Prayer and Service
English Español Français Octobre - Décembre 2009 N. 4 Imprimer Home Archives
L’Apostolat de la Prière et les jeunes
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Editorial


Chères amies et chers amis,

Dans cette nouvelle édition de notre revue numérique vous trouverez des aides pour proposer l'Apostolat de la Prière aux jeunes et à tous les chrétiens confrontés à la culture actuelle.

D'importants événements ont accompagné la marche de l'AP et du Mouvement Eucharistique des Jeunes dans le monde ces derniers temps. En mai, en Tanzanie, s’est tenue la seconde réunion de nos Secrétaires Nationaux et d'une partie de leurs équipes pour l'Afrique. Les 27 jésuites, prêtres diocésains, religieuses et laïques réunis représentaient 17 pays. La rencontre nous a aidés à ranimer l’AP et le MEJ et à inviter d'autres à les lancer. Nous avons choisi une équipe de quatre personnes pour coordonner les deux services sur tout le continent africain, avec le Père Rigobert Kyungu, sj, de la R.D. du Congo, comme coordinateur. On a noté un grand intérêt pour le MEJ chez les délégués du «jeune continent», qui y voient un moyen utile pour donner une formation chrétienne aux enfants et aux jeunes.

En septembre les Secrétaires Nationaux de l'Europe se réunis en Pologne avec, pour la première fois, les responsables du MEJ de Pologne et de France. Le thème de la rencontre a été «Comment pouvons-nous répondre aux recherches spirituelles de la jeunesse et de la culture actuelle à partir de l'AP?». Nous avons aussi eu l’occasion de proposer une meilleure coordination et une plus grande collaboration entre l'AP et le MEJ. Vous trouverez dans cette édition la conférence du Père Joseph Augustyn, sj sur l’approche pastorale auprès des jeunes. Sous peu nous vous offrirons ici, sur notre site web, un résumé des conclusions de la rencontre.

Le témoignage motivant d’un jeune jésuite, mes paroles adressées aux jeunes jésuites en Croatie et le profond message que notre Directeur Général a adressé au MEJ français à Rome nous aideront à rappeler la jeunesse et la validité de notre proposition spirituelle. Bonne lecture!

P. Claudio Barriga, S.J.

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Holy Father's Intentions
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AP Croatie

Texte basé sur mon allocution du 6 novembre 2008 à un groupe de jeunes jésuites à Zagreb, en Croatie.


Je suppose que vous tous ici présents, vous aspirez à vivre une vie pleine de sens, cohérente, généreusement mise au service des autres, et profondément heureuse; ce qui revient à dire, en ce langage chrétien qui est le nôtre: je suppose que vous aspirez tous sérieusement à la sainteté. Cela équivaut à dire que nous voulons que nos vies soient entièrement pour Dieu et que nos coeurs soient unis à Lui dans tout ce que nous faisons pendant la journée, jusque dans les moindres détails.


Je sais qu’il s’agit là de quelque chose de grand, d’un idéal très élevé, difficile, et qui semble inaccessible. Mais je parle ici de l’option intime de vouloir vivre cet idéal. «Je veux, je désire que ma vie, que chaque détail de ma vie, mon travail, mon repos, mes repas, mon sommeil, mes rêves, mes chants, soient pour Dieu seul». Il s’agit d’avoir le désir sincère, l’intention que ma vie soit entièrement pour le Seigneur. Ou, au minimum, le désir d’avoir ce désir, comme saint Ignace le suggère.


Si ce désir n’est pas là, alors cette causerie ne vous intéressera pas.


Je viens vous parler d’une proposition spirituelle, appelée l’Apostolat de la Prière (AP), de mettre la vie de chaque jour entre les mains de Dieu ; et de sa branche juvénile, appelée le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ).


L’AP est essentiellement une invitation à choisir et à faire chaque jour un choix radical en disant à Dieu que ma vie est la sienne, que je ne veux pas la vivre pour moi, mais pour Lui, et que tout ce que je fais est bien meilleur quand je le fais avec Lui et à Sa façon.


Je parle d’un choix radical parce que nous sommes des personnes libres de choisir comment nous voulons vivre notre vie, et parce que nous pouvons toujours faire d’autres choix. Nous pouvons choisir chaque jour et parfois, en fait, nous choisissons le péché, qui nous éloigne de Dieu. L’AP nous aide à nous souvenir du choix radical fait pour Dieu et à le refaire chaque jour, en faisant de ce choix notre mode de vie habituel. L’AP guide notre volonté pour que le mode de vie et les choix de Jésus puissent pénétrer chacune de nos actions quotidiennes, même les plus humbles, les plus secrètes.


En quoi consiste l’AP? Comment se pratique t-il? L’AP consiste essentiellement en l’offrande quotidienne de notre propre vie à Dieu, unie à l’offrande de Jésus au Père. Nous la pratiquons à l’appui d’une prière que nous pouvons réciter le matin et répéter durant la journée. En voici une formulation possible. Je vous invite à la considérer maintenant et à la lire ensemble.


Dieu, notre Père, je t’offre toute ma journée, mes prières, mes pensées, mes sentiments et mes désirs, mes paroles, mes actions, mes joies et mes peines, en union avec le Coeur de ton Fils Jésus-Christ, qui ne cesse de s’offrir à Toi dans l’Eucharistie pour le salut du monde. Que le Saint-Esprit, qui a guidé Jésus, soit mon guide et ma force en ce jour pour que je puisse être témoin de ton amour. Avec Marie, mère du Seigneur et de l’Eglise, je prie spécialement aux intentions du Pape et de nos évêques pour ce mois-ci.


Que dis-je en ces mots? Je dis que j’offre à Dieu toute ma vie, que je la donne, que j’en fais don au Père. Je rends volontairement à Dieu tout ce que j’ai reçu de lui, je lui offre ce que je suis, ce que je fais et ce que je ferai. Par cette prière, je renonce à mener ma vie selon mes critères et mes tendances. Je lui dis que je veux l’unir à Jésus-Christ, à son Coeur et à sa façon d’agir. De cette manière, par ma vie vécue conformément à sa volonté, j’offre ma collaboration à l’oeuvre du salut.


Plus encore, je lie cette offrande de ma vie à l’Eucharistie, qui est la vie de Jésus offerte au Père et à nous-mêmes pour notre salut. Je suis en train d’exprimer ma volonté que ma vie offerte soit comme une Eucharistie, que ce soit une vie offerte pour les autres. C’est ce que l’Apostolat de la Prière nous propose. Arrêtons-nous un peu ici, pour nous rendre compte de ce que cela implique.


C’est très sérieux et semble très difficile sinon impossible à réaliser. Comment vivre entièrement pour Dieu, chaque détail, à chaque moment ? Je n’en suis pas capable.


Je veux être sincère avec vous. Cela m’est très difficile. Après avoir offert ma journée et toute ma vie à Dieu le matin, j’arrive très souvent à l’examen du soir, porteur d’une feuille de route qui n’est pas très nette. Je lutte chaque jour contre mes tentations dans le domaine de la sexualité, dans les relations humaines, dans mes modes de loisirs, ma vanité, mon orgueil, entre autres choses, et je n’en sors pas toujours vainqueur. J’arrive à la chapelle en demandant pardon à Jésus pour mes fautes et pour lui dire mon espérance d’un lendemain meilleur et lui demander sa grâce pour cela. Je le loue aussi, je reconnais combien il a été bon pour moi et je l’en remercie. Le jour suivant, je commence ma journée avec une espérance renouvelée (et obstinée). J’exprime à nouveau au Seigneur mon désir sincère de lui offrir tout ce que je vais faire et je lui demande avec un optimisme audacieux la grâce du Saint-Esprit pour pouvoir vivre cela. Je dis bien optimisme audacieux parce que je sais qui je suis et que je connais mes faiblesses et mes incapacités. Mais je le dis parce que je mets mon espérance en lui, et que je sais qu’il a la force de rendre nouvelles toutes les choses.


Nous livrons chaque jour une bataille intérieure contre l’ennemi qui veut nous détourner du chemin de Dieu, comme saint Ignace le décrit dans la méditation des deux étendards (ES 136). Pour ma part, j’ai fait le choix de vivre entièrement et seulement pour le Seigneur. Mais mon inconstance, ma distraction et mon péché m’empêchent de vivre ce que je désire. J’ai besoin de quelque chose qui me permette de me rappeler constamment que le sens de ma vie est de « louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur (…) et que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés. » (ES 23 PF). L’AP m’aide à orienter le jour nouveau dans cette direction. Lorsque je récite la prière d’offrande, je renouvelle ma décision de vivre ainsi chaque jour et toute la journée. Je le fais dans le même esprit que la prière préparatoire des ES: « que toutes mes intentions, actions et opérations soient purement ordonnées au service et à la louange de sa divine Majesté » (ES 46). Offrir ma journée avec l’AP m’aide à me rappeler la réponse généreuse de tout bon chrétien au Roi Eternel et à la répéter quotidiennement: (« je veux et je désire, et c’est ma décision délibérée, … vous imiter… » (ES 98). C’est une façon de choisir toujours l’étendard du Christ et de vivre toute la journée dans l’attitude avec laquelle nous terminons les ES en offrant notre vie, « Prenez, Seigneur et recevez », pour aimer et servir en tout (ES 234).


En résumé, l’AP est une offrande radicale de mon existence, faite quotidiennement. J’offre ma vie pour accomplir en tout la volonté de Dieu en ce jour.


Cela dit, il est important de comprendre que je ne peux parvenir à cela comme fruit de mon seul effort ou de ma capacité personnelle, mais bien en invoquant le Saint-Esprit. Je n’offre pas ma vie en m’appuyant sur mes propres réussites ou succès, inexistants, mais bien sur la confiance et l’optimisme de celui qui veut et qui désire être de Dieu et vivre comme Jésus. L’Offrande quotidienne est essentiellement une prière de supplique, faite par un pauvre pécheur, qui aspire à vivre de tout son coeur pour Dieu et seulement pour Dieu.


J’ai compris qu’une clé pour changer sa vie est de faire chaque jour cette prière d’offrande avec le maximum de sincérité possible. Il ne sert à rien de la considérer comme une oraison qui se répète de façon rapide, parfois magique ou comme un simple rite extérieur. Il faut que cette prière vienne du coeur, avec l’offrande de ce que je suis et que je possède, de ce que je voudrais être et avoir. Plus qu’une déclaration de ce que je vais faire ou vivre ce jour-ci, qui pourrait sembler prétentieuse, c’est une prière au Saint-Esprit pour qu’il m’accorde humblement la grâce de pouvoir vivre comme Jésus. L’AP est donc aussi l’expression d’une nostalgie radicale, d’un désir ardent, que nous pourrions appeler une « nostalgie de sainteté ».


Enfin, la prière d’offrande de la journée me décentre de moi-même et m’incite à déposer toute ma confiance dans la providence divine. J’apprends à tout accepter comme venant de la main aimante de Dieu en toutes circonstances, y compris les plus difficiles, car c’est à Lui qu’est offerte ma journée entière.


Certes, je pourrais affirmer que jusqu’à présent je n’ai fait qu’introduire ce que j’ai à dire de l’Apostolat de la Prière. D’ailleurs, j’évoquerai dans quelques instants quelques traits de son histoire et puis je vous parlerai du MEJ. Mais ce que je viens de dire était peut-être ce que j’avais de plus important à vous communiquer aujourd’hui.


J’ai voulu d’emblée mettre l’accent sur l’idée que l’Apostolat de la Prière a tout d’abord à voir avec nos propres vies. L’AP nous fait situer notre propre existence sur la voie qui consiste à tout donner à Dieu et pas seulement une partie. C’est pourquoi le Père Kolvenbach l’a appelé : « un chemin de sainteté pour le chrétien du Troisième Millénaire ». Je ne saurais donc pas être un bon promoteur de l’AP sans le vivre et le pratiquer d’abord dans ma vie personnelle. Un chemin de sainteté. Beau, exigeant, provocateur, qui remplira d’un sens nouveau chaque minute de ma vie.


J’ai ensuite parlé des faits historiques marquants et fondateurs de la spiritualité de l’AP, en suivant essentiellement le schéma de l’excellent texte du Père John Vessels, « L’histoire de l’AP », auquel je vous renvoie (sur notre site web, dans Documents). J’ai aussi expliqué la proposition méthodologique du MEJ en tant que façon d’offrir cette spiritualité aux enfants et aux jeunes.







Les hommes de science

Conférence dicté pour le père Jósef Augustyn, sj, aux Secrétaires Nationaux de l’Apostolat de la Prière pour l’Europe, à Czestochowa, Pologne, le 26 septembre 2009


I. Introduction


Le renversement du communisme et l’entrée des pays du bloc de l’Est dans l’Union européenne ont provoqué la disparition progressive des clivages entre les jeunes de l’Ouest et les jeunes de l’Est. Le rideau de fer qui a divisé l’Europe pendant un demi-siècle était la cause de la différenciation des attitudes des jeunes des deux côtés.


La pratique de la politique et quelconque activité sociale dans les pays communistes étaient uniquement réservées pour les personnes liées avec le régime. C’est pourquoi, une grande majorité des jeunes s’isolaient des activités sociales et politiques. Afin d’engager socialement la jeunesse, les communistes organisaient des « travaux sociaux », p.ex. le nettoyage de parcs au printemps. C’était une sorte de travail forcé, détesté par les jeunes et pris comme un signe de contrainte politique. Chaque forme de protestation envers ce type d’ « activités sociales » était traitée comme une expression du courage et de la lutte pour la liberté.


Je me souviens d’un certain incident au lycée, notamment deux de mes amis de quinze ans, ne voulant pas participer à la parade du 1er mai, « ont perdu » quelque part en route les drapeaux rouges qu’ils avaient à porter dans le cortège. Selon le corps pédagogique, c’était une désertion et une action au préjudice de l’Etat ; d’après nous, leurs camarades, ils étaient des héros. Le directeur les a menacés d’expulsion de l’école et de leur délivrer un document qui rend impossible de continuer les études dans toutes les écoles en Pologne. Cependant, grâce à leur « repentir », l’intervention des parents et la clémence de la direction, ils ont été suspendus de cours pendant deux semaines, après ils ont pu rentrer à l’école.


Néanmoins, de telle sentence anodine envers la jeunesse pour « les actions au préjudice de l’Etat » avaient lieu seulement en Pologne Populaire. La situation en Tchécoslovaquie, dans la République démocratique allemande, et d’autant plus dans l’Union soviétique était tout à fait différente. Dès le début des années 70 je m’étais lié d’amitié avec une famille tchèque dont le fils aîné est entré au séminaire, unique au pays. Le reste de sa famille a payé le prix pour cette décision. Sa soeur cadette n’a pas été admise aux études, et son frère cadet n’a pas été même admis au lycée. Malgré de grandes capacités, il a terminé sa formation avec l’école professionnelle. A l’âge de 17 ans, bien qu’il voulait continuer ses études, il a dû travailler.


La grande majorité des jeunes élevés dans l’atmosphère d’une pression politique, économique et idéologique éprouvaient de la répugnance pour quelconque engagement social et se retiraient dans leur propre monde intérieur. Une basse conscience sociale actuelle des adultes et des jeunes et un manque d’engagement politique en Europe de l’Est est l’héritage du rideau de fer.


En ce qui concerne la division de l’Europe en période du communisme, il existe également une autre face cachée. Les conditions sociales de la vie dans les deux blocs étaient très différentes. Quand en 1968 les jeunes en Europe de l’Ouest se sont révoltés contre des gouvernements démocratiques et ont pris un mode de vie hippie, leur copains de l’Est ont fait face aux difficultés d’une existence quotidienne. Et bien que dans le système socialistique il n’y ait pas de chômage, au contraire il existait une « obligation du travail », les conditions d’une existence quotidienne restaient chétives. Faire des études supérieures ou acquérir un petit appartement deux pièces pour des jeunes mariés, c’était un rêve inaccessible. Les adolescents des villages et des petites villes, ceux qui avaient de l’ambition de finir leur école secondaire, se levaient à 5 heures du matin pour arriver en bus encombré à 8 heures pour les cours. Et ils ont vécu de cette manière 4-5 ans. Pour de nombreux d’entre eux c’était un effort presque héroïque.


De telles conditions de vie quotidienne ont fait que les jeunes devenaient mûrs beaucoup plus vite que leurs copains de l’Europe de l’Ouest. Dès l’enfance précose, ils étaient obligés de faire face à des difficultés que leurs copains de l’Ouest ne connaissaient pas. En période de la loi martiale, dans les années 80, les garçons adolescents faisaient la queue des heures, parfois même pendant la nuit, pour acheter de la nourriture et des produits de premier besoin et aider ainsi leurs parents. Quand pendant mes études (1981-1984) en France et en Italie, je rencontrais des jeunes de ces pays, j’avais l’impression que les personnes de 20 ans s’y comportaient de la même façon qu’en Pologne les personnes de 15 ans. La raison était pour moi évidente. Des conditions de vie difficile, des problèmes matériaux, un système de contrôle policier... tout cela entraînait des efforts importants et des sacrifices de la part des jeunes vivant dans le bloc de l’Est.


De nos jours, quand les différences des conditions de vie quotidienne dans les pays membres de l’Union européenne disparaissent, les attitudes et les comportements des jeunes s’unifient. Les jeunes Polonais qui sont nés en Pologne après 1989 ne se différencient pas beaucoup des jeunes Français, Italiens ou Allemands, quoique des différences nationales, culturelles et religieuses jouent assurément un certain rôle.


Dans cet article je voudrais présenter ces traits des jeunes hommes auxquels nous devrons faire attention dans un travail pastoral direct.


II. GRANDEUR D’AME ET GENEROSITE DES JEUNES


La première qualité à laquelle je voudrais faire attention est la grandeur d’âme et la générosité des jeunes. « Les jeunes sont en général généreux mais sensibles et délicats” lit-on dans l’un des documents de la Congrégation pour l’éducation catholique. Le signe de la générosité et de la grandeur d’âme des jeunes, d’après Jean Paul II, est leur engagement dans différentes formes de bénévolat et d’activités sociales et ecclésiastiques : « Les jeunes agissent surtout dans différentes associations, aussi bien traditionnelles, qui ont été renouvelées, que nouvelles ». En Europe de l’Est, les jeunes s’engagent volontairement dans des communautés paroissiales, des mouvements religieux, des pèlerinages et des actions charitables, ils sont en revanche moins sensibles aux affaires sociales. L’institution du bénévolat, répandue dans la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest, est encore peu connue par les jeunes Polonais, Slovaques ou Ukrainiens.


Le signe de la générosité et de la grandeur d’âme des jeunes est également un sincère engagement religieux et moral. J’ai donné à plusieurs reprises les Exercices spirituels avec la garde d’un silence entier et une conduite individuelle aux hommes très jeunes, bacheliers. J’étais beaucoup de fois impressionné de leur sensibilité et de leur ouverture sur des affaires spirituelles et religieuses. Si les désirs spirituels des jeunes ne sont pas réalisés, ils se transforment en frustration qui se dévoile en attitude d’une indifférence religieuse et d’un cynisme moral.


Grâce à l’attitude de la grandeur d’âme, le jeune homme est capable de prendre une décision qui exige un engagement sérieux, de l’effort et du sacrifice. C’est la générosité juvénile qui est à la base d’une vocation sacerdotale et monastique. Le manque de vocations sacerdotales est, à mon avis, lié non seulement avec un manque de courage et de grandeur d’âme des jeunes mais plutôt avec de nombreuses obscurités concernant le service du prêtre. Le jeune homme ne consacrera pas toute sa vie à quelque chose d’obscure, d’indéterminé ou d’ambigu. En revanche, il pourra se vouer à une affaire si celle-ci suscite admiration et fascination. Un grand nombre de vocations sacerdotales, qui existait encore il n’y a pas longtemps en Pologne, diminue peu à peu. Il me semble que ce fait est lié avec la crise grandissante de la prêtrise, également en Pologne. On voit cette crise grandissante entre autre dans de plus en plus fréquent renoncement des jeunes prêtres à la prêtrise.


Pour la grandeur d’âme et la générosité des jeunes subsistent et deviennent une attitude permanente de leur vie, ils ont besoin du fort soutient de la part des parents, surveillants et pasteurs. Le pastorat proposé aux jeunes a pour but de les aider à introduire dans la vie quotidienne leur grandeur d’âme juvénile. Celle-ci peut s’exprimer dans des engagements religieux concrets : dans la prière quotidienne, dans le travail sur soi-même, dans le fait de surmonter ses faiblesses, dans le travail créatif, dans la construction des liaisons d’amitié et d’amour. En se référant à la générosité et à l’ouverture religieuse et spirituelle des jeunes, nous ne devrons pas craindre de leur enseigner la prière personnelle prolongée, la lecture de la Sainte Ecriture, la méditation, l’adoration du Saint-Sacrement, l’examen de conscience, la participation eucharistique. Les désirs spirituels des jeunes qui n’ont pas été réalisés laissent d’habitude le sentiment de déception.


III. OUVERTURE EMOTIONNELLE DES JEUNES


L’autre trait important que nous devons prendre en considération dans le travail pastoral est leur ouverture émotionnelle, leur sincérité et leur spontanéité. Aujourd’hui, les jeunes, p.ex. en comparaison avec leurs parents, ont généralement moins de difficultés à se partager des expériences personnelles, aussi bien dans le cadre de rencontres communautaires que dans des conversations individuelles. Ce don particulier de la jeunesse, cette sincérité et cette ouverture, est remarqué surtout par ceux qui travaillent quotidiennement avec la jeunesse. Cependant, l’ouverture et la spontanéité juvénile sont, comme la personnalité des jeunes, délicate et fragile. Le jeune homme exprime le plus souvent le désir ou même la faim d’être accepté et aimé. Les jeunes auxquels les parents n’ont pas consacré assez de temps, d’attention et de coeur pour parler avec eux, les comprendre et les soutenir, cherchent de l’aide chez des pasteurs ou des surveillants. De cette façon, ils reportent leurs attentes sur ceux-ci. Ils expriment alors le regret qu’ils ont eu avec leurs parents sincèrement, ouvertement et directement.


Il est important que leurs besoins et leurs désirs ne soient pas de nouveau négligés et déçus. Si les adultes trompent encore une fois les attentes des jeunes, ceux-ci deviendront de plus en plus renfermés et méfiants. Cette méfiance se transmet d’habitude à la vie adulte postérieure. C’est de cette déception par rapport aux adultes que naît la défiance des jeunes. Robert Bly dans son livre intitulé L’homme sauvage et l’enfant parle du démon du doute qui détruit les relations entre des jeunes hommes avec des hommes plus âgés : « Ces démons, invisibles mais parlant, encouragent au doute par rapport à tous les gens plus âgés. Un tel doute mène à la décomposition de la communauté des hommes plus âgés et plus jeunes ». Ce sont nous, les adultes, qui devons comme premiers convaincrent notre méfiance envers les jeunes.


Dans le travail pastoral avec les jeunes, il est nécessaire de prendre soin, dès les premières rencontres, d’établir un contact dans lequel ils sentiraient notre confiance, notre bienveillance et notre pleine acceptation. De cette manière, leur ouverture émotionnelle et leur sincérité seront soutenues et dans la vie adulte elles peuvent produire des sincères et des transparentes relations amicales, familiales et celles entre les fiancés ; et quant à la vocation sacerdotale, des sincères relations communautaires et pastorales.


Cela exige néanmoins du pasteur un grand engagement et une disponibilité à l’écoute des jeunes. Il me semble que c’est l’écoute qui constitue la plus importante aide que nous pouvons offrir aux jeunes. Ecouter avec compréhension, compassion et souci, c’est le plus important ce que nous pouvons en effet leur donner. Les jeunes n’ont pas besoin tout d’abord de nos sermons, conférences et instructions mais d’une écoute bienveillante de ce qui se passe dans leurs coeurs et dans leurs esprits. Ils ont besoin également d’un dialogue sincère. Il me paraît que notre pastorat des jeunes ne remplit pas encore cette condition, au moins en Pologne. Quand un pasteur m’invite à la rencontre avec la jeunesse, il me fait d’abord parler pendant une heure, et à la fin il permet aux jeunes de me poser quelques questions. Ce modèle de pastorat est décidément anachronique. Ce style fixe les tentations de la passivité dans une partie des jeunes ; les autres, impatientés, quittent des pastorats guidés de cette façon. Aujourd’hui, après la période communiste pendant laquelle les pastorats académiques étaient aussi une forme de résistance, ils vivent une crise. Beaucoup de pasteurs nommés par hasard ne savent pas en réalité ce qu’ils pourraient offrir aux étudiants.


Chaque forme de moralisation et d’impatronisation même des plus justes principes moraux est prise aujourd’hui par la jeunesse avec une grande méfiance, elle les décourage de l’Eglise et de la religion en général. Moyennant que les personnes plus âgées supportent beaucoup de fois avec patience notre moralisation et mentorat, les jeunes nous quittent déçus puisque ce qu’ils écoutent ne les convaiquent pas et ne répondent pas à leurs questions, besoins, désirs et inquiétudes existentielles. En observant le pastorat depuis des années, j’ai l’impression que c’est la raison pour laquelle les jeunes quitter progressivement l’Eglise, aussi bien en Europe de l’Est qu’en Europe de l’Ouest.


IV. DESIR DE LIBERTE


Un soutien spirituel et existentiel des jeunes doit également recouvrir leur exceptionnel besoin de liberté. Une aide imposée est souvent rejetée. Les surveillants et pasteurs doivent donc prendre en considération une énorme sensibilité des jeunes à la liberté qui joue un rôle prépondérant dans leur vie. Toutes les tentatives ayant pour but de restreindre leur personnelle liberté sont traitées par les jeunes comme un attentat à leur vie. Dans ce cas, ils réagissent avec colère pour ne pas dire agressivité. Ce désir de liberté n’est pas un danger pour les jeunes. Il ne faut pas le craindre. Ce qui est dangereux c’est une séparation entre la liberté et la responsabilité pour soi et les personnes avec lesquelles on entre en relation.


De nos jours, les jeunes ont besoin de conscience que la liberté est un don très difficile qui exige un grand engagement et un dur travail parce qu’elle est liée intégralement avec l’amour et la responsabilité. Les jeunes pensent très logiquement. Si nous entrons en dialogue sincère avec eux, il est facile de leur montrer que la liberté n’est pas de valeur autonome qui nous permet de faire tout ce qui nous plaît. La liberté comprise comme valeur autonome est destructive aussi bien pour une personne concernée que pour ceux avec qui elle entre en relation. L’homme subit les conséquences de son action indépendamment de ce qu’il accepte ou non.


Dans le cas où, dans la conscience du jeune homme, la liberté est séparée de l’amour et de la responsabilité, il ne s’agit pas d’un véritable liberté mais uniquement d’un abus. L’assouvissement de ses propres désirs lié avec un mauvais traitement d’autrui n’est pas pourtant le signe de liberté mais de coercition qui fait du tort aux autres. La liberté humaine est toujours liée avec l’amour et la responsabilité pour soi et autrui.


Dans le but de nouer un sincère contact avec la jeunesse, il faut respecter sa sensibilité à la liberté personnelle. Quelles que soient les formes de pression exercées par le pasteur sur les jeunes, elles ont pour effet la méfiance par rapport à l’Eglise. D’autant plus nous les pressons d’autant plus ils manifestent ostensiblement leur indépendance et leur autonomie. La mise en question ou la restriction de la liberté des jeunes est donc sans but. Les jeunes hommes doivent apprendre à comprendre l’essence de la liberté et y aspirer dans un travail quotidien. Uniquement de cette manière, ils peuvent choisir de véritables valeurs parmi un trouble moral et religieux dans lequel ils vivent.


La crainte de la liberté mène à ce que les jeunes perdent la confiance non seulement auprès du pasteur mais aussi envers les valeurs religieuses et morales qui leur sont proposées. Tout ce qui possède un caractère spirituel peut être authentique uniquement quand il est reçu dans une atmosphère de liberté. Les valeurs imposées contrairement à la volonté de l’homme perdent leur signification humaine et spirituelle. L’éducation des jeunes à la vie à la liberté constitue un fondement de leur développement.


V. SENSIBILITE ET FRAGILITE PSYCHIQUE


La période de la jeunesse se caractérise par une sensibilité émotionnelle exacerbée. Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste française, dans son livre intitulé Lorsque l’enfant paraît, compare l’évolution vers la maturité à la mue d’un homard. Les homards délaissent leur ancienne carapace pour une nouvelle. Tant qu’elle n’est pas fabriquée, ils sont totalement désarmés. En conséquence, cette période de transition représente un grand danger. En ce qui concerne la jeunesse, la situation est semblable. La fabrication d’une nouvelle carapace défensive coûte tant de peine et de larmes qu’elle rappelle un douloureux hydrothorax. A proximité du homard privé de protection, il y a presque toujours un serpent de mer, qui tourne autour du malheureux afin de le dévorer. Un serpent guette à l’intérieur et à l’extérieur de nous, même si souvent nous n’en tenons pas compte.


C’est cette sensibilité qui rend les jeunes plus vulnérables. Il est aisé d’humilier et ainsi blesser un adolescent qui ne sait pas s’il est encore un enfant ou déjà un adulte. L’humiliation et la confusion sont pour les jeunes très douloureuses car elles constituent une forme de confirmation de leurs propres complexes et de leur fragilité, déjà pénibles. La plupart des psychologues s’accordent pour dire que l’attitude particulièrement négligente des jeunes, aussi bien envers leurs camarades du même âge qu’envers les adultes, ne résulte pas de leur liberté intérieure. Au contraire, elle a pour but de cacher la crainte. De plus, elle constitue un bouclier défensif contre les gens qui les rejettent d’une quelconque manière.


Antonio M. Sicari, militant italien, affirme : « J’ai fait la connaissance de nombreux garçons et j’ai découvert que beaucoup d’entre eux, sous la couverture d’un dédain généralisé et d’une vantardise typique du jeune âge, craignent que leur vie soit perdue. Croyez-moi qu’ils sont plus nombreux qu’il s’avérerait ». Les jeunes désirent de l’approbation, du respect et de l’acceptation de la part des adultes car grâce à eux ils peuvent surmonter le complexe d’infériorité et prendre confiance en eux. A cause de leur sentiment d’inquiétude, d’égarement et de crainte lié à l’avenir, les jeunes cherchent de l’aide chez les adultes.


Les jeunes hommes, en raison de leur sensibilité, s’inquiètent souvent de certains insuccès mineurs. Même des difficultés insignifiantes provoquent un profond découragement et une envie de désespoir. Dans ce cas, ils disent: « Je suis perdu, faible, personne n’a besoin de moi, je ne me débrouillerai pas dans la vie ». Le fait d’être quitté par sa petite amie ou son petit ami, une fausse accusation, le ricanement et l’humiliation de la part des camarades du même âge, deviennent parfois la cause de pensées et de tentatives suicidaires. Dans le but d’apaiser la souffrance d’un échec, de nombreux jeunes prennent des stupéfiants : alcool et drogue. De cette façon, ils tentent de fuir devant des difficultés. La civilisation de consommation leur insinue également cette solution, elle encourage plutôt à fuir la vie, au lieu de lutter pour celle-ci et d’en prendre soin.


Aujourd’hui, les jeunes ont besoin, plus que dans le passé, d’un profond soutien des adultes. L’évolution vers la maturité émotionnelle se prolonge parfois loin au-delà de leurs vingt ans. Une résistance psychique fragile cause un manque de confiance en soi et en ses forces. Les fuites des jeunes devant la vie, mentionnées avant, ne seraient pas tellement dangereuses si elles constituaient des comportements exceptionnels et momentanés. Malheureusement, la tendance à la fuite est parfois transférée dans la vie adulte, bien qu’elle prenne habituellement des formes différentes. Les pasteurs et les surveillants doivent avoir conscience qu’aujourd’hui il ne suffit pas de sensibiliser les jeunes au sujet de la drogue, de la pornographie et des autres abus.


Les jeunes ont besoin d’un dialogue sincère avec les surveillants et les pasteurs qui pourraient les protéger contre les « serpents de mer » qui leur tournent autour. Les conversations avec les jeunes, bienveillantes et pleines de confiance, sont le plus important outil dont nous disposons afin de les aider à chercher leur propre chemin de vie. Les jeunes ne sont pas en aucun cas des suicidaires. Bien que la crainte d’un échec fatal soit répandue parmi eux, la volonté de vie et de bonheur s’avère plus forte. Les jeunes, plus que jamais, ont besoin aujourd’hui de la confiance des adultes, surtout des parents. Il est impossible de les aider en les surveillant, en manipulant leur liberté ou en recourant à quelconque forme de pression.


VI. CRISE DE L’AUTORITE


Le problème important des jeunes est également la crise de l’autorité. Il concerne particulièrement les jeunes hommes. Cette crise est sans aucun doute liée à de nombreuses tendances de la civilisation contemporaine qui mettent en question chaque autorité, en particulier religieuse et morale. L’une des raisons de la crise est aussi le morcellement de la famille et le manque de relations familiales mûres, notamment avec le père. L’ouverture des jeunes que nous avons déjà mentionnée est parfois la recherche d’un soutien paternel. C’est pourquoi, afin que l’éducation des jeunes soit fructueuse, elle doit être marquée par un caractère paternel. Le dialogue sincère avec les surveillants et les pasteurs pendant les quelques années de l’éducation peut guérir des jeunes de la méfiance envers l’autorité et grâce à cela leur donner une plus grande confiance en eux et en leurs ressources. Le jeune homme doit recevoir une chance d’ « être un bon fils » afin de pouvoir « devenir un bon père », une chance d’ « être un bon élève » afin de pouvoir « devenir un bon professeur ». La question et le drame de nombreux jeunes hommes est la suivante : « Comment peut-on être un bon fils si on a un mauvais père? ».


Le jeune homme peut être convaincu de sa valeur grâce à la confiance d’une personne ayant de l’autorité. Celle-ci peut l’aider à découvrir son énorme potentiel créatif, intellectuel, émotionnel et spirituel, qui marque la jeunesse. Ce potentiel est parfois étouffé par la crainte, la colère, la révolte et une vision fausse de sa valeur. Les conflits dans les relations avec les parents mènent aussi à la méfiance des jeunes envers les adultes, pasteurs et surveillants. Dans le but de surmonter leurs aversions pour la croyance, l’Eglise ou la religion en général, amassées parfois pendant des années, nous, les pasteurs, devons être dignes de foi.


VII. MENACES PAR LE CYNISME


Je voudrais encore porter à votre attention un danger dont nous devons avertir les jeunes, il s’agit du cynisme religieux et moral. A mon avis, celui-ci concerne un petit groupe de jeunes, cependant en raison de sa forte dangerosité, il faut le traiter avec sérieux. Dans le but de montrer que l’attitude cynique est très dangereuse, je vais me rapporter à un fait concret.


En 2007, Mirosław Nahacz, âgé alors de 23 ans, reconnu par le milieu littéraire comme l’écrivain le plus capable de la jeune génération, s’est suicidé. Il est l’auteur de trois livres. Il a écrit son premier récit intitulé Osiem cztery (Huit quatre) à l’âge de 18 ans. Celui-ci lui a ouvert la porte des salons littéraires. En lisant Osiem cztery, je me demandais de quelle façon le jeune garçon, venu d’une campagne située aux pieds des Carpates, a acquis une telle capacité d’écrire. Ce livre possède une belle forme mais son contenu est très triste. Les jeunes héros de Nahacz mènent une vie dissolue, ils parlent vulgairement et jouent avec la mort en expérimentant des drogues.


Ce récit montre le vide, le manque d’idées et le désespoir juvénile : « Il nous est presque tout permis, de penser, de parler et en plus nous ne devons rien ; il ne faut pas avoir peur, d’ailleurs il n’y a pas de quoi ; il n’y a aucune raison ; si quelqu’un veut, il peut devenir un scout ou un enfant de choeur, il trouvera peut- être un sens et des bafouillages similaires mais nous n’en avons en rien besoin. [...] Nous savions également que, malgré tout, nous étions aussi stupides que les autres, que toute notre génération était gâtée, et qu’il n’est pas possible de gagner en bavardant uniquement. Mais nous ne gagneront pas parce qu’il n’y a pas de raison pour se battre. D’ailleurs, c’est mieux puisque maintenant personne n’aurait envie. [...] Non. Il ne s’agissait jamais d’une chose qui nous manquait ou d’une personne qui nous est fait du tort, d’un père alcoolique, ou d’une personne battue à la maison. Souvent, le problème est que la réalité nous paraît illusoirement normale. Nahacz se rend compte que dans sa vie quelque chose ne va pas comme cela devrait, mais il se console en pensant que probablement cela passera ». Malheureusement, cela n’a pas passé.


De telles attitudes de la part des jeunes sont un effet de la civilisation qui popularise un monde sans Dieu. Emmanuel Todd, philosophe français gauchisant, qui décrit, d’une manière froide, sans émotions, « la mort de Dieu dans la culture de l’Ouest », a constaté que les combattants du monde sans Dieu n’ont pas en réalité de bonnes raisons pour jouir. L’homme dépourvu du Créateur ne s’est pas du tout avéré meilleur et la culture humaniste de l’Ouest n’a pas réussi à élaborer un équivalent de la religion qui pourrait devenir le gardien d’une morale personnelle et sociale. Selon Todd, la mort de la religion a donné lieu à une « révolution psychosociale », un évènement beaucoup plus radical que la croissance d’une tendance individualiste. C’est l’essor universel du narcissisme. Maintenant, après avoir liquidé Dieu et la religion dans la culture de l’Ouest, on peut se poser la question suivante : qu’est-ce qui peut obliger un homme à se comporter de façon morale vis-à-vis d’autrui? La réponse : rien. Absolument rien. Un témoignage sur l’existence de valeurs morales et religieuses a manqué au jeune écrivain, une simple aide humaine lui a manqué également. Il est resté seul avec son cynisme amer envers les valeurs religieuses et morales ; malheureusement il n’en est pas débrouillé. La phrase du Livre de Job est significative : « Celui qui souffre a droit à la compassion de son ami, Même quand il abandonnerait la crainte du Tout Puissant » (Job 6:14).


VIII. DEVELOPPEMENT MORAL ET RELIGIEUX


L’unique défense contre le cynisme peut être le développement moral et religieux des jeunes. Aujourd’hui, c’est un des sujets les plus difficiles.


Les comportements moraux et religieux sont le plus souvent, particulièrement à la première étape de l’évolution vers la maturité, le reflet de l’environnement familial dans lequel les jeunes vivent et de l’environnement créé par leurs camarades du même âge. Il serait naïf de croire que les transformations contemporaines des moeurs, la relativisation des valeurs religieuses et morales, en particulier concernant l’amour humain et la sexualité, n’influencent pas les jeunes hommes. Les recherches sociologiques montrent que dans les attitudes morales et les mœurs des jeunes, il existe beaucoup de contradictions. D’une part ils acceptent les relations sexuelles avant le mariage, l’usage de la pornographie, le divorce, de l’autre ils voudraient créer une union conjugale stable et fonder la famille.


Des recherches menées il y a quelques années par l’Atelier de Recherche Sociologique de l’Université de Gdańsk sont assez significatives. A la question: « L’usage de contraceptifs est-il, selon toi, admissible? » 90 % des jeunes répondent - « oui »; 7 % – « c’est difficile à dire » ; seulement 3 % – « non ». A l’autre question: « Les relations sexuelles avec une personne avec qui on a des projets conjugaux sont-elles, d’après toi, admissibles ou non? » 83 % répondent - « oui » ; 12 % – « c’est difficile à dire » ; et 7 % – « non ». A la question : « Regarder des films pornographiques est, selon toi, admissible? » 67 % répondent « oui » ; 20 % – «c’est difficile à dire»; et seulement 13 % – «non».


Si nous prenions en considération uniquement ces questions, l’image morale et religieuse des jeunes semblerait assez pessimiste. Cependant, il existe aussi des questions montrant que les jeunes savent apprécier les valeurs liées avec la vie conjugale et familiale. A la question : « Es-tu d’accord avec l’opinion que le mariage est une forme obsolète de la liaison entre la femme et l’homme ? » plus de 70 % répondent – « je ne suis pas d’accord », et seulement moins de 10 % – « je suis d’accord ». A la question : « Préférerais-tu te marier avec ton futur partenaire à l’église ? » 80 % répondent « oui » ; et seulement 9 % –« non ».


Les contradictions dans les réponses des jeunes participant à l’enquête sont le reflet de la société dans laquelle ils vivent. Etant donné que la société n’est pas cohérente quant aux mœurs et aux comportements moraux, les opinions des jeunes divergent. C’est pourquoi, il faut interpréter très prudemment le fait de se distancer des valeurs et des attitudes morales « traditionnelles » ; il n’est pas permis non plus de l’identifier avec un manque de sensibilité morale et religieuse des adolescents. Jean Paul II, connaissant bien la situation de la jeune génération, met l’accent sur le fait que « les jeunes posent avec acuité des questions fondamentales et inévitables au sujet des valeurs qui peuvent donner un sens à l’existence de l’homme, à la souffrance et à la mort. Beaucoup de jeunes éprouvent et expriment un besoin de croire et d’avoir une vie spirituelle. Aussi ils désirent expérimenter le vide de la prière, ainsi que le retour à une lecture plus personnelle et fidèle de l’Ecriture Sainte ». L’égarement moral des jeunes est le plus souvent l’expression non seulement de leur religiosité superficielle mais surtout d’un mauvais exemple que les adultes leur donnent. Lorsque les parents, les surveillants et les pasteurs exigent des jeunes des comportements moraux qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, les jeunes considèrent leur demande comme un signe d’hypocrisie et d’injustice. Il est difficile de ne pas être d’accord avec eux. Les informations au sujet des scandales sexuels des clercs, diffusées par les médias, ont également une influence sur les attitudes morales et religieuses.


La dissonance, entre les exigences morales et religieuses imposées aux jeunes et l’exemple que les pasteurs et les surveillants donnent pendant leur vie, constitue le plus grand danger pour les attitudes morales et religieuses des jeunes. Beaucoup d’entre eux s’éloignent de la religiosité de leurs parents puisqu’ils ne veulent pas répéter leurs inconséquences morales. Les enfants quittent la foi de leurs parents surtout dans le cas où les opinions et les pratiques religieuses leur étaient imposées dans l’enfance. La période de la croissance s’avère alors être une forme de purgation. Dans les familles où les valeurs religieuses et spirituelles étaient vraiment importantes, elles deviennent habituellement essentielles pour les enfants, même s’ils s’éloignent pendant un temps de celles-ci sous l’influence de leurs camarades ou des médias.


Il reste encore un problème incontestablement important concernant l’expérience de l’amour, la problématique sexuelle, la préparation à la vie familiale, mais ces questions dépassent les cadres de ce travail.


***

« La jeunesse est une forme de «croissance ». (...) Elle correspond à un développement psychophysique complet: c’est la croissance de toutes les énergies nécessaires à la construction de l’individualité humaine. Il faut que cette « croissance » se fasse dans l’intelligence et la grâce. (...) Il faut que la jeunesse soit une « croissance », qu’elle porte en elle une accumulation progressive de tout ce qui est vrai, bon et beau » - lit-on dans la lettre de Jean Paul II aux jeunes (1985).


Józef Augustyn SJ, (né en 1950), docteur d’Etat en théologie pastorale, animateur de recollections jésuites, guide spirituel, pasteur, rédacteur en chef de la revue trimestrielle « Życie Duchowe » (La vie Spirituelle). Il a publié quelques dizaines de livres dans le domaine de la spiritualité et de la pédagogie chrétienne, entre autre: Przewodnik po młodości (Guide sur la jeunesse) ; Integracja seksualna (Intégration sexuelle) ; Ojcostwo (Paternité) ; Celibat (Célibat) ; Jak się modlić. Przewodnik (Comment prier. Guide) ; Sakrament pokuty (Sacrement de pénitence).







Réunion des Secrétaires Nationaux (Dar-es-Salaam)

Apostolat de la Prière (AP) et Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ)
14 au 21 mai 2009, Tanzanie


Note: ce document et les autres documents principaux de cette réunion sont disponibles dans la section AP/Documents de notre site web – www.apostleshipofprayer.net - en anglais et quelques-uns d’entre eux sont également disponibles en français. Si vous êtes en train de lire on-line, vous trouverez des links qui vous porteront à chacun d’entre eux tels qu’ils sont mentionnés. (Vous pouvez trouver quelques textes en français dans la section Documents de notre page française).


Le Centre Spirituel de Mbagala à Dar Es Salam (Tanzanie) fut l’endroit de réunion de 27 Directeurs et membres du personnel AP/MEJ de toute l’Afrique, invités par le Père Claudio Barriga, s.j., Délégué du Père Général. Nous avons représenté 17 pays d’Afrique: Madagascar, Afrique du Sud, Ile Maurice, Mozambique, Angola, Zimbabwe, RD du Congo, Zambie, Burundi, Cameroun, Tanzanie, Ouganda, Soudan, Ethiopie et Kenya. Le Rwanda et le Malawi étaient représentés par les délégués venant respectivement du Burundi et de la Zambie. Nous fumes en tout 14 jésuites, 3 prêtres diocésains, 2 soeurs religieuses et 8 personnes laïques (3 du Congo, 2 de la Zambie, 1 du Kenya et 2 de la Tanzanie). La réunion s’est tenue en anglais et en français, avec des traductions faites sur le champ par Robert Kyungu en français, et par Chris Chatteris en anglais. Les Secrétaires généraux de la réunion furent Charlie Searson, qui a écrit les comptes rendus en anglais, et Guillaume Ndayishimiye, qui l’a fait en français.


C’est la deuxième fois que ce type de réunion avait lieu; la première fois, c’était à Lagos, au Nigeria, en 2002, avec 8 participants, tous jésuites, représentant 7 pays.


Nous avons commencé le premier après-midi par des salutations de bienvenue et par la messe. Après le dîner, nous avons eu le privilège de voir une présentation powerpoint de l’AP et du MEJ conduite par Claudio.


Le lendemain, Claudio a commencé les échanges par une vue d’ensemble mondiale de l’AP et du MEJ comme il a pu le constater lors de ses deux premières années de bureau et après avoir visité 36 pays. L’AP compte environ 40 millions de membres dans plus de 90 pays. Bien qu’il soit florissant dans certains endroits, comme au Brésil, aux Philippines, en Angola, à Madagascar ainsi que dans d’autres pays africains, dans la plus grande partie du monde, l’AP vit un moment de crise et un besoin de renouveau et de formules nouvelles. Aujourd’hui, il y a principalement deux modèles de fonctionnement de l’AP: le modèle Mouvement et le modèle Service. En Afrique, le modèle Mouvement, avec ses groupes paroissiaux et ses uniformes visibles, est encore populaire et important. Le modèle Service est utile lui aussi. Il aide les personnes à aller au-delà d’une spiritualité individuelle vers un sentiment d’Eglise universelle. C’est un service de spiritualité accessible à tous les chrétiens, nous reliant au Saint-Père et à ses préoccupations pastorales. Nous constatons que parmi les jésuites, il n’y a pas beaucoup d’intérêt pour l’AP, celui-ci étant considéré par beaucoup d’entre eux comme « une dévotion de vieille dame ».


Le restant de la journée était consacré à la présentation par chaque pays de ce qu’il avait fait en matière d’AP et/ou de MEJ. La réalité est tout à fait inégale puisque nous avons trouvé d’importants développements de l’AP en Angola, au Congo, en Tanzanie, alors que d’autres pays sont en train de chercher la juste voie pour commencer avec l’AP. Comme pour le MEJ, au Madagascar, au Burundi et en Angola, l’AP est très nombreux et répandu à travers le pays.


Ce soir-là, nous avons vu une vidéo sur le travail de l’AP en RD du Congo.


Le troisième jour fut consacré à la spiritualité de l’AP. Claudio commença par nous parler en détail de l’histoire de l’AP, basée sur un texte écrit par l’un de ses prédécesseurs, John Vessels. Un atelier suivit à cela, cherchant à distinguer les principales caractéristiques de notre spiritualité. Nous avons dressé une liste de 11 éléments, dont les cinq plus importants sont les suivants:


1) L’Eucharistie

2) Le Coeur de Jésus

3) Faire de sa vie quotidienne une prière

4) Relié à l’Eglise

5) L’AP en tant que moyen de voir comment Dieu est actif dans ma journée.

Chacun de ces cinq points a ensuite été travaillé en groupe, afin de formuler une simple explication de notre AP et de la compréhension de l’Afrique sur ce thème.


L’après-midi, Charlie Searson a parlé de l’Eucharistie et du Coeur de Jésus.


Le quatrième jour, nous avons eu un orateur invité, l’évêque Method Kilaini, qui a fait une conférence sur l’Eglise en Afrique et en Tanzanie. Il a donné en une heure un merveilleux résumé de ce qui est arrivé dans beaucoup de pays et en plusieurs années d’histoire, adoptant un point de vue positif et optimiste. En commençant par les trois plus grands courants religieux d’Afrique, c’est-à-dire les religions traditionnelles, l’islam et le christianisme, il nous a parlé de l’éclatant succès de l’évangélisation ces 200 dernières années en Afrique. En l’an 1900, les chrétiens ne constituaient que 9,2% de la population. En l’an 2000, ils étaient 45,59%. D’après l’expérience de l’Eglise primitive en Afrique du Nord, nous avons appris deux leçons, nous a-t-il dit : l’Eglise doit être forte en matière d’unité et d’amour si elle veut survivre. En Egypte, elle n’était pas unie. Les chrétiens ont passé trop de temps à se diviser et ils ont même fait place à l’islam plutôt que de rester unis. Deuxièmement, nous avons appris que le si christianisme doit survivre, il doit devenir africain : se débarrasser de sa veste étrangère et mettre une veste africaine. Comme nous l’avons vu à l’AMECEA, nous devons cuisiner le christianisme dans une marmite africaine ; c’est alors seulement qu’il aura une saveur africaine. L’orateur poursuivit en nous fournissant d’intéressants détails sur les différentes voies d’évangélisation suivies par les trois plus grandes congrégations missionnaires en Afrique. Les Pères du Saint-Esprit, les Missionnaires d’Afrique et les Bénédictins. Aujourd’hui, le rôle de l’Eglise en Afrique peut être décrit selon les cinq points suivants :

1. Donner de l’espoir aux pauvres, aux souffrants et aux affamés.

2. Etre la conscience de l’Afrique face à la corruption.

3. Etre l’organisateur et la voix des paysans pauvres et sans voix dans une Afrique qui est désorganisée.

4. La globalisation dans les mains des médias ; nous devrions avoir un rôle dans les médias et l’utiliser.

5. L’Eglise devrait être promotrice de paix.

Le restant de cette matinée fut consacré à l’étude personnelle d’un document intitulé ‘La Pratique de l’AP’, écrit par Claudio Barriga, s.j.


Le dimanche après-midi, nous avons eu la messe et nous avons eu des échanges avec les groupes du Sacré-Coeur de l’AP local à la paroisse des Saints Martyrs de l’Ouganda. Une belle célébration liturgique en kiswahili, présidée par Emmanuel Mchopa. Des présentations, des échanges fraternels, des danses et un souper suivirent.


Le lundi matin fut consacré à la situation des jeunes dans nos pays, et au Mouvement Eucharistique des Jeunes. Nous avons ensuite entendu les présentations du MEJ dans deux pays où il est très actif et nombreux: l’Angola, caractérisé par sa bonne organisation et sa forte unité avec l’AP, et le Burundi, avec 200.000 membres, un grand producteur de vocations religieuses pour l’Eglise. L’information était complétée par le MEJ au Madagascar, qui est très dynamique et qui compte près de 250.000 membres.


L’après-midi, un autre orateur invité, le Père Victor Messiaen, MA, nous a aidés à discerner le lien avec le prochain Synode des Evêques africains. Le Synode, sous le thème de Réconciliation, Justice et Paix, affrontera les grands défis de l’évangélisation en Afrique. Inculturation, pauvreté, violence, sorcellerie, tribalisme, etc. L’Eglise a grandi en quantité mais pas en qualité. L’Afrique a besoin aujourd’hui d’une inspiration spirituelle, une « théologie sur nos genoux ». Il espère que l’Eglise africaine sera capable de s’approprier les conclusions du Synode, ce qui n’est pas arrivé après le premier Synode.


L’AP souhaite être au service des évêques pour la mise en pratique des directives du Synode.


Le jour suivant commença par un court discours de Claudio sur les racines ignaciennes de l’AP. Nous avons vu que l’inspiration de l’AP émane clairement des Exercices Spirituels. Depuis le Principe et fondement (23) et la Prière Préparatoire (46), jusqu’à la Contemplation pour parvenir à l’amour (234), toute l’expérience des Exercices vise à mener une vie conforme à la volonté de Dieu. La prière d’offrande de l’AP peut s’expliquer comme une synthèse belle et compacte de l’esprit des Exercices, que nous renouvelons quotidiennement. L’AP est une façon de vivre les ES conformément à la 18ème annotation proposée par saint Ignace.


Le restant de la journée fut consacré à nos conclusions générales. C’était l’occasion de mettre sur le tapis quelques thèmes discutés préalablement et de commenter quelques documents que nous avons lus, y compris le communiqué de la réunion de l’AP du Lagos en 2002.


Conclusions:


Nous étions d’accord pour reconnaître qu’une coordination africaine conviendrait à l’AP, ayant peut-être pour mission celle-ci:


• Assister le Père Général Délégué dans toutes les questions AP/MEJ concernant l’Afrique.

• Assurer le suivi de cette réunion.

• Favoriser le travail en réseau parmi nous afin d’échanger l’information.

• Préparer du matériel et le rendre disponible pour les formateurs de nos travaux.

• Favoriser le partage d’expériences entre pays voisins.

• Aider à la promotion de l’AP et du MEJ en Afrique.

• Préparer notre prochaine réunion.


Les noms d’Emmanuel Mchopa (TZ), Rigobert Kyungu (RDC), Charlie Searson (ZAM) et Vivianne Rasoanirina (ETH) ont été suggérés en vue de la formation d’une équipe de coordination, mais nous aimerions qu’elle reçoive un mandat officiel du JESAM - Supérieurs Jésuites pour l’Afrique et Madagascar – pour la coordination africaine de l’AP et du MEJ (au moins en vue du mandat d’un coordinateur jésuite pour ces apostolats).


Nous avons discuté de la prochaine réunion panafricaine de l’AP : doit-elle avoir lieu, où et quand. Nous n’avons pas fixé de date, mais il a été suggéré qu’il serait mieux pour l’Afrique de tenir ces réunions tous les trois ans plutôt que tous les deux ans, étant donné les privations économiques. L’idée que nous puissions aller à Dublin et nous joindre au Congrès Eucharistique de 2012 a été mentionnée, mais d’autres personnes étaient de l’avis que notre réunion doit avoir lieu sur le sol africain et que cela ne devrait pas être la même année que le rassemblement mondial du MEJ. Le groupe s’est quitté en laissant à Claudio la tâche d’évaluer la question et de décider. La décision dépendra de ce qui arrivera dans nos pays en matière d’AP et de MEJ après cette réunion.


Nous avons décidé d’écrire un compte rendu final adressé aux jésuites Provinciaux en Afrique, qui a été rédigé par un comité et approuvé par l’assemblée après les modifications nécessaires.


Autres opinions:


Charlie suggère qu’un comité de travail soit chargé de promouvoir la mise en œuvre des propositions discutées ici. Ce même comité de travail préparerait, si nécessaire, une autre réunion panafricaine et y inviterait le Père Claudio. Au lieu de voir le Père Claudio se charger de l’organisation de ces réunions pour nous, il vaudrait mieux que nous nous organisions nous-mêmes.


Tout ce dont nous avons besoin, peut-être, se résume à une personne de contact dans chaque Province, qui veille à maintenir un contact permanent avec Claudio.


Afonso: Gardons cette question de la coordination bien présente à nos esprits, mais concentrons-nous pour le moment, comme l’évêque nous le disait hier, sur notre population locale sans aller chercher trop haut. Le contact personnel entre pays voisins devrait être suffisant pour le moment présent.


Se servir de structures existantes telles que le JESAM. Y trouver quelqu’un qui effectue ce travail pour nous…


Une chose qui nous aiderait beaucoup serait de disposer de manuels pour les formateurs et pour les jeunes. Pour beaucoup d’entre nous, nous avons besoin d’apprendre comment nous y prendre et, lorsque nous éprouvons des difficultés, d’avoir quelqu’un à qui nous puissions nous référer. Nous avons besoin d’un mode d’échange d’informations et d’idées. Ceci concerne spécialement ceux qui commencent à peine de recevoir l’aide de membres plus expérimentés.


Claudio: conclusion possible:


1. Nous avons besoin d’un mode de partage de l’information

2. Nous pourrions établir des comités de travail pour différentes choses : a. Acte de consécration. b. Directives pour le MEJ et pour d’autres tâches. Le coordinateur devrait aider à la mise sur pied de ces groupes de travail et devrait aussi rester en contact avec Claudio ainsi qu’avec le JESAM pour la coordination jésuite à l’échelle de l’Afrique. Ainsi, plusieurs comités de travail… s’acquittent des tâches qui leur sont confiées puis se dissolvent… ils ne doivent pas être permanents. Nous pourrons nous décider là-dessus dans les prochains jours…


Nous avons ensuite continué à échanger nos idées sur le document «La pratique de l’AP» ; nous avons discuté dans les groupes de la façon de réaliser l’AP ici en Afrique.


Groupe 1: sur le MEJ


a. MEJ au Congo: tentative de commencer le MEJ par les OMI mais il y a eu quelques conflits avec l’AP. Solution : simplement essayer de réconcilier le MEJ avec l’AP avec l’aide du Secrétaire national de l’AP.

b. De nombreux groupes dans l’archidiocèse de Kinshasa. Promouvoir le MEJ dans les différentes écoles jésuites.

c. Nous avons besoin de directives communes pour ceux qui commencent le MEJ. Ceci inclut la formation d’animateurs de sorte que nous ne venions pas à manquer de leaders du MEJ.

d. Nous avons besoin de garder la porte ouverte au Soudan de sorte qu’à l’arrivée des jeunes jésuites, ceux-ci puissent commencer à travailler, avec la coopération des jeunes religieuses qui ont l’expérience du MEJ en Egypte.


Groupe 2:


a. Nous avons parlé des aspects pratiques de l’AP. Nous avons parlé des 9 premiers vendredis et de la consécration de la famille au Sacré Coeur.

a. Adoration du Saint Sacrement. Cette adoration peut être hebdomadaire ou ce peut être une visite de 15 minutes au cours de la nuit.

b. Le MEJ et l’AP peuvent se tenir en liaison par une visite mensuelle.

c. Consécration personnelle une fois par mois.

d. Lors de la fête du Sacré Coeur en juin, et du Christ Roi.

e. Image du Sacré Coeur dans la famille.

f. Une procession avec le Saint Sacrement une fois par an dans une ville, avec une haie d’honneur afin d’aider les gens à penser au Sacré Coeur de Jésus.

g. Nous devrions promouvoir l’idée d’une communion spirituelle pour ceux qui ne peuvent pas recevoir le sacrement.


Groupe 3: à propos du MEJ


a. Nous avons besoin de recevoir l’agrément des Provinciaux pour lancer le MEJ. L’aide des membres de l’AP nous est nécessaire pour la formation des leaders du MEJ.

b. Tous les enfants catholiques devraient être membres du MEJ, en quatre groupes d’âge. Le premier groupe, comportant les degrés de 1 à 4 : brève offrande de la vie au Christ ; la vie des saints ; poser des actes d’offrande pendant la journée… afin de s’apprêter à recevoir Jésus dans la sainte communion et à devenir des apôtres de la famille. Leur donner un signe, une croix ou une médaille qui témoigne de leur appartenance au Sacré-Coeur.

c. Les degrés de 5 à 8, qui comprennent les enfants de 11 à 13 ans : continuent comme avant, assistent à la bénédiction, lisent la Bible, se confessent, sont initiés aux intentions de prière du Pape, à la prière du soir. Seront les apôtres de la famille, mais aussi de leurs compagnons à l’école. Ils pourront faire leur examen de conscience.

d. Les 14 ans: feront tout ce que font les plus jeunes et en plus : participent à l’adoration du jeudi qui précède le premier vendredi et reçoivent un insigne de l’AP. Ils font aussi partie des groupes d’étudiants chrétiens et sont maintenant membres à part entière de l’AP. Ils distribuent chaque mois les intentions de prière de l’AP aux plus jeunes.

e. Les MEJ adultes: ils sont désormais membres de l’AP et deviennent des apôtres de prière de leurs compagnons de travail ou d’études. Que voudrait Jésus dans cette situation. Disposition à être formés comme éducateurs des plus jeunes. Les leaders doivent s’intéresser aux enfants qui sont mis à l’écart ou qui se tiennent à l’écart, ou qui sont handicapés. Chercher des solutions à ces problèmes. Si l’enfant ne va pas à l’école, aider les parents à trouver une solution. Organiser les réunions des MEJ adultes après la messe du dimanche ou du premier vendredi, pour éviter la multiplication des réunions. Toutefois, le jour de la fête du Sacré-Coeur et le jour de la fête du Christ-Roi, il serait bon que la messe les rassemble tous et qu’ils puissent être tous ensemble. Il conviendrait que Le Messager publie des directives et des articles simples à lire à la maison, y compris des blagues et de courtes histoires qui aident à mieux comprendre l’amour du Christ… Nous devons aimer en action: dès qu’un membre du MEJ est malade ou qu’il a un problème, les autres devraient l’aider en lui rendant visite.


Groupe 4:


1. Nous recommandons 4 choses:

a) l’offrande matinale

b) la communion du premier vendredi et le sacrement de la réconciliation

c) l’heure sainte

d) la consécration


L’offrande matinale, la lecture sainte et l’examen: tous les jours.

La réparation : Doit-elle faire partie de l’offrande matinale? Dans certaines offrandes matinales, ce mot est omis. Nous pensons que la réparation a sa place si on la comprend bien. Il s’agit de soigner "une blessure qui a été faite par nos péchés et par les péchés d’autrui. D’ailleurs, ce concept est également présent dans la phrase: "pour le salut du monde". Il ne s’agit pas d’apaiser un Dieu irrité. Nous réparons un monde endommagé et le reconstruisons. Quand nous disons cela en groupe, disons : NOUS t’offrons NOTRE…

2. La dévotion des 9 premiers vendredis ne doit pas être pharisaïque, ni mathématique. Elle est fondée sur la Bible: « Celui qui mange ma chair aura la vie éternelle ».

3. La consécration: Une bonne catéchèse préparatoire est requise avant que le membre n’ose prononcer les mots de la consécration, car il ne s’agit pas d’une simple formule, mais bien d’un choix de vie aimante.

4. L’heure sainte: Evitons le bruit, faisons place au silence. Quatre fois cinq minutes de silence. Consoler Jésus qui souffre est quelque peu sentimental, mais nous pouvons comprendre de manière positive: nous avons touché Jésus dans l’Eucharistie ; maintenant nous pouvons sortir et consoler Jésus dans le pauvre hère assis près du porche de l’église. Consoler Jésus est un comportement qui se défend sur le plan théologique. Quand nous nous souvenons d’un mystère de Jésus, ce mystère se fait présent à nos yeux ici même et en ce moment précis; nous pouvons rencontrer Jésus en ce mystère. Nous pouvons être avec Jésus qui souffre hic et nunc.

Conservons le tintement de la sonnette, l’encens et le voile huméral qui ont leur utilité pour nous rappeler le mystère qui est devant nous.


La lecture divine et l’examen se passent de commentaire.


Groupe 5:


En Zambie il est essentiel que les Pionniers pratiquent les actes de dévotion au Sacré-Coeur. Ils en tirent la force de rester fidèles à leur promesse. De plus, le caractère ouvert de ces pratiques est censé encourager d’autres membres de la communauté chrétienne. Au Zimbabwe il y a de nombreux groupes du Sacré-Coeur, toutefois sans lien avec l’AP. Il est donc important de rappeler aux jésuites l’importance de l’AP. Le Kenya compte une multitude de groupes de jeunes, mais on n’en sait pas plus. L’opportunité d’un suivi est suggérée. En Afrique du Sud les groupes du Sacré-Coeur sont nombreux, mais leur lien avec l’AP n’est pas connu avec précision. Il est suggéré de travailler avec les groupes existants, mais de le faire avec doigté. Tanzanie : au-delà des dévotions, aller à l’action ; donner aux membres des tâches à accomplir. L’importance des groupes familiaux est également à souligner. L’AP est une grande ressource pour l’Eglise, spécialement au niveau des groupes déjà formés.


Angola: Le rapporteur a écrit aux évêques pour leur rappeler que l’AP n’est pas juste un mouvement de prière, mais que cet Apostolat est en fait une Communion. Il leur a également envoyé copie d’une lettre du Pape au Général et a obtenu, en retour, la désignation d’un Directeur diocésain de l’AP. (Le Directeur de l’AP dans chaque diocèse est un prêtre diocésain nommé par son évêque. Le jésuite est le Secrétaire qui assiste ce Directeur dans chaque pays).


Cette grande quantité d’informations sera consignée dans le compte-rendu de la réunion et pourra être traduite en actions selon les besoins particuliers de chaque pays.


Nous avons clôturé nos journées de rencontre par une messe présidée par Son Excellence Mgr Joseph CHENNOTH, Nonce apostolique en Tanzanie, qui nous délivra dans son homélie une parole favorable et encourageante pour notre ministère AP. Dans l’après-midi, nous avons visité la ville toute proche de Bagamayo, ce site important dans l’histoire du commerce des esclaves, et nous avons eu le privilège de pouvoir admirer un magnifique bord de mer.


Evaluation finale au dernier jour après souper:


Outre le formulaire d’évaluation écrite que chacun de nous fut invité à remplir, nous avons tenu une session de commentaires sur nos impressions et sur ce qu’il faudrait améliorer la prochaine fois :

1. Plus de temps pour réfléchir et étudier les documents : agenda trop chargé d’activités. Peut-être pourrions-nous commencer nos activités de l’après-midi un peu plus tard, afin de laisser plus de temps à la réflexion.

2. Quant aux présentations par pays, il faudra rechercher une approche plus créative.

3. La présence du frère Mchopa nous a beaucoup manqué. La prochaine fois, nous aurons besoin d’un chef de gestion qui fasse le travail pratique.

4. Donnez-nous le document de la réunion de Lagos plus tôt, pas à la fin de notre réunion.

5. Consacrons plus de temps au MEJ dans nos travaux : que la représentation de ce mouvement soit plus importante ; comment assurer la formation des jeunes leaders du MEJ et leur apprendre la manière de commencer un MEJ.

6. Prendre meilleur soin des liturgies: nous aurions dû avoir le temps de préparer la messe ensemble; y travailler (10 minutes avant chaque messe).

7. Nous serions arrivés à la réunion mieux préparés si nous avions reçu certains documents à l’avance pour notre étude préalable. Nous n’étions pas préparés à ce que nous allions faire ici.

8. Plusieurs d’entre nous auraient préféré que la réunion eut lieu pendant les vacances scolaires.

9. Pas d’évaluation sérieuse du point où l’AP en est. Pas de réflexion critique ni d’aperçu d’une voie de réalisation en termes africains d’un AP dont il est dit qu’il est en crise ailleurs dans le monde. Nous avons besoin de mener une recherche commune: comment donner à l’AP un visage nouveau.

11. Les exposés des deux conférenciers invités furent excellents.

12. Bonne organisation : bonne coordination des sessions de travail et des contributions … horaires … chanter davantage … plus de temps libre en soirée.

13. Bons travaux de traduction, bien que les deux fussent improvisés. L’un d’entre nous a recommandé de faire appel, si possible, à des traducteurs spécialisés pour ce genre de réunion.

14. Il a été suggéré d’adjoindre au Coordinateur général de la rencontre (Claudio) un secrétaire ou assistant.


Les devoirs de chacun


Qu’allons-nous faire quand nous serons de retour à la maison? Claudio nous demande de lui envoyer dans un délai d’un mois, au plus tard le 20 juin, un plan en 3 ou 4 étapes lui expliquant ce que chacun compte faire pour l’AP et/ou le MEJ dans son pays, par exemple:

1. la visite de séminaires et de maisons de formation,

2. la visite de certaines écoles,

3. l’impression de ce qui doit être imprimé…


Pour finir, nous avons chanté en portugais l’hymne de la Rencontre, qui nous a été appris par Estevão Jardim: Ofereço-vos, o meu Deus… !!!!


Le lendemain, -qui ne faisait plus officiellement partie du programme-, nous avons tous passé la journée sur la belle île de Zanzibar, où nous avons célébré la messe dans la cathédrale, puis visité l’ancien marché aux esclaves, et ensuite nagé quelques brasses et enfin dégusté un excellent déjeuner dans un restaurant sur la plage. La traversée en bateau qui prend une heure entre le continent et Zanzibar avait donné l’occasion d’admirer de beaux paysages, mais des eaux plus agitées accablèrent plusieurs d’entre nous d’un sérieux mal de mer pendant l’étape de retour vers Dar Es Salam.


Et c’est le jour suivant, le 22 mai, que nous sommes mis en route pour rentrer chez nous, le coeur plein de bonheur et de gratitude.


▪ Attention: Si vous voulez trouver le compte rendu complet de notre secrétaire français, le P. Guillaume NDAYISHIMIYE, sj., voyez le site web.


▪ Note: If you wish to see te 35 page long minutes file as written by our English secretary, Charlie Searson, sj., see the website.



Liste des Participants:



Pays/Country Nom/ Name B.P./P.O.Box Téléphone/Phone E-mail
Angola P. JARDIM,
Estevão, sj
Luanda (+ 244)
925 140 867
edonotincludesdonotincludetdonotincludeedonotincludevdonotincludeadonotincludeodonotincludesdonotincludejdonotinclude@donotincludehdonotincludeodonotincludetdonotincludemdonotincludeadonotincludeidonotincludeldonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Burundi P. NDAYISHIMIYE,
Guillaume, sj
B.P. 2130 Bujumbura (+257)
77 780800
79 935342
gdonotincludendonotincludeddonotincludeadonotincludeydonotincludebdonotincludeodonotincludendonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Burundi A. REMESHA,
Désiré
B.P.424 Bujumbura (+257)
77 746007
79 943007
rdonotincludeedonotincludemdonotincludeddonotinclude7donotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Cameroun P. HOUNNOUGBO,
Bernard, sj
Box 5351 Douala-Akwa (+237)
33 422890
74 454237
bdonotincluderdonotincludehdonotincludesdonotincludejdonotinclude@donotincludehdonotincludeodonotincludetdonotincludemdonotincludeadonotincludeidonotincludeldonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Congo (RDC) Mme BONGONGO,
Margo
Av. des Ambassadeurs,
Kinshasa, Gombe
(+243)
818 910863
995 643597
mdonotincludebdonotincludeodonotincludendonotincludegdonotincludeodonotincludendonotincludegdonotincludeodonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Congo (RDC) Mme EKETEBI,
Lydia
B.P. 3064
Kinshasa, Gombe
(+243)
998 238 249
813 684 220
sdonotincluderdonotincludeldonotincludeydonotincludeddonotincludeidonotincludeedonotincludekdonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Congo (RDC) Mr IPUNGU,
Jean-Claude
124 Av.Mongala
Kinshasa, Gombe
(+243)
815 186 815
idonotincludepdonotincludeudonotincludendonotincludegdonotincludeudonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Congo (RDC) P. KYUNGU,
Rigobert, sj
B.P. 3064
Kinshasa, Gombe
(+243)
812 006 595
kdonotincludeydonotincludeudonotincludendonotincludegdonotincludeudonotincludesdonotincludejdonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludefdonotincluderdonotinclude
Ethiopie Sr RASOANIRANA,
Viviane, d.h.m
B.P. 3064
ADDIS ABABA
(+251)
913 088 502
vdonotincludeidonotincludevdonotincludeidonotincludesdonotincludeodonotincludeadonotincludeddonotincludehdonotincludemdonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Kenya Miss MACHARIA,
Agnes W.
Box 1022
00100 Nairobi
(+254)
720210633
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Kenya Sr MACHARIA,
Rose, r.s.m.
Box 14188
Nairobi
(+254)
724144109
cdonotincludeidonotincluderdonotincludeodonotincludendonotincludejdonotincludeadonotinclude@donotincludehdonotincludeodonotincludetdonotincludemdonotincludeadonotincludeidonotincludeldonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Italie (Rome) P. BARRIGA,
Claudio, sj
CP 6915
B.S.Spirito, 4
Roma, Italia
(+39)
06 689 77 211
adonotincludepdonotincludeodonotincluderdonotincludeadonotinclude@donotincludesdonotincludejdonotincludecdonotincludeudonotincluderdonotincludeidonotincludeadonotinclude.donotincludeodonotincluderdonotincludegdonotinclude
Madagascar P.ANDRIANARISOA
Odon, sj
Lot IVG 199
Antaniamena
Antananarivo
(+261)
20 22 23694
0341513891
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Ile Maurice P. BABOORAM,
Steves, sj
Box 96,
Rose-Hill
Mauritius Island
(+230)
454 0112
7291231
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Mozambique P. MUCANE,
Afonso, sj
C.P.1233
Beira
(+258)
82 77 02 452
adonotincludemdonotincludeadonotincludeldonotincludeadonotincludepdonotincludeodonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Afrique du Sud Fr CHATTERIS,
Chris, sj
493 Marshall St,
Belgravia 2094
(+27)
11 618 1390
cdonotinclude.donotincludecdonotincludehdonotincludeadonotincludetdonotincludetdonotincludeedonotincluderdonotincludeidonotincludesdonotinclude@donotincludejdonotincludeedonotincludesdonotincludeudonotincludeidonotincludetdonotincludeidonotincludendonotincludesdonotincludetdonotincludeidonotincludetdonotincludeudonotincludetdonotincludeedonotinclude.donotincludeodonotincluderdonotincludegdonotinclude.donotincludezdonotincludeadonotinclude
Soudan Fr PUTMAN,
Hans, sj
Box 1629,
Khartoum North
(+249)
918 247 036
pdonotincludeudonotincludetdonotincludemdonotincludeadonotincludendonotincludesdonotincludejdonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Tanzanie Mrs FERNANDES,
Balbina E.P.
Box 526
Mtwara
Tanzania
(+255)
713 883 110
hdonotincludeedonotincludendonotincludefdonotincludeldonotincludeodonotincluderdonotincludeadonotinclude@donotincludemdonotincludeadonotincludekdonotincludeodonotincludendonotincludeddonotincludeedonotincludendonotincludeedonotincludetdonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Tanzanie Fr KIHIYO,
Martin
Box 1108
Tanga,
Tanzania
(+255)
783 263 164
Tanzanie Fr MCHOPA,
Emmanuel, sj
Box 63293
Dar es Salaam
(+255)
787 339 257
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Tanzanie Fr MWIPOPO,
Charles
Box 546
IRINGA
Tanzania
(+255)
786 239 327
fdonotincluderdonotinclude.donotincludemdonotincludewdonotincludeidonotincludepdonotincludeodonotincludepdonotincludeodonotinclude@donotincludeydonotincludeadonotincludehdonotincludeodonotincludeodonotinclude.donotincludecdonotincludeodonotincludemdonotinclude
Tanzanie Mr TURUKU,
Martin
Box 11214
Dar-es-Salaam
(+255)
732 163 808
Ouganda Fr UKKEN
George, sj
Box 7300
Kampala
(+256)
755300281
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Zambie Mr HAMPONGO,
Pious
Box 73
Chawama Parish
Lusaka, ZA
(+260)
978 585 692
Zambie Miss PHIRI,
Letesiya
Box 35391
c/o Luwisha House,
Lusaka, ZA
(+260)
977 779 956
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Zambie-Malawi Fr SEARSON,
Charles, sj
Box 35391
Luwisha House,
Lusaka, ZA
(+260)(Mob)
979 413 111
291 606 (land)
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Zimbabwe Fr LANDSBERG,
Konrad, sj
Box ST 194
Southerton,
Harare
(+263)(Mob)
4 756 096
912 317 889 (land)
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Réunion des Secrétaires Nationaux (Dar-es-Salaam)

DAR-ES-SALAAM 14-21 MAI 2009


La réunion des Secrétaires Nationaux de l’Apostolat de la Prière (AP) et Aumôniers du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) en Afrique s’est tenue à Dar-Es-Salaam (Tanzanie) du 14 au 21 Mai de cette année, sous la direction du Père Claudio Barriga, Délégué du Père Général pour l’AP et le MEJ. Sans compter le père Claudio Barriga venu de Rome, la réunion a connu la participation de 26 membres, qui ont représenté 17 pays (Afrique du Sud, Angola, Burundi, Cameroun, Ethiopie, Ile Maurice, Kenya, Madagascar, Mozambique, RD Congo, Soudan, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Le Rwanda et le Malawi ont été respectivement représentés par les délégués du Burundi et de la Zambie). De ces 26 participants, il y avait 13 jésuites, 3 abbés (2 de la Tanzanie et un du Burundi), deux religieuses (une du Kenya et une malgache qui représentait l’Ethiopie), cinq femmes laïques (deux congolaises, une zambienne, une tanzanienne et une kenyane) et trois hommes laïcs (un tanzanien, un zambien et un RD congolais). La délégation RD congolaise était la plus nombreuse (un jésuite, deux dames et un monsieur).


La première réunion du genre a eu lieu à Lagos en 2002. Il n’y avait que 8 pays qui étaient alors représentés. Le père Claudio Barriga, qui occupe son poste depuis deux ans, a déjà parcouru les autres continents, en y organisant aussi des rencontres de ce genre.


Dar-Es-Salaam a été choisie parce que les groupes de dévotion au Sacré-Cœur oeuvrant sous la houlette de l’AP, y sont les plus nombreux.


D’entrée de jeu, le Père Claudio Barriga a fait un aperçu général de l’AP et du MEJ dans le monde entier. En deux ans de service, il a déjà visité 36 pays du monde. L’AP est pratiquement présent dans 87 pays, avec un jésuite à la tête de chaque pays, comme Secrétaire National, souvent épaulé par des aumôniers diocésains, tel que le veut la structure de l’AP. On compte environ 40 millions de membres de l’AP, lorsqu’on considère les personnes qui vivent les pratiques de base de l’AP. Pour le père Barriga, l’AP est à la fois florissant et en crise. Florissant vu l’enthousiasme du début avec le soutien des différents papes dont certains souhaitaient que tous les chrétiens puissent adhérer aux principes de l’AP. En crise parce que, dit-il, « faute de renouveau ». Les temps ont changé et certains considèrent l’AP comme étant indiqué pour des « groupes de dames âgées ». En Afrique, l’AP est plutôt prometteur même s’il n’est connu que dans une minorité de pays (Angola, Madagascar, Tanzanie, Nigeria, RDC…). On y manifeste beaucoup d’intérêt pour l’AP mais il faut davantage d’encadrement. Que ce soit en Afrique ou ailleurs, le père Barriga note deux modèles de fonctionnement de l’AP : le modèle de mouvement (lorsque des groupes se constituent comme étant de l’AP) et le modèle de service (lorsqu’on vit la spiritualité de l’AP sans nécessairement se constituer en groupe). Le père Barriga n’a pas manqué de mentionner qu’au sein de la Compagnie il y a un déclin d’intérêt par rapport à l’AP qui ne semble pas représenter une priorité parmi les ministères jésuites. Il y a un appel à faire connaître ce ministère jésuite notamment aux plus jeunes, dans le cursus de leur formation.


Quant au MEJ, il exprime le renouveau de l’ancienne croisade Eucharistique. Il est né en France en 1962, un peu plus d’un siècle après l’AP. Répondant surtout aux aspirations des jeunes, il est considéré comme une branche de l’AP. Le père Barriga souhaite une coordination mondiale du MEJ, et prévoit une rencontre internationale dans deux ou trois ans. Il considère le Madagascar comme étant le premier pays du monde où le MEJ est bien implanté. En Afrique Centrale, le Burundi a aussi une place de choix.


En cette même première journée, une bonne partie du temps a été consacrée à la présentation des activités de l’AP et du MEJ dans tous les pays représentés. Les diverses publications et les supports audiovisuels ont permis de bien s’imprégner de ce que les uns et les autres font, afin de s’en inspirer mutuellement. Le constat général est que partout ces deux apostolats sont en train de renaître. Qui plus est, beaucoup de Secrétaires sont plutôt nouveaux et avaient besoin d’une pareille rencontre pour se former et s’informer.


A la deuxième journée, le père Barriga a présenté l’historique et la spiritualité de l’AP. Le père Charlie Searson de la Zambie a complété le tableau en parlant de l’Eucharistie et du Sacré-Cœur dans l’AP. La troisième journée, nous avons reçu la visite de Monseigneur Method Kilaini, évêque auxiliaire de Dar-Es-Salaam, qui nous a entretenus sur l’histoire de l’Eglise en Afrique et particulièrement en Tanzanie. Et le père Barriga a encore fait un exposé sur les pratiques de l’AP, à savoir l’offrande, l’Eucharistie, les Premiers vendredis, les 12 promesses, l’heure sainte, l’adoration et la consécration au cœur de Jésus. Ce même jour, nous avons été rencontrer les groupes de l’AP local, dans une paroisse de Dar-Es-Salaam.


La quatrième journée, nous avons fait un parcours analytique sur la jeunesse en Afrique et ce, afin de voir comment l’AP et le MEJ peuvent constituer une réponse à la crise des valeurs que vit la jeunesse. Dans l’après-midi, nous avons reçu le père Victor Missaiens (missionnaire d’Afrique), Directeur du département de Justice et Paix de la Conférence Episcopale de la Tanzanie, qui nous a entretenus sur les enjeux du prochain Synode des évêques pour l’Afrique.


La cinquième journée, le père Claudio a parlé des racines ignatiennes de l’AP. Et, dans l’après-midi, nous avons fait un tour dans la ville de Dar-Es-Salaam, avec un arrêt à la prestigieuse « Loyola School » de la Compagnie de Jésus. La sixième journée a été réservée à des conclusions, ainsi qu’à une célébration eucharistique présidée par le Nonce Apostolique, pour marquer le lien avec le Saint Père, qui est le premier Promoteur de l’AP et du MEJ. Dans l’après-midi nous nous sommes rendus à Bagamoyo, où se trouve la première église catholique de la Tanzanie et de l’Afrique de l’Est. Les missionnaires y sont arrivés en 1868. Nous y avons visité le musée et avons vu des traces de rachat des esclaves par des missionnaires. Et enfin la septième journée, en guise de sabbat, nous avons visité l’île de Zanzibar, un autre site important de l’évangélisation de la Tanzanie. Nous y avons aussi vu le marché des esclaves. Il faut beaucoup de cœur pour relire cette page sombre de l’histoire de notre continent!


Passant par Nairobi sur notre chemin de retour, nous nous sommes inclinés sur les tombes de Jackson et Cikuru, enterrés au Centre Spirituel Mwangaza. Le père Gustave Lobunda fut heureux de nous accompagner pour ce recueillement. C’est ainsi que nous avons conclu notre séjour, en pensant à l’après Dar-Es-Salaam. Nous envisageons des nouveaux départs pour l’AP et le MEJ en RDC. Nous sollicitons déjà le concours de tous nos compagnons, dans leurs différentes œuvres (paroisses, écoles, autres institutions…). Comme il a été écrit dans l’un de nos documents «chaque jésuite devrait se considérer comme étant un promoteur et un collaborateur de l’AP et du MEJ, là où il vit et travaille». Car il s’agit d’un apostolat pontifical confié aux jésuites, qui répond à la soif de la spiritualité de nos contemporains. La troisième rencontre de l’AP et du MEJ en Afrique aura lieu dans deux ou trois ans, dans un pays qui sera ultérieurement choisi par le comité de coordination qui a été mis sur pied.






Braga, centre de formation pour étudiants jésuites

(Témoignage personnel sur l’AP d’un jeune jésuite qui se trouve actuellement à Taïwan, se préparant à être missionnaire en Chine)


Le Père Claudio Barriga, s.j., délégué mondial pour l’Apostolat de la Prière, nous a rendu visite il y a quelques mois, à Braga, dans notre centre de formation pour étudiants jésuites. En tant que jésuite, j’avais déjà entendu parler de l’AP, mais je ne m’étais jamais décidé à approfondir cette proposition spirituelle.


Après cette rencontre, lors de laquelle il nous a expliqué les aspects fondamentaux de cet apostolat si spécial, je fus très touché par ce qui m’est apparu comme une proposition très profonde, exigeante, et en même temps extrêmement simple.


J’ai commencé à faire la prière d’offrande chaque matin. Au réveil, même si je n’utilise pas toujours la formule proposée, je me mets devant Dieu et je lui offre tout ce que je vais vivre et faire en ce jour. J’offre comme l’on offre un cadeau à quelqu’un que l’on aime beaucoup (c’est là un aspect qui m’aide à concrétiser). Pendant de brefs instants, je fais également rappel des intentions de l’Eglise pour ce mois.


Ce que je voudrais partager, c’est ce que j’ai ressenti dès que j’ai commencé ce type de prière et d’attitude. Cela peut paraître incroyable, mais je sens que j’en suis venu à recevoir la grâce de toujours me souvenir de mon offrande. Tout au long de la journée me vient au coeur un grand désir d’offrir les différents moments à Dieu, comme un cadeau qui s’unit aux cadeaux de millions de personnes dans l’Eglise. Le désir missionnaire de transformer le monde en Royaume de Dieu commence par la transformation de son propre coeur. «Change-toi toi-même pour changer le monde», comme l’a dit quelqu’un.


Nous n’offrons pas n’importe quoi aux personnes que nous aimons le plus. Je veux que mon offrande soit quelque chose de vraiment bien. Ainsi ai-je commencé à me rendre compte de l’énorme exigence de ce type de don. Car si j’offre le matin tous les moments de ma journée, je veux qu’ils soient vécus pleinement. Les petites flemmes, les incohérences, les concessions en tout genre, tout comme les moments de courage, de fidélité aux tâches quotidiennes ou l’affection et l’amour envers les autres, tout cela est offert en même temps.


Et, par la grâce de Dieu, surgit en moi le désir d’améliorer mon cadeau, en effectuant de petits pas pour faire de ma vie une offrande plus belle, plus pleine, comme l’offrande de Jésus, qui ne pensait qu’à plaire au Père. Je peux dire que plus qu’une simple intention, la proposition de l’AP apporte une aide très concrète à ma vie, car Dieu lui-même donne corps au don de soi généreux et sincère. Et, tout comme le miracle des pains et des deux poissons, le peu que je suis capable d’offrir est transformé et utilisé par Dieu jusqu’à se convertir en un bien énorme dans ma vie. Le Seigneur ne se laisse pas vaincre en générosité et, chaque nuit, lorsque j’essaie de voir ce qu’il a fait du cadeau que je lui ai offert, je suis surpris et comblé de gratitude. Le bien, aussi petit soit-il, a été donné avec amour, il se multiplie et ouvre les voies d’un don toujours plus grand et plus joyeux. Du moindre bien surgissent des présences inespérées de Dieu, remplies de miséricorde et de nouvelles opportunités.






P. Général et MEJ de France à Rome

Je suis heureux de vous rencontrer ici et d’avoir aujourd’hui l’opportunité de m’adresser à vous.


Vous avez suivi, ou suivez actuellement, une formation du MEJ pour vivre la vie selon le style de Jesus. J’aimerais entendre ce que cette expression représente concrètement pour vous. Qu’est-ce que cela représente pour ceux qui, parmi vous, sont déjà d’anciens mejistes, et souvent depuis de nombreuses années ? Que signifie pour vous vivre aujourd’hui à la manière de Jésus? Sûrement vous pourriez me partager beaucoup de belles expériences.


Peut-être me diriez-vous: Nous avons trouvé une véritable amitié, le sens profond de la vie, et l’occasion d’être vraiment au service des autres. Et ce serait déjà une belle expérience, une expérience qui rend profondément humain. Mais il me semble que vous me diriez plutôt : au MEJ nous avons rencontré le Christ vivant, joyeux, ami ; nous avons fait l’expérience d’un Dieu tout proche. Parce que le MEJ, c’est en premier lieu vivre en connaissant le Christ, vivre avec le Christ, comme le Christ, et même dans le Christ ! Le MEJ est un chemin de formation qui configure notre vie au Christ, qui nous fait devenir comme Lui. C’est l’objectif de la pédagogie du MEJ. Comment est-ce possible ? Les nombreuses activités, rencontres, célébrations, camps, cours, musique, jeux, etc., ont pour but, même si ce n’est pas tout le temps explicite, de faire connaître en profondeur la vie du Christ et de la partager, dans ses diverses dimensions et dans nos diverses réalités.


C’est justement le sens de votre spiritualité Eucharistique. Vous êtes invités à laisser modeler vos vies par l’Eucharistie. Ce sont les paroles du Pape Jean-Paul II lors de sa communication aux responsables mondiaux de l’Apostolat de la Prière en 1985:


Vous devez en outre vous efforcer de former des chrétiens qui soient intérieurement modelés par l’Eucharistie, qui aient la force de s’engager généreusement en mobilisant toutes les dimensions de leur vie dans un esprit de service à l’égard des frères, comme le Corps du Christ offert et son Sang versé.


L’Eucharistie est une source d’inspiration pour la vie. Même si la participation à la Messe, d’une manière régulière, est essentielle pour entrer à notre tour, toujours davantage, dans cette offrande de nos vies, ce qui est le plus important c’est que toute notre vie se laisse entraîner par ce dynamisme eucharistique. L’Eucharistie est pour les mejistes une manière de vivre. En tout, toujours, dans « toutes les dimensions de leur vie », c’est vivre « le service à l’égard des frères ». C’est vivre une vie eucharistique pendant la semaine, alors même que je ne suis pas à l’église. C’est une spiritualité qui nous apprend à accueillir et à remercier le cadeau de la vie, pour la redonner ensuite au service des autres.


Cette manière de vivre n’est que la manière de vivre du Christ. Et l’on trouve tout le sens de la vie du Christ, comme dans un véritable résumé, lors du Dernier Repas. Il révèle par ses gestes et ses paroles la signification dernière de sa vie livrée pour nous.


Une autre citation du Pape, cette fois de Benoit XVI, nous aide à comprendre le sens profond des gestes de l’Eucharistie pour le Christ lui-même:


Qu'est ce qui est en train de se passer? Comment Jésus peut-il donner son Corps et son Sang? Faisant du pain son Corps et du vin son Sang, il anticipe sa mort, il l'accepte au plus profond de lui-même et il la transforme en un acte d'amour. Ce qui de l'extérieur est une violence brutale - la crucifixion -, devient de l'intérieur l'acte d'un amour qui se donne totalement. Telle est la transformation substantielle qui s'est réalisée au Cénacle et qui visait à faire naître un processus de transformations, dont le terme ultime est la transformation du monde jusqu'à ce que Dieu soit tout en tous (cf. 1 Co 15, 28). Depuis toujours, tous les hommes, d'une manière ou d'une autre, attendent dans leur cœur un changement, une transformation du monde. Maintenant se réalise l'acte central de transformation qui est seul en mesure de renouveler vraiment le monde : la violence se transforme en amour et donc la mort en vie. (A la XX JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, Cologne – Marienfeld, 21 août 2005)


En conclusion, vivre une spiritualité eucharistique engage toute la vie du chrétien. C’est le grand défi du MEJ, et de ceux qui prennent au sérieux sa proposition spirituelle. C’est un programme de vie au service de la transformation du monde, qui commence par la transformation des nos cœurs.


Jusqu’ici, je vous ai rappelé quelque chose que vous saviez déjà et qui fait partie de votre bagage spirituel. Mais souvent la question qui se pose à nous est celle que Marie posait à l’Ange: " Comment tout cela est-il possible ? Nous savons quel est l’idéal et le message, mais qui nous aidera à les faire passer dans notre vie?"


La réponse se trouve dans le sacrement lui-même, dans la célébration de l’Eucharistie, dans la capacité liturgique de nos cœurs à lire et à découvrir dans la célébration la réponse du Seigneur à nos questions. Nous savons combien notre vie, parfois, peut devenir compliquée dans la profondeur intime de notre propre personne, et aussi au-dehors, dans notre relation avec les autres. Nous nous laissons empêtrer, troubler, embrouiller dans des conflits de sentiments, d’idées, de préjugés et ainsi de suite. Notre vie est pleine de drame, de bons drames et de méchants drames, douloureux, menaçants. Souvent nous ne savons même pas s’il s’agit d’une comédie ou d’une tragédie.


Eh ! bien, le Seigneur nous guide à travers une autre série de drames, de récits dramatiques comme ceux que nous lisons dans l’Evangile, dans toute la Bible. Il nous explique comment vivre mieux, comment vivre en enfants de Dieu et de son Royaume, par des paraboles, des histoires de miracles, de rencontres, de conflits… et finalement par le drame de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.


La célébration liturgique de l’Eucharistie est un petit drame rituel qui nous aide à situer les drames de notre vie, drames quotidiens et drames extraordinaires, dans la lumière du drame de Jésus. C’est le meilleur pont dont nous disposions pour mettre en lumière nos questions, nos problèmes, nos crises… Cela implique que nous portions réellement nos questions, nos problèmes et nos crises devant l’Eucharistie. S’il n’y a pas de question, il n’y aura pas de réponse. Si nous ne portions pas notre vie devant l’Eucharistie, comment pourrions-nous espérer que l’Eucharistie transforme notre vie ? La célébration est l’arène, le terrain où nos conflits sont résolus, où notre manque de confiance est mis à l’épreuve, où notre foi se heurte à ses challenges et découvre sa force.


Cela signifie que les membres du MEJ doivent être des experts de la célébration de l’Eucharistie, de telle sorte que l’Eucharistie réalise toutes ces choses dont parlent les Papes et qu’elle opère la transformation du monde dont parle le MEJ.


Si nous parlons de l’Eucharistie en tant que transformation du monde, c’est parce que c’est la vérité… Cela signifie que nous devons faire en sorte que cela soit vrai, à commencer par notre propre vie quotidienne, qui est touchée, bénie, transformée dans la mesure où nous laissons le drame de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, son enseignement et son message, venir au contact et toucher nos réalités quotidiennes, nos problèmes et nos questions. Cette transformation quotidienne est la meilleure expression du désir de Dieu de transformer toutes les choses: le pain et le vin, notre vie avec ses pensées et ses émotions; nos familles et nos relations; nos groupes sociaux et notre environnement. Le pain de l’Eucharistie est le même que le pain du pauvre, que le pain de notre vie et il est fait de ce blé que les humbles ont semé et récolté. Le vin de l’Eucharistie vient des grappes de la vigne qui ont été entretenues et pressées pour livrer leur saveur, la saveur de notre vie qui est destinée à être offerte dans le vignoble de notre Seigneur à tous.


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