; Ga 2,10;
2Co 8-9 ; Ac 24,17), toujours accompagnées de sacrifices et de jeûnes agréables aux yeux de Dieu. La suite de
l’histoire de l’Eglise, au long de presque vingt siècles, est remplie des différentes réponses que de nombreux
chrétiens ont données à leur mandat, servant avec générosité et don de soi, et coopérant ainsi, chacun selon sa
condition, à la diffusion et à la construction du Royaume. »
Le Père Morales rapporte comment ce fut au XIXe siècle, appelé « le siècle des missions », étant donné le milieu
ecclésial qui le caractérisa, que fut fondée, en 1822, l’Oeuvre Pontificale de la Propagation de la Foi. La Journée
Missionnaire Mondiale est le résultat d’un long cheminement qui commença durant ce siècle, jusqu’à ce qu’en avril
1926, l’Oeuvre de la Propagation de la Foi fasse trois pétitions à Sa Sainteté le pape Pie XI:
1. Que l’on désigne un dimanche, concrètement l’avant-dernier du mois d’octobre, comme la « Journée de Prières et
de Propagande Missionnaire » dans tout le monde catholique.
2. Qu’en ce dimanche, à toutes les messes, soit ajoutée à la collecte principale « pro re gravi » la prière
« Pro Propagatione Fidei » (pour la propagation de la foi).
3. Que la prédication de ce dimanche soit à caractère missionnaire, avec référence spéciale à l’Oeuvre de la
Propagation de la Foi, incitant les fidèles à s’y inscrire (sans intention de limiter nécessairement la prédication
aux seules missions).
C’est donc depuis cette année-là que fut instituée la "journée", qui reçut pleine acceptation auprès des évêques et
des paroissiens du monde entier. Nous y demeurons fidèles en la célébrant chaque année l’avant-dernier dimanche du
mois d’octobre.
Prions ce mois-ci avec le Saint-Père et selon ses propres mots pour que, motivé par la célébration de cette date,
chaque chrétien prenne sur soi la tâche d’annoncer le Christ comme « un service nécessaire et incontestable que
l’Eglise est appelée à rendre à l’humanité ».
(Voir aussi: http://www.vicariadepastoral.org.mx/domund_6/hojas/2006_04.htm)
LETTRE ENCYCLIQUE:
Evangelii Nuntiandi, Paul VI
Redemptoris Missio, Jean Paul II
|
INTENTION GENERAL
Pour que grâce au soutien des communautés chrétiennes, ceux qui sont victimes de la
drogue et de toute autre forme de dépendance trouvent dans la puissance de Dieu Sauveur la
force de changer radicalement leur vie.
[...]
3. "Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte j'entrerai chez lui
pour souper, moi près de lui et lui près de moi" (Ap 3,20). Ce sont des paroles divines qui touchent le plus profond
de l'âme et qui la font vibrer jusqu'à ses racines les plus profondes.
A un certain moment de notre vie, Jésus vient et frappe à notre porte, des coups d'une grande douceur, au plus
profond des cœurs bien disposés. Avec vous, il l'a fait à travers une personne amie ou un prêtre, ou bien peut-être
a-t-il prédisposé une série de coïncidences pour vous faire comprendre que vous êtes objet de la prédilection divine.
A travers l'institution qui vous accueille, le Seigneur vous a permis cette expérience de guérison physique et
spirituelle d'une importance vitale pour vous et pour vos proches. A la suite de cela, la société attend que vous
sachiez transmettre ce bien précieux de la santé à vos amis et aux membres de toute la communauté.
Vous devez être les ambassadeurs de l'espérance! Le Brésil possède des statistiques extrêmement élevées en ce qui
concerne la dépendance chimique à l'égard des drogues et des stupéfiants. Et l'Amérique latine dans son ensemble
également. C'est pourquoi je dis aux revendeurs de drogue de bien réfléchir au mal qu'ils sont en train de faire à
une multitude de jeunes et d'adultes de toutes les couches sociales: Dieu leur demandera compte de ce qu'ils ont fait.
La dignité humaine ne peut pas être foulée au pied de cette manière. Le mal provoqué mérite la même réprobation que
celle que Jésus exprima à l'égard de ceux qui scandalisaient les "plus petits", les préférés de Dieu (cf. Mt 18,7-10).
4. Grâce à une thérapie qui inclut l'assistance médicale, psychologique et pédagogique, mais également beaucoup de
prière, de travail manuel et de discipline, nombreuses sont déjà les personnes, en particulier les jeunes, qui ont
réussi à se libérer de la dépendance chimique et de l'alcool et à retrouver le sens de la vie.
Je souhaite manifester mon appréciation pour cette Œuvre, qui a pour fondement spirituel le charisme de saint
François et la spiritualité du Mouvement des "Focolari".
La réinsertion dans la société constitue, sans aucun doute, une démonstration de l'efficacité de votre initiative.
Toutefois, ce qui a attire le plus l'attention, et confirme la validité du travail, ce sont les conversions, le fait de
retrouver Dieu et la participation active à la vie de l'Eglise. Il ne suffit pas de soigner le corps, il faut orner
l'âme des dons divins les plus précieux reçus avec le Baptême.
Nous rendons grâce à Dieu d'avoir voulu placer de si nombreuses âmes sur la voie d'une espérance renouvelée, avec
l'aide du Sacrement du pardon et de la célébration de l'Eucharistie. [...]
Benoît XVI
Discours à l'occasion de la V Conférence Générale
de l'Épiscopat Latino-Américain et des Caraïbes
12 mai 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Histoires réelles:
Pedro avait 26 ans. C’était un brave garçon, peut-être un peu faible de caractère, mais qui faisait du bon travail
comme maçon dans le bâtiment. Il vivait chez ses parents qu’il aidait de son salaire, et il avait une petite fille
qui l’adorait, fruit d’une relation qui n’a pas duré. Tout a craqué quand il s’est laissé accrocher à la drogue par
ceux qu’il appelait ses amis du quartier. Il s’est mis à ne vivre que pour la drogue : tout ce qu’il gagnait au
boulot servait à l’acheter… cela, tant qu’il eut du travail, car il devint incapable de tenir ses engagements et
se livra d’abord à de petits larcins dans sa propre maison et dans celles des gens de sa famille ; ce qui n’a pas
manqué d’entraîner une réaction de rejet dans la parenté, qui prit peur de lui. En pratique, il en arriva à
vivre dans la rue, à négliger son hygiène personnelle et à passer la nuit sur le trottoir avec son groupe de
toxicomanes. Il ne dormait presque pas, ne mangeait presque pas, seule la drogue l’intéressait. Il maigrit au
point de ressembler à un spectre déambulant dans le quartier et faisant peine à voir. Les voisins hochaient la
tête en disant : «C’était un si brave garçon …» . La tristesse et la honte de ses parents poussa sa propre mère
à dire un jour ceci : «J’aurais préféré que mon fils soit mort… ».
Alejandra, une jeune toxicomane de 16 ans à peine et très jolie, qui vivait dans la rue bien plus que chez elle,
sans vraie famille, sans études, me dit un jour : Père, je veux aller en prison, car c’est le seul endroit où je
n’aurai pas accès à la drogue. Sa dépendance à la drogue l’avait physiquement détruite, son beau visage était tout
flétri, barré d’ailleurs d’une cicatrice sur le front, fruit de quelque bagarre de rue. Avec ses amis, elle se mêla
au vol d’une automobile, et le jour suivant, elle me dit, contente, que cela lui permettrait d’être emprisonnée, ce
qui, de fait , lui arriva.
Elsa était la cadette et l’unique fille d’une famille pauvre qui ne comptait que des garçons. Malgré la pauvreté,
ce fut une enfant gâtée qui obtenait toujours ce qu’elle demandait. Adolescente, elle se mit à fréquenter des
connaissances du coin et ne tarda pas à entrer dans le monde de la drogue. Elle impliqua sa vie dans la logique
du trafic de drogues, de telle sorte que plus tard, lorsqu’elle eut un enfant, elle-même et le père du petit
forcèrent celui-ci à vendre de la drogue à l’école. On racontait dans le quartier que les parents donnaient de
la drogue à leur petit dès ses premières années déjà, pour le calmer lorsqu’il pleurait…
Les histoires comme celles de Pedro, d’Alejandra et d’Elsa avec son enfant sont très banales et continuent
malheureusement à se répéter aujourd’hui dans beaucoup de nos pays et dans d’innombrables quartiers populaires
de nos villes. D’habitude, ce sont les pauvres qui sont les plus affectés par la dépendance à la drogue, car
bien que cette dépendance se retrouve aussi dans des secteurs plus aisés, ces derniers ont plus de ressources
pour sortir un jour du cercle vicieux de la destruction. Les facteurs menant à la consommation de drogues sont
nombreux. Pour nommer les plus importants, citons la situation familiale instable, jointe au manque de stimulation
et d’affection dans l’enfance, qui produit à son tour de l’insécurité, du manque d’estime de soi et de confiance pour
faire face aux difficultés de la vie. Toutefois, la pauvreté et le manque d’opportunités dans la jeunesse, s’ils ne
sont pas déterminants pour l’incidence dans la drogue, le sont pour la permanence dans ce que j’appelle « le cercle
de destruction » de la drogue. L’instabilité personnelle unie à la pauvreté ont fait des protagonistes de ces
histoires des cibles à la portée des trafiquants. Il s’ensuit qu’en priant avec le Saint-Père à cette intention
précise, nous prions aussi pour une société plus juste, où nos jeunes auront accès à une bonne éducation, où ils se
sentiront aimés, valorisés et respectés, et où ils pourront grandir dans un milieu sain et digne.
Prions ce mois-ci pour tous ceux qui ont perdu leur liberté intérieure et par conséquent leur dignité humaine.
Prions pour ceux qui sont réduits en esclavage par la drogue ou par d’autres types de dépendance : l’alcool, les jeux
de hasard, le sexe et la pornographie, l’ambition démesurée et le goût de l’argent et du pouvoir et, plus récemment,
la dépendance à Internet, parmi les plus fréquentes. Prions pour que ces personnes puissent trouver dans la puissance
salvatrice de Dieu la force du changement, et pour qu’elles soient aidées par l’accueil et l’appui des communautés
chrétiennes.
Le Christ nous a libérés pour que nous soyons libres, affirme saint Paul (Gal 5,1), inspiré sans doute par sa propre
expérience d’avoir été sauvé des esclavages de sa vie passée. Dans l’Epître aux Philippiens il rend témoignage de son
changement complet de valeurs : ce qui était auparavant prioritaire et qui l’obsédait, il le considère désormais comme
immondices, lui qui connaissait le Christ et avait été rejoint par lui (3, 1-14). En suivant le Christ, saint Paul se
rendit libre intérieurement, et il découvrit que c’était la voie pour parvenir à l’humanité authentique et au vrai
bonheur.
Prions donc avec le Pape pour que tous aient une vie digne et humaine, intérieurement libre et heureuse. Prenons
aussi l’occasion de réfléchir sur nous-mêmes, qui devrions être plus attentifs aux petits ou grands esclavages qui
tronquent notre liberté, comme par exemple : les vices, les dépendances, les peurs, le manque d’estime de soi, les
insécurités etc. L’intention de prière de ce mois nous aidera à mener une vie personnelle plus cohérente.
Fin de l’histoire : Pedro s’est réhabilité, aidé par trois facteurs : l’amour héroïque et persévérant de ses
parents, le long processus qu’il suivit dans un centre de réhabilitation pour toxicomanes de l’Eglise catholique et
l’appui qu’il reçut ensuite dans la communauté chrétienne de son quartier. D’Alejandra, je n’ai plus rien su. Elsa
est morte du SIDA il y a quelques années dans un foyer de l’Eglise catholique. Son fils, qui était pratiquement né
toxicomane, est aujourd’hui un consommateur habituel de drogues et un délinquant violent.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Quels sont les types de dépendance les plus fréquents dans notre entourage et dans notre société?
Que devons-nous faire pour aider une personne toxicomane à sortir de sa dépendance?
Ai-je conscience des dépendances qui peuvent m’entraîner ou qui m’entraînent de fait à perdre ma propre liberté?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
Ph 3,3 -11 - ce qui appartient au passé m’a semblé être immondices
Ga 5,1 -15 - La vraie liberté: aimer le prochain
Mt 5,3 - 12 - Les Béatitudes: la joie et la liberté du Royaume
Mt 6,24 - Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les Eglises en Amérique latine poursuivent la mission continentale
proposée par leurs Evêques, en l’insérant dans la tâche missionnaire universelle du peuple de
Dieu.
[...]
4. L'amour et l'adhésion au Siège apostolique sont parmi les caractéristiques les plus importantes des peuples
latino-américains et des Caraïbes. Pour cette raison, ma rencontre avec vous me rappelle les jours que j'ai passés à
Aparecida, lorsque j'ai assisté avec émotion aux manifestations de collégialité et de communion fraternelle dans le
ministère épiscopal des représentants des conférences épiscopales de ces nobles pays. A travers ma présence, j'ai voulu
encourager les évêques dans leur réflexion sur un aspect fondamental pour raviver la foi de l'Eglise en pèlerinage sur
ces terres bien-aimées: conduire tous nos fidèles à être "disciples et missionnaires de Jésus Christ, afin que nos
peuples aient la vie en Lui" (Jn 14,6).
Je vous invite à vous unir avec enthousiasme à cet esprit, exprimé dans le dynamisme avec lequel tous ces diocèses
ont commencé, ou commencent, la "Mission continentale" promue à Aparecida; une initiative qui facilitera l'application
de programmes catéchétiques et pastoraux destinés à la formation et au développement de communautés chrétiennes
évangélisatrices et missionnaires. Accompagnez ces propositions de votre prière fervente, afin que les fidèles
connaissent, se consacrent et imitent toujours davantage Jésus Christ, en participant fréquemment aux célébrations
du dimanche de chaque communauté et en lui rendant témoignage, afin de devenir des instruments efficaces de la
"nouvelle évangélisation", à laquelle a invité à plusieurs reprises le serviteur de Dieu Jean-Paul II, mon vénéré
prédécesseur. [...]
Benoît XVI
Discours aux membres du Collège Pontifical Pie Latino Américain de Rome
19 février 2009
© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
Une des conclusions de la réunion des évêques d’Amérique latine à Aparecida, au Brésil, en 2007, qui provoqua un
grand enthousiasme dans les Eglises locales, fut la proposition de lancer une mission continentale dans tous les pays
de la région. Pour conclure, les évêques dirent ceci:
En terminant la Conférence d’Aparecida, fortifiés par le Saint-Esprit, nous convoquons tous nos frères et soeurs
afin qu’unis, nous réalisions la Grande Mission Continentale avec un nouvel enthousiasme missionnaire. Ce sera une
nouvelle Pentecôte qui nous incitera à aller, d’une façon spéciale, à la recherche des catholiques éloignés et de
ceux qui connaissent peu Jésus-Christ ou qui ne connaissent rien de lui, pour que nous formions avec joie la
communauté d’amour de Dieu notre Père. Mission qui doit parvenir à tous, être permanente et profonde.
(Message final, 5).
L’idée prospéra et fut officiellement lancée par les épiscopats respectifs le 17 août 2008, chaque pays devant
établir le calendrier successif, en accord avec la réalité locale.
Quels objectifs la mission continentale se fixe-t-elle? Mettre l’Eglise en état permanent de mission et imprégner
d’esprit missionnaire la vie de tous les baptisés. Il faut espérer qu’il sera possible également d’imprégner de cet
esprit les structures mêmes de l’Eglise, de sorte qu’être en mission se convertisse en une façon habituelle d’être
et de vivre des communautés chrétiennes du continent (voir plus dans l’insertion).
Le continent possédant le plus grand nombre de catholiques au monde continue, à notre grande honte, d’être marqué
par de graves injustices et par de grands contrastes sociaux. L’annonce renouvelée de la Bonne Nouvelle se heurte au
défi de pénétrer la culture et les cultures afin de provoquer l’adoption d’un nouveau mode de vie. Il est spécialement
urgent d’évangéliser la culture politique de nos pays, celle de la famille, de la consommation, des jeunes, entre
autres. La mission continentale a pour ambition d’assurer la présence de Jésus-Christ dans tous les domaines de
la vie des Caribéens et des Latino-américains et notamment dans les domaines qui viennent d’être mentionnés.
Les Secrétaires généraux des Conférences épiscopales d’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que les responsables
de la Mission Continentale de chaque Episcopat se réunirent du 10 au 12 mars 2009 à Bogotá, en Colombie. Ils
vérifièrent alors que, dans la majorité des pays, la mission était en train de se consolider, en constatant que ses
objectifs étaient intégrés dans les plans pastoraux nationaux. La réunion mit en évidence, parmi d’autres questions
majeures, la nécessité de travailler afin que l’on continue à détacher le caractère central de la Parole de Dieu dans
tout le processus, et pour que l’un des fruits de la Mission soit la promotion d’un leadership catholique qui réponde
aux défis actuels de l’Amérique latine.
Il nous revient maintenant à tous de faire notre part, soit en participant activement à la mission, soit en priant
pour elle selon notre vocation d’apôtres de la prière… et, si je vis en Amérique latine, je peux participer des deux
façons!
Par conséquent, avec le Saint-Père, nous allons renouveler ce mois-ci la conscience du fait que tous les fidèles
sont appelés à être « disciples et missionnaires du Christ, pour que nos peuples aient la vie en lui », comme le dit
la devise qui marqua la convocation de la Conférence d’Aparecida.
Tiré du blog CVX Chili (http: // cvxchile.blogspot.com):
• Après deux journées intenses de réunion au siège du CELAM à Bogotá, en Colombie, la Commission Spéciale pour la
Mission Continentale élabora un plan destiné à servir de base à la planification et à la projection de la Mission
Continentale, laquelle - comme l’a suggéré Aparecida -, aura un caractère permanent et se développera en tenant compte
des différents niveaux de l’Eglise.
• La proposition de la Mission Continentale présente les objectifs suivants:
- Promouvoir une conversion personnelle et pastorale profonde de tous les agents pastoraux et évangélisateurs pour
qu’avec une attitude de disciples, nous puissions tous recommencer à partir du Christ une vie nouvelle dans l’Esprit.
- Encourager une formation kérigmatique, intégrale et permanente qui, suivant les orientations d’Aparecida, incite à une spiritualité de
l’action missionnaire, axée sur une vie pleine en Jésus-Christ.
- Faire en sorte que les communautés, les organisations, les associations et les mouvements ecclésiaux se mettent
en état de mission permanente, afin d’arriver jusqu’aux secteurs les plus éloignés de l’Eglise et aux personnes
indifférentes ou non-croyantes.
- En toute circonstance, mettre en évidence qu’une vie pleine en Jésus-Christ est une attitude, un service offert
à la société et aux personnes qui la composent pour qu’elles puissent grandir et surmonter leurs douleurs et leurs
conflits avec un sentiment profond d’humanité.
Le Plan considère que ces objectifs doivent être atteints en développant 5 étapes qui peuvent varier dans le temps,
selon les réalités de chaque Conférence épiscopale et diocèse.
Les étapes prévues sont les suivantes:
a) Période d’introduction, où l’on approfondirait la connaissance des conclusions d’Aparecida ;
b) Mission avec agents pastoraux et évangélisateurs ;
c) Mission avec groupes prioritaires ;
d) Mission sectorielle ;
e) Mission territoriale.
La commission considère que chacune de ces étapes doit comporter une période de préparation, une période de
réalisation intensive, et une continuité qui confèrera à la mission son caractère permanent.
Ont également été définis les rôles respectifs du CELAM, des Conférences épiscopales et des diocèses pour la
concrétisation de la mission.
Il est indiqué déjà qu’au cours du Congrès missionnaire américain, qui se déroulera à Quito en août 2008, aura lieu
l’annonce de la mission et de l’envoi missionnaire au continent tout entier (pour plus d’information,
voir: www.celam.org / noticelam.
(Source: CPAL)
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INTENTION GENERAL
Pour que l’expérience de la souffrance soit une occasion qui serve à comprendre les
situations de malaise et de douleur dans lesquelles se trouvent les personnes seules, les malades
et les personnes âgées, et nous stimule tous à aller à leur rencontre avec générosité.
[...]
Willi Fusaro
Très Saint-Père, je suis le père Willi Fusaro, j'ai 42 ans et je suis tombé malade l'année de mon ordination sacerdotale.
J'ai été ordonné au mois de juin 1991; puis en septembre de la même année il m'a été diagnostiqué une sclérose en
plaques. Je suis coopérateur paroissial auprès de la paroisse du Corpus Domini de Bolzano. La figure de Jean-Paul II
m'a beaucoup frappé, surtout dans la dernière période de son pontificat, lorsqu'il portait avec courage et humilité,
devant le monde entier, sa faiblesse humaine.
Etant donné votre proximité avec votre bien-aimé prédécesseur, et sur la base de votre expérience personnelle,
quelles paroles pouvez-vous m'offrir et offrir à chacun de nous pour aider véritablement les prêtres âgés, malades,
à bien vivre de manière féconde leur sacerdoce au sein du presbyterium et de la communauté chrétienne? Merci!
Merci. Je dirais moi aussi qu'à mon avis les deux parties du pontificat de Jean-Paul II sont également importantes.
La première partie au cours de laquelle nous l'avons vu un géant de la foi: avec un courage incroyable, une force
extraordinaire, une véritable joie dans la foi, une grande lucidité, il a porté jusqu'aux confins de la terre le message
de l'Evangile. Il a parlé avec tous, il a ouvert de nouvelles voies avec les Mouvements, avec le dialogue
interreligieux, avec les rencontres œcuméniques, avec l'approfondissement de l'écoute de la Parole divine, avec
tout... avec son amour pour la sainte liturgie. Il a réellement - nous pouvons le dire - abattu non les murs de
Jéricho, mais les murs entre deux mondes, avec la force de sa foi, et ce témoignage demeure inoubliable, il reste une
lumière pour ce nouveau millénaire.
Mais je dois dire que, selon moi, les dernières années de son pontificat n'étaient pas de moindre importance, en
raison de cet humble témoignage de sa passion. Comme il a porté la Croix du Seigneur devant nous et a réalisé la Parole
du Seigneur: "Suivez-moi, en portant avec moi la Croix, et en me suivant"! Cette humilité, cette patience avec laquelle
il a accepté la quasi destruction de son corps, sa croissante incapacité à utiliser la parole, lui qui avait été un
maître de la parole. Et ainsi il nous a montré - me semble-t-il - de manière visible cette vérité profonde que le
Seigneur nous a rachetés avec sa Croix, avec la Passion comme acte d'amour extrême. Il nous a montré que la souffrance
n'est pas seulement un "ne pas", quelque chose de négatif, l'absence de quelque chose, mais une réalité positive. Que
la souffrance acceptée dans l'amour du Christ, dans l'amour de Dieu et des autres est une force rédemptrice, une force
de l'amour tout aussi puissante que les grandes actions qu'il avait accomplies dans la première partie de son
pontificat. Il nous a enseigné un nouvel amour pour les personnes qui souffrent et fait comprendre ce que veut dire:
"dans la Croix et par la Croix nous sommes sauvés". Dans la vie du Seigneur également nous trouvons ces deux aspects.
La première partie, lorsqu'il enseigne la joie du Royaume de Dieu, apporte ses dons aux hommes puis, dans la seconde
partie, l'entrée dans la Passion, jusqu'au dernier cri sur la Croix. Et ainsi il nous a enseigné qui est Dieu, que Dieu
est amour et qu'en s'identifiant avec notre souffrance d'êtres humains il nous prend entre ses mains et nous fait
entrer dans son amour et seul l'amour est le bain de la rédemption, de la purification et de la renaissance.
C'est pourquoi il me semble que nous tous - et toujours à nouveau dans un monde qui vit d'hyperactivité, de jeunesse,
d'être jeune, fort, beau, de réussir à faire de grandes choses - nous devons apprendre la vérité de l'amour qui se fait
passion et rachète ainsi l'homme et l'unit avec Dieu amour. Je voudrais donc remercier tous ceux qui acceptent la
souffrance, qui souffrent avec le Seigneur et je voudrais tous nous encourager à avoir un cœur ouvert à l'égard des
personnes qui souffrent, des personnes âgées et à comprendre que leur passion est précisément une source de renouveau
pour l'humanité et crée en nous l'amour et nous unit au Seigneur. Mais à la fin, il est toujours difficile de
souffrir. Je me souviens de la sœur du cardinal Mayer: elle était très malade, et il lui disait quand elle était
impatiente: "Mais vois-tu, tu es à présent avec le Seigneur". Et elle a répondu: "Pour toi c'est facile de dire
cela, parce que tu es en bonne santé, mais moi je suis dans la passion". C'est vrai, dans la passion vraie il
devient toujours difficile de s'unir réellement au Seigneur et de demeurer dans cette disposition d'union avec le
Seigneur qui souffre. Prions donc pour toutes les personnes qui souffrent et faisons tout ce que nous pouvons pour
les aider, montrons notre gratitude pour leur souffrance et assistons-les autant que nous le pouvons, avec un grand
respect pour la valeur de la vie humaine, précisément de la vie qui souffre jusqu'à la fin. C'est un message
fondamental du christianisme, qui vient de la théologie de la Croix: que la souffrance, la passion est présence
de l'amour du Christ, est un défi pour nous à nous unir à sa passion. Nous devons aimer les personnes qui souffrent
non seulement par les paroles, mais également avec toute notre action et notre engagement. Il me semble que c'est
la seule manière d'être réellement chrétiens. J'ai écrit dans mon Encyclique Spe salvi que la capacité d'accepter
la souffrance et les personnes qui souffrent est une mesure de notre propre humanité. Lorsque cette capacité fait
défaut, l'homme se trouve réduit et redimensionné. Prions donc le Seigneur pour qu'il nous aide dans notre
souffrance et nous conduise à être proches de toutes les personnes qui souffrent dans ce monde. [...]
Benoît XVI
Rencontre avec le Clergé du Diocèse de Bressanone
6 août 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
COMMENTAIRE PASTORAL
A sainte Joséphine Bakhita, petite africaine kidnappée et réduite en esclavage à l’âge de neuf ans, décédée en 1947
et canonisée en l’an 2000, la question fut posée, alors qu’elle était déjà religieuse en Italie, de savoir ce qu’elle
ferait si elle se trouvait de nouveau en présence des négriers qui la séquestrèrent et la torturèrent. Sa réponse fut
la suivante : « je me mettrais à genoux et je leur baiserais les mains, parce que si cela n’était pas arrivé,
aujourd’hui je ne serais pas chrétienne et religieuse ».
Un ménage ayant perdu ses quatre enfants dans un accident d’automobile fut capable par la suite de remercier le
Seigneur en reconnaissant le fait qu’il s’était servi de cette douleur intense pour les attirer vers l’Eglise et le
service de Dieu, en changeant et en améliorant leurs vies. Ils n’étaient pas reconnaissants de la mort de leurs enfants
mais de la bonté du Seigneur qui transforma leur coeur.
Les parents de la petite Laurita, transformés spirituellement à travers la douloureuse expérience de voir leur fille
mourir d’un cancer, apprirent à découvrir un Dieu rempli de tendresse, qui les accompagnerait toujours…
Nombreuses sont les histoires que nous pourrions raconter pour illustrer des expériences de douleur qui s’avèrent
être finalement des occasions de conversion et de croissance spirituelle. La douleur et la souffrance ne sont jamais
bonnes ni voulues par Dieu. Dieu ne voulait pas l’esclavage ni les innombrables souffrances endurées par Bakhita ;
il n’a pas non plus provoqué l’accident où moururent ces quatre jeunes, ni provoqué le cancer qui a tué Laurita…
Mais, dans son amour et sa providence, il est capable de se servir du mal lui-même et de ces expériences intenses
de douleur, afin d’apporter le salut. De la croix, Dieu fait jaillir la résurrection. C’est l’expérience pascale
qui est au coeur du christianisme. De la mort, jaillit la vie. Plus précisément, c’est de l’amour que jaillit
la vie. La mort est toujours un mal. Plus encore, la mort cruelle et injuste d’un innocent n’est jamais une
chose voulue de Dieu. Dieu le Père n’était pas content quand on mettait son Fils à mort sur la croix, ce qui
était de toute évidence une infamie et un crime. Mais grâce à l’amour de Jésus, ce crime et cette injustice se
sont transformés en une démonstration de combien Dieu nous aime, ainsi qu’en la cause de notre salut. Ce n’est
pas la mort de Jésus qui nous a sauvés, mais bien son amour, amour qui a tout transformé, comme cela est arrivé
dans la vie des personnes citées ci-dessus.
Par cette intention de prière, le Saint-Père nous invite à développer une réflexion personnelle à partir de nos
propres expériences de souffrance. Il nous aide à découvrir dans l’amour la clé qui nous ouvre aux autres, qui rompt
le cercle vicieux de notre égoïsme et qui nous pousse à servir les personnes seules, malades, âgées. Grâce à l’amour,
la conversion d’une rude expérience de la douleur en une cause de notre salut devient possible, car l’amour nous ouvre
à une nouvelle compréhension de la souffrance et donne un autre sens à toute la vie.
Que cette vérité soit présente à notre esprit tandis que nous faisons chaque jour notre prière d’offrande, laquelle
peut ainsi donner un sens à nos souffrances apparemment « absurdes » ou « inutiles ». L’amour et la générosité avec
lesquels nous offrons la vie, unis au don de la vie du Christ : voilà ce qui change tout.
QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE
Est-ce que je connais des cas de personnes qui ont su donner un sens chrétien à leur souffrance?
Je partage leurs histoires.
Certains se sentent abandonnés de Dieu et s’éloignent de la foi quand vient lorsque le moment de la douleur.
Comment avons-nous réagi, nous, en passant par des situations de souffrance personnelle?
A Noël, nous célébrons l’Incarnation de Dieu qui, étant riche, s’est fait pauvre, par solidarité avec les
misères de l’humanité. Quelle relation cette intention de prière du Pape a-t-elle avec le véritable esprit de Noël ?
TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION
1Tm 2,1-13 le sens de la souffrance de l’apôtre
Mt 8,1-17 Jésus s’approche des malades et les guérit
Lc 19,1-10 Zachée reçut Jésus chez lui, sortit de son égoïsme, changea sa vie.
INTENTION MISSIONNAIRE
Pour que les peuples de la Terre ouvrent les portes au Christ et à son Evangile de
paix, de fraternité et de justice.
[...]
5. Un troisième domaine, qui est l'objet d'attention dans les programmes de lutte contre la pauvreté et qui en
manifeste la dimension morale intrinsèque, est la pauvreté des enfants. Quand la pauvreté frappe une famille, les
enfants en sont les victimes les plus vulnérables: presque la moitié des personnes qui vivent dans la pauvreté absolue
est aujourd'hui constituée par des enfants. Considérer la pauvreté en se mettant du côté des enfants conduit à retenir
comme prioritaires les objectifs qui les intéressent plus directement comme, par exemple, l'attention aux mères de
famille, le travail éducatif, l'accès aux vaccins, aux soins médicaux et à l'eau potable, la sauvegarde de
l'environnement et, surtout, l'engagement pour la défense de la famille et pour la stabilité des relations en son
sein. Quand la famille s'affaiblit, les préjudices retombent inévitablement sur les enfants. Là où la dignité de
la femme et de la mère n'est pas protégée, ceux qui en subissent les conséquences, ce sont d'abord et toujours les
enfants. [...]
Benoît XVI
Message pour la Journée Mondiale de la Paix
8 décembre 2008
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana
Voir aussi:
HOMILY OF HIS HOLINESS JOHN PAUL II FOR THE INAUGURATION OF HIS PONTIFICATE - N. 5 - 22 October 1978
COMMENTAIRE PASTORAL
Nous nous souvenons tous du visage aimable et souriant de Jean-Paul II répétant une de ses phrases favorites:
« N’ayez pas peur, ouvrez les portes au Christ ». Ce mois-ci, en ce temps de Noël, son successeur nous encourage à son
tour à laisser le Christ et son Evangile entrer toujours davantage dans nos vies. Ouvrons-lui ces portes « dans la
presse, à la radio, à la TV, au cinéma et dans Internet », insista le pape Jean-Paul II le 27 mars 2002. Accueillir
le Christ, c’est accueillir le don gratuit de la paix, de la fraternité et de la justice pour tous. C’est un don
gratuit parce qu’il ne dépend pas de nos mérites personnels et qu’il ne demande rien de notre part; il nous demande
seulement de lui ouvrir les portes.
Lisons ensemble à titre de réflexion cet extrait des paroles lumineuses qu’Oscar Arias, président du Costa Rica,
prix Nobel de la Paix en 1987, adressait à tous ses collègues présidents du continent Latino-Américain et des Caraïbes,
en avril 2009. Ce n’est pas un discours religieux et il ne parle pas d’ouvrir les portes au Christ, mais il nous
permet de songer que les choses peuvent être différentes.
Dans mon intervention de ce matin, je me suis référé à un fait qui me paraît insensé et qui prouve que le système de
valeurs du XXe siècle, qui semble être celui que nous sommes en train de mettre en pratique également au XXIe siècle,
est erroné. En effet, il n’est pas supportable que le monde riche consacre cent mille millions de dollars pour
soulager la pauvreté de 80% de la population du monde, sur une planète où deux mille cinq cents millions d’êtres
humains ont un revenu de deux dollars par jour, et que, d’autre part, le monde riche dépense trois fois plus
(un milliard trois cents mille millions de dollars) en armes et en soldats.
Comme je l’ai dit ce matin, il n’est pas possible que l’Amérique Latine dépense cinquante mille millions de dollars
en armes et soldats. Et je me pose la question suivante : qui donc est notre ennemi ?… Notre ennemi, c’est
l’inégalité, le manque d’éducation ; c’est l’analphabétisme ; c’est le fait que nous ne dépensions pas pour la santé
de notre peuple ; que nous ne créions pas l’infrastructure nécessaire, les chemins, les routes, les ports, les
aéroports ; que nous ne consacrions pas les ressources nécessaires à l’arrêt de la dégradation du milieu environnant;
c’est l’inégalité existante qui nous fait réellement honte ; cela se doit, bien sûr, entre beaucoup d’autres choses,
au fait que nous ne sommes pas en train d’éduquer nos fils et nos filles.
(Discours prononcé au Sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago, en avril 2009, reproduit par la revue chilienne
Message, dans son numéro de juin 2009).
Que la contemplation du Dieu qui s’offre à nous désarmé, qui se rend vulnérable, qui « entre dans l’histoire par la
porte de service », comme l’a dit un théologien, qui vient en tant que Prince de la Paix, apporte lors de ce Noël la
Bonne Nouvelle d’un nouveau mode de vie pour toutes les nations de la terre.
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