Prayer and Service
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Prier avec l'Eglise pendant 2012
COMMENTAIRES AUX INTENTIONS 2012
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Editorial

Chers amis et amies,

L’année 2011 est un temps fort et important face à l’enjeu de renouveler ou récréer l’Apostolat de la Prière. Un processus participatif de consultation a été mis en place et beaucoup parmi vous ont déjà envoyé leurs contributions, tout en cherchant ensemble la manière la plus adéquate et actualisée de partager aujourd’hui notre trésor spirituel. Cette année compte aussi trois importantes réunions de l’AP/MEJ, qui nous donnent l’occasion d’approfondir notre thème de la « recréation », chacune au niveau de l’un des trois continents, d’Afrique (ici dans la photo), d’Europe et d’Asie.
Pendant ce temps, la mission continue. Nous voyons que le Saint-Père continue à nous inviter chaque mois à collaborer avec lui dans la diffusion de ses intentions de prière. Voici les commentaires aux intentions du Pape pour 2012, cette fois préparés par des spécialistes en chaque question, qui ont collaboré généreusement. Je suis sûr qu’ils vous aideront et seront utiles pour le peuple de Dieu.
Que le Seigneur bénisse vos efforts pour aider nos amis de l’AP à mieux comprendre les défis que le Pape nous pose chaque mois à travers ces intentions, ouvrant nos horizons aux dimensions du monde.

P. Claudio Barriga, S.J.


Holy Father's Intentions
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INTENTION GENERAL - JANVIER


Les victimes des catastrophes naturelles

Pour que les victimes des catastrophes naturelles reçoivent le soutien spirituel et matériel nécessaire afin de reconstruire leur vie.


La «Grande Ile» n’a pas été épargnée cette année par des calamités naturelles. Des cyclones ont détruit de nombreuses habitations, des ponts et des routes, et les rizières et les troupeaux ont subi de graves dommages. Des personnes sont mortes, d’autres ont été blessées et d’autres encore ont perdu leurs biens. Je voudrais assurer l’ensemble du peuple malgache de ma proximité dans le souci et la prière. Que Dieu, dans sa bonté, ait pitié de son peuple et entende la voix de ceux qui l’appellent (cf. Ps 5, 3) et implorent son secours! Et avec le psalmiste je dis: «Lève-toi, Seigneur! Dieu, étends la main! N’oublie pas le pauvre!» (Ps. 9b, 12). Dans ce contexte, il est heureux que le Prix de la Fondation saint Matthieu en mémoire du Cardinal François-Xavier Van Thuân, Solidarité et Développement 2008, ait été concédé, le 13 novembre dernier à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,au projet AKAMASOA de maisonnettes destinées aux sans-abris d’Antananarivo.


BENOÎT XVI
DISCOURS À S.E. M. RAJAONARIVONY NARISOA,
NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR
PRÈS LE SAINT-SIÈGE
18 décembre 2008


© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana



* * *



A l’occasion du premier anniversaire du terrible tremblement de terre qui a endeuillé votre Pays, je suis uni à vous tous, chers Haïtiens, pour vous assurer de ma prière, particulièrement pour ceux qui sont morts.

Je désire également vous donner une parole d’espérance dans les circonstances présentes particulièrement difficiles. En effet, il est temps de reconstruire maintenant, non seulement les structures matérielles mais surtout la cohabitation civile, sociale et religieuse. Je souhaite que le Peuple haïtien soit le premier protagoniste de son histoire actuelle et de son avenir, comptant aussi sur l’aide internationale, qui a déjà donné des signes de grande générosité à travers une aide économique et par des volontaires venus de tous les pays.

Je suis présent à travers Son Eminence le Cardinal Robert Sarah, Président du Conseil Pontifical Cor Unum. Il vous porte, par sa présence et sa voix, mon encouragement et mon affection. Je vous confie à l’intercession de Notre Dame du Perpétuel Secours, Patronne d’Haïti, qui, je suis sûr, du haut du ciel, ne demeure pas indifférente à vos prières. Que Dieu bénisse tous les Haïtiens!


BENOÎT XVI
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
POUR LE PREMIER ANNIVERSAIRE DU TREMBLEMENT DE TERRE EN HAÏTI
5 janvier 2011


© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana




* * *


A l'issue de l'Angelus


Ma pensée se tourne, en ce moment, vers les populations du Pacifique et du Sud-Est asiatique, touchées ces derniers jours par de violentes catastrophes naturelles: un tsunami dans les îles Samoa et Tonga; un typhon aux Philippines, qui a ensuite touché le Viêtnam, le Laos et le Cambodge; un tremblement de terre dévastateur en Indonésie. Ces catastrophes ont provoqué de graves pertes de vies humaines, de nombreux disparus et sans abris, et des dommages matériels considérables. Je pense par ailleurs à tous ceux qui souffrent à cause des inondations en Sicile, spécialement dans la région de Messine. J'invite tous les fidèles à s'unir à moi dans la prière pour les victimes et leurs proches. Je suis spirituellement proche des réfugiés et de toutes les personnes éprouvées, implorant de Dieu le réconfort dans leur peine. Je lance un appel pour que notre solidarité et le soutien de la communauté internationale ne manque pas à nos frères et sœurs.


BENOÎT XVI
ANGELUS
4 octobre 2009


© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana




COMMENTAIRE PASTORAL


Jamais jusqu’alors n’avons-nous vu survenir un désastre naturel si près de nous que lors du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le Japon en mars 2011. Les images ont inondé le monde par la télévision, par les journaux et surtout par internet, où l’on peut encore les voir aujourd’hui. En dehors de la zone d’un désastre, la mémoire est courte: après une semaine, deux semaines au maximum, l’intérêt se perd. Toutefois, dans la zone elle-même, le souvenir peut se maintenir jusqu’au demi-siècle, sinon plus, spécialement parmi ceux qui ont tout perdu.

N’oubliez pas. N’oubliez jamais. Vous avez peut-être été frappé par une image ou deux, comme celle de l’homme sur le viaduc. L’eau s’engouffre dans la rue en dessous, une eau noire charriant des débris. Le niveau monte vite. Des embarcations apparaissent, à flot dans le courant. L’homme regarde en bas, curieux, surpris, puis il se précipite de l’autre côté pour y voir l’eau qui poursuit sa tranchée de destruction et après il revient sur ses pas jusqu’à ce qu’il réalise, comme cela venait d’être le cas d’un automobiliste près de lui quelques secondes auparavant, qu’il pourrait être en danger sur le viaduc. Alors, il s’échappe en courant… Est-ce qu’il s’en est sorti sain et sauf ?

Nous appelons la nature une mère, mais c’est une mère inconstante, volage. Les arbres donnent leurs fruits, les champs font pousser le grain, le riz, les pommes de terre; et les fleurs éclairent le jour de leurs coloris innombrables, si… si le soleil brille, s’il pleut au bon moment et juste ce qu’il faut, si le sol reste stable et que la mer ne sort pas de son lit. Ne parlons pas des autres créatures avec lesquelles nous partageons cette planète pour le meilleur et pour le pire, qu’il s’agisse d’animaux domestiques, de sauterelles ravageuses ou d’éléphants. L’homme sur le viaduc: que savait-il de mère nature ? Il semblait lui faire confiance. Il n’avait certainement pas vu venir le coup, la furie, le doux visage devenu démoniaque.

N’oubliez pas. N’oubliez jamais… Mais ne devons-nous pas continuer à vivre, et passer l’éponge sur le passé ? Certes, mais sans oublier ce que nous avons vu ce jour-là. Si vous voulez, appelons cela une révélation, une chose normalement cachée au fin fond de notre cœur. D’un instant à l’autre, il est devenu évident que nous n’avons pas sur cette terre une place indéfinie et que les précautions maternelles de la nature, justement, ont leurs limites inexplorées, imprévisibles. Même ceux qui nous ont avertis du tsunami ne se sont pas échappés de suite et se sont rapidement retrouvés dépassés par les événements. L’homme du viaduc, c’est peut-être n’importe lequel d’entre nous quand la nature redevient sauvage.

Nous pouvons appeler la nature une mère, au sens figuré. Nous avons également un Père, créateur du ciel et de la terre, littéralement, et c’est à Lui que nous pouvons en toute sécurité nous adresser dans la prière. Aura-t-il prié, l’homme du viaduc ? Le tsunami, de combien de miracles aura-t-il été l’occasion ? Probablement en plus grand nombre que nous ne le pensons, mais certainement en plus petit nombre que nous ne l’aurions souhaité. Compte tenu de la rareté des miracles, c’est pour le réconfort des victimes qu’il vaut mieux prier. Le réconfort est plus important que les miracles, parce qu’il aide les victimes des désastres naturels au long des jours, des semaines et des années, bien après que le reste du monde ait oublié leur malheur.

N’oubliez pas. N’oubliez jamais. Vous pourriez être l’homme du viaduc, un jour. Mère nature nous encorde tous ensemble pour le meilleur et pour le pire. Ceci dit, c’est en Dieu le Père que nous pouvons placer complètement notre confiance, aussi faibles et vulnérables que nous soyons, et c’est devant Lui que nous pouvons poser nos besoins, leurs besoins, les besoins des victimes des désastres naturels.

( Nous n’avons pas pu retrouver la video originale dont il est ici question, mais une partie de ce document peut être visualisé sur http://www.youtube.com/watch?v=zY2HPT7obWE&feature=relmfu )



Marc Lindeijer, s.j.
Travaux de la Curie générale des jésuites pour les causes des jésuites saints





QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
ET EN GROUPE

1. Est-ce que je me tiens au courant de l’information sur les désastres naturels qui accablent d’autres endroits du monde ? De quelle manière suis-je affecté et incité à faire quelque chose pour les personnes sinistrées ?

2. Les désastres naturels et la souffrance qu’ils provoquent peuvent-ils être considérés comme un châtiment divin? Comment faut-il les interpréter d’un point de vue chrétien ?

3. Comment pouvons-nous mieux nous organiser en tant que communauté chrétienne pour offrir en réponse une aide effective aux sinistrés ?



TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

• Jr 14,17-22 Le malheur de mon peuple

• Ap 21,1-4 La nouvelle Jérusalem

• Jn 9,1-3 Ni lui ni ses parents n’ont péché



INTENTION MISSIONNAIRE

Pour que l’engagement des chrétiens en faveur de la paix soit l’occasion de témoigner du nom du Christ à tous les hommes de bonne volonté.


L’engagement des chrétiens pour la paix

Depuis trop longtemps les conflits, les guerres, la violence et le terrorisme perdurent au Moyen-Orient. La paix, qui est don de Dieu, est aussi le résultat des efforts des hommes de bonne volonté, des institutions nationales et internationales, en particulier des Etats les plus engagés dans la recherche d'une solution aux conflits. Il ne faut jamais se résigner au manque de paix. La paix est possible. La paix est urgente. La paix est la condition indispensable pour une vie digne de la personne humaine et de la société. La paix est également le meilleur remède pour éviter l'émigration du Moyen-Orient. «Appelez la paix sur Jérusalem» nous dit le Psaume (112, 6). Prions pour la paix en Terre Sainte. Prions pour la paix au Moyen-Orient, en nous engageant afin qu'un tel don de Dieu offert aux hommes de bonne volonté se répande dans le monde entier.

Une autre contribution que les chrétiens peuvent apporter à la société est la promotion d'une authentique liberté religieuse et de conscience, un des droits fondamentaux de la personne humaine que tout Etat devrait toujours respecter. Dans de nombreux Pays du Moyen-Orient, la liberté de culte existe, alors que l'espace de la liberté religieuse est souvent très limité. Elargir cet espace de liberté devient un besoin afin de garantir, à tous ceux qui appartiennent aux différentes communautés religieuses, la véritable liberté de vivre et de professer leur propre foi. Un tel argument pourrait faire l'objet d'un dialogue entre les chrétiens et les musulmans, un dialogue dont l'urgence et l'utilité ont été réaffirmées par les Pères synodaux.


BENOÎT XVI
HOMÉLIE CHAPELLE PAPALE EN CONCLUSION
DE L'ASSEMBLÉE SPÉCIALE DU SYNODE DES ÉVÊQUES
POUR LE MOYEN ORIENT
24 octobre 2010


© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



* * *


10. En un mundo globalizado, caracterizado por sociedades cada vez más multiétnicas y multiconfesionales, las grandes religiones pueden constituir un importante factor de unidad y de paz para la familia humana. Sobre la base de las respectivas convicciones religiosas y de la búsqueda racional del bien común, sus seguidores están llamados a vivir con responsabilidad su propio compromiso en un contexto de libertad religiosa. En las diversas culturas religiosas, a la vez que se debe rechazar todo aquello que va contra la dignidad del hombre y la mujer, se ha de tener en cuenta lo que resulta positivo para la convivencia civil.

El espacio público, que la comunidad internacional pone a disposición de las religiones y su propuesta de “vida buena”, favorece el surgir de un criterio compartido de verdad y de bien, y de un consenso moral, fundamentales para una convivencia justa y pacífica. Los líderes de las grandes religiones, por su papel, su influencia y su autoridad en las propias comunidades, son los primeros en ser llamados a vivir en el respeto recíproco y en el diálogo.

Los cristianos, por su parte, están llamados por la misma fe en Dios, Padre del Señor Jesucristo, a vivir como hermanos que se encuentran en la Iglesia y colaboran en la edificación de un mundo en el que las personas y los pueblos «no harán daño ni estrago […], porque está lleno el país de la ciencia del Señor, como las aguas colman el mar» (Is 11, 9).

[…]

La libertad religiosa en el mundo

14. Por último, me dirijo a las comunidades cristianas que sufren persecuciones, discriminaciones, actos de violencia e intolerancia, en particular en Asia, en África, en Oriente Medio y especialmente en Tierra Santa, lugar elegido y bendecido por Dios. A la vez que les renuevo mi afecto paterno y les aseguro mi oración, pido a todos los responsables que actúen prontamente para poner fin a todo atropello contra los cristianos que viven en esas regiones. Que los discípulos de Cristo no se desanimen ante las adversidades actuales, porque el testimonio del Evangelio es y será siempre un signo de contradicción.

Meditemos en nuestro corazón las palabras del Señor Jesús: «Dichosos los que lloran, porque ellos serán consolados. Dichosos los que tienen hambre y sed de la justicia, porque ellos quedarán saciados […]. Dichosos vosotros cuando os insulten y os persigan y os calumnien de cualquier modo por mi causa. Estad alegres y contentos, porque vuestra recompensa será grande en el cielo» (Mt 5, 5-12). Renovemos, pues, «el compromiso de indulgencia y de perdón que hemos adquirido, y que invocamos en el Pater Noster, al poner nosotros mismos la condición y la medida de la misericordia que deseamos obtener: “Y perdónanos nuestras deudas, así como nosotros perdonamos a nuestros deudores” (Mt 6, 12)».[17] La violencia no se vence con la violencia. Que nuestro grito de dolor vaya siempre acompañado por la fe, la esperanza y el testimonio del amor de Dios. Expreso también mi deseo de que en Occidente, especialmente en Europa, cesen la hostilidad y los prejuicios contra los cristianos, por el simple hecho de que intentan orientar su vida en coherencia con los valores y principios contenidos en el Evangelio. Que Europa sepa más bien reconciliarse con sus propias raíces cristianas, que son fundamentales para comprender el papel que ha tenido, que tiene y que quiere tener en la historia; de esta manera, sabrá experimentar la justicia, la concordia y la paz, cultivando un sincero diálogo con todos los pueblos.


BENOÎT XVI
MENSAJE PARA LA CELEBRACIÓN DE LA
XLIV JORNADA MUNDIAL DE LA PAZ
8 de diciembre de 2010


© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana




COMMENTAIRE PASTORAL

Un espoir et un appel à l’engagement à oeuvrer à la paix et à la réconciliation

Le monde ne cesse de nos jours d’être déchiré par la haine, les dictatures et les conflits violents. Nous baignons dans un climat d’impuissance et de désespoir et nous demandons si une vraie paix serait tout simplement possible. Tout est conflictuel autour de nous, les familles qui se séparent, les sociétés divisées, l’environnement qui se dégrade. Le Christ a vécu les mêmes situations accablantes de divisions et de haine dans la société juive entre les pauvres et les riches, les colonisateurs romains et la communauté juive, les ‘justes’ et les ‘pécheurs’, les samaritains et les autres de la communauté juive, les saducéens et les pharisiens, les juifs et les gentils, les esclaves et les hommes libres. Il semblait que même sa mission ne réussirait à rien changer dans la société. C’est pourtant dans la mort et la résurrection du Christ que se trouvent notre victoire ainsi qu’un message grandiose d’ardente espérance. Le Père, « en sa grande miséricorde, nous a fait renaître pour une vivante espérance par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts pour un héritage incorruptible » (1 P 1,3). Nous ne devrons pas garder cette espérance par-devers nous; nous devrons la porter aux autres.

Les disciples sur le chemin d’Emmaüs en étaient venus à désespérer. La seule personne en qui ils avaient placé leurs espoirs était morte, d’une mort honteuse. Alors, quand Jésus apparaît et marche avec eux, le chemin d’Emmaüs devient un moment de révélation et de foi. La désespérance se transforme en espérance, et l’impuissance devient un engagement total. Plus réconfortant encore est le fait qu’ils reconnaissent Jésus dans le partage du pain, dans l’Eucharistie. Plus tard aussi, la Pentecôte leur apportera la complétude et le courage d’être des chrétiens prophétiques, vigilants et engagés.

De même sommes-nous appelés à modifier les situations de conflit et d’injustice où nous vivons, en étant à notre tour prophétiques, vigilants et engagés au service de la foi et de la justice. Nous serons ainsi les témoins du Christ, Prince de la Paix. Etre prophétique, c’est être présent au peuple de Dieu, le guidant sur le chemin de la paix, de la réconciliation et de la justice. Etre vigilant, consiste à cultiver la capacité d’être proactif, de ne pas nous contenter de lire les signes du temps, mais d’anticiper ces signes en nous mettant immédiatement au service d’actions qui auront ultérieurement un impact positif sur la transformation sociale. Le chrétien engagé est celui ou celle qui, confiant en la divine providence, participe aux divers processus qui recherchent la plénitude de la vie (Jn 10,10) pour chaque personne en quelque domaine que ce soit: politique, économique, agricole, commercial ou technologique. Notre foi est une foi qui apporte une espérance liée au changement en mieux et à la réalisation du Royaume de Dieu sur la terre.


Elias Omondi Opongo, s.j.
Jésuite du Kenya, en cours d’études de doctorat au Royaume-Uni







INTENTION GENERAL - FEVRIER


L’accès à l’eau courante

Pour que tous les peuples aient plein accès à l’eau et aux ressources nécessaires à leur subsistance quotidienne.


À Monsieur JACQUES DIOUF
Directeur général de l’Organisation des Nations unies
pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO)


[…]

Dans le cadre de la décennie 2005/2015, que l’Assemblée générale de l’ONU a déclaré Décennie internationale d’Action : L’eau, source de vie, le thème de cette année - Faire face à la pénurie d’eau - nous offre l’occasion de réfléchir sur l’importance de l’eau comme source de vie, dont l’usage est nécessaire pour les cycles vitaux de la terre et fondamentale pour une existence pleinement humaine.

Nous sommes tous conscients de la difficulté d’atteindre à l’échelle mondiale l’objectif, que la communauté internationale s’est fixé, de réduire de moitié, à l’horizon 2015, la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable et aux services d’assainissement de base grâce notamment au développement de plans intégrés de gestion et d’utilisation efficace des ressources en eau. Nous sommes également tous convaincus de l’importance de ne pas trahir de tels objectifs, étant donné le caractère primordial que l’eau revêt quel que soit le processus mis en œuvre pour favoriser la promotion d’un développement humain intégral. Du reste, des investissements bien choisis dans le secteur de l’eau et de l’assainissement constituent un mécanisme non négligeable d’accélération de la croissance économique et du développement durable, d’amélioration de la santé et de l’hygiène humaine, d’éradication de la pauvreté et de lutte contre la dégradation de l’environnement.

L’eau, bien commun de la famille humaine, constitue un élément essentiel pour la vie; la gestion de cette ressource précieuse doit être telle qu’il en soit permis un accès à tous, surtout à ceux qui vivent dans des conditions de pauvreté, en garantissant la viabilité de la planète pour la génération présente comme pour les générations futures.

L’accès à l’eau compte en effet parmi les droits inaliénables de tout être humain, puisqu’il représente un pré-requit pour la réalisation d’une grande partie des autres droits humains, comme le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé. Pour cette raison, l’eau «ne peut pas être traitée comme une simple marchandise parmi tant d’autres et son usage doit être rationnel et solidaire (...) Le droit à l’eau, comme tous les droits de l’homme, se base sur la dignité humaine et non pas sur des évaluations de type purement quantitatif, qui ne considèrent l’eau que comme un bien économique. Sans eau, la vie est menacée. Le droit à l’eau est donc un droit universel et inaliénable» (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 485). La Journée mondiale de l’eau représente une occasion précieuse de pousser la communauté internationale à déterminer des voies efficaces qui permettent à ce droit humain fondamental d’être promu, protégé et rendu effectif.

En ce sens, la gestion durable de l’eau devient un défi socio-économique, environnemental et éthique, qui concerne non seulement les institutions, mais la société tout entière. Ce défi doit être affronté selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire à travers l’adoption d’une approche avec la participation de tous, impliquant non seulement le secteur privé mais aussi et avant tout les communautés locales; le principe de la solidarité, pilier fondamental de la coopération internationale qui exige une attention prioritaire envers les pauvres; le principe de la responsabilité à l’égard des générations présentes et futures, ce qui implique la nécessité de réexaminer les modèles de consommation et de production souvent non durables quant à l’utilisation des ressources hydriques.

C’est là une responsabilité qui doit être partagée par tous et élevée au rang d’impératif moral et politique dans un monde qui dispose de niveaux de connaissances et de technologies capables de mettre fin aux situations de pénurie d’eau et à leurs conséquences dramatiques, qui concernent surtout les régions aux revenus les plus bas, dans lesquelles l’accès à l’eau peut souvent entraîner de véritables conflits, alors qu’elle peut devenir un motif de coopération inter régionale, là où est valorisée une approche à long terme, fondée sur l’interdépendance hydrologique qui associe les usagers de l’eau de pays voisins au sein d’un système partagé.

Ce sont tous ces aspects, Monsieur le Directeur général, qui sollicitent non seulement la responsabilité des gouvernants et des hommes politiques, mais qui interpellent chacun. Nous sommes tous appelés à modifier nos modes de vie, par un effort éducatif capable de redonner à ce bien commun de l’humanité la valeur et le respect qu’il mérite dans notre société.


BENOÎT XVI
MESSAGE SIGNÉ PAR LE CARDINAL TARCISIO BERTONE,
AU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FAO
À L'OCCASION DE LA CÉLÉBRATION
DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU
22 mars 2007


© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



Voir aussi:

  • CONVEGNO GREENACCORD "DAMMI DA BERE". MESSAGGIO DAL VATICANO: "L'ACQUA NON E' UNA MERCE" - Il saluto del segretario del Pontificio Consiglio della Giustizia e della Pace, mons. Mario Toso - 9 July 2006



  • COMMENTAIRE PASTORAL


    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre soeur l’Eau,
    qui est si utile et si modeste,
    précieuse et si pure !
    (Saint François d’Assise: Cantique du Soleil)


    En 2010, l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu l’accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme « un droit fondamental essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Sans eau, aucun être humain ne saurait survivre plus de quelques jours. Le défaut d’accès à l’eau potable, salubre et propre tue chaque année plus d’enfants que le SIDA, la malaria et la rougeole additionnés, tandis que le manque de services d’assainissement de base affecte 40 p. cent de la population mondiale. www.un.org/News/fr-press/docs/2010/AG10967

    Le défi posé par l’accès à l’eau potable salubre et propre ne se pose pas seulement aux pays en développement. Dans nombre de pays industrialisés, l’eau potable devient chère quand les sources publiques de l’eau sont cédées par le gouvernement aux grandes compagnies, qui vendent alors cette eau pour en tirer bénéfice, en la soumettant donc aux forces du marché. La mise en bouteille de l’eau ne fait qu’ajouter une énorme quantité de bouteilles en plastique aux sites d’enfouissement des déchets, où elles prennent jusqu’à mille ans pour se dégrader.

    Préoccupé par l’état des choses, le pape Benoît XVI, dans un discours prononcé à l’Exposition mondiale de Saragosse (Espagne) en 2008, a dit que le droit d’accès à l’eau potable « est fondé sur la dignité de la personne humaine; dans cette perspective, il est nécessaire d’examiner attentivement l’approche de ceux qui considèrent et qui traitent l’eau comme un simple produit économique. Son emploi doit être rationnel et d’un grand secours, résultat d’une synergie équilibrée entre les secteurs public et privé. »

    L’usage indirect de l’eau pour la production alimentaire suscite de sérieuses interrogations sur le style de vie qui prévaut dans les pays industrialisés. Il faut en moyenne globale 16.000 litres d’eau pour produire 1 kilo de bœuf. Pour la production d’une tasse de café, il faut compter en moyenne 140 litres d’eau. Nous sommes bien conscients du fait que les habitants des pays en développement consomment moins d’eau, mais nous devrions aussi faire entrer en ligne de compte que plus un pays est développé, plus il tend à ‘importer’ sa consommation d’eau au dépens des autres pays. C’est ainsi, par exemple, que beaucoup de fleurs vendues sur les marchés européens viennent du Kenya, où cette production draine les ressources locales d’eau, tandis que les européens peuvent continuer à ‘nager’. Autre exemple : 65 p.cent de l’eau consommée au Japon vient de l’extérieur sous forme de riz, de viande et d’autres biens et services. http://www.empreinte-de-l-eau.org/

    En principe, un simple changement d’attitude peut nous motiver à épargner de l’eau chaque jour. Il faut respecter et apprécier l’eau et tenir présent à l’esprit que l’eau est un don de Dieu qui ne doit pas être gaspillé. A la maison, nous pouvons manifester ce respect chaque fois que nous fermons le robinet pendant que nous nous brossons les dents, chaque fois que nous prenons une douche au lieu d’un bain, chaque fois que nous réparons un robinet qui coule, chaque fois que nous choisissons un plat de légumes plutôt qu’un plat de viande. Une fois sortis de la maison, nous pouvons nous rendre compte des problèmes que pose l’eau en bouteille, l’acheter auprès de sociétés locales de préférence aux compagnies multinationales, si l’eau du robinet n’est pas bonne à boire, et nous impliquer dans des campagnes locales ou nationales contre la privatisation de l’eau. Cette année, nous sommes invités à prier pour le succès du 6e Forum mondial de l’eau, du 12 au 17 mars 2012 à Marseille (France) (www.worldwaterforum6.org) et à organiser un service de prière pour la Journée mondiale de l’eau, du 22 mars.

    « Le problème de l’eau est vraiment un problème du droit à la vie. » (Délégation du Saint-Siège au 4e Forum mondial de l’eau, Mexico, 2006)


    Uta Sievers
    Réseaux d’appui & Communication
    Secrétariat pour la justice sociale et l’écologie (SJSE)
    Curie générale de la Société de Jésus



    D’autre matériel:


    - Water photos on National Geographic: http://environment.nationalgeographic.com/freshwater/photos/

    - JPIC Water booklet – See/Judge/Act plus prayer service, 2003: http://www.ofm-jpic.org/aqua/index.html#english

    - Reflection by Robin Koning SJ, 2004: http://www.faithdoingjustice.com.au/docs/WaterOfLifeReflection.pdf

    - Vatican Mexico statement, 2006:
    http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060322_mexico-water_en.html

    - Pope Zaragoza statement, 2008: http://www.catholicculture.org/culture/library/view.cfm?recnum=8628

    - World Water Forums:

    - http://www.worldwaterforum5.org/ (Istanbul 2009)

    - http://www.worldwaterforum.org/ (Marseille 2012)

    - Seven Weeks for Water (WCC), Lent 2011: http://www.oikoumene.org/en/activities/ewn-home/resources-and-links/seven-weeks-for-water.html

    - Italian water campaign, 2011: http://www.adistaonline.it/index.php?op=articolo&id=49446

    - Water Footprint: http://www.waterfootprint.org/

    - Right to water: http://www.righttowater.info/




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Par quelles pratiques concrètes est-ce que je m’efforce de prendre soin de l’eau que je consomme chaque jour et de la mettre en valeur?

    2. Comment pouvons-nous participer aux campagnes et autres activités qui tendent à transformer en réalité l’intention de prière du Pape ce mois-ci : « Pour que tous les peuples aient plein accès à l’eau et aux ressources nécessaires à leur subsistance quotidienne ».

    3. Jésus est-il une eau vive qui étanche ma soif ? Comment ?



    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Ez 47,1-12 La vision de l’eau qui sort du Temple

    • Jn 4,7-14 L’eau vive offerte à la Samaritaine

    • Jn 7,37-39 La promesse de l’eau vive



    INTENTION MISSIONNAIRE - FEVRIER

    Pour que le Seigneur soutienne l’effort des personnels de santé des régions les plus pauvres dans l’assistance aux personnes malades et âgées.


    Les personnels de santé

    Mes pensées reconnaissantes vont à tous ceux qui font de leur mieux, dans les différents secteurs de la pastorale des soins de santé, pour vivre cette diaconie de charité qui est centrale dans la mission de l’Eglise.

    […]

    Le thème que vous avez choisi cette année "Caritas in Veritate: vers des soins de santé équitables et humains" revêt un intérêt particulier pour la communauté chrétienne qui réserve une attention centrale au soin de l’être humain, à sa dignité transcendante et à ses droits inaliénables. La santé est un bien précieux pour la personne et la communauté, qui doit être promu, préservé et protégé, en y consacrant les moyens, les ressources et l’énergie nécessaires pour qu’un nombre croissant de personnes puisse en bénéficier.

    Malheureusement, persiste encore aujourd’hui le problème des nombreuses populations du monde qui n’ont pas accès aux ressources nécessaires à la satisfaction des besoins de base, particulièrement dans le domaine de la santé. Il faut agir de façon plus déterminée à tous les niveaux pour assurer que le droit à la santé soit rendu effectif et que soit favorisé l’accès aux soins de santé primaires. Nous assistons à notre époque, d’une part aux marques d’un souci pour la santé qui confinent au consumérisme pharmacologique, médical et chirurgical, et presqu’au culte du corps, et d’autre part aux difficultés qu’éprouvent des millions de personnes à atteindre un niveau minimal d’existence et à obtenir les remèdes indispensables pour se soigner.

    […]

    A ce propos, saint Augustin enseignait, en une phrase concise et incisive, que "la justice consiste à aider les pauvres" (De Trinitate, XIV, 9: PL 42, 1045).

    Le geste du Bon Samaritain, qui se penche sur le blessé laissé pour demi mort au bord du chemin et prend soin de lui, exauce cette "plus grande justice" que Jésus réclame de ses disciples et qu’il pratiquait lui-même dans sa vie, car l’accomplissement de la Loi est l’amour. La communauté chrétienne, ayant mis ses pas dans ceux de son Seigneur, a exercé son mandat d’aller dans le monde "pour enseigner et soigner les malades" et, au cours des siècles elle "a fortement ressenti le service envers les malades et les souffrants comme partie intégrale de sa mission" (Jean Paul II, Motu Proprio Dolentium Hominum, 1), de témoigner du salut intégral, qui est la santé de l’âme et du corps.

    […]

    A nos frères et nos sœurs qui souffrent j’exprime ma proximité et mon appel à vivre la maladie aussi comme une occasion de grâce pour croître spirituellement et pour participer aux souffrances du Christ pour le bien du monde; et je vous offre, à vous tous qui êtes engagés dans le vaste champ de la santé, mon encouragement pour le précieux service que vous rendez. Tout en demandant la protection maternelle de la Vierge Marie, Salus infirmorum, je vous donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends également à vos familles.


    BENOÎT XVI
    message aux participants de la 25e conference internationale
    organisee par le conseil pontifical
    pour les agents de la sante
    15 November 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



    COMMENTAIRE PASTORAL

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la SANTE comme étant l’«état de bien-être physique, mental et social complet; et non seulement l’absence d’infirmité ». En cohérence avec cette définition, un « Rapport sur la santé dans le monde » (2006) a défini les travailleurs de la santé comme toutes les personnes qui réalisent des tâches ou des actions dont le but principal est de promouvoir cet état de bien-être, de protéger et d’améliorer la santé. Nous pourrions dire que nous-mêmes aussi, dans notre vie quotidienne, par de simples actions, nous travaillons souvent à cela : le jeune qui fait du volontariat dans une ONG, la mère qui s’occupe de son enfant, le fils qui accompagne ses parents à l’hôpital ou la grand-mère qui recourt à son expérience de vie et de savoirs ancestraux pour entourer d’attention et réconforter… La liste serait interminable si nous voulions tenir compte de toutes les personnes qui, d’une certaine façon, travaillent pour la santé des autres.

    Cependant, nous allons maintenant nous référer aux « travailleurs de la santé » au sens le plus strict, à ceux qui passent par une étape de formation professionnelle ou de qualification plus spécifique. Nous ne pouvons pas ignorer qu’il existe une grande diversité également parmi eux : médecins, infirmières, personnel qui prépare et qui sert les aliments, travailleurs sanitaires, ceux qui s’occupent des membres de la famille d’un malade, pharmaciens…

    Ce mois-ci, le Saint-Père nous demande de prier particulièrement pour ceux qui sont en contact avec les malades et les personnes âgées dans les régions les plus pauvres, et à qui ils rendent directement service. Pourquoi faut-il demander au Seigneur qu’il soutienne leurs efforts ? Que se passe-t-il ? Quelles difficultés rencontrent-ils ?

    Nous pouvons synthétiser les motivations de cette intention en deux points :

    1. Quiconque travaille avec des malades et des personnes âgées doit lui-même se trouver en bonne santé, c’est-à-dire, être doté d’un équilibre psycho-physico-spirituel qui permette une relation interpersonnelle enrichissante, totalisante, de disponibilité sans condition, de véritable service à l’autre. Une personne malade ou âgée se trouve par elle-même dans un état de plus grande vulnérabilité en raison de ses propres ennuis de santé et de ses souffrances, de la détérioration progressive de son organisme, de ses sentiments d’anxiété, de solitude, etc. Le travailleur sanitaire doit tenir compte de la personne dans sa totalité, avec tout ce qu’elle vit et ressent, avec ses circonstances concrètes, et se rappeler que son interlocuteur a non seulement besoin de ses soins et de ses compétences médicales, mais qu’il doit aussi être suivi dans ses demandes psychologiques et affectives dans des moments particulièrement difficiles de sa vie. En maintes occasions, surtout dans les régions les plus pauvres, il n’est pas possible de soulager la douleur et la souffrance physique d’autrui, de prévenir et de guérir des maladies par manque de moyens sanitaires, mais il est toujours possible d’être des véhicules de chaleur humaine et d’un regard qui accompagne.

    2. Aujourd’hui, il existe de grands contrastes. D’une part, il y a d’énormes progrès en matière de bien-être humain, de grands bénéfices grâce aux nouveaux médicaments et aux nouvelles technologies utiles pour faire face à de nombreuses maladies ou pour améliorer la qualité de la vie des personnes plus âgées; d’autre part, coexistent la menace d’une déshumanisation de la médecine, la distribution non équitable des ressources mondiales et des situations de privation extrêmes dans les pays les plus pauvres. Le respect de la vie humaine est un présupposé universel, un des principes les plus fondamentaux et évidents dans toutes les idéologies et dans toutes les cultures. Bien que ses fondements ne nécessitent aucun effort rationnel, nous continuons à vivre des situations de grandes injustices. Pour en rappeler une : « Au coeur de l’Afrique, il y a quatre millions de personnes qui ont besoin d’aide. Les médecins voient mourir leurs patients parce qu’ils manquent du minimum pour leur sauver la vie » (Léa Koyassoum Doumta, Ministre de la Santé Publique et de la Population – République centrafricaine). Dans beaucoup de régions de notre planète, les crises politique, économique, sociale et sanitaire ne permettent pas d’investissements dans le domaine sanitaire et les travailleurs sanitaires se voient privés de tout appui à n’importe quel niveau et soumis à un stress et à une insécurité toujours plus grands. Effectivement, les maladies liées à la pauvreté (SIDA, tuberculose, malaria…) sont en train de dévaster de nombreuses populations sans ressources et les crises sanitaires augmentent, rapides et imprévues, causées par des épidémies, des catastrophes naturelles, des conflits… Les tâches et les fonctions attendues des travailleurs sanitaires dans ces circonstances si diverses sont extrêmement ardues. Que le Seigneur bénisse et soutienne leurs efforts !

    Sœur Antonella Rizzo,
    Religieuse des Filles de Jésus, obstétricienne, travaillant aujourd’hui dans un hôpital à Rome.






    INTENTION GENERAL - MARS


    La contribution des femmes dans la société Pour que la contribution des femmes au développement de la société soit pleinement reconnue dans le monde entier.


    Un aspect important de votre réflexion durant cette Année de la Famille a été consacré à la dignité particulière, à la vocation et à la mission des femmes dans le dessein de Dieu. Qui peut dire ce que l’Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d’innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ! Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois de très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l’amour ! Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l’homme et la femme, crées à l’image de Dieu, sont destinés à se compléter l’un l’autre en tant qu’intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu’il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. Malheureusement, cette dignité reçue de Dieu et ce rôle des femmes n’ont pas toujours été suffisamment compris et estimés. L’Église, et la société dans son ensemble, a commencé à saisir combien nous avons besoin de façon urgente de ce que le Pape Jean-Paul II appelait le « charisme prophétique » des femmes (cf. Mulieris Dignitatem, n.29) comme porteuses d’amour, enseignantes de la miséricorde et artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d’après les froids critères de l’utilité et du profit. Par son témoignage public de respect vis-à-vis de la femme, et sa défense de la dignité innée de toute personne humaine, l’Église en Terre Sainte peut apporter une importante contribution au progrès d’une vraie culture humaniste et à la construction de la civilisation de l’amour.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - PÈLERINAGE EN TERRE SAINTE
    10 mai 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Voir aussi:

  • BENEDICT XVI -MESSAGE TO PARTICIPANTS IN THE INTERNATIONAL CONFERENCE ON THE THEME: "LIFE, FAMILY AND DEVELOPMENT: THE ROLE OF WOMEN IN THE PROMOTION OF HUMAN RIGHTS" - (VATICAN, 20-21 MARCH 2009)



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Vie familiale ou carrière professionnelle, faut-il choisir ?


    Témoignage...


    Née en 1953, et élevée au milieu de trois frères, rien dans mes souvenirs d'enfance ne me renvoie aux occupations traditionnelles des petites filles. Est-ce cela qui m'a fait choisir, à la fin de mes études secondaires, de me diriger vers une École d'ingénieur en Agronomie ? Ces écoles s'ouvraient fraîchement aux candidatures féminines. Une nouvelle fois je me trouvais dans un univers essentiellement masculin.

    Je me suis mariée et suis devenue mère à mon tour de trois filles. Cette fois-ci les équilibres se transformaient et à la maison nous étions, nous les filles, devenues largement majoritaires. A leur tour elles sont devenues femmes, épouses ou compagnes et mères. Et leur manière de vivre cette triple vocation est assez différente de la mienne. En trente ans les représentations mentales du rôle des femmes et les modalités pratiques qui les accompagnent ont bien changé. Par exemple comment conjuguer vie de famille et carrière professionnelle ? Pour ma part, rentrant d'un long séjour en coopération en Afrique, avec trois enfants jeunes, je n'avais pas choisi de reprendre une activité professionnelle pour être plus disponible et gérer paisiblement les affaires domestiques.

    Mes filles, trente ans plus tard ont toutes les trois un métier qu’elles désirent conserver. Comme la majorité des jeunes femmes françaises, elles pourront sans doute conjuguer leur activité professionnelle en ayant deux ou trois enfants ! Grâce aux congés parentaux, aux trente-cinq heures de travail hebdomadaire, aux allocations familiales et à l'accueil satisfaisant des petits dans les crèches et les écoles elles ont pu mettre en place des organisations de vie impensables il y a quelques années, en particulier lorsque les lieux de travail ne sont pas les mêmes pour les deux parents. Les conditions de cette réussite : leurs conjoints respectifs ont accepté de ne pas toujours faire passer en priorité leur propre projet professionnel, et ils prennent leur part dans les tâches domestiques et le soin des enfants.

    Mais ce sont des équilibres précaires. Les responsabilités des entreprises et du législateur sont engagées, notamment en matière de droit du travail (mutations forcées ou travail du dimanche par exemple). C'est la condition pour que ces femmes, instruites et compétentes, puissent apporter à la société leur contribution propre.

    Regardant trente ans en arrière, je ne regrette pas mes choix. Ils m'ont permis de me consacrer à un certain nombre d'activités associatives, de m'occuper au moment voulu de mes parents âgés. Ce service rendu par les femmes doit être reconnu par la société (être pris en compte pour le calcul de la retraite par exemple). Mais je me réjouis que mes filles puissent, chacune, vivre leur engagement de mère et mettre leur activité professionnelle au service de la société.

    Prions donc ce mois-ci avec le Saint Père afin que, partout dans le monde, les femmes puissent apporter leur contribution à l’ensemble de la société. Prions de manière particulière pour les femmes qui vivent dans des pays ou des cultures où leurs capacités sont peu valorisées et leurs droits basiques mal respectés.

    Claire Ranquet , de l’équipe Apostolat de la Prière France




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. La femme a-t-elle les mêmes droits et devoirs que l’homme ? En quel sens et pourquoi affirmons-nous cela ?

    2. Y a-t-il des différences entre le rôle propre à la femme dans la société et le rôle propre à l’homme ? Quelles sont-elles ?

    3. Quelles initiatives pouvons-nous prendre pour que diminue la discrimination envers les femmes dans notre société et dans d’autres ?



    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Lc 1,26-38 Annonciation: le rôle de Marie dans l’oeuvre de salut

    • Jn 8,1-11 La femme déclarée digne

    • Mc 10,1-11 L’interdiction du divorce renforce les droits de la femme




    LIENS POUR SAVOIR DE PLUS

    UN Women www.unwomen.org





    INTENTION MISSIONNAIRE - MARS

    Pour que le Saint‐Esprit accorde la persévérance à ceux qui, particulièrement en Asie, sont discriminés, persécutés et mis à mort à cause du nom du Christ.


    Les chrétiens persécutés

    1. AU DÉBUT D’UNE ANNÉE NOUVELLE, mes vœux voudraient rejoindre tous et chacun ; vœux de sérénité et de prospérité, mais surtout vœux de paix. L’année qui vient de se clôturer a été marquée, elle aussi, malheureusement par la persécution, la discrimination, par de terribles actes de violence et d’intolérance religieuse. Je pense en particulier à la chère terre d’Irak qui, dans sa marche vers une stabilité et une réconciliation tant souhaitées, continue à être une scène de violences et d’attentats. Viennent à la mémoire les récentes souffrances de la communauté chrétienne, et tout particulièrement le lâche attentat contre la cathédrale siro-catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad, où, le 31 octobre dernier, deux prêtres et plus de cinquante fidèles ont été tués, alors qu’ils étaient réunis pour la célébration de la sainte Messe. Et il y eut d’autres attaques les jours suivants, aussi contre des habitations privées, suscitant la peur au sein de la communauté chrétienne et le désir, chez beaucoup de ses membres, d’émigrer pour aller chercher de meilleures conditions de vie. Je les assure de ma proximité et de celle de toute l’Eglise. Ce sentiment a été concrètement exprimé lors de la récente Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques. Cette Assemblée a adressé un encouragement aux communautés catholiques en Irak et dans tout le Moyen-Orient à vivre la communion et à continuer à offrir un témoignage courageux de foi en ces régions. Je remercie vivement les Gouvernements qui s’efforcent de soulager les souffrances de ces frères en humanité et j’invite les catholiques à prier pour leurs frères dans la foi qui souffrent violences et intolérances, et à leur manifester leur solidarité. Dans ce contexte, j’ai ressenti de manière particulièrement vive l’opportunité de partager avec vous tous quelques réflexions sur la liberté religieuse, chemin vers la paix. Il est douloureux en effet de constater que, dans certaines régions du monde, il n’est pas possible de professer et de manifester librement sa religion, sans mettre en danger sa vie et sa liberté personnelle. En d’autres points du monde, il existe des formes plus silencieuses et plus sophistiquées de préjugés et d’opposition à l’encontre des croyants et des symboles religieux. Les chrétiens sont à l’heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi. Beaucoup subissent des offenses quotidiennes et vivent souvent dans la peur à cause de leur recherche de la vérité, de leur foi en Jésus Christ et de leur appel sincère afin que soit reconnue la liberté religieuse. Tout cela ne peut être accepté, parce que cela constitue une offense à Dieu et à la dignité humaine ; de plus, c’est une menace à la sécurité et à la paix, et cela empêche la réalisation d’un réel développement humain intégral[1].


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
    JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
    8 décembre 2010


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    * * *

    Aux chrétiens du Moyen-Orient, peuvent s'appliquer les paroles du Seigneur Jésus: «Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s'est complu à vous donner le Royaume» (Lc 12, 32). En effet, même s'ils sont peu nombreux, ils sont porteurs de la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu pour l'homme, amour qui s'est justement révélé en Terre Sainte en la personne de Jésus Christ. Cette Parole de salut, renforcée par la grâce des Sacrements, résonne avec une efficacité particulière dans les lieux où, par la Providence divine, elle a été écrite, et elle est l'unique Parole en mesure de rompre le cercle vicieux de la vengeance, de la haine, de la violence. D'un cœur purifié, en paix avec Dieu et avec son prochain, peuvent naître des résolutions et des initiatives de paix au niveau local, national et international. Dans cette œuvre, que toute la communauté internationale est appelée à réaliser, les chrétiens, citoyens de plein droit, peuvent et doivent apporter leur contribution avec l'esprit des béatitudes, en devenant des constructeurs de paix et des apôtres de la réconciliation au profit de la société tout entière.

    […]

    Chers frères et sœurs du Moyen-Orient! Que l'expérience de ces jours vous assure que vous n'êtes jamais seuls, que vous accompagnent toujours le Saint-Siège et toute l'Eglise qui, née à Jérusalem, s'est diffusée au Moyen-Orient et ensuite dans le monde entier.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - CHAPELLE PAPALE EN CONCLUSION
    DE L'ASSEMBLÉE SPÉCIALE DU SYNODE DES ÉVÊQUES
    POUR LE MOYEN ORIENT
    24 octobre 2010


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    COMMENTAIRE PASTORAL

    De nombreux pays, y compris en Asie, sont épris de démocratie. Ils savent que le fondement de la démocratie est le respect des droits humains. C’est pourquoi tous les citoyens sont libres de choisir et de pratiquer leurs religions respectives. Malheureusement, la persécution des fidèles de certaines religions est encore une réalité de nos jours. Dans les pays communistes tels que la Chine ou le Vietnam, le christianisme peine à prospérer. Quelques autres pays refusent le christianisme d’une façon plus implicite, comme la discrimination politique. Récemment, le mot Allah se référant au Dieu des chrétiens a été banni en Malaisie. Pour les chrétiens, cette prohibition ne fut pas facile à supporter, car ils ne connaissaient pas d’autre façon de s’adresser à leur Dieu. Heureusement, cette prohibition unilatérale a finalement été révoquée.

    En attendant, en Indonésie, où les musulmans constituent la majorité, la discrimination s’exerce dans presque tous les aspects de la vie, bien que le gouvernement ne l’ait jamais reconnu. Ici, être chrétien, cela signifie se voir refuser la possibilité de devenir un employé de l’Etat ou de faire une brillante carrière de professorat dans une université de l’Etat, et cela implique aussi de recevoir une éducation religieuse insuffisante dans des écoles de l’Etat. Même, dans quelques régions, les services religieux sont seulement permis dans les églises et aucun culte n’est permis dans les maisons.

    Cela semble ironique en Indonésie, fameuse pour son idéologie du Bhinneka Tunggal Ika, signifiant l’unité dans la diversité, alors qu’en vérité, la tolérance entre disciples de confessions différentes n’existe pas. Dans ce pays, la persécution des chrétiens ne peut pas être considérée simplement comme une discrimination; c’est également un acte d’hostilité. Voici les faits : de 2004 à 2010, 2442 églises ont été détruites ou fermées. Récemment, en février 2011, une foule organisée a brutalement attaqué des églises catholiques et pentecôtistes à Temanggung, au centre de Java.

    Dernièrement, spécialement en Asie, la persécution des chrétiens tend à s’intensifier. Une des causes de cela est la vague de radicalisme et de fondamentalisme d’autres religions. Celles-ci soupçonnent les chrétiens d’essayer de christianiser autrui sans effort. Etant donné ce danger latent, en mars 2012, l’Eglise nous invite à prier pour les chrétiens fréquemment persécutés ainsi que pour la diminution du radicalisme et du fondamentalisme. Au sein de ce défi et de cette menace, les chrétiens ont besoin d’approfondir leur persévérance et leur courage pour défendre leur foi. En effet, l’Eglise, spécialement en Asie, doit trouver une manière de vivre ensemble de façon à rendre les communautés capables de garantir la paix et l’harmonie, tandis qu’elles se défendent du radicalisme et du fondamentalisme.

    On se trouve, en effet, en un moment de bénédiction où l’Eglise en Asie peut faire l’expérience de la vérité de l’Evangile. « Si on vous outrage pour le nom du Christ, vous êtes bienheureux ; alors en effet l’Esprit de gloire, qui est aussi l’Esprit de Dieu, repose sur vous » (1 P 4, 14). Il est clair que l’effort humain à lui seul n’est pas suffisant pour faire face à ce défi sacré. Nous avons besoin de prier avec ferveur afin que le Saint-Esprit fortifie ceux qui sont discriminés et victimes de la persécution et de la violence à cause de leur foi.


    Gabriel Possenti Sindhunata, s.j.
    Secrétaire national de l’AP en Indonésie







    INTENTION GENERAL - AVRIL


    Les vocations

    Pour que de nombreux jeunes sachent accueillir l’appel du Christ à le suivre dans le ministère sacerdotal et dans la vie religieuse.


    L’art de promouvoir et d’accompagner les vocations trouve un lumineux point de référence dans les pages de l’Évangile où Jésus appelle ses disciples à le suivre et les instruit avec amour et sollicitude. Notre attention se porte particulièrement sur la manière avec laquelle Jésus a appelé ses plus proches collaborateurs en vue de l’annonce du Règne de Dieu (cf. Lc 10,9). Avant tout, il apparaît clairement que son premier geste a été de prier pour eux: avant de les appeler, Jésus a passé la nuit seul, en prière et à l’écoute de la volonté du Père (cf. Lc 6,12), en une ascèse intérieure qui prenait de la hauteur par rapport aux réalités du quotidien. La vocation des disciples naît précisément dans le dialogue intime de Jésus avec son Père. Les vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée sont avant tout le fruit d’un contact permanent avec le Dieu vivant et d’une prière insistante qui s’élève vers le «Maître de la moisson» tant dans les communautés paroissiales, que dans les familles chrétiennes ou dans les groupes vocationnels.

    Au début de sa vie publique, le Seigneur a appelé quelques pêcheurs, occupés à travailler sur les rives du lac de Galilée: «Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes» (Mt 4,19). Il leur a montré sa mission messianique par de nombreux «signes» qui indiquaient son amour pour les hommes et le don de la miséricorde du Père; il les a formés par la parole et par le témoignage de sa vie afin qu’ils soient prêts à continuer son œuvre de salut; enfin, «sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père» (Jn 13,1), il leur a confié le mémorial de sa mort et de sa résurrection, et avant d’être élevé au Ciel, il les a envoyés dans le monde entier avec le commandement: «Allez donc! De toutes les nations, faites des disciples» (Mt 28,19).

    A ceux à qui il dit: «Suis-moi!», Jésus fait une proposition exigeante et exaltante: il les invite à entrer dans son amitié, à écouter attentivement sa Parole et à vivre avec lui; il leur enseigne le don total à Dieu et à la diffusion de son Règne selon la loi de l’Évangile: «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12,24); il les invite à sortir de leur volonté fermée sur elle-même, de l’idée d’une réalisation de soi, pour se plonger dans une autre volonté, celle de Dieu, et se laisser conduire par elle; il leur fait vivre une fraternité qui naît de cette disponibilité totale à Dieu (cf. Mt 12,49-50), et qui devient le caractère distinctif de la communauté de Jésus: «Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres» (Jn 13,35).

    Aujourd’hui encore, la suite du Christ est exigeante; elle signifie apprendre à fixer son regard sur Jésus, à le connaître intimement, à l’écouter dans la Parole et à le rencontrer dans les Sacrements; elle signifie encore apprendre à conformer sa propre volonté à la Sienne. Il s’agit d’une véritable et réelle école de formation pour ceux qui se préparent au ministère sacerdotal et à la vie consacrée, sous la conduite des autorités ecclésiales compétentes. Le Seigneur ne manque pas d’appeler, à tous les âges de la vie, à prendre part à sa mission et à servir l’Église par le ministère ordonné ou la vie consacrée. Et l'Église «est appelée à garder ce don, à l'estimer, à l'aimer: elle est responsable de la naissance et de la maturation des vocations sacerdotales» (Jean-Paul II, Ex. ap. post-synodale Pastores dabo vobis, 41). Spécialement en notre temps où la voix du Seigneur semble étouffée par d’«autres voix» et où l’invitation à le suivre par le don de sa vie peut apparaître trop difficile, chaque communauté chrétienne, chaque fidèle, devrait accomplir consciencieusement son engagement pour la promotion des vocations. Il est important d’encourager et de soutenir ceux qui montrent des signes clairs de l’appel à la vie sacerdotale et à la consécration religieuse, afin qu’ils sentent la proximité de toute la communauté au moment où ils disent ‘oui’ à Dieu et à l’Église. Moi-même je les encourage comme je l’ai fait pour ceux qui se sont décidés à entrer au séminaire. Je leur ai écrit: «Vous avez bien fait d’agir ainsi. Car les hommes auront toujours besoin de Dieu, même à l’époque de la domination technique du monde et de la mondialisation: de Dieu qui s’est rendu visible en Jésus Christ et qui nous rassemble dans l’Église universelle pour apprendre avec lui et par lui la vraie vie et pour tenir présents et rendre efficaces les critères de l’humanité véritable (Lettre aux séminaristes, 18 octobre 2010).

    Il faut que chaque Église locale se fasse toujours plus sensible et attentive à la pastorale des vocations, en amenant au niveau familial, paroissial et associatif - comme Jésus l’a fait pour ses disciples - surtout les adolescents, les adolescentes et les jeunes, à développer une amitié authentique et affectueuse avec le Seigneur, dans la prière personnelle et liturgique; à apprendre l’écoute attentive et féconde de la Parole de Dieu, par une familiarité croissante avec la Sainte Écriture; à comprendre qu’entrer dans la volonté de Dieu n’annihile ni ne détruit la personne, mais permet de découvrir et de suivre la vérité la plus profonde sur soi; à vivre la gratuité et la fraternité dans les relations avec les autres, car c’est seulement en s’ouvrant à l’amour de Dieu qu’on trouve la vraie joie et la pleine réalisation de ses aspirations. «Proposer les vocations dans l’Église locale», signifie avoir le courage d’indiquer, par une pastorale des vocations attentive et adaptée, ce chemin exigeant à la suite du Christ qui engage toute une vie, tellement il est riche de sens.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA XLVIII JOURNÉE MONDIALE
    DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
    15 novembre 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA XLVIII JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS - 15 novembre 2010


  • Voir aussi:


  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA XLVII JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS - 13 novembre 2010




  • COMMENTAIRE PASTORAL

    LE SEIGNEUR JESUS a dit à ses apôtres : « La moisson est abondante, mais peu nombreux les ouvriers ; priez donc le Maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers à sa moisson. » (Luc 10,2)

    Aujourd’hui aussi, la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. Dans certains endroits du monde, nous pouvons dire qu’il ne manque pas de prêtres ou de religieux/ses, que les fidèles sont bien suivis, bien appuyés par suffisamment de prêtres. Mais, en réalité, dans la majorité des Eglises locales, on note très fortement le manque d’hommes et de femmes spécialement consacrés au Seigneur; de nombreuses communautés, dans tout le monde catholique, n’ont pas de pasteurs qui les encouragent à vivre selon l’Evangile de Jésus-Christ; en maints endroits, il y a des paroisses qui sont dépourvues de curé; cela signifie que, dans ces paroisses, beaucoup de dimanches ou de jours de fêtes d’obligation se passent sans célébration de l’Eucharistie ; les fidèles de ces paroisses ne célèbrent pas la CENE DU SEIGNEUR, ils ne célèbrent pas le SACRIFICE DU CHRIST.

    Le prêtre est irremplaçable, lui seul peut consacrer le CORPS DE JESUS-CHRIST dans l’Eucharistie, lui seul peut pardonner nos péchés au confessionnal, parce que le Christ lui-même lui a conféré ce pouvoir lors de la Dernière Cène.

    Les religieux et les religieuses, les diacres et les laïcs consacrés coopèrent avec l’action évangélisatrice de l’Eglise universelle de différentes façons, en aidant les prêtres, en travaillant à la pastorale de leurs Eglises locales, etc.; par leur prière, les contemplatifs sont les supports de l’Eglise; à travers leur prière, ils fortifient notre foi et nous aident à apporter le SEIGNEUR JESUS dans tous les coins de la terre.

    Il est vrai que le Seigneur appelle, il est vrai qu’il est en train d’appeler maintenant et qu’il ne cessera jamais d’appeler, mais cet appel nécessite une réponse de l’homme ou de la femme appelés; cette réponse est entravée aujourd’hui par la sécularisation et le matérialisme qui consument nos sociétés; c’est là, dans cette réponse, que le Saint-Père nous demande d’intervenir; l’Eglise est constituée par tous les baptisés, c’est pourquoi nous aussi, laïcs, avec nos pasteurs, nous sommes responsables du fait que le Seigneur ait « des ouvriers abondants pour sa moisson ».

    Dans cette intention, Sa Sainteté nous demande de prier pour que de nombreux jeunes sachent accueillir l’appel du Christ à le suivre dans le sacerdoce et dans la vie religieuse, pour qu’il ne manque jamais de prêtres, de religieux et de religieuses saints, pour qu’ils sanctifient son Eglise ainsi que nous-mêmes, ses enfants.


    Monsieur Fernando Cavada Guzmán, laïc chilien, père et grand-père,
    vice-président de Communications
    Serra International



    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Que dirions-nous à notre fils ou à notre fille, à un ami ou à une amie qui nous manifestent leur désir de devenir des religieux ?

    2. Quelles actions concrètes pouvons-nous entreprendre dans nos communautés pour créer un milieu favorable à l’éclosion de vocations sacerdotales et religieuses ?

    3. De quelles manières concrètes pouvons-nous montrer notre appui à la vocation de ceux qui ont déjà répondu à l’appel (les séminaristes de notre diocèse, les religieux de notre ville ou de notre paroisse, notre curé, etc.) ?



    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Jr 1,4-10 La vocation du prophète

    • Rm 1,5-7 Paul constitué apôtre

    • Mc 1,16-20 Jésus appelle les premiers disciples



    MISSION INTENTION - AVRIL

    Pour que le Christ ressuscité soit signe d’une réelle espérance pour les hommes et les femmes du continent africain.


    Le Christ, espérance des peuples d’Afrique

    Voici un message d'espérance pour l'Afrique: nous venons de l'écouter de la Parole de Dieu. C'est le message que le Seigneur de l'histoire ne se lasse pas de renouveler pour l'humanité opprimée et écrasée, de toute époque et de toute terre, depuis qu'il révéla à Moïse sa volonté concernant les Israélites esclaves en Egypte: "J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple (...) et j'ai entendu ses cris (...) je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer (...) et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel" (Ex 3, 7-8). Quelle est cette terre? Ne s'agit-il pas du Royaume de la réconciliation, de la justice et de la paix, auquel l'humanité entière est appelée? Le dessein de Dieu ne change pas. Il est le même que celui proclamé par Jérémie, dans les magnifiques oracles appelés "Livre de la consolation", dont est tirée la première lecture d'aujourd'hui. Il s'agit d'une annonce d'espérance pour le peuple d'Israël, prostré par l'invasion de l'armée de Nabuchodonosor, par la dévastation de Jérusalem et du Temple, et par la déportation à Babylone. Un message de joie pour le "reste" des enfants de Jacob, qui leur annonce un avenir, car le Seigneur les reconduira dans leur terre, à travers une route droite et facile. Les personnes qui ont besoin de soutien, comme l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée, font l'expérience de la force et la tendresse du Seigneur: Il est un Père pour Israël, prêt à s'en occuper comme son fils aîné (cf. Jr 31, 7-9).

    Le dessein de Dieu ne change pas. A travers les siècles et les bouleversements de l'histoire, Il a toujours le même objectif: le Royaume de la liberté et de la paix pour tous. Et ceci implique sa prédilection pour ceux qui sont privés de liberté et de paix, pour ceux qui sont violés dans leur dignité de personnes humaines. Nous pensons, en particulier, aux frères et aux sœurs qui, en Afrique, souffrent de la pauvreté, des maladies, des injustices, des guerres et des violences, des migrations forcées. Ces fils préférés du Père céleste sont comme l'aveugle de l'Evangile, Bartimée, qui "était assis au bord de la route" (Mc 10, 46), aux portes de Jéricho. C'est sur cette même route que passe Jésus de Nazareth. C'est la route qui conduit à Jérusalem, où se consommera la Pâque, sa Pâque sacrificielle, vers laquelle le Messie s'avance pour nous. C'est la route de son exode qui est aussi le nôtre: l'unique route qui conduit à la terre de la réconciliation, de la justice et de la paix. Sur cette route, le Seigneur rencontre Bartimée qui a perdu la vue. Leurs routes se croisent, deviennent une seule route. "Fils de David, aie pitié de moi!", crie l'aveugle avec confiance. Et Jésus lui dit: "Appelez-le", et il ajoute: "Que veux-tu que je fasse pour toi?". Dieu est lumière et créateur de la lumière. L'homme est fils de la lumière, fait pour voir la lumière, mais il a perdu la vue, et se trouve obligé de mendier. A côté de lui, passe le Seigneur qui s'est fait mendiant pour nous: assoiffé de notre foi et de notre amour. "Que veux-tu que je fasse pour toi?". Dieu le sait, mais il le demande; il veut que ce soit l'homme qui parle. Il veut que l'homme se lève, qu'il retrouve le courage de demander ce qui lui revient du fait de sa dignité. Le Père veut entendre de vive voix son fils exprimer sa libre volonté de voir à nouveau la lumière, cette lumière pour laquelle il l'a créé. "Rabbouni, que je voie". Et Jésus lui dit: "Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route" (Mc 10, 51-52).

    Chers frères, rendons grâce parce que cette "mystérieuse rencontre entre notre pauvreté et la grandeur" de Dieu s'est également réalisée au cours de l'Assemblée synodale pour l'Afrique qui se conclut aujourd'hui. Dieu a renouvelé son appel: "Confiance, lève-toi..." (Mc 10, 49). Et voici que l'Eglise qui est en Afrique elle aussi, au travers de ses Pasteurs, venus de tous les Pays du Continent, de Madagascar et des autres îles, a accueilli le message d'espérance et la lumière pour cheminer sur la voie qui conduit au Royaume de Dieu. "Va, ta foi t'a sauvé" (Mc 10, 52). Oui, la foi en Jésus Christ - lorsqu'elle est bien intense et bien pratiquée - guide les hommes et les peuples à la liberté dans la vérité ou, pour reprendre les trois mots du thème du Synode, à la réconciliation, à la justice et à la paix. Bartimée qui, une fois guéri, suit Jésus sur la route, est une image de l'humanité qui, éclairée par la foi, se met en chemin vers la terre promise. Bartimée devient à son tour témoin de la lumière, en racontant et en démontrant par sa vie d'avoir été guéri, renouvelé, régénéré. Telle est l'Eglise dans le monde: une communauté de personnes réconciliées, artisans de justice et de paix; "sel et lumière" au milieu de la société des hommes et des nations. C'est pourquoi le Synode a réaffirmé avec force - et a manifesté - que l'Eglise est Famille de Dieu au sein de laquelle ne peuvent subsister de divisions ethniques, linguistiques ou culturelles. Des témoignages émouvants nous ont montré qu'aux heures les plus sombres de l'histoire humaine, l'Esprit Saint est à l'œuvre et transforme les cœurs des victimes et des persécuteurs afin qu'ils se reconnaissent frères. L'Eglise réconciliée est un puissant levain de réconciliation dans les différents pays et sur tout le Continent africain.

    [...]

    "Confiance, lève-toi...". C'est ainsi qu'aujourd'hui le Seigneur de la vie et de l'espérance s'adresse à l'Eglise et aux populations africaines, au terme de ces semaines de réflexion synodale. Lève-toi, Eglise en Afrique, famille de Dieu, parce que le Père céleste t'appelle, Lui que tes ancêtres invoquaient comme Créateur, avant d'en connaître la proximité miséricordieuse, révélée dans son Fils unique, Jésus Christ. Entreprends le chemin d'une nouvelle évangélisation avec le courage qui te vient de l'Esprit Saint. L'action d'évangélisation urgente, dont on a beaucoup parlé ces jours-ci, comporte également un appel pressant à la réconciliation, condition indispensable pour instaurer en Afrique des rapports de justice entre les hommes et pour construire une paix équitable et durable dans le respect de chaque individu et de tous les peuples; une paix qui a besoin et s'ouvre à l'apport de toutes les personnes de bonne volonté au-delà des appartenances religieuses, ethniques, linguistiques, culturelles et sociales respectives. Dans cette mission de grande importance, toi, Eglise pèlerine dans l'Afrique du troisième millénaire, tu n'es pas seule. Toute l'Eglise catholique t'est proche par la prière et la solidarité active, et du Ciel t'accompagnent les saints et les saintes africaines, qui, par leur vie et parfois par leur martyre, ont témoigné leur pleine fidélité au Christ.

    Confiance! Lève-toi, continent africain, terre qui a accueilli le Sauveur du monde quand, enfant, il dut se réfugier avec Joseph et Marie en Egypte pour avoir la vie sauve de la persécution du roi Hérode. Accueille avec un enthousiasme nouveau l'annonce de l'Evangile afin que le visage du Christ puisse éclairer par sa splendeur la multiplicité des cultures et des langages de tes populations. Alors qu'elle offre le pain de la Parole et de l'Eucharistie, l'Eglise s'engage aussi à agir, par tous les moyens dont elle dispose, afin que ne manque à aucun africain son pain quotidien. C'est pour cela, avec l'action de première urgence de l'évangélisation, que les chrétiens sont actifs dans les interventions de promotion humaine.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - CHAPELLE PAPALE POUR LA CLÔTURE DE LA
    II ASSEMBLÉE SPÉCIALE POUR L’AFRIQUE
    DU SYNODE DES ÉVÊQUES
    25 octobre 2009

    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    COMMENTAIRE PASTORAL

    ‘Plus de 2000 participants marchent en procession sur 5 km, méditant la passion et la mort de Jésus en s’accompagnant de chants et de prières bien choisis. Ceci se passe en une journée très ensoleillée, et la température dépasse 30°C.’ C’est ce qu’écrit d’une mission au Malawi un ami, missionnaire canadien en Afrique.

    De telles choses peuvent sembler complètement extraordinaires aux lecteurs de l’Occident, mais sont en fait assez normales dans l’Eglise en Afrique. Les assemblées réunissent souvent de nombreux participants, les fidèles se présenteront en foule notamment aux occasions importantes et quel que soit le temps, et c’est dans la joie qu’ils feront leurs dévotions pendant de longues heures d’affilée.

    Quand je travaillais dans une paroisse rurale en région sudafricaine de langue zoulou, Pâques était par excellence la fête qui attirait la grande foule. La Vigile pascale occupait en réalité toute la nuit avec de très nombreuses confessions suivies de célébrations liturgiques qui pouvaient se prolonger jusqu’à l’aube du matin suivant. S’agissant de liturgie, nous accomplissions tous les gestes du culte pascal, comprenant toujours un grand nombre de baptêmes d’adultes. Et tout ce qui pouvait être chanté était chanté, et bien chanté.

    La popularité de la veillée pascale était en partie une affaire d’inculturation. En effet, le peuple zoulou, comme les peuples attachés à de nombreuses autres cultures africaines, est familier des veillées se prolongeant toute la nuit. C’est ainsi que la veillée occupe la nuit entière avant les funérailles d’un membre du groupe. Il y a beaucoup de chants, de prières et d’évocations de souvenirs relatifs à la personne décédée, dont la dépouille est présente et visible dans sa maison où les proches sont rassemblés. Entretemps, une équipe d’hommes sont dehors, en train de creuser la tombe. La mort n’est pas un événement que l’on étouffe ou que l’on cache; elle est acceptée comme une part de la vie et les gens prennent le temps d’accomplir les rituels qui sont d’un grand secours à toutes les cultures pour affronter cet ultime mystère de l’être humain.

    Il est donc parfaitement naturel que les croyants de là-bas consacrent une veillée substantielle à la célébration de la mort et de la résurrection du Seigneur. Les gens ont pris goût aux différents éléments de la liturgie et à leur riche symbolisme – la flamme, le cierge, l’eau. Je me rappelle que quelquefois des non-catholiques participaient à la veillée dans l’idée d’emporter ensuite un peu d’eau bénite !

    Paul Ricoeur a dit que « l’espérance, dans la mesure où il s’agit de l’espérance de la résurrection, est la contradiction vivante entre ce dont elle procède et ce qui se trouve sous le signe de la Croix et de la mort ». Le continent africain a connu plus que sa part de la mort en sa récente tranche d’histoire. Ceci pourrait expliquer la vive foi dans la résurrection que les fidèles chrétiens manifestent au temps liturgique lorsque nous célébrons la victoire de Jésus sur la mort qu’il subit et dont il ressuscite.

    Je ne suis pas sûr que le père Andrew Greeley, sociologue de la religion, pensait à l’Afrique quand il écrivait les mots suivants, qui de toute manière s’appliquent parfaitement: « Je pense que les doctrines fondamentales du christianisme – incarnation; résurrection; vie après la mort – sont aussi solides que jamais. En fait, la foi en une vie après la mort a augmenté au cours de ce siècle ». Vraiment, la croissance de l’Eglise en Afrique au vingtième siècle (au cours duquel Greeley écrivait) est une des plus spectaculaires dans l’histoire de l’évangélisation chrétienne. Qui sait si ce phénomène n’est pas dû, pour une part, au fait que les chrétiens d’Afrique ont saisi l’essentiel du message – Christ est ressuscité ! et sa résurrection peut vaincre la mort en toutes ses formes.


    Chris Chatteris, s.j.
    Secrétaire national de l’AP en Afrique du Sud






    INTENTION GENERAL - MAI


    La famille

    Pour que soient promues dans la société des initiatives qui défendent et renforcent le rôle de la famille.


    Le travail et la fête sont intimement liés à la vie des familles: ils conditionnent leurs choix, influencent les relations entre les époux, et entre les parents et les enfants, ont un effet sur le rapport de la famille avec la société et l’Eglise. Les Saintes Ecritures (cf. Gn 1-2) nous disent que famille, travail et jours fériés sont des dons et des bénédictions de Dieu pour nous aider à vivre une existence pleinement humaine. L’expérience quotidienne atteste que le développement authentique de la personne comprend tant la dimension individuelle, familiale et communautaire que les activités et les relations fonctionnelles, ainsi que l’ouverture à l’espérance et au Bien sans fin. Malheureusement, de nos jours, l’organisation du travail, pensée et réalisée en fonction de la concurrence du marché et du plus grand profit, ainsi que la conception de la fête comme occasion d’évasion et de consommation, contribuent à désagréger la famille et la communauté, et à diffuser un style de vie individualiste. Il faut donc promouvoir une réflexion et un engagement visant à concilier les exigences et les temps de travail avec ceux de la famille et à récupérer le sens véritable de la fête, en particulier du dimanche, pâque hebdomadaire, jour du Seigneur et jour de l’homme, jour de la famille, de la communauté et de la solidarité.


    BENOÎT XVI
    LETTRE AU PRÉSIDENT DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE
    EN PRÉPARATION À LA VIIe RENCONTRE MONDIALE DES FAMILLES
    23 août 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



    * * *

    Les défis de la société actuelle, marquée par la dispersion que l’on observe particulièrement dans le milieu urbain, rendent nécessaire de garantir que les familles ne demeurent pas isolées. Un petit noyau familial peut rencontrer des obstacles difficiles à dépasser s’il est isolé du reste de sa parenté et de ses amis. C’est pourquoi la communauté ecclésiale a la responsabilité d’offrir un accompagnement, des encouragements et une nourriture spirituelle qui fortifient la cohésion familiale, surtout dans les épreuves ou dans les moments critiques. Dans cet esprit, le travail des paroisses, comme celui des divers mouvements ecclésiaux, est très important, eux qui sont appelés à collaborer comme des réseaux de soutien et comme la main tendue de l’Église pour la croissance de la famille dans la foi.

    [...]

    Outre la transmission de la foi et de l’amour du Seigneur, une des tâches les plus importantes de la famille consiste à former des personnes libres et responsables. C’est pourquoi les parents doivent faire accéder leurs enfants à la liberté, dont ils sont, durant quelque temps, les tuteurs. Si les enfants voient que leurs parents – et en général les adultes qui les entourent – vivent avec joie et enthousiasme, même dans les difficultés, grandira plus facilement en eux la joie profonde de vivre qui les aidera à dépasser avec succès les obstacles possibles et les difficultés que comporte la vie humaine. De plus, quand la famille ne se renferme pas sur elle-même, les enfants apprennent que chaque personne est digne d’être aimée, et qu’il existe une fraternité fondamentale universelle entre tous les êtres humains.

    [...]

    Notre rencontre donne un nouveau souffle pour continuer d’annoncer l’Évangile de la famille, réaffirmer sa vigueur et son identité fondée sur le mariage ouvert au don généreux de la vie, et où l’on accompagne les enfants dans leur croissance physique et spirituelle. Ainsi, on s’oppose à un hédonisme très répandu, qui banalise les relations humaines et qui les vide de leur valeur et de leur beauté authentiques. Promouvoir les valeurs du mariage n’empêche pas de goûter pleinement le bonheur que l’homme et la femme rencontrent dans leur amour mutuel. La foi et l’éthique chrétiennes, par conséquent, ne prétendent pas étouffer l’amour, mais le rendre plus sain, plus fort et réellement plus libre. C’est pourquoi l’amour humain a besoin d’être purifié et de mûrir pour être pleinement humain et pour être le principe d’un bonheur vrai et durable (cf. Discours à Saint-Jean de Latran, 5 juin 2006).

    J’invite donc les gouvernants et les législateurs à réfléchir sur le bien évident que les foyers en paix et en harmonie assurent à l’homme, à la famille, centre névralgique de la société, comme le rappelle le Saint-Siège dans la Charte des droits de la famille. L’objet des lois est le bien intégral de l’homme, la réponse à ses besoins et à ses aspirations. C’est une aide notable à la société, dont on ne peut se passer, et cela demeure pour les peuples une sauvegarde et une purification. De plus, la famille est une école d’humanisation de l’homme, pour qu’il grandisse jusqu’à devenir pleinement homme. Dans cette perspective, l’expérience d’être aimés par leurs parents conduit les enfants à avoir conscience de leur dignité de fils.


    BENOÎT XVI
    DISCOURS À VALENCE (ESPAGNE) À L'OCCASION
    DE LA V RENCONTRE MONDIALE DES FAMILLES
    8 juillet 2006


    © Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    En ce mois où l’on célèbre à Milan, en Italie, la Rencontre mondiale des familles, l’intention du Pape cherche la promotion d’initiatives fortifiant la famille, qui est attaquée de différentes façons et qui se trouve profondément blessée.

    Il n’est pas insensé d’affirmer que les problèmes éprouvés par certaines personnes en matière de drogues, de pornographie, de délinquance, etc., tirent en grande partie leur origine dans leur famille, qui ne les a pas acceptées, aimées, éduquées, et qui ne leur a pas donné l’appui dont elles avaient besoin. Tout être humain a besoin de se sentir aimé et aidé par ses parents, qu’ils lui donnent de bons exemples et qu’ils l’orientent vers sa propre réalisation. Si cela fait défaut, il se sentira mal, et il lui sera indifférent de faire telle ou telle chose, parce qu’il ne se sent ni aimé, ni respecté, ni accepté.

    La famille est le noyau, la base et le fondement de la société, et pour que la société soit saine et prospère, nous devons prendre soin de la famille, fondée par un homme et une femme, qui enseignent à leurs enfants comment l’on est homme ou femme, comment l’on vit en société, en inculquant de bonnes habitudes au sein de la famille. De cette façon, chaque famille sera un ferment d’amour, une école où l’on apprend à être artisan de paix et de justice. C’est seulement ainsi que la société s’améliorera peu à peu et qu’elle guérira de ses blessures. Ses problèmes ne se résoudront pas si nous attendons que la solution vienne du dehors, que ‘quelqu’un’ réalise le changement dans la société. La solution se situe dans la famille elle-même, qui, à travers ses membres, changent et transforment la société.

    Si tu es père de famille, c’est le Seigneur qui t’a donné une grande mission auprès des tiens. Travaille pour eux. Donne le bon exemple, en veillant à ce qui entre dans ton foyer, que se soient des revues, la télévision, etc. Pense que tu es en train de rendre un témoignage devant tes enfants qui t’observent et qui, un jour, copieront tes qualités ou tes défauts et feront ce que tu fais. Tâche d’être un père présent, qui cohabite avec sa famille. Réalisez ensemble des activités ou des sports. Respecte ton épouse et traite-la avec éducation et tendresse. Sois fidèle dans ton mariage, en rendant ta femme et tes enfants heureux. Cultive ta vie spirituelle, les valeurs morales et efforce-toi de construire votre foyer sur des bases solides : Jésus-Christ, la justice, la vérité, le respect, l’honneur, la patrie, etc. Collabore avec ton épouse dans les tâches ménagères et dans l’éducation de vos enfants, en formant correctement leur conscience, en indiquant avec clarté ce qui est bien et ce qui est mal. Marque des limites claires et fais que les enfants y obéissent.

    Si tu es mère de famille, protège et accepte avec amour le trésor des enfants que le Seigneur t’a donnés, depuis leur conception. Montre-toi proche de tous les membres de ton foyer par ta compassion, ta tendresse, ta disposition au dialogue, ta fidélité et ton respect. Si tu travailles hors du foyer, accomplis ta double journée de travail avec amour, car en rentrant chez toi, ton devoir de mère et d’épouse t’attend. Au cas où tu serais une mère célibataire, mène avec dignité ta mission de mère exemplaire. Encourage chez tes enfants la fraternité, la saine diversion et la culture. Dès leur jeune âge, donne quelque responsabilité à tes enfants dans le foyer, de sorte qu’ils se sentent partie intégrante de la famille, et que leur travail contribue au bien-être de tous. Connais et pratique ta religion, réunis ta famille dans la pratique de la prière. Apprends-leur à prier, à aimer et à avoir confiance en Dieu et dans la Vierge, qui doivent être présents dans ton foyer. Conserve les traditions familiales, celles qui unissent la famille, et soigne l’harmonie dans ton foyer. Inculque de bonnes habitudes : ordre, propreté, sincérité, éducation, patience, et donne l’exemple en pratiquant la charité avec les autres.

    Si tu es fils ou fille, montre-toi reconnaissant envers tes parents en les aidant dans la mesure du possible, en les respectant, en leur obéissant, en les comprenant s’ils se trompent. Aie confiance en eux et dis-leur ce qui t’arrive, afin qu’ils t’aident. Suis leurs conseils, qui sont les meilleurs, puisqu’ils cherchent ton bien. Sois un bon enfant, un bon frère et étudie beaucoup, pour que lorsque tu seras plus grand, tu puisses bien former ta propre famille.

    Prions le Seigneur, pour que chaque famille soit une lumière dans le monde et dans la société, un exemple pour tous, un ferment d’amour, de compréhension et de respect.


    Madame Carmen Celayeta,
    Mère de famille, écrivain et membre de l’Apostolat de la Prière au Mexique.




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Quel est le rôle ou quelles sont les tâches de chaque membre de ma famille, chez moi ? Est-ce que tous collaborent aux tâches des autres, à certains moments ?

    2. En pensant aux difficultés qui surgissent parfois dans le foyer, quelle initiative concrète puis-je prendre pour améliorer le milieu et la bonne convivialité dans ma famille ?

    3. De quelle façon puis-je contribuer à ce que mon milieu social appuie et renforce la famille?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Ph 2,1-4 Attitudes favorables à la convivialité familiale

    • 1 Co 7,1-11 Conseils aux époux

    • Lc 15,11 Parabole du Père miséricordieux: le pardon, clé de la vie familiale

    • Mt 22,34-40 L’amour, fondement de la famille




    MISSION INTENTION - MAI

    Pour que Marie, Reine du monde et Etoile de l’évangélisation, accompagne tous les missionnaires dans l’annonce de son Fils Jésus.


    Marie, accompagnatrice des missionnaires

    Nous pouvons ainsi, encore une fois, contempler la place que Marie occupe dans le dessein salvifique de Dieu, ce "dessein" que nous retrouvons dans la deuxième lecture, tirée de la Lettre aux Romains. L'apôtre Paul y exprime dans deux versets d'une intensité singulière la synthèse de ce qu'est l'existence humaine d'un point de vue méta-historique: une parabole du salut qui part de Dieu et qui arrive à nouveau à Dieu; une parabole entièrement due à son amour et gouvernée par celui-ci. Il s'agit d'un dessein salvifique entièrement imprégné par la liberté divine, qui attend toutefois de la liberté humaine une contribution fondamentale: la correspondance de la créature à l'amour de son Créateur. Et c'est ici, dans cet espace de la liberté humaine, que nous percevons la présence de la Vierge Marie, sans qu'elle soit jamais nommée: en effet, Elle est dans le Christ l'anticipation et le modèle de "ceux qui aiment Dieu" (Rm 8, 28). Dans la prédestination de Jésus est inscrite la prédestination de Marie, ainsi que celle de chaque personne humaine. Dans le "me voici" du Fils trouve écho le fidèle "me voici" de la Mère (cf. He 10, 6), ainsi que le "me voici" de tous les enfants adoptifs dans le Fils, précisément de chacun de nous.

    [...]

    Et ensuite, l'amour pour la Vierge. Nous sommes en effet ici, aujourd'hui, pour commémorer un grand acte de foi, que vos pères accomplirent il y a un siècle en confiant leur vie à la Mère du Christ, lorsqu'ils la choisirent comme la plus grande Patronne de l'île. Ils ne pouvaient pas encore savoir que le xx siècle aurait été un siècle très difficile, mais ce fut certainement dans cette consécration à Marie qu'ils trouvèrent ensuite la force pour affronter les difficultés survenues, en particulier avec les deux guerres mondiales. Il ne pouvait en être qu'ainsi. Chers amis de la Sardaigne, votre île ne pouvait avoir d'autre protectrice que la Vierge. Elle est la Mère, la Fille et l'Epouse par excellence: "Sa Mama, Fiza, Isposa de su Segnore", comme vous aimez le chanter. La mère qui aime, protège, conseille, console, donne la vie, pour que la vie naisse et dure. La fille qui honore sa famille, toujours attentive aux nécessités des frères et des sœurs, attentive à rendre sa maison belle et accueillante. L'épouse, capable d'amour fidèle et patient, de sacrifice et d'espérance. En Sardaigne, 350 églises et sanctuaires sont consacrés à Marie. Un peuple de mères se reflète dans l'humble jeune fille de Nazareth, qui avec son "oui" a permis au Verbe de devenir chair.

    Je sais bien que Marie est dans votre cœur. Après cent ans, nous voulons aujourd'hui la remercier pour sa protection et lui renouveler notre confiance, en reconnaissant en Elle l'"Etoile de la nouvelle évangélisation", à l'école de laquelle apprendre comment apporter le Christ Sauveur aux hommes et aux femmes de notre époque. Que Marie vous aide à apporter le Christ aux familles, petites églises domestiques et cellules de la société, ayant aujourd'hui plus que jamais besoin de confiance et de soutien, aussi bien sur le plan spirituel que social. Qu'Elle vous aide à trouver les stratégies pastorales opportunes pour faire en sorte que les jeunes, porteurs par nature d'un nouvel élan, mais souvent victimes du nihilisme diffus, assoiffés de vérité et d'idéaux précisément lorsqu'ils semblent les nier, rencontrent le Christ. Qu'Elle vous rende capables d'évangéliser le monde du travail, de l'économie, de la politique, qui a besoin d'une nouvelle génération de laïcs chrétiens engagés, capables de chercher avec compétence et rigueur morale des solutions de développement durable. Dans tous ces aspects de l'engagement chrétien vous pouvez toujours compter sur la direction et le soutien de la Sainte Vierge. Confions-nous donc à son intercession maternelle.

    Marie est le port, le refuge et la protection pour le peuple sarde, qui a en lui la force du chêne. Les tempêtes s'abattent et ce chêne résiste; les incendies font rage et celui-ci bourgeonne à nouveau; la sécheresse survient et celui-ci vainc encore. Renouvelons donc avec joie notre consécration à une Mère aussi attentive. Les générations des Sardes, j'en suis certain, continueront à monter au sanctuaire de Bonaria pour invoquer la protection de la Vierge. Qui se confie à Notre-Dame de Bonaria, Mère miséricordieuse et puissante, ne sera jamais déçu. Que Marie, Reine de la paix et Etoile de l'espérance, intercède pour nous. Amen!


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE SUR LE PARVIS DU SANCTUAIRE
    DE NOTRE-DAME DE BONARIA
    7 septembre 2008


    © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    D’habitude, les missionnaires sont envoyés en mission par petits groupes de deux ou plus. C’est ainsi que Jésus envoyait les premiers apôtres et disciples. Une personne laïque peut être accompagnée par son époux/épouse. Les religieux et les religieuses partent en mission avec d’autres membres de leur congrégation en Zambie ou au Zimbabwe, en Corée ou en Chine, entre autres, mais où qu’ils aillent, ils n’y vont jamais seuls.

    Le Saint-Esprit les guide et la Bonne Nouvelle de l’Evangile est le trésor qu’ils partagent. Et, de même que nous prions ce mois-ci avec le Pape, Marie accompagne également tous les missionnaires.

    Marie a accompagné Jésus et veillé sur lui depuis le moment de l’Annonciation, depuis la naissance à Bethléem et pendant la vie cachée à Nazareth. Marie était présente au premier miracle de Cana, le premier mystère de la Lumière. Elle était avec Jésus dans la montée au Calvaire, comme nous le rappelle la quatrième station du Chemin de la Croix et elle est restée près de son Fils au pied du Crucifix.

    Marie ne fut pas l’un des apôtres envoyés par Jésus aux extrémités de la terre pour enseigner toutes les nations, mais elle fut au Cénacle avec les apôtres qui se préparaient à entreprendre leur mission. Elle attendit pieusement avec eux que descende l’Esprit pour les fortifier. Le pape Paul VI décrit la forte présence de Marie en ces mots: «Le matin de la Pentecôte, elle présida par la prière au début de l’évangélisation sous l’action de l’Esprit Saint : puisse Marie être l’Etoile de l’évangélisation sans cesse renouvelée que l’Eglise, docile au mandat de son Seigneur, doit promouvoir et accomplir, spécialement en ces temps difficiles mais remplis d’espérance ! » (Exhortation apostolique : Evangelii nuntianti, 82).

    En ce mois, nous prions donc pour que chaque missionnaire éprouve la présence entraînante, compatissante et aimante de Marie. Les chrétiens ont su pendant ces deux mille années que personne ne saurait comprendre Jésus-Christ ni vivre avec lui sans honorer et respecter Marie, sa mère. Tout comme Marie a donné naissance à Jésus en ce monde il y a deux mille ans, puisse-t-elle une fois encore, Etoile de l’évangélisation, accompagner aujourd’hui les missionnaires et les assister à donner naissance à Jésus dans le cœur des hommes et des femmes de notre temps.


    Rév. Peter Schineller, s.j.
    Archiviste de la province de New-York de la Société de Jésus





    INTENTION GENERAL - JUIN


    Le Christ présent dans l’Eucharistie

    Pour que les croyants sachent reconnaître, dans l’Eucharistie, la présence vivante du Ressuscité qui les accompagne dans la vie quotidienne.


    L’Eucharistie est aussi un modèle de démarche chrétienne, qui doit façonner toute notre existence. C’est le Christ qui nous convoque pour nous rassembler, pour constituer l’Église, son Corps au milieu du monde. Pour accéder aux deux tables de la Parole et du Pain, nous devons d’abord accueillir le pardon de Dieu, ce don qui nous relève sur notre route quotidienne, qui restaure en nous l’image divine et qui nous montre à quel point nous sommes aimés. Puis, comme au pharisien Simon, dans l’Évangile de Luc, Jésus s’adresse sans cesse à nous par l’Écriture: «J’ai quelque chose à te dire» (7, 40). En effet, toute parole de l’Écriture est pour nous une parole de vie, qu’il nous faut écouter avec beaucoup d’attention. De manière toute particulière, l’Évangile constitue le cœur du message chrétien, la révélation totale des mystères divins. En son Fils, la Parole faite chair, Dieu nous a tout dit. En son Fils, Dieu nous a révélé son visage de Père, un visage d’amour, d’espérance. Il nous a montré le chemin du bonheur et de la joie. Pendant la consécration, moment particulièrement fort de l’Eucharistie parce que nous rappelons le sacrifice du Christ, vous êtes appelés à contempler le Seigneur Jésus, comme saint Thomas: «Mon Seigneur et mon Dieu» (Jn 20, 28). Après avoir reçu la Parole de Dieu, après vous être nourris de son corps, laissez-vous transformer intérieurement et recevoir de lui votre mission. En effet, il vous envoie dans le monde, pour être porteurs de sa paix et témoins de son message d’amour. N’ayez pas peur d’annoncer le Christ aux jeunes de votre âge. Montrez-leur que le Christ n’entrave pas votre vie, ni votre liberté; montrez-leur au contraire qu’il vous donne la vraie vie, qu’il vous rend libres pour lutter contre le mal et faire de votre vie quelque chose de beau.

    N'oubliez pas que l'Eucharistie dominicale est une rencontre d'amour avec le Seigneur dont nous ne pouvons pas nous passer. Lorsque vous le reconnaissez "au moment de la fraction du pain", comme les disciples d'Emmaüs, vous devenez ses compagnons. Il vous aidera à grandir et à donner le meilleur de vous-mêmes. Souvenez-vous que dans le pain de l'Eucharistie, le Christ est réellement, totalement et substantiellement présent. C'est donc dans le mystère de l'Eucharistie, pendant la Messe et au cours de l'adoration silencieuse devant le Très Saint Sacrement sur l'autel, que vous ferez sa rencontre d'une manière privilégiée. En ouvrant tout votre être et toute votre vie sous le regard du Christ, vous ne serez pas écrasés - bien au contraire: vous découvrirez que vous êtes l'objet d'un amour infini. Vous recevrez la puissance dont vous avez besoin pour construire vos vies et pour faire les choix qui se présentent à vous chaque jour. Devant le Seigneur, dans le silence de vos cœurs, certains d'entre vous pourront se sentir appelés à le suivre d'une manière plus radicale dans le sacerdoce ou la vie consacrée. N'ayez pas peur de suivre cet appel et d'y répondre avec joie. Comme je l'ai dit au début de mon pontificat, Dieu n'enlève rien à ceux qui se donnent à lui. Au contraire, il leur donne tout. Il vient pour tirer le meilleur de ce qui est en chacun de nous, afin que nos vies puissent fleurir véritablement.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE AUX JEUNES RÉUNIS À L'OCCASION DU
    49 CONGRÈS EUCHARISTIQUE INTERNATIONAL DE QUÉBEC
    21 juin 2008


    © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana



    COMMENTAIRE PASTORAL

    Mère Teresa de Calcutta dit en son temps que la pauvreté la plus grande de notre époque n’est pas la pauvreté matérielle, mais bien la solitude. Nombreuses sont les personnes qui se sentent ou qui sont très seules, fort souvent plongées dans la tristesse et le désespoir. Où trouver un ami ? Aujourd’hui, les réseaux sociaux prolifèrent sur Internet, où l’on peut facilement avoir des centaines d’ « amis », bien que ce soient en réalité de parfaits inconnus. Il y a également sur le réseau des services de recherche en vue d’amitié ou de couple amoureux basés sur les goûts personnels des internautes… qui résultent parfois en véritables rencontres de personnes.

    Nous avons besoin d’être connectés et nous cherchons à l’être, c’est une condition humaine de base, depuis nos premières expériences dans l’utérus maternel, lorsque papa tapotait du doigt le ventre de maman et que nous répondions d’un coup de pied… jusqu’à l’expérience dramatique des mineurs du Chili en 2010, perdus et déconnectés de l’extérieur pendant dix-sept jours angoissants, à 700 mètres sous terre, avant d’être retrouvés.

    Nous pouvons dire que la foi chrétienne est elle-aussi fondamentalement une rencontre, une connexion. Connexion tant avec le Christ ressuscité qu’entre nous, les membres de sa communauté.

    Ce mois-ci, la pétition de prière du Pape nous rappelle une vérité consolatrice : dans chaque Eucharistie, indépendamment de la dévotion ou de l’habilité du prêtre célébrant, le Ressuscité est présent pour nous. Là, comme en un lieu privilégié, nous pouvons nous connecter réellement avec lui et nous nous constituons en une communauté qui célèbre. A la lumière de la Parole de Dieu et sous le voile des symboles sacramentaux, humbles et quotidiens, la personne même de Jésus ressuscité, si bonne et si proche, vient à notre rencontre. Pour le peuple de Dieu qui chemine entre les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses du monde d’aujourd’hui, l’Eucharistie se constitue en une source et en un foyer central de cette connexion à laquelle nous aspirons.

    En tant que chrétiens, nous sommes invités chaque dimanche et, plaise à Dieu, chaque jour, à nous rendre à cette rencontre. Nous demandons la grâce de reconnaître en chaque Eucharistie la face souriante du Seigneur et de nous fortifier par son corps livré pour chacun de nous. Là, nous pouvons confirmer qu’une fois l’Eucharistie accomplie, Il nous suit en nous accompagnant dans notre vie quotidienne, « pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).


    Claudio Barriga, s.j.
    Directeur général délégué de l’Apostolat de la Prière




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Quel est l’aspect ou la partie de la messe qui m’aide davantage à sentir la présence de Jésus ?

    2. Vais-je à la messe hebdomadaire par conviction et par choix personnel, quoique je puisse "ne pas en avoir envie" ? Y vais-je même lorsque le prêtre me semble peu motivant ?

    3. De quelle manière est-ce que je sens que Jésus Ressuscité continue de m’accompagner après ma sortie du temple, dans la vie quotidienne ?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Lc 22,14-22 Institution de l’Eucharistie

    • Mt 28,16-20 Je suis avec vous pour toujours

    • Lc 24,13-35 Les disciples d’Emmaüs : le Ressuscité chemine avec nous




    MISSION INTENTION - JUIN

    Pour que les chrétiens en Europe redécouvrent leur propre identité et participent avec plus d’élan à l’annonce de l’Evangile.


    Les chrétiens en Europe

    De ce lieu, en messager de l’Evangile que Pierre et Jacques signèrent de leur propre sang, je désire porter mon regard vers l’Europe qui vint en pèlerinage à Compostelle. Quelles sont ses grandes nécessités, ses craintes et ses espérances? Quelle est la contribution spécifique et fondamentale de l’Eglise à cette Europe qui, au cours du dernier demi-siècle, a parcouru un chemin vers de nouvelles configurations et vers des projets? Son apport est centré sur une réalité aussi simple et décisive que celle-ci: Dieu existe et c’est Lui qui nous a donné la vie. Lui seul est l’absolu, l’amour fidèle et immuable, le terme infini qui transparaît derrière tous les biens, derrière la vérité et la beauté merveilleuses de ce monde; merveilleuses mais insuffisantes pour le cœur de l’homme. Sainte Thérèse de Jésus le comprit bien quand elle écrivit: «Dieu seul suffit!»

    Il est tragique qu’en Europe, surtout au XIXe siècle, se soit affirmée et ait été défendue la conviction que Dieu est le rival de l’homme et l’ennemi de sa liberté. On voulait ainsi mettre une ombre sur la vraie foi biblique en Dieu qui envoie son Fils Jésus dans le monde pour que personne ne meure mais que tous aient la vie éternelle (cf. Jn 3, 16).

    L’auteur sacré affirme de façon péremptoire devant un paganisme pour lequel Dieu est jaloux de l’homme et le méprise: comment Dieu aurait-il créé toutes les choses s’il ne les avait pas aimées, Lui qui, dans son infinie plénitude, n’a besoin de rien? (cf. Sg 11, 24-26). Comment se serait-il révélé aux hommes s’il n’avait pas voulu les protéger? Dieu est à l’origine de notre être et il est le fondement et le sommet de notre liberté, et non son adversaire. Comment l’homme mortel peut-il être son propre fondement et comment l’homme pécheur peut-il se réconcilier avec lui-même? Comment est-il possible que soit devenu public le silence sur la réalité première et essentielle de la vie humaine? Comment se peut-il que ce qui est le plus déterminant en elle soit enfermé dans la sphère privée ou relégué dans la pénombre? Nous les hommes nous ne pouvons vivre dans les ténèbres, sans voir la lumière du soleil. Alors, comment est-il possible que soit nié à Dieu, soleil des intelligences, force des volontés et boussole de notre cœur, le droit de proposer cette lumière qui dissipe toute ténèbre? Pour cela, il est nécessaire que Dieu recommence à résonner joyeusement sous le ciel de l’Europe; que cette parole sainte ne soit jamais prononcée en vain; qu’elle ne soit pas faussée et utilisée à des fins qui ne sont pas les siennes. Il convient qu’elle soit proclamée saintement! Il est nécessaire que nous la percevions aussi dans la vie de chaque jour, dans le silence du travail, dans l’amour fraternel et dans les difficultés que les années apportent avec elles.

    L’Europe doit s’ouvrir à Dieu, sortir sans peur à sa rencontre, travailler avec sa grâce pour la dignité de l’homme que les meilleures traditions avaient découverte : la tradition biblique – fondement de cet ordre –, et les traditions classique, médiévale et moderne desquelles naquirent les grandes créations philosophiques et littéraires, culturelles et sociales de l’Europe.

    C’est ce Dieu et c’est cet homme qui se sont manifestés concrètement et historiquement dans le Christ. C’est ce Christ, que nous pouvons trouver sur le chemin qui conduit à Compostelle, par le fait que sur ce chemin, il y a une croix qui accueille et oriente aux carrefours. Cette croix, signe suprême de l’amour porté jusqu’à l’extrême, et en cela, don et pardon en même temps, doit être l’étoile qui nous guide dans la nuit du temps. La Croix et l’amour, la Croix et la lumière ont été synonymes dans notre histoire, parce que le Christ s’est laissé clouer sur elle pour nous donner le suprême témoignage de son amour, pour nous inviter au pardon et à la réconciliation, pour nous enseigner à vaincre le mal par le bien. Ne cessez pas d’apprendre les leçons de ce Christ des carrefours des chemins et de la vie, en Lui nous rencontrons Dieu comme ami, père et guide. O croix bénie, brille toujours sur les terres d’Europe!

    Permettez que je proclame depuis ce lieu la gloire de l’homme, que j’avertisse des menaces envers sa dignité par la privation de ses valeurs et de ses richesse originaires, par la marginalisation ou la mort infligée aux plus faibles et aux plus pauvres ! On ne peut rendre un culte à Dieu sans protéger l’homme, son fils, et on ne sert pas l’homme sans s’interroger sur qui est son Père et sans répondre à la question sur lui. L’Europe de la science et des technologies, l’Europe de la civilisation et de la culture, doit être en même temps l’Europe ouverte à la transcendance et à la fraternité avec les autres continents, ouverte au Dieu vivant et vrai à partir de l’homme vivant et vrai. Voilà ce que l’Eglise désire apporter à l’Europe: avoir soin de Dieu et avoir soin de l’homme, à partir de la compréhension qui, de l’un et l’autre, nous est offerte en Jésus Christ.

    [...]

    Que saint Jacques, l’ami du Seigneur, obtienne d’abondantes bénédictions pour la Galice, pour les autres peuples de l’Espagne, de l’Europe et de tant d’autres lieux par delà les mers où l’Apôtre est signe d’identité chrétienne et promoteur de l’annonce du Christ! Amen!


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE À L'OCCASION
    DE L'ANNÉE SAINTE COMPOSTELLANE
    6 novembre 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    Depuis près de deux mille ans, la foi chrétienne travaille l’Europe. C’est au cœur de l’empire romain – dans la ville même de Rome – que les apôtres Pierre et Paul ont rendu, par leur martyre, un ultime témoignage au Christ mort et ressuscité. Une longue histoire a alors commencé. Elle est faite de pages glorieuses et d´heures sombres.

    Les missionnaires ont sillonné l’Europe, et ils ont fait de ce continent une terre où le christianisme s’est profondément enraciné. De grandes figures peuvent être rappelées: Benoît, Colomban, Cyrille et Méthode par exemple. Plus tard, une grande ardeur missionnaire a incité des hommes et des femmes d’Europe à quitter leur terre d’origine pour annoncer Jésus-Christ à l’autre bout du monde.

    Mais le christianisme en Europe a également été traversé par la division et les violences fratricides, les incompréhensions et les persécutions. Il lui a fallu traverser ces épreuves. Génération après génération, les chrétiens d’Europe ont dû se remettre à l’écoute de Celui qui a dit à ses apôtres qu’il était avec eux jusqu’à la fin des temps.

    Aujourd’hui, le christianisme en Europe connaît un temps de crise. Beaucoup d’Européens se forment en théologie et lisent la Bible, mais un plus grand nombre encore ont perdu leurs racines chrétiennes. Beaucoup de signes indiquent la présence d’une soif spirituelle, mais bien des paroisses se vident. Beaucoup de chrétiens vivent leur baptême comme un engagement personnel très profond, mais une résistance à annoncer l’Evangile est perceptible.

    Les chrétiens se trouvent en Europe à un moment bien particulier de leur longue histoire. Ils héritent d’un passé, mais ils ne sont pas prisonniers de ce passé. Leur histoire n’est pas un patrimoine à saisir, mais plutôt un don à accueillir pour mieux vivre l’aujourd´hui de Dieu. Leur identité se trouve dans un rapport à l’histoire ouvert au Dieu qui est, qui était et qui vient. Comment porter l’Evangile dans un monde où l’essor des technologies a fait apparaître des questions morales nouvelles? Comment porter l’Evangile dans un monde où des populations d’origines très diverses – et en particulier de traditions religieuses différentes – se côtoient au quotidien? Comment porter l’Evangile dans un monde où le rapport à l’autorité est transformé?

    Aujourd’hui, alors que le monde connaît de profonds bouleversements, les chrétiens en Europe sont invités à redécouvrir la richesse du don qui leur a été fait en Jésus-Christ et à apprendre à nouveau à donner à autrui ce qu’ils ont eux-mêmes reçu. Aujourd’hui comme au fil de ces deux mille années où l’expérience chrétienne a pétri l’Europe, l’Esprit est à l’œuvre ! Il ouvre de nouveaux chemins de vie. Accueillons sa présence et mettons-nous en route !


    Père Antoine Kerhuel, sj
    Conseilleur et Assistante du Père Général de la Compagnie de Jésus






    INTENTION GENERAL - JUILLET


    La sécurité de l’emploi

    Pour que tous puissent avoir un travail et l’effectuer dans des conditions de stabilité et de sécurité.


    32. Les grandes nouveautés, que le domaine du développement des peuples présente aujourd’hui, appellent en de nombreux cas des solutions neuves. Celles-ci doivent être recherchées en même temps dans le respect des lois propres à chaque réalité et à la lumière d’une vision intégrale de l’homme qui prenne en compte les différents aspects de la personne humaine, considérée avec un regard purifié par la charité. On découvrira alors de singulières convergences et des possibilités concrètes de solution, sans renoncer à aucune composante fondamentale de la vie humaine.

    La dignité de la personne et les exigences de la justice demandent, aujourd’hui surtout, que les choix économiques ne fassent pas augmenter de façon excessive et moralement inacceptable les écarts de richesse [83] et que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous. Tout bien considéré, c’est ce que la « raison économique » exige aussi. L’accroissement systémique des inégalités entre les groupes sociaux à l’intérieur d’un même pays et entre les populations des différents pays, c’est-à-dire l’augmentation massive de la pauvreté au sens relatif, non seulement tend à saper la cohésion sociale et met ainsi en danger la démocratie, mais a aussi un impact négatif sur le plan économique à travers l’érosion progressive du « capital social », c’est-à-dire de cet ensemble de relations de confiance, de fiabilité, de respect des règles, indispensables à toute coexistence civile.

    C’est encore la science économique qui nous montre qu’une situation structurelle d’insécurité produit des comportements anti-productifs et des gaspillages de ressources humaines, dans la mesure où le travailleur tend à s’adapter passivement aux mécanismes automatiques, au lieu de libérer sa créativité. Sur ce point également, il existe une convergence entre science économique et évaluation morale. Les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctionnements économiques entraînent toujours des coûts humains.

    [...]

    63. En considérant les problèmes du développement, on ne peut omettre de souligner le lien étroit existant entre pauvreté et chômage. Dans de nombreux cas, la pauvreté est le résultat de la violation de la dignité du travail humain, soit parce que les possibilités de travail sont limitées (chômage ou sous-emploi), soit parce qu’on mésestime « les droits qui en proviennent, spécialement le droit au juste salaire, à la sécurité de la personne du travailleur et de sa famille » [143]. C’est pourquoi, le 1er mai 2000, mon Prédécesseur de vénérée mémoire, Jean-Paul II, lançait un appel à l’occasion du Jubilé des Travailleurs pour « une coalition mondiale en faveur du travail digne » [144], en encourageant la stratégie de l’Organisation Internationale du Travail. De cette manière, il donnait une forte réponse morale à cet objectif auquel aspirent les familles dans tous les pays du monde. Que veut dire le mot « digne » lorsqu’il est appliqué au travail? Il signifie un travail qui, dans chaque société, soit l’expression de la dignité essentielle de tout homme et de toute femme: un travail choisi librement, qui associe efficacement les travailleurs, hommes et femmes, au développement de leur communauté; un travail qui, de cette manière, permette aux travailleurs d’être respectés sans aucune discrimination; un travail qui donne les moyens de pourvoir aux nécessités de la famille et de scolariser les enfants, sans que ceux-ci ne soient eux-mêmes obligés de travailler; un travail qui permette aux travailleurs de s’organiser librement et de faire entendre leur voix; un travail qui laisse un temps suffisant pour retrouver ses propres racines au niveau personnel, familial et spirituel; un travail qui assure aux travailleurs parvenus à l’âge de la retraite des conditions de vie dignes.


    BENOÎT XVI
    LETTRE ENCYCLIQUE
    CARITAS IN VERITATE
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    COMMENTAIRE PASTORAL

    Un jour d’il y a environ un an, un ami m’a demandé à quelle heure j’allais au travail chaque jour. J’ai hésité à répondre, parce que j’ai dû me rappeler quel était mon ‘travail’ et cela tout simplement parce que je ne voyais pas l’activité qui était la mienne chaque jour comme un ‘travail’, mais plutôt comme ce que je ‘faisais’. Le mot ‘travail’ chargeait d’un accent négatif l’activité que j’exerçais en tant que curé d’une paroisse et directeur du ministère catholique du campus d’une université de l’Etat.

    J’imagine que le mot ‘travail’ a hérité sa mauvaise image de l’histoire du bannissement d’Adam et Eve du jardin d’Eden, qu’ils ont dû labourer dur pour prix de leur chute. Est-ce que cela signifie qu’avant la chute ils n’avaient pas à cueillir leur nourriture des arbres? Qu’ils ne devaient pas préparer la viande avant de la cuire? Qu’ils ne se souciaient pas de la propreté ni de ‘l’évacuation des ordures’? Bien sûr qu’ils avaient à s’occuper de ces choses… Je ne sais pas comment ils les appelaient avant la chute, mais c’est après qu’elles ont pris cet affreux nom de ‘travail’. Où est la différence? Pourquoi le travail a-t-il cette connotation de fardeau? S’agit-il d’un mal nécessaire?

    La différence réside peut-être dans le changement de votre point de vue. Si nous sommes plus conscients de ce que nous ne possédons pas, le travail devient alors la fâcheuse nécessité d’éliminer ce désir – un désir qui ne sera jamais totalement assouvi. Nous devenons las du travail à force de nous évertuer à faire des choses à cause d’une sensation de manque. Ce coup de dent dans la pomme détourne notre regard d’une réelle et joyeuse appréciation de ce que nous avons vers ce qui n’est pas et peut-être même ternit notre appréciation de ce que nous avons vraiment. En fait, la Genèse commence par le récit de Dieu travaillant six jours et puis se reposant le septième jour en se réjouissant de ce qu’Il a fait. Son ‘travail’ n’a pas été un fardeau, mais plutôt la jouissance de la création de quelque chose de nouveau, la jouissance du don de Soi. Non, le travail n’est pas mauvais : s’il est fait à l’image et à la ressembance de Dieu, il nous permet de coopérer à l’oeuvre créatrice de Dieu.

    Bien entendu, nous avons tous des besoins, certains plus et d’autres moins, mais il serait naïf de nier cela. Certaines périodes de notre vie sont plus pesantes que d’autres, demandant plus d’efforts, des dépenses d’énergie plus considérables, et quelquefois même chargées d’exigences qui vont au-delà de ce que nous nous croyons capables de faire. A ces moments là, le travail peut nous sembler une affaire négative, un fardeau écrasant. D’ailleurs, même dans les ‘bons moments’, notre culture attire subtilement notre attention sur ce que nous n’avons pas. N’importe quelle annonce dans un journal ou à la télévision joue sur la présomption qu’il vous manque quelque chose et qu’elle vous offre quelque chose dont vous avez besoin. (Avez-vous jamais vu une annonce qui tout simplement vous ferait ses compliments sur ce que vous êtes ou que vous avez ?)

    Demandons au Seigneur de nous apprendre à parfaire notre faculté d’apprécier davantage ce que nous avons : notre vie, nos talents, les gens importants qui nous entourent, et les richesses qui ne sont importantes que pour nous-mêmes. Alors, prenant appui sur cette connaissance, nous pourrons poursuivre avec Dieu le processus continu de la création, ou plutôt de recréation au bénéfice de tous.

    Avec le Saint-Père, nous prions en ce mois pour que tout le monde puisse avoir du travail et que chacune et chacun puisse en vivre avec joie, dans des conditions sûres et garanties.


    Thomas McClain, s.j.
    Trésorier général de la Société de Jésus




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Quelles sont les conséquences dont souffre une famille lorsque les adultes ne trouvent pas de sources de travail?

    2. Est-ce que nous considérons notre travail comme un mode de collaboration à l’oeuvre de Dieu? De quelle façon est-ce que je l’exprime?

    3. La prière d’offrande quotidienne de ma vie m’aide-t-elle à mieux effectuer mon travail? De quelle manière?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Gn 3,17-19 La dureté du travail

    • 2 Th 3,6-15 Le devoir de travailler

    • Jn 5,17-18 Mon Père travaille et je travaille moi aussi

    • Mt 21,28-32 Parabole des deux fils




    MISSION INTENTION - JUILLET

    Pour que les volontaires chrétiens, présents dans les territoires de mission, sachent témoigner de la charité du Christ.


    Les volontaires chrétiens

    Grâce à Dieu, pour beaucoup de personnes, c'est une question d'honneur de s'engager volontairement pour les autres, pour une association, pour une union ou pour des situations déterminées de bien commun. Un tel engagement représente avant tout une occasion de former sa personnalité et de s'insérer à travers une contribution active et responsable dans la vie sociale. Toutefois, la disponibilité à l'égard du volontariat se fonde parfois sur des motivations multiples et diverses. Souvent, il y a simplement à l'origine le désir de faire quelque chose qui ait un sens et qui soit utile et de s'ouvrir à de nouveaux domaines d'expérience. Naturellement et à juste titre, les jeunes y cherchent également la joie et l'occasion de vivre des choses belles, une expérience d'authentique camaraderie dans une activité commune riche de sens. Souvent, les idées et les initiatives personnelles sont liées à un amour concret pour le prochain; ainsi, la personne est intégrée dans une communauté qui la soutient. A cet égard, je voudrais exprimer mon remerciement très sincère pour la "culture du volontariat" très marquée en Autriche. Je voudrais remercier toutes les femmes, tous les hommes, tous les jeunes et tous les enfants - l'engagement des enfants dans le volontariat, en effet, est souvent important: il suffit de penser à l'action des "Sternsinger" lors du temps de Noël; et vous, cher Monseigneur, l'avez déjà mentionné. Je voudrais en particulier exprimer mes remerciements également pour les petits et grands services et efforts qui ne sautent pas toujours aux yeux. Merci et "Vergelt's Gott" pour votre contribution à l'édification de la "civilisation de l'amour" qui se place au service de tous et qui crée la Patrie! On ne peut déléguer l'amour du prochain; l'Etat et la politique, même avec leurs nécessaires préoccupations sociales - c'est ce que vous avez affirmé, Monsieur le Président - ne peuvent s'y substituer. L'amour du prochain exige toujours un engagement personnel et volontaire, pour lequel l'Etat peut et doit certainement créer les conditions d'ensemble favorables. Grâce à cet engagement, l'aide conserve sa dimension humaine et n'est pas dépersonnalisée. Et c'est précisément la raison pour laquelle vous, volontaires, n'êtes pas des "bouche-trous" dans le réseau social, mais des personnes qui contribuent véritablement à manifester le visage humain et chrétien de notre société.

    Les jeunes désirent précisément que leurs capacités et leurs talents soient "suscités et découverts". Les volontaires veulent être impliqués personnellement. "J'ai besoin de toi!", "Tu en es capable!"; combien une telle demande nous fait du bien! Précisément dans sa simplicité humaine, elle nous renvoie de façon indirecte à ce Dieu qui a voulu chacun de nous et qui a donné un devoir personnel à chacun de nous, et même, qui a besoin de chacun de nous et qui attend notre engagement. Ainsi, Jésus a appelé les hommes et leur a donné le courage de faire une grande chose, que seuls, ils ne se seraient pas sentis capables de faire. Se laisser appeler, se décider, puis entreprendre un chemin sans se poser l'habituelle question relative à l'utilité et au profit - ce comportement laissera des traces bénéfiques. Leurs saints ont indiqué cette voie à travers leur vie. Il s'agit d'un chemin riche et passionnant, un chemin généreux et précisément aujourd'hui, actuel. Le "oui" à un engagement dans le volontariat et la solidarité est une décision qui rend libre et qui ouvre aux nécessités de l'autre; aux exigences de la justice, de la défense de la vie et de la sauvegarde de la création. Dans les engagements dans le volontariat entre en jeu la dimension-clé de l'image chrétienne de Dieu et de l'homme: l'amour de Dieu et l'amour du prochain.

    Chers volontaires, mesdames et messieurs! S'engager à titre volontaire constitue un écho de la gratitude et c'est la transmission de l'amour reçu. "Deus vult condiligentes - Dieu veut des personnes qui aiment avec Lui", affirmait le théologien Duns Scot au XIV siècle (1). Vu sous cet angle, l'engagement bénévole est lié dans une large mesure à la Grâce. Une culture qui veut tout compter et tout payer, qui place le rapport entre les hommes dans une sorte de carcan de droits et de devoirs, fait l'expérience, grâce aux innombrables personnes engagées à titre bénévole, que la vie même est un don non mérité. Quelque différentes, multiples, ou même contradictoires que puissent être les motivations et même les voies de l'engagement dans le volontariat, à la base de toutes figure, en dernière analyse, la communion profonde qui jaillit de la "gratuité". C'est gratuitement que nous avons reçu la vie de notre Créateur, gratuitement que nous avons été libérés de l'impasse du péché et du mal, gratuitement que nous a été donné l'Esprit avec ses multiples dons. Dans mon Encyclique, j'ai écrit: "L'amour est gratuit. Il n'est pas utilisé pour parvenir à d'autres fins" [2]. "Celui qui peut aider reconnaît que c'est justement de cette manière qu'il est aidé lui aussi. Le fait de pouvoir aider n'est ni son mérite ni un titre d'orgueil. Cette tâche est une grâce" [3]. Nous transmettons gratuitement ce que nous avons reçu, à travers notre engagement, notre fonction dans le volontariat. Cette logique de la gratuité se situe au-delà des simples droits et devoirs moraux.

    Sans engagement dans le volontariat, le bien commun et la société ne pouvaient pas, ne peuvent et ne pourront pas perdurer. La disponibilité spontanée vit et se démontre au-delà du calcul et de l'échange attendu; elle brise les règles de l'économie de marché. En effet, l'homme est beaucoup plus qu'un simple facteur économique à évaluer selon des critères économiques. Le progrès et la dignité d'une société dépendent toujours à nouveau précisément des personnes qui font davantage que leur strict devoir.

    Mesdames et Messieurs! L'engagement dans le volontariat est un service à la dignité de l'homme fondée sur le fait qu'il a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Irénée de Lyon, au II siècle, a dit: "La gloire de Dieu est l'homme vivant et la vie de l'homme est la vision de Dieu" [4]. Et Nicola Cusano, dans son œuvre sur la vision de Dieu, a développé cette pensée de la façon suivante: "Etant donné que l'œil est là où se trouve l'amour, je sens que Tu m'aimes... Ton regard, Seigneur, est amour... En posant ton regard sur moi, Toi, Dieu caché, tu me laisses T'entrevoir... Ton regard est vivifiant... Ton regard signifie agir" [5]. Le regard de Dieu - le regard de Jésus nous contamine par l'amour de Dieu. Il y a des regards qui peuvent se poser dans le vide ou même mépriser. Et des regards qui peuvent apporter une sollicitude et exprimer l'amour. Les personnes engagées bénévolement confèrent au prochain une considération, rappellent la dignité de l'homme et suscitent la joie de vivre et l'espérance. Les représentants du volontariat sont des gardiens et des avocats des droits de l'homme et de sa dignité.

    Une autre forme de regard est également liée au regard de Jésus. "Il le vit et passa outre", lit-on dans l'Evangile du prêtre et du lévite qui voient l'homme à demi-mort gisant au bord de la route, mais qui n'interviennent pas (cf. Lc 10, 31.32). Il y a ceux qui voient et qui font semblant de ne pas voir, ceux qui voient les situations de besoin sous leurs yeux, mais qui demeurent indifférents, cela fait partie des courants d'indifférence de notre époque. Dans le regard des autres, précisément dans le regard de ceux qui ont besoin de notre aide, nous ressentons l'exigence concrète de l'amour chrétien. Jésus Christ ne nous enseigne pas une mystique "des yeux fermés", mais une mystique "du regard ouvert", et à travers cela, une mystique du devoir absolu de percevoir la condition des autres, la situation dans laquelle se trouve l'homme qui, selon l'Evangile, est notre prochain. Le regard de Jésus, l'école des yeux de Jésus introduit à une proximité humaine, à la solidarité, au partage du temps, au partage des dons et également des biens matériels. C'est pourquoi "les personnes qui œuvrent dans les Institutions caritatives doivent se distinguer par le fait qu'elles ne se contentent pas d'exécuter avec dextérité le geste qui convient sur le moment, mais qu'elles se consacrent à autrui avec des attentions qui leur viennent du cœur [...] Ce cœur voit où l'amour est nécessaire et il agit en conséquence" [6]. Oui, "il me faut devenir quelqu'un qui aime, une personne dont le cœur se laisse bouleverser par la détresse de l'autre. C'est alors que je trouverai mon prochain, ou plus exactement, c'est alors que je serai trouvé par lui" [7].

    Enfin, le commandement de l'amour de Dieu et du prochain (cf. Mt 22, 37-40; Lc 10, 27) nous rappelle que c'est à Dieu lui-même, à travers l'amour du prochain, que nous, chrétiens, rendons honneur. Monseigneur Kothgasser a déjà cité la parole de Jésus: "Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40). Si dans l'homme concret que nous rencontrons, Jésus est présent, alors l'activité à titre bénévole peut devenir une expérience de Dieu. La participation aux situations et aux nécessités des hommes conduit à une façon "nouvelle" d'être ensemble et agit "en donnant du sens". Ainsi, le service bénévole peut aider à faire sortir les personnes de l'isolement et à les intégrer dans la communauté.

    Enfin, je voudrais rappeler la force et l'importance de la prière pour tous ceux qui sont engagés dans le travail caritatif. La prière à Dieu est une voie qui permet de sortir de l'idéologie et de la résignation face à l'infinitude du besoin. "En effet, les chrétiens continuent de croire, malgré toutes les incompréhensions et toutes les confusions du monde qui les entoure, en la "bonté de Dieu" et en "sa tendresse pour les hommes" (Tt 3, 4). Bien que plongés comme tous les autres hommes dans la complexité dramatique des événements de l'histoire, ils restent fermes dans la certitude que Dieu est Père et qu'il nous aime, même si son silence nous demeure incompréhensible" [8]

    Chers collaborateurs volontaires et à titre honorifique des œuvres d'assistance en Autriche, Mesdames, Messieurs! Lorsqu'une personne ne fait pas seulement son devoir dans la profession et dans la famille - et pour bien le faire, il faut déjà une grande force et un grand amour - mais qu'elle s'engage également pour les autres, en mettant son temps précieux au service de l'homme et de sa dignité, son cœur s'élargit. Les volontaires ne conçoivent pas l'idée de prochain de façon restrictive; ils reconnaissent également dans "celui qui est loin" notre prochain qui est accepté par Dieu et qui, avec notre aide, doit être également touché par l'œuvre de rédemption réalisée par le Christ. L'autre, le prochain dans le sens évangélique, devient pour nous comme un partenaire privilégié face aux pressions et aux contraintes du monde dans lequel nous vivons. Celui qui respecte la "priorité du prochain", vit et agit selon l'Evangile et prend part également à la mission de l'Eglise, qui regarde toujours l'homme dans son ensemble et qui veut lui faire ressentir l'amour de Dieu. Chers volontaires, l'Eglise soutient pleinement votre service. Je suis convaincu que de nombreuses Bénédictions proviendront également à l'avenir des volontaires d'Autriche et je vous accompagne tous par ma prière. Je demande pour vous tous la joie du Seigneur (cf. Ne 8, 10), qui est notre force. Que le Bon Dieu soit toujours proche de vous et vous guide constamment à l'aide de sa grâce.


    BENOÎT XVI
    RENCONTRE AVEC LE MONDE DU VOLONTARIAT
    Wiener Konzerthaus, Vienne
    9 septembre 2007


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    Quelques clés du VOLONTARIAT CHRETIEN

    Par volontaire chrétien, nous entendons la personne qui consacre une partie de son temps, de son énergie ou de ses biens à sa collaboration libre et gratuite à une cause. Nous avons pu constater, de nos jours, que cette forme de service était en vogue en une société lasse de tant de mots vides mais chercheuse d’action.

    Certes, nous pourrions dire que le volontariat a toujours existé dans la tradition de l’Eglise, sous diverses dénominations. Nous pouvons tout autant soutenir que chaque chrétien est appelé à être toujours "volontaire" pour l’amour du Christ et attentif au service de ses frères et de ses soeurs. Cela se vérifie dans nos paroisses et institutions: que ce soit dans le cadre de tâches intra-ecclésiales, de tâches d’aide aux plus nécessiteux, dans l’éducation des enfants, chez les catéchistes, les visiteurs de malades, les groupes solidaires, les choeurs liturgiques, etc.

    Ce qui est spécifique au volontaire chrétien, c’est qu’il suit le Christ qui inspire et motive son service. Un volontaire non-chrétien peut réaliser des tâches très semblables aux nôtres et même avec une efficacité technique supérieure, mais son action ne sera pas entraînée par la motivation qui nous pousse à l’imitation du Christ et de son Coeur charitable et accueillant envers tous.


    Claudio Barriga, S.J.



    Partageons avec vous un témoignage venant d’un département carcéral de l’Inde, tiré d’un site web catholique: http://thecsf.org/csf/2011/06/07/catholic-volunteers-impress-jail-officials/


    Des volontaires catholiques impressionnent des fonctionnaires de prison
    Le 7 juin 2011


    Un fonctionnaire principal d’une prison du Nord-Est du pays dit qu’il voudrait rejoindre le service catholique des prisons après avoir vu le travail "bienfaisant" de ses volontaires.

    «Ce que font les volontaires du service des prisons est vraiment remarquable et j’apprécie leur générosité», dit P. K. Saikia, Directeur de la prison fédérale de Guwahati.

    Invité à prendre la parole à la réunion régionale du service catholique des prisons, ce Directeur dit qu’il venait à peine de réaliser l’importance du travail accompli par les volontaires en faveur du bien-être des prisonniers en janvier dernier. En outre, l’invitation à la réunion lui avait donné l’occasion de lire les buts et les objectifs du service.

    Convaincu de l’impact des volontaires sur les prisonniers, il avait demandé à l’Inspecteur général de l’Assam que les volontaires aient la permission de visiter la prison quatre fois par mois au lieu d’une fois seulement.

    Saikia dit qu’il aimerait rejoindre le service catholique des prisons après sa retraite et faire de la publicité pour le mouvement dans le Nord-Est de l’Inde.

    «Je suis sûr que ce service pourrait également faire du bon travail dans d’autres Etats de cette partie de l’Inde», ajouta-t-il.

    Saikia dit que sa tâche courante était "très différente" et très dure, car la prison de Guwahati abrite aussi bien les pires terroristes que les petits voleurs à la sauvette.

    Il dit aussi que des visites fréquentes aideraient les volontaires à mieux comprendre les prisonniers.

    «Si nous prenons des mesures bien accordées aux nécessités des détenus, nous serons capables d’atteindre les buts que nous souhaitons» ajouta Saikia, qui a passé 30 ans en tant que fonctionnaire des prisons.

    Il dit que pas plus de 200 des 783 détenus de la prison de Guwahati sont de vrais criminels endurcis. «Les autres sont poussés au délit. L’argent peut tout faire,» conclut-il avec regret.






    INTENTION GENERAL - AOÛT


    Les prisonniers

    Pour que les prisonniers soient traités avec justice et que leur dignité humaine soit respectée.


    Mes biens chers frères et soeurs:

    1. Ma visite à cette institution de réadaptation sociale veut être la preuve de l’affection et de la sollicitude du Successeur de Pierre pour vous tous, qui êtes ici présents, et pour toutes les personnes privées de liberté.

    (…)

    Ce matin, je veux vous faire part de quelques réflexions sur la Parole de Dieu, dans le seul désir qu’elles puissent illuminer vos aspirations et vos espérances, et soulager vos tristesses et vos désillusions. Je sais que vous vous trouvez dans une situation difficile et douloureuse. Le Pape, qui vous accompagne quotidiennement par sa pensée et sa prière, invoque pour vous l’aide de Dieu. Que sa grâce et sa faveur vous soutiennent même au sein des contraintes que votre vie quotidienne comporte.

    2. Dans l’Evangile, Jésus nous dit ceci : « Venez à moi vous tous qui êtes peinés et accablés ; je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous, et recevez mes leçons, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le soulagement pour vos âmes ; oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » (Mt 11, 28-30). Tel est l’appel constant que le Seigneur fait à tous les hommes, et en particulier à ceux dont il souhaite qu’ils découvrent le sens salvateur de la douleur.

    La rencontre avec vous, chers frères, m’émeut profondément. Je m’imagine combien de choses agitent votre cœur, et combien de souhaits inaccomplis le remplissent de douleur et de nostalgie. En tant que frère aîné dans le Christ, mon souhait serait de pouvoir partager avec chacun d’entre vous une conversation intime et tranquille au cours de laquelle nous pourrions avoir un dialogue d’espérance et d’amour et passer en revue vos expériences personnelles, les frustrations du passé, les plans que vous envisagez pour l'avenir et particulièrement la situation actuelle de vos familles. Un tel dialogue, j'en suis certain, mettrait à découvert à la fois la richesse de vos sentiments et la grande humanité qui se cache en chacun de vous. Je sais que vous me manifesteriez ce que chacun porte en soi. Malheureusement, les circonstances ne nous permettent pas de partager quelques minutes seul à seul, mais mon souhait est que vous receviez mes paroles comme si elles étaient prononcées pour chacun de vous en particulier.

    Le Christ est le seul qui puisse donner un sens à notre vie. En Lui se rencontrent la paix, la sérénité, la libération complète, parce qu’Il nous libère de l’esclavage radical, - origine de tous les autres -, que constitue le péché, et parce qu'Il inspire en nos cœurs le désir de la liberté authentique, fruit de la grâce de Dieu, qui guérit et qui rénove ce qu'il y a de plus intime dans la personne humaine.

    La liberté que le Christ nous offre commence par l’intérieur de l’homme, et s’affirme avant tout dans l’ordre moral; c’est là que l’égoïsme, la haine, la violence et le désordre prennent racine. Le Christ est venu racheter l’homme du péché qui le prive de sa liberté: «quiconque commet le péché est esclave du péché» (Jn 8, 34), dit Jésus dans l’Evangile. C'est de cet esclavage qu’il veut tous nous libérer.

    Personne n'est exempt du besoin de cette libération du Christ, car personne, d’une façon plus ou moins grave, n’a manqué d'être ou ne soit encore, dans une certaine mesure, prisonnier de soi-même et de ses passions. Nous avons tous besoin de conversion et de repentir; nous avons tous besoin de la grâce salvatrice du Christ, qu’il offre gratuitement, à pleines mains. Il espère seulement que, comme l’enfant prodigue, nous disions: «Je vais partir et aller vers mon père» (Lc 15, 18).

    3. La maison de Dieu garde toujours ses portes ouvertes. Le Christ y est présent par la Parole et par les Sacrements. Tout au long des siècles, l’Eglise a développé patiemment, mais avec fermeté, son oeuvre de Mère et de Maîtresse visant à rendre plus humaines les institutions et les principes qui régissent la coexistence sociale. Qui pourrait ignorer l’influence positive exercée au cours des siècles par le message évangélique en défense et en faveur d’un plus grand respect de la dignité des prisonniers en tant que personnes et fils de Dieu?

    Dans l’histoire de l’humanité – comme je l’ai déjà signalé lors de ma visite à la prison de Rome – «...on a fait de grands progrès dans ce domaine, mais il reste certainement encore beaucoup à faire. En tant qu’interprète du message du Christ, l’Eglise apprécie et stimule les efforts de ceux qui se prodiguent afin que change le système carcéral vers une situation de plein respect du droit et de la dignité de la personne» (Homélie dans la prison romaine de Rebibbia, n. 3, le 27 décembre 1983: Enseignements de Jean-Paul II, VI, 2 (1983) 1449 s.)

    A ce propos, comment pourrais-je manquer de manifester publiquement ma reconnaissance et mes sentiments d'affection à tous les agents de la pastorale pénitentiaire du Chili? Vous tous, prêtres aumôniers, religieux et autres collaborateurs, vous faites la démonstration de la préoccupation maternelle de l’Eglise envers nos frères en intégrant à part entière dans votre propre vie les paroles de Jésus dans l’Evangile : « J’étais en prison, et vous êtes venus me voir» (Mt 25, 36).

    Vous êtes porteurs de l’amour miséricordieux de Dieu et prédicateurs infatigables du message salvateur du Christ. Vous aidez tout un chacun à redécouvrir le chemin du bien; vous contribuez à la conversion sincère de tous les hommes et de toutes les femmes auprès desquels vous exercez votre apostolat et vous les encouragez à entreprendre une vie nouvelle et meilleure.

    En cette occasion présente, je souhaite également saluer tout le personnel de la Gendarmerie du Chili qui exerce dans les institutions pénitentiaires. Vous aussi, faites de votre profession un service au frère qui souffre.

    Par l’intercession de la Vierge du Carmel, Mère amoureuse de tous les Chiliens, j’élève ma fervente prière à Dieu pour qu’Il vous assiste tous de sa grâce, pour qu’il assiste surtout nos frères et sœurs en prison et pour qu’il rende possible la défense de ceux qui sont innocents, tandis que je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique aux personnes internées, à leurs familles, à ceux qui sont chargés de la pastorale carcérale, à ceux qui essaient de soulager les peines de ceux qui souffrent et au personnel de la Gendarmerie du Chili.


    JEAN-PAUL II
    VOYAGE APOSTOLIQUE EN URUGUAY, AU CHILI ET EN ARGENTINE
    HOMÉLIE AUX INTERNÉS DE LA PRISON D’ANTOFAGASTA
    6 avril 1987


    © Copyright 1987 - Libreria Editrice Vaticana






    COMMENTAIRE PASTORAL

    Il y a quelques semaines, je suis entrée, pour la première fois de ma vie, dans un centre pénitencier d’adultes, tous hommes, à Rome. Et j’y suis retournée d’autres fois. Ma première impression – grands couloirs lumineux, propres et sobrement décorés – fut agréable; la structure était accueillante et chaude, tout le contraire de ce que je m’imaginais… Le bâtiment est immense, il y a 1600 personnes là-dedans, alors que la capacité est de 1070 personnes; environ 30 personnes y entrent chaque jour.

    J’ai eu l’occasion de bavarder en groupe, mais aussi individuellement avec ces personnes privées de liberté, provenant de différents pays d’Amérique latine et d’Espagne, âgées de 22 à 40 ans, à qui nous offrons la possibilité d’étudier un baccalauréat avec le programme du Mouvement éducatif « Foi et Joie » (« Fe y Alegría »).

    Le groupe se montrait gai, jovial, presque festif… on suivait aussi les cours avec sérieux et application, mais sans rien perdre de sa bonne humeur… J’ai regardé longuement le visage de chacun d’entre eux, la couleur de sa peau, j’ai écouté leurs différents accents, l’histoire de leurs vies et j’ai perçu combien l’éclat de leurs yeux changeait lorsqu’ils parlaient de leurs fils ou de leurs filles ; quand l’un d’entre eux m’a dit qu’il avait été papa pour la première fois d’une petite fille, il y avait une semaine… ses yeux se sont remplis de larmes et les miens aussi…

    Tandis que je parlais avec l’un et l’autre, je me posais dans mon cœur la question suivante : Comment vivent-ils ? Comment sont-ils traités ? Comment se sentent-ils ?… et si l’un d’entre eux était mon frère ou mon cousin ou l’un de mes parents, quelqu’un de ma famille, quel serait mon regard ?… ? Qu’est-ce que le temps signifie pour eux, qui ne souhaitent que « décompter les jours de leur peine » ?…

    Cependant, je sentais que mon regard était chaleureux, je percevais que ces êtres humains faisaient partie de cette société, de cette grande famille… ils étaient cordiaux, ils souriaient, ils acceptaient remplis d’espoir de pouvoir étudier… je retournais chez moi convaincue du fait que nous devions rester en contact, que ces études que nous offrons constituent une façon de les traiter avec dignité, avec respect, de leur offrir des outils pour leur formation et leur croissance…

    Alors que j’étais avec eux, résonnait en moi – et elle continue de résonner dans mon esprit et dans mon coeur – l’intention pour laquelle le Pape nous propose de prier ce mois-ci : les prisonniers: pour qu’ils soient traités avec justice et avec le respect de leur dignité humaine.

    Et je me demandais ceci : pourquoi le Pape nous demande-t-il cela ? J’ai réfléchi et prié à propos de cette situation. Nous devons respect, justice et dignité à toute personne, tout comme nous le devons à nous-mêmes, en tant que fils/filles de Dieu Père et Mère de tous et de toutes, et par conséquent frères/soeurs entre nous.

    Mais lorsque quelqu’un a commis un fait délictueux qui mérite une condamnation, selon la loi et la justice, nous tombons facilement dans le piège de penser qu’il est déjà condamné pour toujours, que rien n’a de solution et nous effectuons un jugement « intégral »… tout est perdu; par contre, Dieu dit ceci : « tu peux recommencer, je te pardonne » et, plus encore: « je continue de t’aimer »; telle est la dignité rendue, tel est le véritable respect. En effet, Dieu voit le fond du cœur, sa sincérité; nous, nous jugeons souvent selon les apparences.

    Le système carcéral peut être un digne moyen de récupération et de dépassement de la personne comme il peut la détruire entièrement ; la personne doit purger sa peine – également avec justice et équité, sans abus – mais ce n’est pas pour cela que tout est irrémédiablement perdu.

    Cette intention du Pape nous invite tous, membres de cette société, à penser à ces frères qui sont les nôtres et à prendre position en leur faveur afin qu’ils soient traités avec justice et dignité ; nous pensons peut-être que nous ne pouvons rien faire pour cette cause, ou peu, mais en plus de la prière, qui est toujours à notre portée, si nous nous arrêtons un moment pour penser, nous pouvons libérer notre cœur de jugements condamnatoires, de méfiance dans la possibilité de récupération humaine; nous pouvons offrir notre accolade et accueillir tous les êtres humains sans faire de discrimination et encore moins de division entre « bons » et « méchants ».

    Le Seigneur, par la voix du Pape, nous appelle à être miséricordieux, compatissants et accueillants envers l’autre avant de condamner; avant d’être des juges implacables qui cherchent à imposer la loi et pas toujours de manière humaine. Et sans doute pouvons-nous tous nous appliquer à nous-mêmes ces paroles bien connues de l’Evangile : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !…Mais eux, à ces paroles, s’en allèrent un à un, à commencer par les plus âgés ». (cf. Jn 8, 7-9)

    Sans doute, le fait de prier ensemble à cette intention fera-t-il grandir en nous la fraternité comme famille humaine. N’oublions pas que les prisonniers ont eux-aussi leur dignité et qu’ils méritent notre respect.


    María Luisa Berzosa FI
    Religieuse des Filles de Jésus, à la Maison générale, à Rome




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Ai-je quelquefois été visiter un prisonnier? (Je partage mon expérience)

    2. S’il s’agit de personnes qui ont commis des crimes, qui n’ont pas respecté les autres, pourquoi le Pape nous demande-t-il de prier afin «qu’elles les prisonniers soient traités avec justice et que leur dignité humaine soit respectée»?

    3. De quelle façon pouvons-nous participer à des initiatives qui améliorent la situation des prisonniers?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Ex 23,1-9 La justice. Devoirs envers nos ennemis

    • Ph 1,12-14 Paul, pris pour le Christ

    • Mt 25,31-46 J’ai été en prison, et vous êtes venus me voir

    • Lc 15,1-7 Parabole de miséricorde




    MISSION INTENTION - AOÛT

    Pour que les jeunes, appelés à suivre le Christ, se rendent disponibles pour proclamer et témoigner l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre.


    Les jeunes, témoins du Christ

    « Témoignez de votre foi grâce au monde numérique ! Employez ces nouvelles technologies pour faire connaître la Bonne nouvelle, de façon à ce que la Bonne Nouvelle de l'amour infini de Dieu pour tous les peuples résonne de façon nouvelle à travers notre monde de plus en plus technologique ! »

    - Benoît XVI invite les jeunes à témoigner de leur foi « dans le monde numérique » - 20 mai 2009

    "Si vous vous nourrissez du Christ, chers jeunes, et vivez immergés en Lui comme l’apôtre Paul, vous ne pourrez pas ne pas parler de Lui et le faire connaître et aimer par tant de vos amis et contemporains."
    - Benoît XVI, Message pour la XXIVe Journée Mondiale de la Jeunesse - 22 février 2009

    "Si Jésus est devenu votre espérance, dites-le aussi aux autres avec votre joie et votre engagement spirituel, apostolique et social. Habités par le Christ, après Lui avoir répondu avec votre foi et lui avoir donné toute votre confiance, diffusez cette espérance autour de vous. Faites des choix qui manifestent votre foi."
    - Benoît XVI, Message pour la XXIVe Journée Mondiale de la Jeunesse - 22 février 2009

    "Le premier engagement qui nous concerne tous est donc celui d’une nouvelle évangélisation qui aide les nouvelles générations à redécouvrir le visage authentique de Dieu, qui est Amour. A vous, chers jeunes, qui êtes en recherche d’une espérance ferme, j’adresse les mêmes paroles que saint Paul adressait aux chrétiens persécutés de la Rome d’alors: « Que le Dieu de l’Espérance vous donne en plénitude, à vous qui croyez, la joie et la paix, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint. » (Rm 15, 13)."
    - Benoît XVI, Message pour la XXIVe Journée Mondiale de la Jeunesse - 22 février 2009

    "Continuez à témoigner de l’Evangile chaque jour et engagez-vous avec générosité dans les prochaines initiatives missionnaires dans le Diocèse de Rome."
    - Benoît XVI, Angélus - 7 octobre 2007

    "Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle....En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge".
    - Pope Benedict XVI, Message pour la XXIIIe Journée Mondiale de la Jeunesse - 20 juillet 2007






    COMMENTAIRE PASTORAL

    Tout jeune a de l’énergie, qu’il peut dépenser pour s’engager à faire le bien ou aussi, malheureusement, à faire le mal. Le monde actuel a besoin des jeunes debout, forts et enthousiastes, pour témoigner les valeurs chrétiennes, dans un monde qui devient de plus en plus tourné vers l’autosuffisance, l’individualisme et le matérialisme. L’avoir et le pouvoir, à tout prix, sont devenus la règle par excellence. Les vertus morales sont bafouées et, systématiquement, remplacées par des antivaleurs et des relations contre nature, bien que l’évangile les dénonce clairement.

    L’Eglise s’engage, de plus en plus, à la formation d’une nouvelle génération des jeunes, dont la vision de la vie est fondée sur la sainteté et le service des autres, capables de témoigner dans leur milieu de vie, d’une nouvelle manière de percevoir et de se servir des biens matériels et du pouvoir temporel. La plupart des jeunes rêvent d’acquérir un jour ces avantages, non pour servir leur prochain, mais pour leur autosatisfaction et l’envie de devenir « riche, grand et célèbre ».

    En tant que jeune laïc, africain, j’ai toujours été animé d’un désir ardent d’être utile pour le monde et pour l’Eglise, de chercher à changer le monde actuel qui continue à renier le Christ et à s’éloigner de son Evangile. Bien que me sentant si petit, si impuissant, si indigne, je me dis toujours du fond de mon être : « je peux vivre autrement, je peux être aussi témoin du Christ, je peux allumer une petite flamme autour de moi, la communiquer aux autres, et ainsi une lumière profuse pourra éclairer le monde plongé dans les ténèbres des antivaleurs et/ou les maux qui rongent l’humanité ». Pour y parvenir, je me suis rendu disponible à collaborer à la mission du Christ et de l’Eglise, dans la branche juvénile de l’Apostolat de la Prière (le MEJ), dans mon pays et en Afrique. Grâce à Dieu, et si l’occasion se présente, je parcours quelques pays du continent pour proclamer la bonne nouvelle, dire aux jeunes que Jésus les aime et il a besoin de leur collaboration et de leur témoignage pour changer le monde.

    L’essentiel pour les jeunes, n’est pas de regarder comme des spectateurs, dans l’indifférence en contemplant les autres, mais de se mettre dans le projet du Christ et d’aller ainsi témoigner partout en commençant par sa « Jérusalem », son petit cercle de vie (en famille, à l’école, à l’université, au club d’amis, au travail, en paroisse…). Nous sommes des « citoyens » du monde, nous avons un rôle à jouer pour le changer, à travers notre témoignage de vie et notre persévérance dans une vision de sainteté, à laquelle Dieu nous appelle : « soyez saints comme je suis Saint ».


    Jean-Claude Ipungu
    responsable du MEJ dans la RDC et coordinateur du MEJ pour l’Afrique et Madagascar






    INTENTION GENERAL - SEPTEMBRE


    Les personnes engagées en politique

    Pour que les responsables politiques agissent toujours avec honnêteté, intégrité et amour de la vérité.


    Le thème de votre assemblée de cette année: « Témoins du Christ dans la communauté politique », revêt une importance particulière. Assurément, la formation technique des hommes politiques n'appartient pas à la mission de l'Eglise. Différentes institutions existent en effet dans ce but. Mais il appartient à sa mission de « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l'exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes à l'Evangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations » (Gaudium et spes, n. 76). L'Eglise se concentre en particulier sur l'éducation des disciples du Christ, afin qu'ils soient toujours davantage des témoins de sa Présence, partout. Il revient aux fidèles laïcs de montrer concrètement dans la vie personnelle et familiale, dans la vie sociale, culturelle et politique, que la foi permet de lire de manière nouvelle et approfondie la réalité et la transformer; que l'espérance chrétienne élargit l'horizon limité de l'homme et le projette vers l'élévation véritable de son être, vers Dieu; que la charité dans la vérité est la force la plus efficace en mesure de changer le monde; que l'Evangile est une garantie de liberté et un message de libération; que les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l'Eglise – tels que la dignité de la personne humaine, la subsidiarité et la solidarité – sont d'une grande actualité et d'une grande valeur pour la promotion de nouvelles voies de développement au service de tout l'homme et de tous les hommes. Il revient alors aux fidèles laïcs de participer activement à la vie politique, de manière toujours cohérente avec les enseignements de l'Eglise, en partageant les raisons bien fondées et les grands idéaux dans la dialectique démocratique et dans la recherche d'un large consensus avec tous ceux qui ont à cœur la défense de la vie et de la liberté, la protection de la vérité et du bien de la famille, la solidarité avec les plus indigents et la recherche nécessaire du bien commun. Les chrétiens ne cherchent pas l'hégémonie politique ou culturelle mais, partout où ils s'engagent, ils sont animés par la certitude que le Christ est la pierre angulaire de toute construction humaine (cf. Cong. pour la doctrine de la foi, Note doctrinale à propos de certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, 24 nov. 2002).

    Reprenant l'expression de mes prédécesseurs, je peux moi aussi affirmer que la politique est un domaine très important de l'exercice de la charité. Celle-ci rappelle les chrétiens à un puissant engagement au service de la citoyenneté en vue de l'édification d'une vie sereine dans les nations, ainsi qu'à une présence concrète dans les institutions et dans les programmes de la communauté internationale. Il y a besoin d'hommes politiques authentiquement chrétiens, mais plus encore de fidèles laïcs qui soient témoins du Christ et de l'Evangile dans la communauté civile et politique. Cette exigence doit être bien présente dans les parcours éducatifs des communautés ecclésiales et exige de nouvelles formes d'accompagnement et de soutien de la part des pasteurs. L'appartenance des chrétiens aux associations de fidèles, aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés, peut être une bonne école pour ces disciples et témoins, soutenus par la richesse charismatique, communautaire, éducative et missionnaire propre à ces institutions.

    Il s'agit d'un défi exigeant. Les temps que nous vivons nous placent devant des problèmes vastes et complexes, et la question sociale est devenue, dans le même temps, une question anthropologique. Les paradigmes idéologiques qui prétendaient, dans un passé récent, proposer une réponse « scientifique » à cette question se sont effondrés. La diffusion d'un relativisme culturel confus et d'un individualisme utilitariste et hédoniste affaiblit la démocratie et favorise la domination des pouvoirs forts. Il faut retrouver et raviver une authentique sagesse politique; être exigeants en ce qui concerne sa propre compétence; se servir de manière critique des recherches des sciences humaines; affronter la réalité sous tous ses aspects, en allant au-delà de toute réduction idéologique ou prétention utopique; être ouverts à tout dialogue et toute collaboration véritables, en ayant à l'esprit que la politique est aussi un art complexe d'équilibre entre des idéaux et des intérêts, mais sans jamais oublier que la contribution des chrétiens est décisive uniquement si l'intelligence de la foi devient intelligence de la réalité, clé de jugement et de transformation. Une véritable « révolution de l'amour » est nécessaire. Les nouvelles générations se trouvent en face de grandes exigences et de grands défis dans leur vie personnelle et sociale. Votre dicastère les suit avec une attention particulière, surtout à travers les Journées mondiales de la jeunesse, qui, depuis 25 ans, produisent de riches fruits apostoliques chez les jeunes. Parmi ces derniers, il y a aussi celui de l'engagement social et politique, un engagement fondé non sur des idéologies ou des intérêts de parti, mais sur le choix de servir l'homme et le bien commun, à la lumière de l'Evangile.


    BENOÎT XVI
    DISCOURS AUX PARTICIPANTS À LA XXIVe ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
    DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LES LAÏCS
    21 mai 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana




    COMMENTAIRE PASTORAL

    La politique ordonne et organise la vie sociale. Ses gestionnaires sont les politiciens. Ils prennent des décisions qui règlent les relations entre les personnes et les groupes, qui présentent des intérêts légitimes mais fréquemment opposés. Ils accommodent la conflictualité d’une société par le dialogue démocratique. C’est pourquoi l’exercice de la responsabilité politique est crucial pour toutes les personnes. Les politiciens – hommes et femmes – sont les personnes grâce auxquelles une société canalise le débat public, prend des décisions sur l’avenir et se dote en propre d’institutions légales et administratives.

    Ce mois-ci, le Saint-Père nous appelle à prier pour ces personnes, plus concrètement pour leur honnêteté, leur intégrité et leur amour de la vérité.

    Pour leur honnêteté, de sorte qu’elles servent le bien commun, c’est-à-dire, en exerçant leur tâche sans discriminer entre communautés ou personnes et sans chercher de privilège pour elles-mêmes. Tout ceci implique une compréhension élevée de la justice et un désintéressement personnel remarquable. Cette honnêteté englobe aussi une préoccupation active et efficace envers les pauvres et les exclus, concrétisée par des lois qui les protègent et leur offrent une véritable égalité de chances. Il s’agit d’une vive solidarité qui dépasse les limites étroites de la nation et qui est appelée à s’étendre jusqu’aux immigrés et aux nations appauvries.

    Pour leur intégrité, pour qu’elles constituent des exemples de vertu dans lesquels une société se reconnaisse et des modèles humains desquels s’inspirer. Une démocratie ne repose pas sur un réseau légal froid, mais bien sur la disposition et les habitudes démocratiques des citoyens, qui doivent trouver chez leurs politiciens une motivation à l’action vertueuse. Seulement ainsi pourront-ils susciter les ressorts de générosité et d’effort que toute communauté doit mettre en jeu lorsqu’elle cherche à progresser.

    Pour leur amour de la vérité, une vérité qui doit être cherchée dans la profondeur du réel et dans le service à long terme, en surmontant la tentation du court terme auquel les aspirations électorales semblent se limiter. La vérité se situe au-delà des intérêts mesquins. Un amour de la vérité qui implique le respect des perspectives d’autrui, la recherche sincère du bien et de l’harmonie grâce au franc dialogue et à l’engagement envers ses conséquences.


    Francisco Alvarez de los Mozos, s.j.
    Secrétaire du Père général des jésuites pour la Justice sociale et l’Ecologie pour toute la Compagnie de Jésus




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Quel est l’enseignement de l’Eglise sur la participation des chrétiens à la politique?

    2. Dans l’optique de notre foi, quel est le sens et le fondement de l’autorité civile?

    3. Que nous revient-il de faire en tant que chrétiens lorsque nos politiciens ne sont ni honnêtes, ni intègres, ni vrais?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Ez 34,1-10 Contre les mauvais pasteurs

    • 1 Tm 2,1-7 Prier pour les autorités

    • Jn 13,1-17 Le service, sens de l’autorité




    MISSION INTENTION - SEPTEMBRE

    Pour que les communautés chrétiennes se rendent disponibles à l’envoi de missionnaires, prêtres, laïcs, et augmentent leur soutien concret en faveur des Eglises les plus pauvres.


    L’aide aux Eglises des pays pauvres

    2. Eglise pèlerine

    L’Eglise Universelle, sans limites et sans frontières, se sent responsable de l’annonce de l’Evangile vis-à-vis de peuples entiers (cf. Evangelii Nuntiandi, 53). Germe d’espérance par vocation, Elle doit continuer le service du Christ pour le monde. Sa Mission et son service ne sont pas à la mesure des besoins matériels ou même spirituels qui s’achèvent dans le cadre de l’existence temporelle, mais d’un salut transcendant qui se réalise dans le Royaume de Dieu (cf. Evangelii Nuntiandi, 27). Ce Royaume, tout en étant dans sa plénitude eschatologique, et non pas ‘de’ ce monde (cf. Jean 18, 36), est aussi ‘dans’ ce monde et dans son histoire, force de justice et de paix, de vraie liberté et de respect de la dignité de tout homme. L’Eglise vise à transformer le monde par la proclamation de l’Evangile de l’Amour, « qui éclaire toujours de nouveau un monde ténébreux, et qui nous donne le courage de vivre et d’agir et… de cette manière, de faire entrer la lumière de Dieu dans le monde » (Deus Caritas est, 39). C’est à cette Mission et à ce service que, par ce Message, j’appelle également à participer tous les membres et toutes les institutions de l’Eglise.


    3. Missio Ad Gentes

    La Mission de l’Eglise consiste donc à appeler tous les Peuples au salut réalisé par Dieu par l’intermédiaire de son Fils Incarné. Il est donc nécessaire de renouveler l’engagement d’annoncer l’Evangile, qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, d’unité et de paix (cf. Ad Gentes, 8). Je veux « de nouveau confirmer que le Mandat d’évangéliser tous les hommes, constitue la Mission essentielle de l’Eglise » (Evangelii Nuntiandi, 14), tâche et mission que les profonds et vastes changements de la société actuelle rendent plus urgentes encore. Ce qui est en question est le salut éternel des personnes, la fin et l’accomplissement même de l’histoire humaine et de l’univers. Animés et inspirés par l’Apôtre des Nations, nous devons ‘être conscients que Dieu a un peuple nombreux dans toutes les villes parcourues, y compris par les apôtres d’aujourd’hui (cf. Actes 18, 10). En effet, « la promesse est pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2, 39)

    L’Eglise entière doit s’engager dans la ‘Missio Ad Gentes’ tant que la souveraineté salvifique du Christ ne sera pas pleinement réalisée. « Actuellement, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2, 8)

    [...]

    Aux Eglise antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qu’elles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqu’aux extrémités de la terre. La ‘Missio Ad Gentes’ doit être la priorité de leurs plans pastoraux.

    Mes remerciements et mes encouragements vont aux Œuvres Pontificales Missionnaires, pour le travail indispensable d’animation, de formation missionnaire, et d’aide économique aux jeunes Eglises. Par ces Institutions Pontificales se réalise de manière admirable la communion entre les Eglises, avec l’échange de dons, dans la sollicitude réciproque, et dans les projets missionnaires communs.


    5. Conclusion

    L’élan missionnaire a toujours été signe d’une vitalité de nos Eglises (cf. Redemptoris Missio, 2). Il est nécessaire toutefois de réaffirmer que l’évangélisation est une œuvre de l’Esprit et qu’avant même d’être action, elle est témoignage et irradiation de la lumière du Christ (cf. Redemptoris Missio, 26) de la part de l’Eglise locale qui envoie ses missionnaires hommes et femmes, pour les mener au-delà de ses frontières. C’est pourquoi je demande à tous les Catholiques de prier le Saint-Esprit, pour qu’il accroisse, dans l’Eglise, la passion pour la Mission qui consiste à répandre le Royaume de Dieu, et de soutenir les missionnaires, hommes et femmes, et les communautés chrétiennes engagées en première ligne dans cette Mission, parfois dans des milieux hostiles de persécution.

    J’invite en même temps tous les catholiques à donner un signe crédible de communion entre les Eglises, par une aide économique, spécialement dans la phase de crise que traverse l’humanité, pour mettre les jeunes Eglises locales, en condition d’éclairer les gens par l’Evangile de la charité.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    L’Eglise est comme un groupe formé de nombreuses communautés réparties de tous les côtés de la terre. Certaines de ces communautés connaissent de très grandes nécessités. Beaucoup d’entre elles doivent vivre leur foi dans des situations très difficiles: dans les unes, il y a peu de nourriture pour tous; dans d’autres règne la peur en raison des guerres et des violences. Dans certaines, les jeunes ont peu d’occasions de travailler; dans d’autres les papas des enfants ne peuvent pas payer l’école, les vieillards sont abandonnés et ceux qui sont limités de corps et d’esprit ne bénéficient pas de l’aide adéquate. Dans d’autres, beaucoup de jeunes filles risquent une grossesse précoce ou sont forcées à l’avortement… et la liste est si longue que nous pourrions ne jamais l’achever.

    Vous en souvenez-vous ? Lorsque Jésus demande aux disciples « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » et que ceux-ci, pensant que personne n’a quoi que ce soit, lui répondent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons… Mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? », eh bien, l’Ecriture nous dit que Jésus prit cette « pauvre contribution », prononça l’action de grâces et la multiplia de telle sorte « qu’ils remplirent douze corbeilles avec les morceaux restés ».

    Dans l’intention missionnaire de ce mois-ci, le Pape nous invite à être reconnaissants et à partager, non pas les restes, mais ce que nous avons et qui pourrait être plus utile à d’autres frères et sœurs d’autres communautés. Car lorsqu’on a tout, on ne se souvient pas des autres qui sont dans le besoin. Le Pape nous invite à rafraîchir la foi afin de la vivre en communauté et d’ouvrir ainsi notre cœur et nos mains au partage avec les plus pauvres et les nécessiteux. Et nous pouvons être sûrs qu’il y aura des restes pour tous.


    Jorge Eduardo Serrano Ordoñez, s.j.
    Bureau de développement, Curie générale des jésuites à Rome






    INTENTION GENERAL - OCTOBRE


    La nouvelle évangélisation

    Pour le développement et le progrès de la Nouvelle Evangélisation dans les pays d’ancienne tradition chrétienne.


    Le terme "nouvelle évangélisation" rappelle le besoin d’une rénovation de la proclamation, spécialement pour ceux qui vivent, comme aujourd’hui, en un contexte où le développement de la sécularisation a exercé un pesant impact, même dans les pays traditionnellement chrétiens. L’Evangile est la proclamation toujours nouvelle du salut, faite par le Christ qui rend l’humanité participante au mystère de Dieu et à sa vie d’amour et qui l’ouvre à un avenir d’espérance forte et sûre. Soulignant cela au moment présent de son histoire, l’Eglise est appelée à réaliser une évangélisation nouvelle, ce qui signifie qu’elle doit intensifier son action missionnaire de telle sorte que celle-ci corresponde pleinement au mandat reçu du Seigneur. Le concile Vatican II a rappelé que "…les groupes humains parmi lesquels l’Eglise existe sont complètement transformés; des situations nouvelles en résultent" (Décret Ad Gentes, n.6). Dans leur clairvoyance, les Pères conciliaires percevaient les changements culturels qui se profilaient à l’horizon et que nous pouvons aujourd’hui facilement vérifier. Ce sont précisément ces changements qui ont créé des conditions inattendues pour les fidèles et qui requièrent donc une attention spéciale dans la proclamation de l’Evangile, quand nous voulons rendre compte de notre foi dans des situations qui sont différentes de celles du passé. La crise en cours porte avec elle des traces de l’exclusion de Dieu de la vie des gens, depuis une indifférence généralisée envers la foi chrétienne, jusqu’à la tentative de la mettre en marge de la vie publique. Il était encore possible, durant les dernières décennies, de constater une sensibilité chrétienne générale qui unifiait l’expérience commune de générations entières élevées à l’ombre de la foi qui avait modelé la culture. Aujourd’hui, malheureusement, nous sommes témoins du drame d’une fragmentation qui ne reconnaît plus de point de référence unificateur. En outre, il arrive souvent que des personnes souhaitent appartenir à l’Eglise, mais soient fortement conditionnées par une vision de la vie qui contraste avec la foi.

    Il est plus complexe aujourd’hui qu’hier de proclamer Jésus-Christ Sauveur unique du monde. Toutefois, notre tâche demeure identique à ce qu’elle était à l’aube de notre histoire. La mission n’a pas changé; et l’enthousiasme et le courage qui mobilisaient les Apôtres et les premiers disciples ne doit pas changer non plus. Le Saint-Esprit qui les incitait à ouvrir les portes et à devenir des évangélisateurs (cf. Ac 2, 1-4) est le même Esprit qui mobilise aujourd’hui l’Eglise vers une proclamation renouvelée d’espérance aux personnes de notre temps. Saint Augustin affirme que nous ne devons pas penser que la grâce de l’évangélisation était seulement étendue aux Apôtres et que la source de cette grâce s’était épuisée avec eux, mais "cette source se révèle quand elle coule, pas quand elle cesse de déverser son flot. C’est ainsi que la grâce, à travers les Apôtres, toucha aussi les autres qui furent invités à proclamer l’Evangile… en effet, l’appel n’a pas cessé d’être lancé jusqu’à ce jour au corps entier de Son Fils Unique, c’est-à-dire à son Eglise répandue sur la terre entière"(cf. Sermon, 239, 1). La grâce de la mission a continuellement besoin de nouveaux évangélisateurs prêts à la recevoir, de telle sorte que la nouvelle salvatrice de la Parole de Dieu ne manque jamais d’être proclamée dans les conditions changeantes de l’histoire.

    Entre la proclamation des premiers disciples et la nôtre prévaut une continuité dynamique. L’Eglise, à travers les siècles, n’a jamais cessé de proclamer le mystère salvateur de la mort et de la Résurrection de Jésus-Christ, mais aujourd’hui ce même message a besoin d’un renouveau de vigueur pour convaincre l’homme contemporain, qui est souvent distrait et insensible. C’est la raison pour laquelle la nouvelle évangélisation doit s’efforcer de trouver les voies et moyens de rendre plus effective la proclamation du salut; une proclamation sans laquelle l’existence personnelle demeure contradictoire et privée de ce qui est essentiel. Même pour ceux qui restent liés à leurs racines chrétiennes, mais qui doivent vivre une relation difficile avec la modernité, il est important de réaliser qu’être chrétien ne consiste pas en un certain type d’habits que l’on porte en privé ou lors d’occasions spéciales, mais c’est quelque chose de vivant, quelque chose qui embrasse la vie tout entière, et qui a la capacité de contenir tout ce qu’il y a de bon dans la vie moderne. J’espère que vos travaux en cette Assemblée vous permettront de formuler un plan capable d’aider l’Eglise entière et les différentes Eglises particulières dans l’engagement à la nouvelle évangélisation; un projet où l’urgence d’un renouveau de la proclamation conduit à impliquer notamment la formation des jeunes générations, en combinaison avec une proposition de signes concrets assez clairs pour rendre évidente la réponse que l’Eglise a l’intention d’offrir en ce moment particulier. Si, d’une part, la communauté entière est appelée à revigorer son esprit missionnaire pour proclamer la Bonne Nouvelle qu’attend le peuple de notre temps, nous ne pouvons pas oublier, d’autre part, que le mode de vie des fidèles doit être vraiment crédible et d’autant plus convaincant qu’il concerne des personnes vivant dans des conditions éprouvantes.

    Pour cette raison voulons-nous faire nôtres les mots du Serviteur de Dieu le pape Paul VI qui disait ceci à propos de l’évangélisation: « C’est donc par sa conduite, par sa vie, que l’Eglise évangélisera tout d’abord le monde, c’est-à-dire par son témoignage vécu de fidélité au Seigneur Jésus, de pauvreté et détachement, de liberté face aux pouvoirs de ce monde, en un mot, de sainteté » (Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, n.41).


    BENOÎT XVI
    MESSAGE AUX PARTICIPANTS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU CONSEIL PONTIFICAL
    POUR LA PROMOTION DE LA NOUVELLE EVANGELISATION
    30 mai 2011


    © Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana




    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - LETTRE APOSTOLIQUE SOUS FORME DE MOTU PROPRIO - UBICUMQUE ET SEMPER - PAR LAQUELLE EST INSTITUÉ LE CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION - 21 septembre 2010


  • SYNODE DES ÉVÊQUES - XIIIème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE - LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION POUR LA TRANSMISSION DE LA FOI CHRÉTIENNE - LINEAMENTA - 2 février 2011





  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Note. Le 28 juin 2010, le pape Benoît XVI annonçait son désir de créer un Dicastère pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation. En ce mois-ci aura lieu la 13e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, dirigée par Mgr l’archevêque Salvatore Fisichella, qui introduira le thème de: La Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.


    Vous est-il jamais arrivé, en recevant une bonne nouvelle, de vous sentir heureux et excité au point d’être incapable d’attendre avant d’en faire part aux autres? La nouvelle était si bonne que vous vouliez la faire connaître aux autres, de sorte qu’ils puissent partager votre bonheur. Vous avez alors cherché autour de vous les personnes avec lesquelles vous pourriez partager la nouvelle ou bien vous avez mis la main sur votre téléphone, votre ordinateur ou votre i-phone pour communiquer aussitôt que possible cette bonne nouvelle à tout qui vous connaissiez.

    Voilà dans quel esprit s’est construite l’intention générale de ce mois: l’esprit de la ‘nouvelle évangélisation’. ‘L’Evangélisation’ ou la proclamation de l’Evangile, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ a fait partie de la mission de l’Eglise depuis le début. Ce fut le centre d’intérêt du Synode 1974 des évêques et de l’Exhortation apostolique du pape Paul VI qui le suivit. Depuis lors, tant le pape Jean Paul II que le pape Benoît XVI ont appelé à une ‘nouvelle évangélisation’. En quoi s’agit-il de quelque chose de ‘nouveau’ ?

    L’évangélisation consiste à porter l’Evangile dans les parties du monde qui n’en ont jamais entendu parler. La nouvelle évangélisation, pour sa part, consiste à porter l’Evangile dans les pays où le christianisme fut implanté il y a des siècles, prit racine et devint florissant, mais où maintenant ce même christianisme est en train de mourir, pour diverses raisons. La nouveauté de cette évangélisation se réfère également à la nécessité de concevoir et de mettre en oeuvre de nouvelles méthodes de présentation de l’Evangile de manière vigoureuse et convaincante, notamment par l’application des nouvelles technologies de communication.

    Ce sujet préoccupe le pape Benoît XVI si profondément qu’en octobre 2010 il a créé le Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation. Il en a fait également le centre d’intérêt de la 13e Assemblée générale du Synode des évêques qui se réunit au Vatican ce mois-ci.

    Le 30 mai 2011, le pape Benoît XVI a participé à la première session plénière du nouveau Conseil pontifical et s’est exprimé en ces termes : « Proclamer Jésus-Christ l’unique sauveur du monde paraît plus complexe aujourd’hui que dans le passé; mais notre tâche reste la même qu’à l’aube de notre histoire. La mission n’a pas changé; et l’enthousiasme et le courage qui mobilisaient les Apôtres et les premiers disciples ne doivent pas changer non plus. » Le Pape poursuivit en disant que « la nouvelle évangélisation doit trouver les voies et moyens de rendre la proclamation du salut plus efficace. »

    En définitive, s’il est vrai que la mise en oeuvre de la nouvelle évangélisation implique l’usage de nouvelles méthodes d’annonce aux peuples de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, il n’en reste pas moins qu’elle dépend du témoignage personnel. La mise en oeuvre de la nouvelle évangélisation repose sur les chrétiens dont le mode de vie attire les autres au Christ. Comme le pape Benoît XVI l’a dit au Conseil pontifical, « Le mode de vie des fidèles doit être vraiment crédible et d’autant plus convaincant que la condition des personnes auxquelles leur discours s’adresse est plus critique. » Un tel témoignage inclut l’engagement d’oeuvrer pour la justice sociale. Le 16 mai 2011, le pape Benoît XVI dit ceci lors d’une réunion promue par le Conseil pontifical pour la justice et la paix: «Ce que je vous souhaite est que le Seigneur ressuscité veuille réchauffer vos coeurs et vous aider à répandre le fruit de la rédemption à travers une nouvelle évangélisation de la sphère sociale ainsi qu’à travers le témoignage d’une vie droite conforme à l’Evangile.»

    Enfin, quoique la globalisation soit une force qui amoindrit les différences entre les cultures, de nombreux pays maintiennent des particularités qui les caractérisent, de sorte que leur évangélisation requiert une approche différenciée. Dans sa Lettre apostolique annonçant la création du nouveau Conseil pontifical, le pape Benoît XVI écrivait ceci: «Parler d’une ‘nouvelle évangélisation’ ne signifie pas, en fait, qu’il faudrait développer une formule unique qui vaudrait dans toutes les situations. Toutefois, il n’est pas difficile de voir de quoi toutes les Eglises subsistant en territoires traditionnellement chrétiens ont besoin, sinon d’un élan missionnaire renouvelé, de l’expression d’une ouverture nouvelle et généreuse au don de la grâce.»

    En dernière analyse, la nouvelle évangélisation dépend de la grâce de Dieu. Elle dépend de l’Esprit Saint comblant les fidèles de la connaissance de l’amour de Dieu: une bonne nouvelle qu’ils ne sauraient garder pour eux seuls!


    P. James Kubicki, s.j.
    Secrétaire national de l’Apostolat de la prière aux Etats-Unis




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. A quoi notre devoir d’évangéliser se réfère-t-il? Ai-je déjà participé à une mission d’évangélisation?

    2. De quelle manière notre communauté offre-t-elle l’accueil ainsi qu’une réponse adéquate à ceux qui viennent à nous parce qu’ils sont en quête spirituelle?

    3. Quelles sont les difficultés majeures ou les obstacles pour une proclamation enthousiaste et renouvelée de la foi? Avons-nous tiré une leçon de nos erreurs?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Co 9,12 Nous nous privons de tout pour ne mettre aucun obstacle à l’Evangile du Christ

    • Co 9,16 Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile!

    • Lc 9,1-6 Envoyés annoncer la Bonne Nouvelle




    MISSION INTENTION - OCTOBRE

    Pour que la célébration de la Journée missionnaire mondiale soit l’occasion d’un engagement renouvelé d’évangélisation.


    La Journée Missionnaire Mondiale

    La coresponsabilité de tous

    La mission universelle implique toutes les personnes, tout et toujours. L'Evangile n'est pas un bien exclusif de celui qui l'a reçu, mais est un don à partager, une bonne nouvelle à communiquer. Et ce don-engagement est confié non seulement à quelques-uns, mais à tous les baptisés, qui sont «une race élue,... une nation sainte, un peuple acquis (par Dieu)» (1 P 2, 9), afin de proclamer ses œuvres merveilleuses.

    Toutes les activités sont donc impliquées. L'attention et la collaboration à l'oeuvre évangélisatrice de l'Eglise dans le monde ne peuvent être limitées à certains moments ou à certaines occasions particulières, et ne peuvent pas être considérées non plus comme une des nombreuses activités pastorales: la dimension missionnaire de l'Eglise est essentielle et doit donc être toujours présente. Il est important qu’aussi bien les baptisés que les communautés ecclésiales participent non pas de manière sporadique et ponctuelle à la mission, mais de manière permanente, comme forme de vie chrétienne. La Journée des missions elle-même n'est pas un moment isolé au cours de l'année, mais elle représente une occasion précieuse pour s'arrêter et réfléchir afin de savoir de quelle manière nous pouvons répondre à la vocation missionnaire; une réponse essentielle pour la vie de l'Eglise.


    Evangélisation globale

    L'évangélisation est un processus complexe, qui comprend différents éléments. Parmi ceux-ci, l'animation missionnaire a toujours accordé une attention particulière à la solidarité. Cela constitue aussi un des objectifs de la Journée mondiale des missions qui, par l'intermédiaire des Œuvres pontificales missionnaires, sollicite l'aide pour l'accomplissement des tâches d'évangélisation dans les territoires de mission. Il s'agit de soutenir des institutions nécessaires pour établir et consolider l'Eglise à travers les catéchistes, les séminaires, les prêtres et d’apporter également sa contribution en vue de l'amélioration des conditions de vie des personnes dans les pays où les problèmes de pauvreté, de malnutrition surtout infantile, de maladies, de carence des services de santé et d'instruction sont les plus graves. Tout cela rentre également dans la mission de l'Eglise. En annonçant l'Evangile, elle a à coeur la vie humaine au sens le plus large. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait que dans l'évangélisation, il n'était pas acceptable que l'on néglige les thèmes concernant la promotion humaine, la justice, la libération de toute forme d'oppression, tout en respectant, évidemment, l'autonomie du domaine politique. Se désintéresser des problèmes temporels de l'humanité reviendrait à «oublier la leçon qui vient de l'Evangile sur l'amour du prochain souffrant et nécessiteux » (Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, nn. 31.34), car cela ne serait pas conforme au comportement de Jésus, qui «parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la bonne nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur» (Mt 9, 35).

    Ainsi, par la participation coresponsable à la mission de l'Eglise, le chrétien devient constructeur de la communion, de la paix, de la solidarité que le Christ nous a données et collabore à la réalisation du plan salvifique de Dieu pour toute l'humanité. Les défis à relever appellent les chrétiens à cheminer avec les autres et la mission est une partie intégrante de ce cheminement avec tous. Nous portons en nous, même si c'est dans des vases d'argile, notre vocation chrétienne, le trésor inestimable de l'Evangile, le témoignage vivant de Jésus mort et ressuscité, rencontré et professé dans l'Eglise.

    Que la Journée des missions ranime en chacun le désir et la joie «d'aller» à la rencontre de l'humanité en apportant le Christ à tous. En son nom, je vous donne de tout cœur la Bénédiction apostolique, en particulier à ceux qui peinent et souffrent davantage pour l'Evangile.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2011
    6 janvier 2011


    © Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    "Que la célébration de la Journée missionnaire mondiale puisse résulter en un engagement renouvelé à l’évangélisation." (21 octobre 2012)

    Il nous est rappelé ce mois-ci que la proclamation de l’Evangile est la tâche principale et l’identité-même de l’Eglise. A chacun des chrétiens que nous sommes, il est demandé de renouveler notre engagement à l’évangélisation.

    Cela étant, je dois dire en tant que personne laïque aux Etats-Unis, que j’ai observé en certains milieux que les catholiques n’aiment pas parler de l’évangélisation – et moins encore d’y contribuer. Pour nombre de catholiques, il apparaît embarrassant qu’ils aient, parce qu’ils sont chrétiens, le devoir de proclamer l’Evangile à tous les hommes et toutes les femmes de ce monde. Ils semblent préférer une Eglise qui s’occupe de ses propres affaires et qui ne s’impose pas aux autres. Qui sommes-nous, après tout, pour dire aux autres que le Christ Jésus est le Sauveur du monde et qu’Il est mort et ressuscité pour libérer chacune et chacun de la mort et du péché? Ne voilà-t-il pas autant de prétentions dédaigneuses! Et qui donc voudrait se lancer dans une controverse? Pire, qui veut avoir l’air d’un abruti?

    Si je nourris de pareils sentiments sur l’évangélisation, sans doute le moment est-il venu pour moi de réexaminer ma propre foi de catholique. J’ai peut-être été baptisé au Christ quand j’étais tout petit, mais est-ce que j’ai vraiment jamais assumé personnellemt ce baptême? Je crois peut-être en Jésus, mais l’ai-je rencontré? Est-ce que je le connais dans le Verbe, dans l’Eucharistie, dans la prière, dans ma vie quotidienne? Est-ce que je sens que, sans Jésus, je serais malheureux? Est-ce que je sens qu’avec Jésus, j’ai tout. Jésus a promis d’être toujours avec nous: est-ce que Jésus marche avec moi ces jours-ci?

    L’an dernier, dans un message aux sociétés missionnaires pontificales, le pape Benoît XVI disait ceci: «Une condition fondamentale pour la proclamation est de se laisser complètement saisir par le Christ, Verbe de Dieu incarné, car seulement ceux qui écoutent attentivement le Verbe incarné, et qui sont intimement unis à Lui, peuvent devenir ses hérauts.» Sinon, dit le Saint-Père, nos efforts d’évangélisation deviennent simplement «un projet humain, social, qui dissimule ou glisse par-dessus la dimension transcendante de l’offre de salut que Dieu fait dans le Christ.»

    L’évangélisation est devenue une activité de plus en plus complexe dans le monde moderne, mais cette complexité ne doit pas nous décourager. Si nous avons été réellement saisis par le Christ, notre proclamation de l’Evangile sera authentique en tout ce que nous faisons. Commençons par dire que nous serons motivés par l’amour que le Christ porte à toutes les personnes, saintes ou pécheresses, croyantes ou ennemies de l’Eglise. Nous prierons pour que tous ces gens puissent trouver la paix du Christ, spécialement ceux que nous rencontrons au quotidien. Au lieu de rechercher la richesse et le pouvoir, nous nous mettrons solidairement au flanc des victimes du monde, comme Jésus l’avait fait, au flanc de ceux qui ont faim et soif, au flanc de ceux qui sont accablés par la misère, la violence et l’injustice. Nous nous impliquerons et ferons ce qu’il nous est possible de faire pour remédier à leur souffrance. Et puisque notre volonté est d’en faire davantage, nous donnerons de notre propre argent pour aider les personnes qui oeuvrent à la cause du Christ dans notre voisinage et dans le monde. Enfin, nous n’aurons pas peur de faire savoir aux autres qui nous sommes, ce que nous croyons et pourquoi nous vivons comme nous le faisons.

    Dans sa première épître, saint Pierre semble s’adresser directement à ceux d’entre nous qui sont timides. «Qui pourrait vous faire du mal si vous montrez du zèle pour le bien? Si cependant vous avez à souffrir pour la justice, heureux êtes-vous! Ne craignez point leurs menaces, et ne vous laissez pas troubler, mais traitez saintement le Christ Seigneur dans vos cœurs. Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, mais avec douceur et respect, et ayez une bonne conscience» (1 P 3,13-16a).


    Douglas Leonard, Directeur administratif
    Bureau de l’Apostolat de la prière – Etats-Unis






    INTENTION GENERAL - NOVEMBRE


    Ministres de l’Evangile

    Pour que les évêques, les prêtres et tous les ministres de l’Evangile rendent un témoignage courageux de fidélité au Seigneur crucifié et ressuscité.


    Chers Séminaristes,

    En décembre 1944, lorsque je fus appelé au service militaire, le commandant de la compagnie demanda à chacun de nous quelle profession il envisageait pour son avenir. Je répondis que je voulais devenir prêtre catholique. Le sous-lieutenant me répondit : Alors vous devrez chercher quelque chose d’autre. Dans la nouvelle Allemagne, il n’y a plus besoin de prêtres. Je savais que cette « nouvelle Allemagne » était déjà sur le déclin, et qu’après les énormes dévastations apportées par cette folie dans le pays, il y aurait plus que jamais besoin de prêtres. Aujourd’hui, la situation est complètement différente. Mais, de diverses façons, beaucoup aujourd’hui aussi pensent que le sacerdoce catholique n’est pas une « profession » d’avenir, mais qu’elle appartient plutôt au passé. Vous, chers amis, vous vous êtes décidés à entrer au séminaire, et vous vous êtes donc mis en chemin vers le ministère sacerdotal dans l’Église catholique, à l’encontre de telles objections et opinions. Vous avez bien fait d’agir ainsi. Car les hommes auront toujours besoin de Dieu, même à l’époque de la domination technique du monde et de la mondialisation : de Dieu qui s’est rendu visible en Jésus Christ et qui nous rassemble dans l’Église universelle pour apprendre avec lui et par lui la vraie vie et pour tenir présents et rendre efficaces les critères de l’humanité véritable. Là où l’homme ne perçoit plus Dieu, la vie devient vide ; tout est insuffisant. L’homme cherche alors refuge dans la griserie ou dans la violence qui menacent toujours plus particulièrement la jeunesse. Dieu est vivant. Il a créé chacun de nous et nous connaît donc tous. Il est si grand qu’il a du temps pour nos petites choses : « Les cheveux de votre tête sont tous comptés ». Dieu est vivant, et il a besoin d’hommes qui vivent pour lui et qui le portent aux autres. Oui, cela a du sens de devenir prêtre : le monde a besoin de prêtres, de pasteurs, aujourd’hui, demain et toujours, tant qu’il existera.

    [6] … Récemment, nous avons dû constater avec une grande peine que des prêtres ont défiguré leur ministère par l’abus sexuel d’enfants et de jeunes. Au lieu de conduire les personnes vers une humanité mature, et d’en être l’exemple, ils ont provoqué, par leurs abus, des destructions dont nous éprouvons une profonde douleur et un profond regret. A cause de tout cela peut surgir en beaucoup, peut-être aussi en vous-mêmes, la question de savoir s’il est bien de devenir prêtre ; si le chemin du célibat est raisonnable comme vie humaine. Mais l’abus, qui est à réprouver absolument, ne peut discréditer la mission sacerdotale, laquelle demeure grande et pure. Grâce à Dieu, nous connaissons tous des prêtres convaincants, pleins de foi, qui témoignent que dans cet état et précisément dans la vie du célibat, on peut parvenir à une humanité authentique, pure et mature. Ce qui est arrivé doit toutefois nous rendre plus vigilants et attentifs, justement pour nous interroger soigneusement nous-mêmes, devant Dieu, dans le chemin vers le sacerdoce, pour comprendre si c’est sa volonté pour moi. Les confesseurs et vos supérieurs ont cette tâche de vous accompagner et de vous aider dans ce parcours de discernement. Pratiquer les vertus humaines fondamentales est un élément essentiel de votre chemin, en gardant le regard fixé sur le Dieu qui s’est manifesté dans le Christ, en se laissant toujours de nouveau purifier par Lui.


    BENOÎT XVI
    LETTRE AUX SÉMINARISTES
    18 octobre 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana




    COMMENTAIRE PASTORAL

    Lorsqu’il reçoit le sacrement de l’ordination par l’imposition des mains et la prière de consécration, tout évêque, tout prêtre, tout diacre est constitué en un ministre rendu apte à servir précisément le Christ et son Eglise, dans laquelle Il est présent, crucifié et ressuscité. Dans cette Eglise que nous formons tous, nous la communauté des baptisés, nous recevons les sacrements qui sont précisément cela, des signes réels du Christ qui vit au milieu de nous et qui nous accompagne par l’opération de son Esprit. Le sacrement de l’ordination sacerdotale est un autre signe vivant de la présence du Christ parce que, par exemple, sans le prêtre, l’on ne peut pas célébrer des sacrements comme l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades; et, de même, sans l’évêque, l’on ne peut pas célébrer l’ordination sacerdotale elle-même. Mais nous devons rappeler quelque chose de plus : par le sacrement de l’ordination, l’évêque, ou le prêtre, ou encore le diacre se convertit en un « autre Christ » au service de ses frères, c’est-à-dire qu’il est transformé afin d’agir, non pas comme simple représentant du Christ et en Son nom, mais parce qu’il a la lourde responsabilité d’agir « en la personne du Christ » lui-même, et de faire ce que dit saint Paul : Ayez entre vous les sentiments mêmes du Christ Jésus; tout en étant de condition divine, il n’a pas considéré comme une proie le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est au contraire anéanti lui-même, prenant la condition de serviteur, se faisant semblable aux hommes. Etant, dans son comportement, reconnu pour un homme, il s’est abaissé lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. (Ph 2, 5-8).

    Ces dernières années, nous avons vu comment l’Eglise a aussi vécu avec douleur le problème de la pédophilie, qui ne lui est pas exclusif. Quelques-uns de ses prêtres ont abusé sexuellement de personnes mineures, c’est-à-dire de garçons et de filles, de jeunes pré-adolescents, ou de personnes faibles d’esprit. Ce problème est, d’une part, un crime monstrueux et un délit pénal qui implique un dommage et une altération causés au développement normal d’un enfant ou d’un adolescent, avec des conséquences psychologiques et sociales à long terme pour la personne. D’autre part, le problème des prêtres pédophiles est un scandale terrible pour l’Eglise, parce que cela signifie la blesser dans quelque chose qui lui est aussi intime que le service de ses prêtres; de plus, cela met en danger la confiance que les fidèles doivent normalement porter à leurs prêtres et à l’Eglise elle-même. L’on comprend qu’un ministre qui commet un acte de ce genre ne peut pas être cet « autre Christ » qui sert ses frères et en qui ses frères peuvent avoir confiance. Le scandale de la pédérastie rend opaque et sale l’image du ministère sacerdotal. Heureusement, si on le compare avec le nombre total de prêtres dans le monde, peu nombreux sont ceux qui, pour divers motifs injustifiables, ont commis ces abus à l’égard de personnes qui ont eu confiance en eux. La majorité des prêtres sont fidèles à leur vocation et travaillent avec courage et enthousiasme dans différents endroits : paroisses, collèges, hôpitaux, prisons, terres lointaines de mission, etc. En 2010, les prêtres de l’Eglise catholique dans le monde étaient plus de 410.000. En revanche, de 2001 à 2010, le nombre de prêtres sur lesquels l’Eglise a fait des recherches et dont elle a réellement vérifié qu’ils aient commis des abus sexuels contre des mineurs s’est rapproché approximativement de 300 prêtres, et pour des délits commis sur une période de plus ou moins cinquante ans; c’est-à-dire 0,3% du total des prêtres dans le monde. De toutes façons, il suffit d’un seul cas pour porter offense à tous en tant qu’Eglise, en plus de l’offense concrète envers la dignité de la personne victime d’un prêtre abuseur.

    En tant qu’Eglise, nous avons toute raison de prier pour que pas un seul cas semblable à ceux-ci ne se répète, et nous prions, comme le saint-Père nous le demande ce mois-ci, afin que ceux qui ont été ordonnés comme évêques, prêtres, diacres, soient de véritables et d’authentiques serviteurs, offrant toujours un témoignage courageux de leur sacerdoce, par fidélité envers le Christ. Là où nous sommes, à la maison, en famille, dans la communauté paroissiale, dévouons-nous à cette intention, pour que l’Eglise obtienne toujours du Seigneur des prêtres formés selon le coeur du Christ. Peut-être trouverons-nous une aide dans une prière semblable à celle de nos grands-mères et nos grands-pères au temps jadis: « Seigneur, donne-nous des prêtres qui soient saints, sages et simples ».


    Père Luis Javier Sarralde, s.j.
    jésuite colombien, spécialiste en droit canon




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Je partage mon témoignage personnel d’un prêtre que j’admire comme «témoin courageux de fidélité au Seigneur crucifié et ressuscité»

    2. Qu’avons-nous appris en tant qu’Eglise après avoir su que quelques prêtres avaient commis certains graves abus?

    3. Sommes-nous compréhensifs envers notre curé et envers les prêtres en général, en sachant qu’ils sont des hommes faibles à l’égal de nous tous?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Tm 3,1-13 Comment ceux qui président doivent se comporter

    • Mt 10,16-18 Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups

    • Lc 24,36-49 Témoins du Ressuscité




    MISSION INTENTION - NOVEMBRE

    Pour que l’Eglise, pèlerine sur la terre, resplendisse comme lumière des nations.


    L’Eglise pèlerine

    « Les Nations marcheront à sa lumière » (Apocalypse 21, 24)

    Le but de la mission de l’Eglise est en effet d’éclairer, par la lumière de l’Evangile, tous les peuples sur leur chemin historique vers Dieu, pour qu’ils aient en Lui, leur pleine réalisation et leur plein accomplissement. Nous devons ressentir le désir profond et la passion d’éclairer tous les Peuples, par la Lumière du Christ, qui resplendit sur le visage de l’Eglise, pour que tous se rassemblent dans l’unique famille humaine, sous la paternité aimante de Dieu.

    C’est dans cette perspective que les disciples du Christ, répandus dans le monde entier, agissent, travaillent durement, et gémissent sous le poids des souffrances, et donnent leur vie. Je réaffirme avec force tout ce qui a été dit à plusieurs reprises par mes Vénérés Prédécesseurs : l’Eglise n’agit pas pour étendre son pouvoir, ou pour affirmer sa domination, mais pour apporter à tous le Christ, Salut du monde. Nous ne demandons rien d’autre que de nous mettre au service de l’humanité, et spécialement de celle qui souffre le plus, et qui est la plus marginalisée, parce que nous croyons que « l’engagement d’annoncer l’Evangile à tous les hommes de notre temps… est sans aucun doute un service rendu non seulement à la communauté chrétienne, mais aussi à toute l’humanité » (Evangelii Nuntiandi, 1), qui « connaît des conquêtes admirables, mais semble avoir oublié le sens des réalités ultimes et de son existence même » (Redemptoris Missio, 2)


    1. Tous les Peuples sont appelés au Salut

    L’humanité entière, en vérité, a la vocation radicale de retourner à sa source, qui est Dieu, dans Lequel seulement elle trouvera son accomplissement final par la restauration de toutes les choses dans le Christ. La dispersion, la multiplicité, le conflit, l’inimitié, seront apaisés et réconciliés par le Sang de la Croix.

    Le nouveau début a déjà commencé avec la Résurrection et avec l’Exaltation du Christ, qui attire toutes les choses à soi, les renouvelle, les fait participer à la joie éternelle de Dieu. L’avenir de la nouvelle création brille déjà dans notre monde, et allume, même si c’est au sein de contradictions et de souffrances, l’espérance d’une vie nouvelle. La Mission de l’Eglise consiste à « contaminer » d’espérance, tous les peuples. Pour cela, le Christ appelle, justifie, sanctifie et envoie ses disciples pour annoncer le Royaume de Dieu, pour que toutes les Nations deviennent Peuple de Dieu. C’est seulement dans cette Mission que se comprend et s’authentifie le véritable chemin historique de l’humanité. La Mission universelle doit devenir une constante fondamentale de la vie de l’Eglise. Annoncer l’Evangile doit être pour nous, comme ce l’était déjà pour l’Apôtre Paul, un engagement qui ne peut être différé et qui est premier.


    2. Eglise pèlerine

    L’Eglise Universelle, sans limites et sans frontières, se sent responsable de l’annonce de l’Evangile vis-à-vis de peuples entiers (cf. Evangelii Nuntiandi, 53). Germe d’espérance par vocation, Elle doit continuer le service du Christ pour le monde. Sa Mission et son service ne sont pas à la mesure des besoins matériels ou même spirituels qui s’achèvent dans le cadre de l’existence temporelle, mais d’un salut transcendant qui se réalise dans le Royaume de Dieu (cf. Evangelii Nuntiandi, 27). Ce Royaume, tout en étant dans sa plénitude eschatologique, et non pas ‘de’ ce monde (cf. Jean 18, 36), est aussi ‘dans’ ce monde et dans son histoire, force de justice et de paix, de vraie liberté et de respect de la dignité de tout homme. L’Eglise vise à transformer le monde par la proclamation de l’Evangile de l’Amour, « qui éclaire toujours de nouveau un monde ténébreux, et qui nous donne le courage de vivre et d’agir et… de cette manière, de faire entrer la lumière de Dieu dans le monde » (Deus Caritas est, 39). C’est à cette Mission et à ce service que, par ce Message, j’appelle également à participer tous les membres et toutes les institutions de l’Eglise.


    3. Missio Ad Gentes

    La Mission de l’Eglise consiste donc à appeler tous les Peuples au salut réalisé par Dieu par l’intermédiaire de son Fils Incarné. Il est donc nécessaire de renouveler l’engagement d’annoncer l’Evangile, qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, d’unité et de paix (cf. Ad Gentes, 8). Je veux « de nouveau confirmer que le Mandat d’évangéliser tous les hommes, constitue la Mission essentielle de l’Eglise » (Evangelii Nuntiandi, 14), tâche et mission que les profonds et vastes changements de la société actuelle rendent plus urgentes encore. Ce qui est en question est le salut éternel des personnes, la fin et l’accomplissement même de l’histoire humaine et de l’univers. Animés et inspirés par l’Apôtre des Nations, nous devons ‘être conscients que Dieu a un peuple nombreux dans toutes les villes parcourues, y compris par les apôtres d’aujourd’hui (cf. Actes 18, 10). En effet, « la promesse est pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2, 39)

    L’Eglise entière doit s’engager dans la ‘Missio Ad Gentes’ tant que la souveraineté salvifique du Christ ne sera pas pleinement réalisée. « Actuellement, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2, 8)


    4. Appelés à évangéliser y compris par le martyre

    […]

    La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de l’Evangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître. « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). L’Eglise se place sur la même voie, et subit le même sort que le Christ, parce qu’elle n’agit pas sur la base d’une logique humaine, ou en comptant sur les raisons de la force, mais en suivant la Voie de la Croix, et en se faisant, dans une obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité.

    Aux Eglise antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qu’elles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqu’aux extrémités de la terre. La ‘Missio Ad Gentes’ doit être la priorité de leurs plans pastoraux.

    […]


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana





    COMMENTAIRE PASTORAL

    Par cette intention missionnaire, le Saint-Père invite tous les chrétiens à méditer sur la vocation et la mission de l’Eglise et à considérer tout autant la part qui leur incombe dans la réalisation de celles-ci. C’est pourquoi nous ne sommes pas seulement invités à prier pour l’Eglise, – comme si l’Eglise était seulement en face de nous – mais nous sommes plutôt poussés à contribuer par toute notre vie à faire vivre la vocation de l’Eglise qui est celle-ci : rendre témoignage de Dieu qui s’est fait homme pour tous les hommes et annoncer de cette façon la lumière qui est venue dans le monde en venant en Jésus-Christ. Avec l’Eglise, nous sommes invités à nous unir au chant de Zacharie et à confesser devant tous les peuples que le Christ est venu nous visiter d’en haut comme « un Soleil levant, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour guider nos pas dans le chemin de la paix. » (cf. Lc 1,79).

    Dieu veut continuer cette œuvre qui est la sienne, commencée aujourd’hui en Jésus-Christ par l’Eglise afin qu’il porte sa lumière à toutes les nations et qu’il leur annonce son salut. Pour ce qui concerne l’accomplissement de cette tâche, l’Eglise se trouve non seulement encore en route, mais elle dépend aussi de l’engagement et de la collaboration de tous les chrétiens. C’est pourquoi, tout comme Jésus sur son chemin vers la croix a demandé à ses disciples au Gethsémani de s’unir à sa prière, de même l’ « Eglise pèlerine », sentant sa propre faiblesse et reconnaissant son besoin, demande à ses fidèles de prier pour elle, afin d’être en mesure de correspondre à sa mission de rendre témoignage de l’amour immense de Dieu pour les hommes et de se mettre autant que possible au service de tous ceux auxquels la lumière manque encore et qui désirent donc leur rédemption.

    En nous unissant à cette prière de l’Eglise, efforçons-nous de ressentir une compassion particulière pour tous ceux qui, jusqu’à présent, n’ont pas encore fait l’expérience de l’amour de Jésus-Christ et faisons également nôtre la préoccupation de l’Eglise pour les personnes « qui sont dans les ténèbres ». Notre prière ne devient vraiment profonde et véridique que dans la mesure où nous sommes disposés à offrir à Dieu notre vie pour l’Eglise et pour tous ceux qui souffrent encore du manque de lumière. De cette manière, la prière se transforme finalement aussi en une prière pour nous-mêmes et pour notre conversion toujours nécessaire; c’est-à-dire que notre prière se transforme en l’humble demande adressée à Dieu afin qu’il veuille nous aider à pouvoir mieux vivre notre vocation de baptême, par lequel nous appartenons à l’Eglise qui a besoin de notre prière et par lequel, avec l’Eglise, nous sommes appelés à annoncer à tous les peuples la lumière de Jésus-Christ.


    Père Toni Witwer, s.j.
    Postulateur général de la Compagnie de Jésus






    INTENTION GENERAL - DECEMBRE


    Les migrants

    Pour que les migrants soient accueillis dans le monde entier, spécialement par les communautés chrétiennes, avec générosité et charité authentique.


    62. Le phénomène des migrations est un autre aspect qui mérite attention quand on parle de développement humain intégral. C’est un phénomène qui impressionne en raison du nombre de personnes qu’il concerne, des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale. Nous pouvons dire que nous nous trouvons face à un phénomène social caractéristique de notre époque, qui requiert une politique de coopération internationale forte et perspicace sur le long terme afin d’être pris en compte de manière adéquate. Une telle politique doit être développée en partant d’une étroite collaboration entre les pays d’origine des migrants et les pays où ils se rendent; elle doit s’accompagner de normes internationales adéquates, capables d’harmoniser les divers ordres législatifs, dans le but de sauvegarder les exigences et les droits des personnes et des familles émigrées et, en même temps, ceux des sociétés où arrivent ces mêmes émigrés. Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps. Nous sommes tous témoins du poids de souffrances, de malaise et d’aspirations qui accompagne les flux migratoires. La gestion de ce phénomène est complexe, nous le savons tous; il s’avère toutefois que les travailleurs étrangers, malgré les difficultés liées à leur intégration, apportent par leur travail, une contribution appréciable au développement économique du pays qui les accueille, mais aussi à leur pays d’origine par leurs envois d’argent. Il est évident que ces travailleurs ne doivent pas être considérés comme une marchandise ou simplement comme une force de travail. Ils ne doivent donc pas être traités comme n’importe quel autre facteur de production. Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance [142].


    BENOÎT XVI
    LETTRE ENCYCLIQUE
    CARITAS IN VERITATE
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana




    COMMENTAIRE PASTORAL


    Pour le commentaire pastoral, nous partageons avec vous les paragraphes centraux du message que notre Directeur Général, le P. Adolfo Nicolás, à adressé au Service Jesuit de Refugiés - SJR


    Message du Père Général au SJR à l'occasion de son 30è anniversaire

    Comme vous vous en rendez certes compte, le monde de personnes déplacées que le JRS désire servir est en train de changer rapidement. Depuis l'époque où les boat people vietnamiens avaient inspiré la réponse de compassion du Père Arrupe au nom de la Compagnie, de nombreuses nouvelles formes de déplacement, beaucoup de nouvelles expériences de vulnérabilité et souffrance sont venues à jour. Vous les connaissez mieux que moi : les victimes de catastrophes naturelles et environnementales, ceux qui quittent leurs terres et leurs foyers à cause de la soif mondiale de minéraux et de matières premières, l'augmentation du nombre de réfugiés urbains, pour en nommer quelques-unes. Comment le SJR peut-il promouvoir à la fois l'esprit et les structures de la liberté ignatienne pour répondre avec souplesse à ces nouveaux appels à notre compassion ?

    Dans notre service aux réfugiés, je me demande comment le SJR peut mieux construire des communautés participantes. La longue tradition de dépendance d'une aide fournie par d'autres personnes peut empêcher ceux que nous servons à prendre la responsabilité de leurs propres besoins. Aider les personnes à agir au mieux, sans dépendre de quelqu'un de l'extérieur qui peut agir mieux et plus vite, demandera beaucoup de détachement et de patience. Mais, à la longue, ce sera plus efficace. Nous voulons certainement répondre aux besoins. Mais comment pouvons-nous construire quelque chose de plus durable, quelque chose qui renforce l'humanité de ceux pour lesquels nous travaillons ? Comment pouvons-nous les aider à faire l'expérience de la réconciliation, à s'en approcher, à guérir les profondes blessures souvent liées au déplacement violent, de façon à ce qu'émergent des communautés de paix ?

    Je me demande aussi comment le SJR peut défendre et promouvoir plus activement les valeurs d'hospitalité de l'Evangile dans le monde d'aujourd'hui, fait de frontières fermées et de plus grande hostilité envers les étrangers. L'hospitalité est cette valeur profondément humaine et chrétienne qui répond à la demande de quelqu'un, non pas parce qu'il ou elle est un membre de ma famille ou de ma communauté, ou de ma race, ou de ma confession religieuse, mais simplement parce qu'il ou elle est un être humain qui a besoin d'accueil et de respect. C'est la vertu du Bon Samaritain, qui a vu dans l'homme au bord de la route, non pas quelqu'un d'une autre race, mais un frère dans le besoin.

    C'est une valeur qui, vous du SJR le savez bien, est érodée dans le monde d'aujourd'hui, dans la culture et dans les politiques, parce que beaucoup ont peur de « l'autre. » Beaucoup ferment leurs frontières et leurs cœurs, à cause de leur crainte ou de leur ressentiment contre ceux qui sont différents. En servant les réfugiés, le SJR est l'hospitalité de l'Evangile en action, mais peut-être que nous pouvons nous demander comment influencer avec créativité, effectivement et positivement, les valeurs funestes et inhospitalières des cultures au milieu desquelles nous opérons.


    Adolfo Nicolás SJ
    Supérieur Général



    Texte intégral:

  • http://www.jrs.net/director?TN=LETTER-20101221072912&L=FR


  • Voir aussi:

  • MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI POUR LA 97ème JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ (2011)



  • QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

    1. Observons-nous dans notre société des attitudes racistes ou xénophobes? En nous-mêmes? Que pouvons-nous faire en tant que chrétiens pour les contrecarrer?

    2. Comment pouvons-nous promouvoir plus activement les valeurs de l’accueil et de l’hospitalité dans un monde toujours plus hostile, qui ferme progressivement ses frontières aux étrangers?

    3. Quelle initiative concrète pouvons-nous prendre dans notre communauté chrétienne en faveur des immigrés, en respectant toujours la dignité de ceux qui reçoivent l’aide?




    TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

    • Lv 19,33-34 Accueillir l’expatrié

    • Co 12,13 Nous ne formons qu’un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres

    • Mt 25,31-46 J’étais étranger, et vous m’avez accueilli.




    MISSION INTENTION - DECEMBRE

    Pour que le Christ se révèle à toute l’humanité avec la lumière qui émane de Bethléem et qui se reflète sur le visage de son Eglise.


    Christ, lumière pour toute l’humanité

    Chers frères et soeurs,

    Nous célébrons avec joie la solennité de l'Epiphanie, "manifestation" du Christ aux nations, qui sont représentées par les Rois Mages, mystérieux personnages venus d'Orient. Nous célébrons le Christ, but du pèlerinage des peuples à la recherche du salut. Dans la première Lecture, nous avons écouté le prophète, inspiré par Dieu, contempler Jérusalem comme un phare de lumière qui, au milieu des ténèbres et des brumes de la terre, oriente le chemin de tous les peuples. La gloire du Seigneur resplendit sur la Ville sainte et attire tout d'abord ses enfants exilés et dispersés, mais en même temps les nations païennes également, qui viennent de toute part à Sion comme vers une patrie commune, l'enrichissant de leurs biens (cf. Is 60, 1-6).

    […]

    Plusieurs questions apparaissent alors spontanément: dans quel sens, aujourd'hui, le Christ est-il encore lumen gentium, lumière des nations? A quel point se trouve - si l'on peut ainsi dire - cet itinéraire universel des peuples vers Lui? Est-il dans une phase de progrès ou de recul? Et encore: qui sont aujourd'hui les Rois Mages? Comment pouvons-nous interpréter, en pensant au monde actuel, ces mystérieuses figures évangéliques? Pour répondre à ces interrogations, je voudrais revenir à ce que les Pères du Concile Vatican II dirent à ce propos. Et j'ai plaisir à ajouter que, immédiatement après le Concile, le Serviteur de Dieu Paul VI, il y a quarante ans, précisément le 26 mars 1967, consacra l'Encyclique Populorum progressio au développement des peuples.

    En vérité, tout le Concile Vatican II fut inspiré par la volonté d'annoncer le Christ, lumière du monde, à l'humanité contemporaine. Au coeur de l'Eglise, à partir du sommet de sa hiérarchie, apparut de manière impérieuse, suscité par l'Esprit Saint, le désir d'une nouvelle épiphanie du Christ au monde, un monde que l'époque moderne avait profondément transformé et qui, pour la première fois dans l'histoire, se trouvait face au défi d'une civilisation mondiale, dont le centre ne pouvait plus être l'Europe, pas plus que ce nous appelons l'Occident et le Nord du monde. Apparaissait l'exigence d'élaborer un nouvel ordre mondial politique et économique, mais, dans le même temps et surtout, spirituel et culturel; c'est-à-dire un humanisme renouvelé. Cette constatation s'imposait avec une évidence croissante. Un nouvel ordre mondial économique et politique ne fonctionne pas s'il n'y a pas de renouveau spirituel, si nous ne pouvons pas nous approcher à nouveau de Dieu et trouver Dieu parmi nous.

    […]

    Le Christ est lumière, et la lumière ne peut pas obscurcir, mais seulement illuminer, éclairer, révéler. Que personne n'ait donc peur du Christ et de son message! Et si, au cours de l'histoire, les chrétiens, qui sont des hommes limités et pécheurs, ont parfois pu le trahir par leurs comportements, cela souligne encore davantage que la lumière est le Christ et que l'Eglise ne la reflète qu'en restant unie à Lui.

    […]

    Chers frères et soeurs, arrêtons-nous nous aussi en esprit face à l'icône de l'adoration des Rois Mages. Celle-ci contient un message exigeant et toujours actuel. Exigeant et toujours actuel en particulier pour l'Eglise qui, se reflétant en Marie, est appelée à montrer Jésus aux hommes, rien d'autre que Jésus. En effet, Il est le Tout et l'Eglise n'existe que pour rester unie à Lui et le faire connaître au monde. Que la Mère du Verbe incarné nous aide à être de dociles disciples de son Fils, Lumière des nations. L'exemple des Rois Mages d'alors constitue également une invitation pour les Rois Mages d'aujourd'hui à ouvrir les esprits et les coeurs au Christ et à lui offrir les dons de leur recherche. A eux, à tous les hommes de notre temps, je voudrais aujourd'hui répéter: n'ayez pas peur de la lumière du Christ! Sa lumière est la splendeur de la vérité. Laissez-vous illuminer par Lui, peuples de toute la terre; laissez-vous envelopper par son amour et vous trouverez le chemin de la paix. Ainsi soit-il.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - SOLENNITÉ DE L'ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
    6 janvier 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



    COMMENTAIRE PASTORAL

    Nous ne saurions recevoir d’autrui cadeau plus cher que d’être choisi comme ami très aimé. Nous ne pouvons donc commencer à célébrer la Noël comme il convient sans penser aux mots de Jésus à Nicodème et les prendre à cœur: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais possède la vie éternelle » (Jn 3,16). Nous pouvons alors apprécier à sa juste valeur la prophétie d’Isaïe reprise par Matthieu (4,16), « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Is 9,1). La couleur violette que nous assignons aux ornements sacerdotaux de l’Avent représente le clair-obscur qui laisse présager l’aube du grand jour, la merveille totale et la gloire de l’amour sans défaillance que Dieu nous offre, à chacun de nous qui sommes ses créatures; amour révélé, affirmé comme la vérité la plus profonde de notre vie, par la naissance de Jésus, envoyé par le Père pour que dans la lumière du Fils nous puissions voir la lumière du Père et pour qu’avec foi nous puissions, sans nous égarer, suivre le chemin tracé par Dieu vers la vraie paix.

    Quand nous dirigeons notre réflexion vers les diverses intentions auxquelles le Saint-Père, mois après mois, nous demande de prier, nous découvrons que dans presque toutes celles-ci nous plaidons pour que notre cœur et notre esprit ainsi que le cœur et l’esprit de notre prochain puissent s’ouvrir plus largement au souffle du Saint-Esprit, qui nous incite à plus d’amour, plus de générosité. Pour être vraiment vivants, à titre individuel et en groupes – familles, nations, Eglise – il est nécessaire que nous soyons ouverts à cette croissance. Nos esprits doivent grandir dans la connaissance et la perception de cette vérité fondamentale de l’humanité que constituent notre dépendance absolue de Dieu et la dimension absolue de son amour pour nous. De même nos cœurs doivent-ils répondre davantage à cet amour divin par l’offrande de nos personnes à Dieu et à nos frères. C’est ce que Jésus, depuis la crèche de Bethléem jusqu’au Sermon sur la montagne et jusqu’à la Croix dressée sur le Calvaire, n’a cessé d’enseigner par la parole et par l’exemple, avec toute la force de l’Esprit de sagesse et d’amour, lumière envoyée au genre humain pour le détourner de l’autodestruction et le guider vers la fraîcheur de la vie.

    Jésus avait dit qu’il était venu pour que nous puissions posséder la vie en plénitude. Ce même Jésus nous a également fait l’offrande de la voie la plus sûre vers cette vie, sa propre voie illuminée par le divin don de sa personne, qui rayonnait déjà dans l’étable de Bethléem et qui tirait sa force du souffle de l’Esprit Saint. Jésus nous l’a dit : « Celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de la lumière… Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres » (Jn 12,35 et 46). Il faut d’abord triompher en sa propre personne des ténèbres, du mal, du choix fait de soi-même plutôt que de Dieu, « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous reconnaîtrez que Je Suis, et que de moi-même je ne fais rien, et que je parle selon ce que m’a enseigné le Père. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne me laisse pas seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît » (Jn 8,29) ; et triompher ensuite en la personne de tous ceux qui s’ouvrent à la lumière que Jésus apporte, « Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors; car je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 6,37-39). Ainsi, quand il aura triomphé grâce à l’amour que le Christ apporte à travers le don total de sa vie pour nous, cet Esprit Saint de l’Adoption nous unira à lui en tant qu’enfants bien-aimés du Père.

    C’est pour diffuser la lumière de sa relation de Fils au plus profond de nos cœurs et de nos esprits que le Christ vient à nous, aujourd’hui et chaque jour, et nous rend ainsi capables, à notre tour, par le don de son Esprit Saint, de refléter la lumière de l’amour de Dieu dans le cœur et dans l’esprit de notre prochain. Il vient pour être notre Voie vers le Père, la Vérité de notre relation d’amour avec lui, et pour que nous prenions notre part de la propre Vie de Dieu. Quand le Christ nous offre réellement son Corps et son Sang à boire et à manger, quand il nous offre l’eau vivante de l’Esprit, le vrai vin de son Corps, l’Eglise, et la vie éternelle, il nous rappelle que le monde, envisagé par nous comme une réalité, n’est rien de plus qu’un terrain d’exercice pour l’apprentissage de l’amour généreux; il nous rappelle aussi que notre vie ici-bas est seulement importante pour nous préparer et pour commencer à vivre, dans l’action de grâce de notre prière et dans toutes nos relations, la plénitude de la vie dans l’amour de notre Père. Le Christ nous invite, nous ses frères et ses sœurs, à considérer notre propre vie et les besoins de ceux qui nous entourent dans le rayonnement de la lumière de son amour à Bethléem, lumière qui révèle notre réalité authentique. Puissions-nous, de la sorte, apporter la paix à notre monde par notre témoignage fidèle de sa vérité et du don de sa personne, dans la joie de sa gloire pascale.


    James Fitzimons, s.j.
    Ancien Secrétaire national de l’AP en Afrique du Sud




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