Prayer and Service
English Español Français Juillet - 2010 N. 3 Imprimer Home Archives
Prier avec l'Eglise 2011
COMMENTAIRES AUX INTENTIONS 2011
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Editorial

Chers amis et amies,

Je vous salue dans la joie du Seigneur Ressuscité … en espérant que vous allez bien et soyez bien animés dans notre mission commune et notre vocation au service de l’Église et du Saint Père !
Je vous offre les commentaires aux intentions du Pape pour 2011.
Pour chaque intention générale il y a des Textes du Magistère, un Commentaire Pastoral, des Textes Bibliques pour la Célébration et des Questions pour la Réflexion. Cependant, pour les intentions missionnaires, je vous offre des Textes du Magistère et des « Points Pastoraux », c'est-à-dire, des idées à prendre en considération, mais il ne s’agit pas d’un commentaire unique.
A partir de juillet, les commentaires sont différents, à cause du fait que qu’ils seront préparés par des spécialistes dans chaque thème, en nous donnant une majeur profondeur.
J’espère que ce matériel vous sera utile pour inviter davantage et lancer des défis aux chrétiens, à fin qu’ils deviennent de vrais apôtres par la prière et le service.
Je vous souhaite une belle mission, unis dans le Cœur de Jésus.

P. Claudio Barriga, S.J.


Holy Father's Intentions
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INTENTION GENERAL - JANVIER


Prendre soin de la création

Pour que les richesses de la création soient préservées, valorisées et rendues disponibles pour tous, comme don précieux de Dieu aux hommes.


4. Bien qu’évitant d’entrer dans des solutions techniques spécifiques, l’Église, «experte en humanité», s’empresse de rappeler avec force l’attention sur la relation entre le Créateur, l’être humain et la création. En 1990, Jean-Paul II parlait de «crise écologique» et, en soulignant que celle-ci avait un caractère principalement éthique, il indiquait «la nécessité morale urgente d’une solidarité nouvelle».[7] Cet appel est encore plus pressant aujourd’hui, face aux manifestations croissantes d’une crise qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération. Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales? Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu’on appelle les «réfugiés de l’environnement»: ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner – souvent en même temps que leurs biens – pour affronter les dangers et les inconnues d’un déplacement forcé? Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l’accès aux ressources naturelles? Toutes ces questions ont un profond impact sur l’exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé, au développement.

5. Toutefois, il faut considérer que la crise écologique ne peut être appréhendée séparément des questions qui s’y rattachent, étant profondément liée au concept même de développement et à la vision de l’homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création. Il est donc sage d’opérer une révision profonde et perspicace du modèle de développement, et de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres. L’état de santé écologique de la planète l’exige; la crise culturelle et morale de l’homme le requiert aussi et plus encore, crise dont les symptômes sont évidents depuis un certain temps partout dans le monde.[8] L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu’elle traverse actuellement – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d’engagement s’appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives. Ainsi seulement, la crise actuelle devient-elle une occasion de discernement et de nouvelle planification.

[...]

7. Malheureusement, on doit constater qu’une multitude de personnes, dans divers pays et régions de la planète, connaissent des difficultés toujours plus grandes à cause de la négligence ou du refus de beaucoup de veiller de façon responsable sur l’environnement. Le Concile œcuménique Vatican II a rappelé que «Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples».[14] L’héritage de la création appartient donc à l’humanité tout entière. Par contre, le rythme actuel d’exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures.[15] Il n’est pas difficile dès lors de constater que la dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création. Pour contrer ce phénomène, en s’appuyant sur le fait que «toute décision économique a une conséquence de caractère moral»,[16] il est aussi nécessaire que l’activité économique respecte davantage l’environnement. Quand on utilise des ressources naturelles, il faut se préoccuper de leur sauvegarde, en en prévoyant aussi les coûts – en termes environnementaux et sociaux –, qui sont à évaluer comme un aspect essentiel des coûts mêmes de l’activité économique. Il revient à la communauté internationale et aux gouvernements de chaque pays de donner de justes indications pour s’opposer de manière efficace aux modes d’exploitation de l’environnement qui lui sont nuisibles. Pour protéger l’environnement, pour sauvegarder les ressources et le climat, il convient, d’une part, d’agir dans le respect de normes bien définies, également du point de vue juridique et économique, et, d’autre part, de tenir compte de la solidarité due à ceux qui habitent les régions plus pauvres de la terre et aux générations futures.

[...]

11. Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique. Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de nouveaux styles de vie, selon lesquels «les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune»,[26] devient désormais indispensable. On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique. Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création. Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le principe de subsidiarité, il est important que chacun s’engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers. Un rôle de sensibilisation et de formation incombe en particulier aux divers sujets de la société civile et aux Organisations non-gouvernementales, qui se dépensent avec détermination et générosité à l’expansion d’une responsabilité écologique, qui devrait être toujours plus attachée au respect de «l’écologie humaine». Il faut, en outre, rappeler la responsabilité des médias dans ce domaine en proposant des modèles positifs dont on puisse s’inspirer. S’occuper de l’environnement demande donc une vision large et globale du monde; un effort commun et responsable pour passer d’une logique centrée sur l’intérêt nationaliste égoïste à une vision qui embrasse toujours les besoins de tous les peuples. On ne peut rester indifférents à ce qui arrive autour de nous, parce que la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous. Les relations entre les personnes, les groupes sociaux et les États, comme entre l’homme et l’environnement, sont appelées à prendre le style du respect et de la «charité dans la vérité». Dans ce vaste contexte, il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d’armes nucléaires – dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l’humanité actuelle et future – se concrétisent et trouvent un consensus.

[...]

14. Si tu veux construire la paix, protège la création. La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans nul doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains et la création tout entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l’Église, offrent leur contribution propre. Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l’œuvre créatrice du Père et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a «tout réconcilié […] sur la terre et dans les cieux» (Col 1, 20) avec Dieu. Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l’humanité de son Esprit sanctificateur, qui conduit le cours de l’histoire, dans l’attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera «un ciel nouveau et une terre nouvelle» (2 P 3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix. Toute personne a donc le devoir de protéger l’environnement naturel pour construire un monde pacifique. C’est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé. C’est aussi une opportunité providentielle pour offrir aux nouvelles générations la perspective d’un avenir meilleur pour tous. Que les responsables des nations et tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à cœur les destinées de l’humanité en soient conscients: la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles! C’est pourquoi, j’invite tous les croyants à élever leur fervente prière vers Dieu, Créateur tout-puissant et Père miséricordieux, afin qu’au cœur de tout homme et de toute femme résonne, soit accueilli et vécu cet appel pressant: Si tu veux construire la paix, protège la création.


BENOÎT XVI
MESSAGE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
8 décembre 2009


© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX - 8 décembre 2009


  • COMMENTAIRE PASTORAL


    Il y a toujours eu des désastres naturels ayant causé des dommages et des ravages dans la population humaine. La différence entre la situation actuelle et les antérieures consiste en ce que nous commençons à prendre conscience du fait que beaucoup des maux climatiques qui nous affectent relèvent de causes humaines. Le pouvoir de l’homme sur la nature est aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, une menace pour sa propre survie. Cette conviction, claire chez les hommes de science, a gagné du terrain parmi les dirigeants politiques, bien qu’il s’en trouve encore pour nier la validité des conclusions qui attribuent le réchauffement global et les changements climatiques à des causes humaines. Prendre soin de la création, dit le pape Benoît dans son message de l’An Nouveau 2010, « est devenu aujourd’hui essentiel pour la coexistence pacifique de l’humanité. » (1). Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, comme le démontre l’échec du sommet écologique de Copenhague en décembre 2009, où les intérêts économiques des nations les plus puissantes ont primé, empêchant ainsi d’atteindre des accords plus significatifs. La réunion a constitué une désillusion mondiale qui coûtera cher, au dépens de toute l’espèce humaine.

    Ce mois-ci, l’intention de prière du Pape en appelle à notre responsabilité de sauvegarder la création pour les générations à venir. Il nous dit qu’il manque « une révision profonde, une vision d’avenir du modèle de développement, ainsi qu’une réflexion sur le sens et la finalité de l’économie, dans l’intention d’en corriger les dysfonctionnements et les distorsions » (5), et qui exhorte en même temps à un changement de mentalité et à une révision de nos styles de vie (cf. 11).

    Aujourd’hui, le discours en faveur de la justice sociale inclut nécessairement le thème écologique ; aujourd’hui, le thème écologique ne saurait laisser à l’écart la promotion de la justice. Tous deux se conditionnent mutuellement, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Eglise. Nous constatons que les nations qui consomment le plus et qui par conséquent contaminent davantage ne sont pas celles qui souffrent le plus des dommages causés à la création. Ce sont comme toujours les pauvres, qui ont moins de possibilités de se défendre des altérations climatiques, qui en paient les conséquences, à de très hauts prix. Voici seulement à titre d’exemple : dans les régions du monde affectées par les cyclones, il y eut l’an dernier quatre fois plus de tempêtes et de typhons qu’il n’y en avait d’habitude jusqu’à quelques années d’ici. Un autre exemple est le déchargement de résidus toxiques, interdit dans la législation des pays riches, qui se fait de façon clandestine dans des pays pauvres où la corruption favorise la transgression des lois locales. Il en va de même de la déforestation illégale de vastes extensions dans des pays pauvres. La fuite tragique de pétrole dans le Golfe du Mexique il y a quelques mois a mis en évidence la fragilité de notre défense face à ce type de désastres.

    Le thème écologique est aujourd’hui inéluctable dans l’agenda politique, culturel, artistique… tout comme dans l’agenda religieux et ecclésial. Il est présent dans la lutte des chrétiens pour un monde plus juste, dans le dialogue oecuménique, ainsi que dans nos programmes de formation, etc. Nous n’en voulons pour preuve que le nombre et la fréquence croissante des déclarations du Pape et des évêques sur ce thème.

    Des mouvements mondiaux destinés à alerter les consciences sur la contamination et la surexploitation de la création sont nés, comme par exemple « L’heure de la planète », consistant à éteindre la lumière pendant une heure à partir de 20h30. Le 27 mars 2010, 121 pays y ont adhéré. L’idée de nous joindre à ces initiatives n’est certes pas mauvaise.

    Prions ce mois-ci avec le Saint-Père pour unir notre force spirituelle aux très nombreuses personnes qui luttent pour défendre la beauté de notre création à l’usage de tous, et spécialement de ceux qui viendront après nous.



    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Comment éduquons-nous les nouvelles générations à prendre soin de la nature ?
  • Quelles mesures pratiques, domestiques, avons-nous pris ou pouvons-nous prendre pour économiser de l’énergie et prendre soin de la nature ?
  • Comment contribuons-nous en tant que chrétiens et en tant que membres de l’Apostolat de la Prière à créer une conscience mondiale des graves conséquences pour tous si nous ne prenons pas soin de la planète ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Gn 1,1-2,4 : Premier récit de la création
  • Rm 8,19-23 : « Nous savons, en effet, que maintenant encore la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement » : observons la profonde solidarité existant entre l’être humain et la création.
  • Ap 21,1-5 : La création nouvelle « Je fais toutes choses neuves ».


  • INTENTION MISSIONNAIRE

    Pour que les chrétiens puissent parvenir à la pleine unité, en témoignant à tout le genre humain la paternité universelle de Dieu.


    Unité des chrétiens

    Le choix du thème de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens de cette année, à savoir l'incitation à un témoignage commun du Christ ressuscité selon le mandat qu'il a confié à ses disciples, est lié au souvenir du centième anniversaire de la Conférence missionnaire d'Edimbourg en Ecosse, qui est considérée par beaucoup comme un événement déterminant pour la naissance du mouvement œcuménique moderne. Au cours de l'été 1910, dans la capitale écossaise, se rencontrèrent plus de mille missionnaires, appartenant à diverses branches du protestantisme et de l'anglicanisme, auxquels s'unit un invité orthodoxe, pour réfléchir ensemble sur la nécessité de parvenir à l'unité pour annoncer de manière crédible l'Evangile de Jésus Christ. En effet, c'est précisément le désir d'annoncer le Christ aux autres et d'apporter au monde son message de réconciliation qui fait faire l'expérience de la contradiction de la division des chrétiens. En effet, comment les incrédules pourront-ils accueillir l'annonce de l'Evangile si les chrétiens, bien qu'ils se réclament tous du même Christ, sont en désaccord entre eux? Du reste, comme nous le savons, le Maître lui-même, au terme de la Dernière Cène, avait prié le Père pour ses disciples: "Que tous soient un... afin que le monde croie" (Jn 17, 21). La communion et l'unité des disciples du Christ est, donc, une condition particulièrement importante pour une plus grande crédibilité et efficacité de leur témoignage.

    A un siècle de distance de l'événement d'Edimbourg, l'intuition de ces courageux précurseurs est encore tout à fait actuelle. Dans un monde marqué par l'indifférence religieuse, et même par une aversion croissante à l'égard de la foi chrétienne, une nouvelle et intense activité d'évangélisation est nécessaire, non seulement parmi les peuples qui n'ont jamais connu l'Evangile, mais aussi auprès de ceux chez qui le christianisme s'est répandu et où il fait partie de leur histoire. Malheureusement, les questions qui nous séparent les uns des autres, ne manquent pas et nous souhaitons qu'elles puissent être surmontées à travers la prière et le dialogue, mais il y a un contenu central du message du Christ que nous pouvons annoncer tous ensemble: la paternité de Dieu, la victoire du Christ sur le péché et sur la mort à travers sa croix et sa résurrection, la confiance dans l'action transformatrice de l'Esprit. Tandis que nous sommes en chemin vers la pleine communion, nous sommes appelés à offrir un témoignage commun face aux défis toujours plus complexes de notre temps, tels que la sécularisation et l'indifférence, le relativisme et l'hédonisme, les délicats thèmes éthiques concernant le début et la fin de la vie, les limites de la science et de la technologie, le dialogue avec les autres traditions religieuses. Il y a ensuite d'autres domaines dans lesquels nous devons dès à présent apporter un témoignage commun: la sauvegarde de la Création, la promotion du bien commun et de la paix, la défense de la place centrale de la personne humaine, l'engagement pour l'emporter sur les malheurs de notre époque, tels que la faim, l'indigence, l'analphabétisme, la distribution non équitable des biens.

    L'engagement pour l'unité des chrétiens n'est pas seulement le devoir de quelques-uns, ni une activité accessoire pour la vie de l'Eglise. Chacun est appelé à apporter sa contribution pour accomplir ces pas qui conduisent vers la pleine communion entre tous les disciples du Christ, sans jamais oublier qu'elle est avant tout un don de Dieu qu'il faut invoquer constamment. En effet, la force qui promeut l'unité et la mission découle de la rencontre féconde et passionnante avec le Ressuscité, comme il advint pour saint Paul sur le chemin de Damas et pour les Onze et les autres disciples réunis à Jérusalem. Que la Vierge Marie, Mère de l'Eglise, fasse en sorte que puisse au plus tôt se réaliser le désir de Son Fils: "Que tous soient un... afin que le monde croie" (Jn 17, 21). Amen!


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - Fête de la conversion de l'apôtre Paul Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
    25 janvier 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - HOMÉLIE - Fête de la conversion de l'apôtre Paul Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs - 25 janvier 2010


  • POINTS PASTORAUX

    • Voir Jn 17,21 « afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi » : l’unité des chrétiens des différentes cultures est un signe de la paternité du Dieu unique sur toutes les nations, et c’est une grâce en ces temps où croissent les divisions, l’intolérance, les luttes religieuses.


    • La division des chrétiens entre eux est un anti-témoignage. Visite le site international de Taizé, une communauté oecuménique fondée en France par le frère Roger, qui continue de porter un témoignage prophétique d’unité entre les chrétiens et de renouveau spirituel : http://www.taize.fr/fr


    • Très souvent, l’unité religieuse se vit dans le quartier, à petite échelle, entre voisins, au moment où les déclarations d’unité au niveau officiel et hiérarchique sont plutôt rares et de portée limitée. Parmi les plus récentes, citons:

    - L’accord de 1997 avec l’Eglise orthodoxe sur la primauté de l’évêque de Rome.

    - La Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification avec les luthériens en 1999.

    - Un document commun sur la signification du dimanche a été présenté, le 2 mars à Ratisbonne (Allemagne) par la Commission conjointe de l'épiscopat allemand et de l'Eglise orthodoxe en Allemagne, a rapporté L'Osservatore Romano dans son édition du 5 mars. Intitulé L'année ecclésiastique dans la tradition de l'Orient et de l'Occident - Le dimanche, jour de fête d'origine des chrétiens


    • La culture, ambiance ou le climat d’unité part de chacun de nous et doit se propager vers notre groupe familial, notre voisinage, notre groupe d’amis et notre communauté. Si chacun des millions de membres de l’AP nous unissons ce mois-ci autour de cette aspiration, avec toute la force de notre prière et de notre offrande quotidienne, nous pourrons contribuer à la croissance de cette unité à travers des actions solidaires concrètes, dans le respect de ceux qui pensent différemment et qui ont un mode de vie distinct.

    - Face à un monde toujours plus sécularisé et indifférent devant Dieu, si ce n’est hostile…

    - face à la croissance du fanatisme et de l’intolérance de la part de groupes qui se disent très religieux…

    - face aux graves défis de la pauvreté inhumaine et aux graves injustices du monde…

    … le manque d’unité entre les suivants du Christ des différentes dénominations s’avère de plus en plus absurde et dépourvu de sens.


    • ROME, Dimanche 14 mars 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI réaffirme la marche des chrétiens vers l'unité, mais en même temps que seul le Christ peut donner aux baptisés cette unité désirée. « Nous entendons tant de lamentations qu'il n'y a plus de nouveaux développements dans l'œcuménisme, mais nous devons dire - et nous pouvons le dire avec beaucoup de gratitude - qu'il y a déjà tant d'éléments d'unité. Que nous soyons présents ensemble par exemple, en ce dimanche du « Laetare », que nous chantions ensemble, que nous écoutions la Parole de Dieu, que nous nous écoutions les uns les autres en regardant tous ensemble vers l'unique Christ, et ainsi, en rendant témoignage à l'unique Christ, nous devons dire plus clairement que, en toute discussion, notre premier point de référence doit être la joie et l'espérance que nous vivons déjà, et l'espérance que cette unité puisse être plus profonde ».






    INTENTION GENERAL - FEVRIER


    La famille

    Pour que la famille soit respectée par tous dans son identité, et que soit reconnue sa contribution irremplaçable en faveur de la société toute entière.


    3. La famille est un fondement indispensable pour la société et pour les peuples, et également un bien irremplaçable pour les enfants, dignes de venir au monde comme un fruit de l'amour, du don total et généreux des parents. Comme Jésus l'a souligné, en honorant la Vierge Marie et saint Joseph, la famille occupe une place fondamentale dans l'éducation de la personne. Elle est une véritable école d'humanité et de valeurs éternelles. Personne ne s'est donné la vie tout seul. C'est d'autres personnes que nous avons reçu la vie, qui se développe et mûrit avec les vérités et les valeurs que nous apprenons dans la relation et dans la communion avec les autres. Dans ce sens, la famille fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme exprime cette dimension relationnelle, filiale et communautaire, et elle est le milieu dans lequel l'homme peut naître avec dignité et croître et se développer de manière intégrale (cf. Homélie lors de la Messe de la v Rencontre mondiale des familles, Valence, 9 juillet 2006).

    Ce travail éducatif se heurte cependant à un concept trompeur de liberté, dans lequel le caprice et les impulsions subjectives de l'individu sont exaltés au point de laisser chacun enfermé dans la prison du propre moi. La véritable liberté de l'être humain provient du fait d'avoir été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, elle doit donc être exercée avec responsabilité en optant toujours pour le bien authentique, afin qu'elle se convertisse en amour, en don de soi. Dans ce but, plus que les théories, c'est la proximité et l'amour caractéristiques de la communauté familiale qui sont nécessaires. C'est dans le foyer domestique que l'on apprend à vivre véritablement, à valoriser la vie et la santé, la liberté et la paix, la justice et la vérité, le travail, la concorde et le respect.

    4. Aujourd'hui plus que jamais, le témoignage et l'engagement public de tous les baptisés sont nécessaires pour réaffirmer la dignité et la valeur unique et irremplaçable de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme et ouvert à la vie, et également de la vie humaine à toutes ses étapes. Il faut par ailleurs promouvoir des mesures législatives et administratives pour soutenir les familles dans leurs droits inaliénables, dont elles ont besoin pour réaliser leur mission extraordinaire. Les témoignages présentés lors de la célébration d'hier montrent qu'aujourd'hui également, la famille peut rester solide dans l'amour de Dieu et renouveler l'humanité au cours du nouveau millénaire.


    BENOÎT XVI
    DISCOURS AU TERME DE LA MESSE DE CONCLUSION
    DE LA VI RENCONTRE MONDIALE DES FAMILLES À MEXICO
    18 janvier 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - DISCOURS AUX PARTICIPANTS À L’ASSEMBLÉE PLENIÈRE DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE - 13 mai 2006

  • BENOÎT XVI - HOMÉLIE À L'OCCASION DE LA V RENCONTRE MONDIALE DES FAMILLES - VALENCE (ESPAGNE) - 9 juillet 2006



  • COMMENTAIRE PASTORAL


    Si la famille, cellule de base de la société, est abîmée ou affaiblie, toute la société s’abîme ou s’affaiblit. Le respect du rôle central que joue l’institution familiale en sa contribution à la société humaine toute entière constitue le thème de prière que le Saint-Père nous rappelle ce mois-ci.

    L’on constate aujourd’hui, particulièrement dans la culture occidentale, une crise d’identité de la famille. Qu’est-ce que nous pouvons appeler famille ? Outre le « modèle traditionnel », il y a celles de type monoparental (vivre seulement avec le père ou la mère), il y a celles qui sont le fruit de nouvelles unions : Vivre avec ma mère et son second mari ou avec les frères/soeurs du mari de ma mère, et autres enfants de ma mère et de son nouveau mari, etc. Je peux vivre avec ma mère, alors qu’une partie de mes frères vit avec mon premier père. Aujourd’hui, l’on peut même avoir des parents homosexuels. Le faible taux de natalité qui se vérifie en tant de pays occidentaux est un autre indicateur du manque de confiance dans la vie, dans la société et dans la famille.

    S’il y a une crise dans la famille, c’est aussi parce qu’il y a une crise de la paternité. Quel est le rôle du père et de la mère ? Quelle relation doit-on avoir avec les enfants et quelle éducation doit-on leur donner ? Comment définissons une famille aujourd’hui ? Pour nous, elle se base sur la relation entre un homme et une femme, mais aujourd’hui, il y a ceux qui défendent d’autres modèles.

    Une famille dépourvue de stabilité dans ses relations affectives n’est pas capable de fournir une éducation basée sur les valeurs évangéliques et ne pourra pas aider la société. Du sein de familles porteuses de certaines valeurs sortent des leaders politiques, sociaux et religieux pourvus eux aussi de certaines valeurs. La famille est le lieu où l’on doit apprendre à vivre l’amour inconditionnel, image de l’amour de Dieu. En réalité, la famille se convertit très souvent en un lieu où l’on rencontre la souffrance et où l’on fait du tort aux personnes aimées. Il est nécessaire d’exercer le pardon, le dialogue basé sur l’amour, l’acceptation et la compréhension inconditionnelle qui peuvent guérir et cicatriser. Ce défi difficile fait de la famille un lieu exceptionnel d’apprentissage et de préparation à la vie.

    Dans l’Eglise, beaucoup d’initiatives sont prises au niveau local, dans les paroisses, les mouvements et les collèges pour fortifier les familles : les catéchèses pré-sacramentelles, spécialement la catéchèse pré-matrimoniale ; les rencontres matrimoniales ; les cours pour les parents ; les promenades familiales ; les propositions de prière en famille, etc. En même temps, c’est la tâche des gouvernements civils, indépendamment de leurs positions religieuses, d’appuyer l’institution familiale à travers des législations adéquates et des mesures effectives. Nous voyons aujourd’hui, d’une façon regrettable, de nombreux exemples du contraire dans les gouvernements de beaucoup de pays, surtout en Europe. Des lois sur l’avortement, le divorce, la contraception, les mariages homosexuels et autres sont un attentat à la famille ; elles constituent un grave aveuglement et auront des conséquences néfastes pour les nouvelles générations.

    Ne cessons pas de prier intensément ce mois-ci, avec le Saint-Père, pour cette question délicate et fondamentale. Demandons-nous ce que nous faisons et ce que nous pourrions faire de plus pour appuyer la famille. Invoquons l’inspiration de la Sainte Famille de Nazareth, qui nous offre un modèle familial de simplicité, de travail, d’unité… où Dieu se sent chez lui.



    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Quels exemples pouvons-nous fournir de mesures pratiques, domestiques, qui favorisent un milieu familial aidant tous ses membres à se rencontrer, à dialoguer, à grandir (telles que, par exemple, le contrôle de la TV ou Internet, les promenades familiales, etc.) ?
  • Quel est le rôle de la société civile dans l’attention réservée à l’institution familiale et dans sa promotion ? Que pouvons-nous faire, quant à nous, pour promouvoir dans notre ville et dans notre pays la vision chrétienne de la famille ?
  • « Une famille qui prie unie demeure unie » avons-nous entendu dire. Quelles méthodes concrètes mettons-nous en oeuvre pour promouvoir la prière en famille, de façon à intéresser et à insérer tous les membres du foyer ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Mt 2,41-51 L’enfant Jésus au temple
  • Col 3,12-21 L’amour dans la famille chrétienne
  • Mt 19,1-12 Enseignements sur le mariage


  • INTENTION MISSIONNAIRE - FEVRIER

    Pour que, dans les terres de mission où le plus urgent est la lutte contre la maladie, les communautés chrétiennes sachent témoigner de la présence du Christ auprès des personnes qui souffrent.


    Se faire proche des souffrants

    J’ai vivement souhaité passer ces moments avec vous et je suis heureux de pouvoir vous saluer chers frères et sœurs qui portez le poids de la maladie et de la souffrance. Dans cette douleur, vous n’êtes pas seuls, car le Christ lui-même est solidaire de tous ceux qui souffrent. Il révèle aux malades et aux infirmes la place qu’ils ont dans le cœur de Dieu et dans la société. L’évangéliste Marc nous donne en exemple la guérison de la belle-mère de Pierre : « Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade, est-il écrit. Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et la fit lever » (Mc 1, 30-31). Dans ce passage de l’Évangile, nous voyons Jésus vivre une journée auprès des malades pour les soulager. Il nous montre ainsi, par des gestes concrets, sa tendresse et sa bienveillance fraternelles pour tous ceux qui ont le cœur brisé et le corps blessé.

    Depuis ce Centre qui porte le nom du Cardinal Paul-Émile Léger, fils du Canada, qui était venu chez vous pour soulager les corps et les âmes, je n’oublie pas ceux qui, chez eux, dans les hôpitaux, dans des établissements spécialisés ou des dispensaires, sont porteurs d’un handicap, qu’il soit moteur ou mental, ni ceux qui portent dans leur chair la trace de violences et de guerres. Je pense aussi à tous les malades et, spécialement ici, en Afrique, à ceux qui sont victimes de maladies comme le sida, le paludisme et la tuberculose. Je sais combien chez vous l’Église catholique est fortement engagée dans une lutte efficace contre ces terribles fléaux, je l’encourage à poursuivre avec détermination cette œuvre si urgente. À vous qui êtes éprouvés par la maladie et la souffrance, à toutes vos familles, je souhaite apporter de la part du Seigneur un peu de réconfort, vous redire mon soutien, et vous inviter à vous tourner vers le Christ et vers Marie qu’il nous a donnée pour Mère. Elle a connu la douleur, et elle a suivi son Fils sur le chemin du Calvaire, en conservant dans son cœur l’amour même que Jésus est venu apporter à tous les hommes.

    Devant la souffrance, la maladie et la mort, l’homme est tenté de crier sous l’effet de la douleur, comme le fit Job, dont le nom signifie ‘ souffrant ’ (cf. Grégoire le Grand, Moralia in Job, I, 1, 15). Jésus lui-même a crié, peu avant de mourir (cf. Mc 15, 37 ; He 5, 7). Quand notre condition se dégrade, l’angoisse augmente ; certains sont tentés de douter de la présence de Dieu dans leur existence. Job, au contraire, est conscient de la présence de Dieu dans sa vie ; son cri ne se fait pas révolte, mais, du plus profond de son malheur, il fait monter sa confiance (cf. Job 19 ; 42, 2-6). Ses amis, comme chacun de nous face à la souffrance d’un être cher, s’efforcent de le consoler, mais ils emploient des mots creux et vides.

    Face aux tourments, nous nous sentons démunis et nous ne trouvons pas les mots justes. Devant un frère ou une sœur plongé dans le mystère de la Croix, le silence respectueux et compatissant, notre présence habitée par la prière, un geste de tendresse et de réconfort, un regard, un sourire, en font plus parfois que bien des discours. Cette expérience a été vécue par un petit groupe d’hommes et de femmes, dont la Vierge Marie et l’Apôtre Jean, qui ont suivi Jésus au cœur de sa souffrance lors de sa passion et de sa mort sur la Croix. Parmi eux, nous rapporte l’Évangile, se trouvait un Africain, Simon de Cyrène. Il fut chargé d’aider Jésus à porter sa Croix sur le chemin du Golgotha. Cet homme, bien involontairement, est venu en aide à l’Homme des douleurs, abandonné par tous les siens et livré à une violence aveugle. L’histoire rapporte donc qu’un Africain, un fils de votre continent, a participé, au prix de sa propre souffrance, à la peine infinie de Celui qui rachetait tous les hommes, y compris ses bourreaux. Simon de Cyrène ne pouvait pas savoir qu’il avait son Sauveur devant les yeux. Il a été « réquisitionné » pour l’aider (cf. Mc 15, 21) ; il a été contraint, forcé à le faire. Il est difficile d’accepter de porter la croix d’un autre. Ce n’est qu’après la résurrection qu’il a pu comprendre ce qu’il avait fait. Ainsi en va-t-il de chacun de nous, frères et sœurs : au cœur de la détresse, de la révolte, le Christ nous propose sa présence aimante même si nous avons du mal à comprendre qu’Il est à nos côtés. Seule la victoire finale du Seigneur nous dévoilera le sens définitif de nos épreuves.


    BENOÎT XVI
    RENCONTRE AVEC LE MONDE DE LA SOUFFRANCE
    CNRH de Yaoundé
    19 mars 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - RENCONTRE AVEC LE MONDE DE LA SOUFFRANCE - CNRH de Yaoundé - 19 mars 2009


  • POINTS PASTORAUX

    • La vulnérabilité des malades hospitalisés et leur besoin d’affection constituent une occasion privilégiée de leur montrer le visage de bonté du Père et la maternité de l’Eglise. Peut-être devrions-nous tenter d’apprendre de nos frères protestants, qui font cela très bien.

    • En Afrique, il n’existe pas d’institution qui fasse autant pour les malades et pour les êtres abandonnés que l’Eglise catholique, à travers ses innombrables oeuvres et institutions dans tous les pays. Prions ce mois-ci pour qu’en Afrique et dans le monde entier ce service soit vécu par les chrétiens comme le fruit de leur union avec le Coeur miséricordieux de Jésus. Que les chrétiens agissent en étant conscients qu’à travers eux c’est le Christ lui-même qui se fait proche de ceux qui souffrent, et que cette réalité soit ainsi reçue et reconnue par les malades. Cette intention de prière nous rappelle la relation privilégiée que Jésus entretenait avec les malades et les personnes souffrantes, qui se retrouve au coeur de l’Evangile.

    • La douleur et la souffrance sont aussi une visite de Dieu, disait le saint chilien Alberto Hurtado. L’expérience de la maladie, vécue à partir de la foi, nous rend capables de découvrir de façon nouvelle la miséricorde de Dieu, solidaire de notre douleur et proche de nous en consolateur.

    • Il convient de tenir compte du fait que dans les pays de ce qu’on appelle « le premier monde », qui sont aussi des pays de mission, car beaucoup de gens n’y connaissent pas Jésus-Christ, de nombreuses personnes souffrent de maladies mentales, de fatigue et de dépression difficiles à guérir. Le Saint-Père nous appelle à leur témoigner à elles-aussi la présence proche du Christ.






    INTENTION GENERAL - MARS


    Les pays d’Amérique latine

    Pour que les nations d’Amérique latine puissent cheminer dans la fidélité à l’Evangile et progresser dans la justice sociale et dans la paix.


    4. "Afin qu'ils aient la vie en Lui"

    Les peuples latino-américains et des Caraïbes ont droit à une vie pleine, propre aux fils de Dieu, avec certaines conditions plus humaines: libérés des menaces de la faim et de toute forme de violence. Les Pasteurs doivent promouvoir pour ces peuples une culture de la vie qui permette, comme le disait mon prédécesseur Paul VI, "la montée de la misère vers la possession du nécessaire, l'acquisition de la culture,... la coopération au bien commun,... la reconnaissance par l'homme des valeurs suprêmes, et de Dieu qui en est la source et le terme" (Populorum progressio, n. 21).

    Dans ce contexte, je suis heureux d'évoquer l'Encyclique Populorum progressio, dont nous commémorons cette année le 40 anniversaire. Ce document pontifical met en évidence que le développement authentique doit être intégral, c'est-à-dire orienté vers la promotion de tout l'homme et de tous les hommes (cf. n. 14), et il invite chacun à éliminer les graves inégalités sociales et les immenses différences dans l'accès aux biens. Ces peuples aspirent, avant tout, à la plénitude de la vie que le Christ nous a apportée: "Moi je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante" (Jn 10, 10). Avec cette vie divine se développe également pleinement l'existence humaine, dans sa dimension personnelle, familiale, sociale et culturelle.

    [...]

    Les problèmes sociaux et politiques

    Arrivés à ce point, nous pouvons nous demander: comment l'Eglise peut-elle contribuer à la solution des problèmes sociaux et politiques urgents, et répondre au grand défi de la pauvreté et de la misère? Les problèmes de l'Amérique latine et des Caraïbes, tout comme ceux du monde d'aujourd'hui, sont multiples et complexes, et l'on ne peut pas les affronter avec des programmes généraux. Sans aucun doute, la question fondamentale sur la manière dont l'Eglise, illuminée par la foi dans le Christ, doit réagir face à ces défis, nous concerne tous. Dans ce contexte, il faut inévitablement parler du problème des structures, surtout de celles qui créent de l'injustice. En réalité, les structures justes sont une condition sans laquelle un ordre juste dans la société n'est pas possible. Mais comment naissent-elles?, comment fonctionnent-elles? Le capitalisme, tout comme le marxisme, promirent de trouver la route pour la création de structures justes et ils affirmèrent que celles-ci, une fois établies, auraient fonctionné toutes seules; ils affirmèrent que non seulement elles n'auraient pas eu besoin d'une moralité individuelle antécédente, mais que celles-ci auraient promu la moralité commune. Et cette promesse idéologique s'est révélée fausse. Les faits l'ont démontré. Le système marxiste, lorsqu'il est arrivé au gouvernement, n'a pas seulement laissé un triste héritage de destructions économiques et écologiques, mais également une douloureuse oppression des âmes. Et nous constatons également la même chose à l'ouest, où croît constamment la distance entre les riches et les pauvres et où se développe une inquiétante dégradation de la dignité personnelle à travers la drogue, l'alcool et les mirages de bonheurs trompeurs.

    Les structures justes sont, comme je l'ai dit, une condition indispensable pour une société juste, mais elles ne naissent pas et ne fonctionnent pas sans un consensus moral de la société sur les valeurs fondamentales et sur la nécessité de vivre ces valeurs avec les renoncements nécessaires, même contre son propre intérêt personnel.

    Là où Dieu est absent - le Dieu au visage humain de Jésus Christ - ces valeurs n'apparaissent pas avec toute leur force, et l'on ne parvient pas à un un consensus sur celles-ci. Je ne veux pas dire que les non-croyants ne peuvent pas vivre une moralité élevée et exemplaire; je dis seulement qu'une société dans laquelle Dieu est absent ne trouve pas le consensus nécessaire sur les valeurs morales et la force pour vivre selon le modèle de ces valeurs, même contre ses propres intérêts.

    D'autre part, les structures justes doivent être cherchées et élaborées à la lumière des valeurs fondamentales, avec tout l'engagement de la raison politique, économique et sociale. Elles sont une question de recta ratio et elles ne proviennent pas d'idéologies, ni de leurs promesses. Il existe assurément un trésor d'expériences politiques et de connaissances sur les problèmes sociaux et économiques qui mettent en évidence des éléments fondamentaux d'un Etat juste et les voies qu'il faut éviter. Mais dans des situations culturelles et politiques différentes, et dans le changement progressif des technologies et de la réalité historique mondiale, il faut chercher de manière rationnelle les réponses adaptées et il faut parvenir - avec les engagements indispensables - au consensus sur les structures qu'il faut établir.


    BENOÎT XVI
    SESSION INAUGURALE DES TRAVAUX DE LA V CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE L'ÉPISCOPAT
    LATINO-AMÉRICAIN ET DES CARAÏBES
    13 mai 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - SESSION INAUGURALE DES TRAVAUX DE LA V CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE L'ÉPISCOPAT LATINO-AMÉRICAIN ET DES CARAÏBES - 13 mai 2007


  • Voir aussi:

  • BENOÎT XVI DISCOURS AUX PARTICIPANTS À LA PLÉNIÈRE DE LA COMMISSION PONTIFICALE POUR L’AMÉRIQUE LATINE - 20 janvier 2007



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    1492 est l’année de l’arrivée sur le continent américain des premiers conquérants et missionnaires de l’Espagne et du Portugal. Une nouvelle société, fruit de la rencontre de deux mondes et de deux cultures, entra en gestation. Il y eut des réussites et des erreurs, il y eut de beaux exemples d’évangélisateurs courageux, mais aussi d’innombrables abus et injustices à l’encontre de la population indigène et métisse, qualifiables en certains cas de génocide, et auxquels l’horreur indicible de l’esclavage africain ne tarda pas à s’ajouter. La nouvelle société ainsi fondée était loin d’être cohérente avec l’Evangile importé avec les colonisateurs.

    Diverses circonstances de l’histoire firent en sorte qu’entre 1810 et 1811, des mouvements indépendantistes séparèrent les nations de l’Amérique latine de la couronne européenne. Une nouvelle étape historique s’ouvrait pour ces régions. L’indépendance qu’elles conquirent n’eut pas pour signification la résolution des grandes injustices sociales, ni des graves problèmes de pauvreté des majorités. La tâche d’une société plus juste et plus fidèle à l’Evangile continua de rester en suspens après ces dates et elle continue de l’être encore de nos jours. Tout au long de ces 500 ans, beaucoup ont annoncé Jésus-Christ. Les martyrs et les prophètes n’ont pas non plus manqué, assassinés ou persécutés pour la cause de la justice évangélique. Beaucoup ont lutté pour faire progresser la société vers des conditions de plus grande égalité et de plus grand bien-être pour tous, en élevant la voix pour dénoncer les abus et les violations. Plus récemment, lors de la période obscure de répression de la part des dictatures militaires du siècle dernier, beaucoup furent persécutés, torturés et assassinés, comme Monseigneur Oscar Romero, archevêque de El Salvador, lâchement assassiné en 1980.

    L’intention pontificale de prière de ce mois est diffusée tandis que ces pays sont en train de célébrer, l’année passée et l’année actuelle, leurs 200 ans de vie indépendante. La voix du Pape se joint à celle de tant de personnes qui souhaitent, pour ce qu’on appelle « le continent catholique », une société où tous puissent avoir la vie en Christ, et la vie en abondance. La persistance de graves injustices, de la pauvreté, de la corruption, des populismes, de la discrimination et du classisme, la sécularisation et la surconsommation propres au monde globalisé, etc., portent atteinte à la plénitude de vie des fils et des filles de Dieu. A la suite du Maître, l’Eglise veut assumer la mission d’oeuvrer au service du Règne de Dieu, pour « que les pays d’Amérique latine puissent avancer en fidélité à l’Evangile, et progresser dans la justice sociale et dans la paix. »



    "Dans toute l’Amérique Latine, le «nous» de l’Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu’aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d’unité".

    (Benôit XVI, Message Urbi et Orbi Message, Nativité du Seigneur 2009)




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Comment l’Evangile peut-il et doit-il contribuer à une plus grande justice et paix sociale ?
  • Comment pouvons-nous contribuer par nos vies et répondre à partir de l’Apostolat de la Prière aux défis et aux besoins énoncés par la doctrine sociale de l’Eglise et par les évêques latino-américains lors de la Conférence d’Aparecida ?
  • De grandes inégalités et des proportions scandaleuses de misère continuent de poser de graves défis à l’Amérique latine, « le continent catholique », ainsi qu’à beaucoup d’autres parties du monde. Que pouvons-nous faire, aux niveaux personnel et communautaire, pour que notre pays puisse «avancer en fidélité à l’Evangile et progresser dans la justice sociale et dans la paix » ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Is 58,5-12 Le jeûne qui plaît au Seigneur est de pratiquer la justice
  • Is 9,2-7 La lumière de Dieu brille au milieu de son peuple
  • Mt 25,31-46 Le jugement dernier : Jésus souffre à travers les pauvres


  • INTENTION MISSIONNAIRE - MARS

    Pour que le Saint-Esprit donne lumière et force aux communautés chrétiennes et aux fidèles persécutés ou discriminés à cause de l’Evangile en tant de régions du monde.


    Chrétiens persécutés

    4. Appelés à évangéliser y compris par le martyre

    En cette Journée consacrée aux Missions, je rappelle dans la prière ceux qui ont fait de leur vie une consécration exclusive au travail d’évangélisation. Une mention particulière s’adresse à ces Eglises locales et à ces missionnaires hommes et femmes qui ont à témoigner et à répandre le Royaume de Dieu dans des situations de persécution, avec des formes d’oppression qui, vont de la discrimination sociale jusqu’à la prison, à la torture et à la mort. Ils sont nombreux ceux qui, actuellement, sont mis à mort à cause de Son Nom ». Ce qu’écrivait mon vénéré Prédécesseur le Pape Jean Paul II est toujours d’une actualité terrible : « La mémoire jubilaire nous a ouvert un spectacle surprenant, nous montrant que notre temps est particulièrement riche de témoins qui, d'une manière ou d'une autre, ont su vivre l'Évangile dans des situations d'hostilité et de persécution, souvent jusqu'à donner le témoignage suprême du sang ». (Novo Millenio Ineunte, 41)

    La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de l’Evangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître. « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). L’Eglise se place sur la même voie, et subit le même sort que le Christ, parce qu’elle n’agit pas sur la base d’une logique humaine, ou en comptant sur les raisons de la force, mais en suivant la Voie de la Croix, et en se faisant, dans une obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité.

    Aux Eglise antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qu’elles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqu’aux extrémités de la terre. La ‘Missio Ad Gentes’ doit être la priorité de leurs plans pastoraux.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - ESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009 - 29 juin 2009


  • * * *

    Partout où il y a un «nous» qui accueille l’amour de Dieu, là resplendit la lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L’Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu’elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l’homme de l’esclavage du péché. Comme Marie, l’Église n’a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle: elle l’offre à tous ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. Aujourd’hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par une grave crise économique, mais d’abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité à l’homme, l’Église répète avec les bergers: «Allons jusqu’à Bethléem» (Lc 2, 15), là nous trouverons notre espérance.

    Le «nous» de l’Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à s’engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d’une coexistence pacifique. Le «nous» de l’Église est présent dans les autres Pays du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région? Il souffre parfois de violences et d’injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre contribution à l’édification de la cohabitation civile contraire à la logique du conflit et du refus du voisin. Le «nous» de l’Église opère au Sri Lanka, dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d’autres terres asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent africain, il ne cesse d’élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de s’accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu’ils sont appelés à l’espérance, malgré les drames, les épreuves et les difficultés qui continuent de les affliger. En Europe et en Amérique septentrionale, le «nous» de l’Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l’Amérique Latine, le «nous» de l’Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu’aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d’unité.

    Fidèle au mandat de son Fondateur, l’Église est solidaire de ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes. Face à l’exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l’intolérance ou par la dégradation environnementale, l’Église est une présence qui appelle à l’accueil. En un mot, l’Église annonce partout l’Évangile du Christ malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l’indifférence, parfois hostile, qui – quoi qu’il en soit – lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE URBI ET ORBI
    25 DÉCEMBRE 2009


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    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE URBI ET ORBI - 25 DÉCEMBRE 2009


  • POINTS PASTORAUX

    • Le XXe siècle fut le siècle comptant le plus de martyrs pour la foi dans l’histoire de l’Eglise, et de démonstrations de violence anti-chrétienne dans tous les continents, violence qui, en maints endroits, n’a pas cessé.

    • Selon l’organisation française Aide à l’Eglise en détresse, 200 millions de chrétiens dans le monde sont actuellement empêchés de vivre leur foi librement. Page web à visiter : http://www.aed-France.org/

    • Quelle serait aujourd’hui la carte mondiale de la persécution des chrétiens dans le monde ? Et combien de pays y figureraient-ils? Inde, Chine, Vietnam, Indonésie, Philippines, Egypte, Biélorussie, Cuba, Pakistan, Arabie Saoudite, Irak, et presque tous les pays arabes. Il y a aussi de nombreuses régions dans les pays latino-américains et africains où l’on persécute et même assassine ceux qui, au nom de la foi, servent et défendent les pauvres… Sans trop parler de pays européens comme l’Espagne ou la France, où les chrétiens d’aujourd’hui qui souhaitent vivre leur foi font face à des difficultés croissantes, voire même à de d’hostilité.

    • La persécution de tout groupe minoritaire, chrétien ou pas, (par exemple la persécution à Myanmar de certains groupes tribaux) ou la discrimination des personnes en raison de leur affiliation religieuse met en évidence une humanité incapable de dialoguer, qui se détruit elle-même, incapable de respecter des opinions ou des croyances distinctes des siennes.

    • Le Maître l’avait déjà annoncé, et cela ne devrait pas nous étonner : « S’ils m’ont haï, moi, ils vous haïront vous aussi. » Si notre vie est trop pacifique et que nous dérangeons personne, si l’on ne nous persécute pas, si nul ne se sent remis en question par notre vie chrétienne, peut-être devons-nous nous interroger sur la qualité de notre foi.

    • Rappelons la phrase de Tertullien : « sang de martyrs, semence de nouveaux chrétiens. » La persécution est le signe que nous suivons l’Evangile et que nous participons au mystère de la croix, qui est source d’espérance dans l’avenir.

    • L’histoire prouve que lorsqu’il y a des difficultés et des persécutions, les vocations abondent, mais lorsque la vie est facile et commode, celles-ci se font rares.

    Nous recopions ici pour vous le commentaire que Chris Chatteris, d’Afrique du Sud, faisait de l’Intention missionnaire de mai 2010, semblable à l’Intention de cette année: Afin que les chrétiens persécutés pour l’amour de l’Evangile puissent persévérer, avec le soutien du Saint-Esprit, dans le témoignage fidèle de l’amour de Dieu pour l’humanité toute entière.


    Nous autres chrétiens sommes fort modestes à propos de nos martyrs. Chaque année, un très grand nombre de chrétiens sont tués, battus, violés, victimes de l’incendie de leur demeure et chassés de leurs terres. C’est ce qui s’est passé sur une large échelle l’année dernière dans l’Etat d’Orissa, en Inde. Les médias du monde entier ont à peine pris note de ce drame.
    De nombreuses communautés religieuses viennent à l’esprit, qui auraient fait beaucoup plus de bruit que nous en pareilles circonstances. Le fait que les chrétiens persécutés ont tendance à offrir l’autre joue, s’ajoutant à l’idée qu’il serait normal de bousculer des chrétiens que l’on associe à l’Occident, conduit à laisser croire quelquefois que la persécution des chrétiens est une chose acceptable et souvent à rendre ces drames invisibles.
    Il est stupéfiant de constater qu’en notre ère des droits humains universels certains pays comme la Chine, le Pakistan ou l’Arabie saoudite ont légalisé la persécution antichrétienne. En Inde, huit Etats ont voté des lois anti-conversion. Ailleurs, la discrimination religieuse est illégale, mais pratiquée ouvertement.
    Bien que la persécution du christianisme comporte souvent un noyau de haine de notre foi, certains facteurs politiques et économiques sont preque toujours impliqués. En Inde les fondamentalistes hindous s’opposent à la conversion des castes inférieures parce que cela bouleverserait le statu quo social et politique.
    Quelle réponse devrions-nous apporter ? Peut-être n’avons-nous jamais vraiment approfondi la manière de gérer l’ordre de tendre l’autre joue, ni l’étonnante prière du Seigneur pour ses bourreaux. Ce sont là deux déclarations puissantes et stimulantes de vérité, porteuses d’une force morale et spirituelle qui transcende la violence. Souvenons-nous aussi de la réplique du Seigneur frappé à travers le visage au cours de son procès – il mit son agresseur au défi de se justifier, le confrontant de manière non violente avec la force de la vérité – l’injustice et la violence insensée de son acte.
    Ainsi, autant devons-nous donner notre pardon aux persécuteurs de nos frères et de nos soeurs et prier pour eux, autant sommes-nous en droit de poser au nom des nôtres la même question que le Seigneur : "S’ils ont fait quelque chose de mal, témoignez donc du mal qu’ils ont fait. S’ils n’ont rien fait, pourquoi les persécutez-vous ?"





    INTENTION GENERAL - AVRIL


    Evangéliser les nouvelles générations

    Pour qu’à travers l’annonce crédible de l’Evangile, l’Eglise sache offrir aux nouvelles générations des raisons toujours nouvelles de vie et d’espérance.


    Nous ressentons tous le besoin d’espérance, non pas d’une espérance quelconque, mais d’une espérance solide et fiable, comme j’ai voulu le souligner dans l’encyclique Spe salvi. La jeunesse en particulier est un temps d’espérance, parce qu’elle regarde vers l’avenir avec de nombreuses attentes. Quand on est jeune, on porte en soi des idéaux, des rêves et des projets; la jeunesse est le temps où mûrissent des choix décisifs pour le reste de la vie. Aussi, peut-être pour cette raison, est-ce la saison de l’existence où émergent avec force les questions de fond: pourquoi suis-je sur cette terre? quel sens a la vie? que sera ma vie? Et encore: comment atteindre le bonheur? pourquoi la souffrance, la maladie et la mort? qu’y a-t-il après la mort? Questions qui deviennent pressantes quand il faut affronter des obstacles qui parfois semblent insurmontables: difficultés dans les études, manque de travail, incompréhensions familiales, crises dans les relations avec les amis ou dans la construction d’un couple, maladie ou handicap, manque de ressources adéquates suite à la crise économique et sociale actuelle. On se demande alors: où puiser et comment tenir vivante dans notre cœur la flamme de l’espérance ?


    A la recherche de la “grande espérance”


    L’expérience montre que les qualités personnelles et les biens matériels ne suffisent pas à fonder cette espérance que l’âme humaine recherche en permanence. Comme je l’ai aussi écrit dans l’encyclique Spe salvi, la politique, la science, la technique, l’économie et toute autre ressource matérielle ne sont pas suffisantes à elles seules pour offrir la grande espérance à laquelle tous aspirent. Cette espérance « ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre » (n. 31). C’est pourquoi une des conséquences principales de l’oubli de Dieu est l’évident désarroi qui marque nos sociétés, avec ses dimensions de solitude et de violence, d’insatisfaction et de perte de confiance qui aboutissent fréquemment à la désespérance. Clair et fort est le rappel qui nous vient de la Parole de Dieu: « Malheureux est l’homme qui se confie dans l’homme et dont le cœur se détourne du Seigneur! Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur » (Jr 17, 5-6).

    La crise de l’espérance touche plus facilement les nouvelles générations qui, dans des contextes socioculturels privés de certitudes, de valeurs et de solides références, doivent affronter des difficultés qui semblent supérieures à leurs forces. Je pense, chers jeunes amis, à tant de vos contemporains blessés par la vie, conditionnés par une immaturité personnelle qui est souvent une conséquence d’un vide familial, de choix éducatifs permissifs et libertaires, et d’expériences négatives et blessantes. Pour certains – et malheureusement ils sont nombreux – l’issue presque inévitable est la fuite aliénante vers des comportements à risque et violents, vers la dépendance de la drogue et de l’alcool, et vers tant d’autres formes de déséquilibres. Pourtant, même chez ceux qui se trouvent dans des situations difficiles parce qu’ils ont suivi de « mauvais maîtres », le désir d’un amour vrai et d’un bonheur authentique ne s’éteint pas. Mais comment annoncer l’espérance à ces jeunes? Nous savons qu’en Dieu seul l’être humain trouve sa vraie réalisation. Le premier engagement qui nous concerne tous est donc celui d’une nouvelle évangélisation qui aide les nouvelles générations à redécouvrir le visage authentique de Dieu, qui est Amour. A vous, chers jeunes, qui êtes en recherche d’une espérance ferme, j’adresse les mêmes paroles que saint Paul adressait aux chrétiens persécutés de la Rome d’alors: « Que le Dieu de l’Espérance vous donne en plénitude, à vous qui croyez, la joie et la paix, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint. » (Rm 15, 13). Durant cette année jubilaire dédiée à l’Apôtre des nations, à l’occasion du bimillénaire de sa naissance, apprenons de lui à devenir des témoins crédibles de l’espérance chrétienne.

    [...]

    La grande espérance est en Christ


    Pour Paul, l’espérance n’est pas seulement un idéal ou un sentiment, mais une personne vivante: Jésus Christ, le Fils de Dieu. Intimement pénétré de cette certitude, il pourra écrire à Timothée: « Nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant. » (1 Tim 4, 10). Le « Dieu vivant » est le Christ ressuscité et présent dans le monde. C’est Lui la vraie espérance: le Christ qui vit avec nous et en nous, et qui nous appelle à participer à sa propre vie éternelle. Si nous ne sommes pas seuls, s’Il est avec nous, ou mieux, si c’est Lui notre présent et notre avenir, pourquoi avoir peur? L’espérance des chrétiens est donc de désirer « comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1817)


    BENOÎT XVI
    MESSAGE AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION
    DE LA XXIVe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 2009
    22 février 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION DE LA XXIVe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 2009 - 22 février 2009


  • * * *


    Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière e avec sa bénédiction.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES
    24 mai 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES - 24 mai 2009


  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Offrir la Bonne Nouvelle de l’Evangile aux nouvelles générations, d’une façon crédible et significative, représente pour l’Eglise un défi permanent et toujours passionnant. Il n’y a pas de doute que nous vivons un temps confus et de crise profonde, même au sein de l’Eglise. Les intolérances et les incertitudes, l’injustice, les guerres, la violence, la pauvreté, la faim augmentent dans le monde. La culture occidentale dominante est marquée par la sécularisation et le matérialisme, qui semblent ne pas avoir besoin de Dieu. Mais nous sommes aussi, peut-être pour cela même, protagonistes d’un temps d’intense recherche spirituelle de la part de beaucoup de nos contemporains. Il y a une renaissance de la spiritualité et du désir de Dieu. Les progrès de la science et l’abondance de choses matérielles n’ont pas réussi à donner réponse à l’interrogation sur le sens de la vie et à satisfaire les nécessités les plus brûlantes du coeur humain. Aujourd’hui, de multiples offres religieuses entrent sur le marché pour offrir des réponses au vide existentiel de ceux qui ne veulent pas d’un monde sans Dieu.

    Ainsi, nous trouvons-nous en face d’un moment historique constituant une opportunité pour l’Eglise et pour l’Apostolat de la Prière. Nous voulons profiter de notre riche tradition spirituelle, les Pères de l’Eglise, les Pères du désert, les mystiques de tous les temps, pour fournir une réponse à nos contemporains. Il y a un besoin de Dieu et nous avons trouvé le trésor caché. Nous voulons et nous devons l’annoncer, en premier lieu à partir de notre propre témoignage, en racontant à d’autres ce que nous avons découvert. A cet égard, je conclus en citant le Pape: "L'homme contemporain croit plus les témoins que les maitres69, l'expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories. Première forme de la mission, le témoignage de la vie chrétienne est aussi irremplaçable. Le Christ, dont nous continuons la mission, est le « témoin» par excellence (cf. Ap 1, 5; 3, 14) et le modèle du témoignage chrétien". (Redemptoris Missio 42)



    "La jeunesse est l’âge de l’héroïsme, et la grâce de Dieu déposée dans les coeurs, force pour faire son chemin dans beaucoup d’âmes, vers des plans supérieurs".

    (Saint Alberto Hurtado)




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Quel type d’expérience spirituelle s’avère-t-elle attrayante aujourd’hui pour les nouvelles générations ? L’offrons-nous aux jeunes, dans notre communauté ?
  • Comment et pourquoi l’amitié avec Jésus-Christ peut-elle donner un sens nouveau à la vie des jeunes ? Pouvons-nous fournir des exemples concrets ?
  • Connaissons-nous la proposition juvénile de l’Apostolat de la Prière, le Mouvement Eucharistique des Jeunes ? Que pouvons-nous faire afin de la promouvoir et de la fortifier ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Rm 12,1-3 Ne vous conformez pas au siècle présent
  • Mc 1,14-15 L’annonce de la Bonne Nouvelle
  • Mc 8,27-30 Et vous, qui dites-vous que je suis ?


  • MISSION INTENTION - AVRIL

    Pour qu’à travers la proclamation de l’Evangile et le témoignage de leur vie, les missionnaires sachent porter le Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore.


    Expansion missionnaire

    « Les Nations marcheront à sa lumière » (Apocalypse 21, 24)


    Le but de la mission de l’Eglise est en effet d’éclairer, par la lumière de l’Evangile, tous les peuples sur leur chemin historique vers Dieu, pour qu’ils aient en Lui, leur pleine réalisation et leur plein accomplissement. Nous devons ressentir le désir profond et la passion d’éclairer tous les Peuples, par la Lumière du Christ, qui resplendit sur le visage de l’Eglise, pour que tous se rassemblent dans l’unique famille humaine, sous la paternité aimante de Dieu.

    C’est dans cette perspective que les disciples du Christ, répandus dans le monde entier, agissent, travaillent durement, et gémissent sous le poids des souffrances, et donnent leur vie. Je réaffirme avec force tout ce qui a été dit à plusieurs reprises par mes Vénérés Prédécesseurs : l’Eglise n’agit pas pour étendre son pouvoir, ou pour affirmer sa domination, mais pour apporter à tous le Christ, Salut du monde. Nous ne demandons rien d’autre que de nous mettre au service de l’humanité, et spécialement de celle qui souffre le plus, et qui est la plus marginalisée, parce que nous croyons que « l’engagement d’annoncer l’Evangile à tous les hommes de notre temps… est sans aucun doute un service rendu non seulement à la communauté chrétienne, mais aussi à toute l’humanité » (Evangelii Nuntiandi, 1), qui « connaît des conquêtes admirables, mais semble avoir oublié le sens des réalités ultimes et de son existence même » (Redemptoris Missio, 2)

    [...]


    2. Eglise pèlerine


    L’Eglise Universelle, sans limites et sans frontières, se sent responsable de l’annonce de l’Evangile vis-à-vis de peuples entiers (cf. Evangelii Nuntiandi, 53). Germe d’espérance par vocation, Elle doit continuer le service du Christ pour le monde. Sa Mission et son service ne sont pas à la mesure des besoins matériels ou même spirituels qui s’achèvent dans le cadre de l’existence temporelle, mais d’un salut transcendant qui se réalise dans le Royaume de Dieu (cf. Evangelii Nuntiandi, 27). Ce Royaume, tout en étant dans sa plénitude eschatologique, et non pas ‘de’ ce monde (cf. Jean 18, 36), est aussi ‘dans’ ce monde et dans son histoire, force de justice et de paix, de vraie liberté et de respect de la dignité de tout homme. L’Eglise vise à transformer le monde par la proclamation de l’Evangile de l’Amour, « qui éclaire toujours de nouveau un monde ténébreux, et qui nous donne le courage de vivre et d’agir et… de cette manière, de faire entrer la lumière de Dieu dans le monde » (Deus Caritas est, 39). C’est à cette Mission et à ce service que, par ce Message, j’appelle également à participer tous les membres et toutes les institutions de l’Eglise.


    3. Missio Ad Gentes


    La Mission de l’Eglise consiste donc à appeler tous les Peuples au salut réalisé par Dieu par l’intermédiaire de son Fils Incarné. Il est donc nécessaire de renouveler l’engagement d’annoncer l’Evangile, qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, d’unité et de paix (cf. Ad Gentes, 8). Je veux « de nouveau confirmer que le Mandat d’évangéliser tous les hommes, constitue la Mission essentielle de l’Eglise » (Evangelii Nuntiandi, 14), tâche et mission que les profonds et vastes changements de la société actuelle rendent plus urgentes encore. Ce qui est en question est le salut éternel des personnes, la fin et l’accomplissement même de l’histoire humaine et de l’univers. Animés et inspirés par l’Apôtre des Nations, nous devons ‘être conscients que Dieu a un peuple nombreux dans toutes les villes parcourues, y compris par les apôtres d’aujourd’hui (cf. Actes 18, 10). En effet, « la promesse est pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2, 39)

    L’Eglise entière doit s’engager dans la ‘Missio Ad Gentes’ tant que la souveraineté salvifique du Christ ne sera pas pleinement réalisée. « Actuellement, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2, 8)

    [...]


    5. Conclusion


    L’élan missionnaire a toujours été signe d’une vitalité de nos Eglises (cf. Redemptoris Missio, 2). Il est nécessaire toutefois de réaffirmer que l’évangélisation est une œuvre de l’Esprit et qu’avant même d’être action, elle est témoignage et irradiation de la lumière du Christ (cf. Redemptoris Missio, 26) de la part de l’Eglise locale qui envoie ses missionnaires hommes et femmes, pour les mener au-delà de ses frontières. C’est pourquoi je demande à tous les Catholiques de prier le Saint-Esprit, pour qu’il accroisse, dans l’Eglise, la passion pour la Mission qui consiste à répandre le Royaume de Dieu, et de soutenir les missionnaires, hommes et femmes, et les communautés chrétiennes engagées en première ligne dans cette Mission, parfois dans des milieux hostiles de persécution.

    J’invite en même temps tous les catholiques à donner un signe crédible de communion entre les Eglises, par une aide économique, spécialement dans la phase de crise que traverse l’humanité, pour mettre les jeunes Eglises locales, en condition d’éclairer les gens par l’Evangile de la charité.

    Que la Vierge Marie, Etoile de la nouvelle Evangélisation, nous guide dans notre action missionnaire, Elle qui a donné le Christ au monde, venu comme Lumière des nations, pour qu’il apporte le salut « jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 13, 47)


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
    29 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    POINTS PASTORAUX

    • Aujourd’hui, les « terres de mission » ne se définissent plus d’un point de vue géographique, ni par opposition aux pays « chrétiens », comme on pouvait le concevoir auparavant. Le monde entier est une terre de mission, puisque aujourd’hui se vérifie partout le manque d’une première ou d’une nouvelle évangélisation. De plus, il semble qu’une seconde évangélisation soit plus difficile que la première. Il est plus difficile de sortir du néo-paganisme que d’évangéliser pour la première fois des personnes qui n’ont pas encore reçu l’annonce du Christ.

    • En Occident, le fondement, le Dieu créateur du ciel et de la terre commence à manquer. Comment faire connaître Jésus-Christ, révélation de Dieu, lorsque pour nos contemporains celui-ci n’existe pas ? Par la proclamation de l’Evangile et le témoignage de vie ? Oui, mais la proclamation de l’Evangile doit toucher les fondements de la vie, les coordonnées de l’existence que nous trouvons dans le Principe et Fondement du livre des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola : la Création, la relation avec les autres, l’image de Dieu, la liberté intérieure face aux esclavages, etc. Nous voulons évangéliser l’anthropologie personnelle de chacun, en lui proposant un nouveau mode de vie.

    •La proclamation de l’Evangile et le témoignage de vie sont unis. Dans son Evangile, Luc présente Jésus-Christ ressuscité en disant que sa passion, sa résurrection et la conversion pour le pardon des péchés seraient annoncées à toutes les nations (« le kerigma »), et que les disciples seraient les témoins de toutes ces choses. Dans les Actes des Apôtres, Luc leur annonce également qu’ils seraient ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre. Il est clair que les disciples sont ceux qui sont appelés à être les témoins de son message, de la Bonne Nouvelle du salut, et de sa personne, en faisant transparaître Jésus dans leurs vies.






    INTENTION GENERAL - MAI


    Les moyens de communication

    Pour que ceux qui travaillent dans les moyens de communication respectent toujours la vérité, la solidarité et la dignité de chaque personne.


    Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.

    C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.

    Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.

    Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.

    L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE
    DES COMMUNICATIONS SOCIALES
    24 janvier 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA 42ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES - 24 janvier 2008


  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Les moyens de communication sont de puissants outils d’influence dans toute société. Leur usage adéquat peut faire beaucoup de bien à la promotion de valeurs authentiques et à la défense du droit des personnes. Leur usage inadéquat se présente lorsque les médias sont esclaves d’intérêts particuliers, qu’ils soient économiques, politiques ou même religieux, si ceux-ci sont biaisés et qu’ainsi ils n’accomplissent pas leur mission au service de la vérité et du bien commun. On a recours au sensationnalisme au lieu d’offrir une information équilibrée ; on manipule l’image de la femme et de l’érotisme dans la publicité afin de vendre davantage, on dénature la vérité pour entretenir des idéologies partisanes dans le mensonge, on censure l’information afin de maintenir la population dans l’ignorance ou pour durcir des prises de positions radicales. Certaines de ces situations se voient dans les sociétés libérales où prédomine l’appât du gain. D’autres pénètrent davantage les pays non démocratiques qui restreignent la liberté d’opinion, qui contrôlent et qui combattent avec intransigeance tous les médias indépendants du pouvoir gouvernemental. Tout au long de l’histoire, les dictateurs et leurs semblables n’ont cessé d’appliquer la censure, quelquefois violemment, de tout ce qui leur paraît illustrer une pensée différente de la leur. La peur et la répression occupent la place du dialogue et de la liberté.

    Nombreux sont les exemples d’un bon journalisme contribuant à faire la lumière sur des situations de violations et d’abus, qui autrement seraient restées dans l’obscurité et l’impunité. Des campagnes solidaires d’appui à des groupes ou des régions du monde opprimés ou frappés par des catastrophes ont aidé à soulager la souffrance de beaucoup d’êtres. Nous louons et nous encourageons le journalisme engagé dans la vérité et la justice, incorruptible aux intérêts des puissants.

    Le Pape nous demande de prier ce mois-ci pour les travailleurs des moyens de communication de masse. Nous demandons que ceux-ci, chrétiens ou non chrétiens, accomplissent leur rôle vers la construction d’un monde plus juste, dans le respect de « la vérité, la solidarité et la dignité de chaque personne. » Le fait que le Saint-Père ait choisi cette intention de prière, en l’unissant à la 44e Journée mondiale des communications sociales que l’on célèbre ce mois-ci, est le signe de l’importance qu’il attribue à ce thème et indique sa préoccupation d’assister à tant d’exemples de gestion inadéquate de ces médias. Prions pour que les médias du journalisme et des communications puissent compter de nombreux reporters honnêtes et courageux, au service du bien commun. Le fait que les écoles de journalisme leur assurent une formation éthique adéquate en valeurs humaines et spirituelles aidera. Prions pour que nous-mêmes nous sachions communiquer les uns avec les autres avec simplicité et dans la vérité, comme Jésus communiquait.



    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Quels exemples de bon journalisme pouvons-nous prendre à notre compte, par lesquels on a contribué à la défense des pauvres et au bien commun ?
  • En tant que chrétiens, nous préoccupons-nous de suivre les nouvelles et d’être informés sur les événements nationaux et mondiaux ? Pourquoi cela est-il important ?
  • Comment pouvons-nous apprendre à poser un regard critique sur la presse écrite et sur la télévision ? Pourquoi est-il important de nous éduquer et d’éduquer les jeunes en ce sens ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • 2 Tim 3,14-4,3 Pourquoi la Parole de Dieu est utile
  • Hb 1,1-4 Dieu a parlé par les prophètes et maintenant il parle à travers son Fils
  • Mt 13,10-17 Jésus, le grand communicateur, explique tout en paraboles


  • MISSION INTENTION - MAI

    Pour que le Seigneur donne à l’Eglise en Chine de persévérer dans la fidélité à l’Evangile et de grandir dans l’unité.


    L’Eglise en Chine

    « “Duc in altum” (Lc 5, 4). Cette parole résonne aujourd'hui pour nous et elle nous invite à faire mémoire avec gratitude du passé, à vivre avec passion le présent, à nous ouvrir avec confiance à l'avenir: “Jésus Christ est le même, hier et aujourd'hui, il le sera à jamais” (He 13,8) ».7 En Chine également, l'Église est appelée à être témoin du Christ, à regarder en avant avec espérance et à se confronter — dans l'annonce de l'Évangile — aux nouveaux défis auxquels le Peuple chinois doit faire face.

    La Parole de Dieu nous aide, une fois encore, à découvrir le sens mystérieux et profond du chemin de l'Église dans le monde. En effet, « l'une des principales visions de l'Apocalypse a pour objet l'Agneau en train d'ouvrir un livre, auparavant fermé par sept sceaux que personne n'était en mesure d'ouvrir. Jean est même présenté en train de pleurer, car il n'y avait personne digne d'ouvrir le livre et de le lire (cf. Ap 5, 4). L'histoire demeure incompréhensible, indéchiffrable. Personne ne peut la lire. Peut-être ces pleurs de Jean devant le mystère de l'histoire si obscur expriment-ils le trouble des Églises en Asie devant le silence de Dieu, malgré les persécutions auxquelles elles étaient exposées à cette époque. C'est un trouble dans lequel peut bien se refléter notre effroi devant les graves difficultés, les incompréhensions et les hostilités dont souffrent également aujourd'hui les Églises dans diverses parties du monde. Ce sont des souffrances que l'Église n'a certainement pas méritées, pas plus que Jésus lui-même n'a mérité son supplice. Elles révèlent cependant la méchanceté de l'homme quand il s'abandonne aux suggestions du mal, comme aussi la manière dont Dieu mène supérieurement les événements ».8

    Aujourd'hui comme hier, annoncer l'Évangile signifie annoncer Jésus Christ, crucifié et ressuscité, l'Homme nouveau, le vainqueur du péché et de la mort, et lui rendre témoignage. Il permet aux êtres humains d'entrer dans une nouvelle dimension, où la miséricorde et l'amour même envers l'ennemi témoignent de la victoire de la Croix sur toute faiblesse et sur toute misère humaine. Dans votre Pays également, l'annonce du Christ crucifié et ressuscité sera possible dans la mesure où, en fidélité à l'Évangile, en communion avec le Successeur de l'Apôtre Pierre et avec l'Église universelle, vous saurez manifester les signes de l'amour et de l'unité (« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres... Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé »: Jn 13, 34-35; 17, 21).


    BENOÎT XVI
    LETTRE AUX ÉVÊQUES, AUX PRÊTRES
    AUX PERSONNES CONSACRÉES ET AUX FIDÈLES LAÏCS
    DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE
    27 mai 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - LETTRE AUX ÉVÊQUES, AUX PRÊTRES AUX PERSONNES CONSACRÉES ET AUX FIDÈLES LAÏCS DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE - 27 mai 2007


  • POINTS PASTORAUX

    • Dans un cadre politique de plus grande ouverture que par le passé, dans la plus grande partie de la Chine, l’évangélisation et la croissance de l’Eglise ne dépendent désormais plus de la permission ou des restrictions des autorités civiles, mais bien de nos propres forces et de la capacité d’avoir des missionnaires et des témoins de l’Evangile pour un peuple bien disposé et qui a besoin de Dieu.

    • Même s’il est vrai qu’une division profonde et douloureuse persiste au sein de l’Eglise chinoise, aujourd’hui 80% des évêques catholiques ont reçu l’approbation, aussi bien du Vatican que du gouvernement chinois. L’Eglise catholique officielle tolérée par l’Etat chinois, l’Association patriotique, présente aujourd’hui peu de restrictions à l’action pastorale. Aujourd’hui, il n’est pratiquement pas nécessaire d’ « être clandestin » pour vivre sa foi catholique en Chine. Le labeur généreux des prêtres, des laïcs et surtout de tant de religieuses au service des plus pauvres est abondant et fructueux. Cette nouvelle ouverture est elle-même une cause de division pour ceux qui ont supporté durant des années et des années des persécutions, des souffrances et même la mort de leurs êtres chers, parce qu’ils étaient fidèles à leur Eglise et au Pape. Il ne leur est pas facile de s’intégrer rapidement à l’Eglise officielle. Ils dénoncent le fait que ces changements soient motivés avant tout pour des raisons politiques et humaines décidées par des autorités qui sont loin de la foi. Ils ont en partie raison. Mais il est aussi vrai que la majorité des catholiques plus jeunes appartiennent à ce qui est, dans leurs diocèses, l’unique Eglise catholique, au sein de l’Association patriotique, où l’on annonce Jésus-Christ et où ils grandissent dans la foi.

    • On constate aujourd’hui dans la société chinoise un réveil de l’intérêt religieux et une recherche croissante de Dieu. On dit que même des membres du gouvernement se trouvent parmi les nombreux chinois désillusionnés et insatisfaits, qui en arrivent à frapper aux portes de l’Eglise à la recherche d’un message différent. Personne ne croit désormais plus aux données idéales d’un système social qui a cherché à supprimer Dieu et qui n’offre pas de réponses au sens profond de la vie. La corruption généralisée et l’affaiblissement d’un modèle autoritaire a produit un malaise, la nécessité de nouveaux paradigmes et de nouvelles réponses. La nouvelle abondance matérielle pour des millions de chinois, fruit de la croissance économique rapide et surprenante du pays n’a pas non plus fourni de réponse aux nécessités de l’esprit. Les conversions au catholicisme se multiplient dans de nombreux endroits du pays. Aujourd’hui, on vit en Chine une opportunité favorable pour l’évangélisation, un temps propice que nous ne voulons pas laisser passer.

    • Prions avec le Pape, en demandant que l’Esprit illumine les deux sections de l’Eglise en Chine pour qu’elles imitent la magnanimité de Dieu et pour qu’elles parviennent au pardon et à l’acceptation mutuels, qui les aident à construire un avenir devant Dieu et au bénéfice du pays.






    INTENTION GENERAL - JUIN


    Les prêtres

    Pour que les prêtres, unis au Coeur du Christ, soient toujours de vrais témoins de l’amour prévenant et miséricordieux de Dieu.


    Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son cœur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son cœur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le cœur de Jésus et être vécu à partir de lui. Je voudrais aujourd’hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l’Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D’une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d’autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l’homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) – « Le Seigneur est mon berger » -, à travers lequel l’Israël priant a accueilli l’autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l’orientation pour sa vie. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s’expriment pour le fait que Dieu est présent et qu’il s’occupe de nous. La lecture tirée du Livre d’Ézéchiel débute par le même thème : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d’autres puissances et à d’autres forces, à d’autres divinités. De cela, il fallait s’accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n’offrait pas davantage une aide. Il n’était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas. Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu’une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d’eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu’il y a une personne qui m’aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu’existe ce Dieu qui me connaît, qui m’aime et se préoccupe de moi. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14), dit l’Église avant l’Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu’elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d’eux, leur permettons d’expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l’égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n’est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d’une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l’autre. L’aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié de Dieu.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - CONCLUSION DE L'ANNÉE SACERDOTALE
    11 juin 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - HOMÉLIE - CONCLUSION DE L'ANNÉE SACERDOTALE - 11 juin 2010



  • * * *


    « Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus », avait coutume de dire le Saint Curé d’Ars[2] . Cette expression touchante nous permet avant tout d’évoquer avec tendresse et reconnaissance l’immense don que sont les prêtres non seulement pour l'Église, mais aussi pour l’humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l’offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s’efforçant de Lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l’universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation : celle d’« amis du Christ », qui ont reçu de Lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés ?

    Je porte moi-même encore vivant dans mon cœur le souvenir du premier curé auprès de qui j’ai exercé mon ministère de jeune prêtre : il m’a laissé l’exemple d’un dévouement sans faille à son service pastoral, au point de trouver la mort alors qu’il allait porter le viatique à un malade grave. Me viennent encore à la mémoire les innombrables confrères que j’ai rencontrés et que je continue à rencontrer, même au cours de mes voyages pastoraux en divers pays ; tous généreusement engagés dans l’exercice quotidien de leur ministère sacerdotal. Mais l’expression utilisée par le Saint Curé évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d’épines qui l’entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu’ils participent à l’expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu’ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d’accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu’au témoignage suprême du sang ?

    [...]

    Nous tous, prêtres, nous devrions réaliser que les paroles qu’il mettait dans la bouche du Christ nous concernent personnellement : « Je chargerai mes ministres de leur annoncer que je suis toujours prêt à les recevoir, que ma miséricorde est infinie »[24]. Du Saint Curé d’Ars, nous pouvons apprendre, nous prêtres, non seulement une inépuisable confiance dans le sacrement de la Pénitence au point de nous inciter à le remettre au centre de nos préoccupations pastorales, mais aussi une méthode pour le « dialogue de salut » qui doit s’établir en lui. Le Curé d’Ars avait une manière différente de se comporter avec les divers pénitents. Celui qui s’approchait de son confessionnal attiré par un besoin intime et humble du pardon de Dieu, trouvait en lui l’encouragement à se plonger dans « le torrent de la divine miséricorde » qui emporte tout dans son élan. Et si quelqu’un s’affligeait de sa faiblesse et de son inconstance, craignant les rechutes à venir, le Curé lui révélait le secret de Dieu par une expression d’une touchante beauté : « Le bon Dieu sait toutes choses. D’avance, il sait qu’après vous être confessé, vous pécherez de nouveau et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va jusqu’à oublier volontairement l’avenir pour nous pardonner ! »[25]. A celui qui, à l’inverse, s’accusait avec tiédeur et de manière presque indifférente, il offrait, par ses larmes, la preuve de la souffrance et de la gravité que causait cette attitude « abominable » : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas »[26], disait-il. « Encore, si le bon Dieu n’était si bon, mais il est si bon. Faut-il que l’homme soit barbare pour un si bon Père »[27]. Il faisait naître le repentir dans le cœur des tièdes, en les obligeant à voir, de leurs propres yeux et presque « incarnée » sur le visage du prêtre qui les confessait, la souffrance de Dieu devant les péchés. Par contre, si quelqu’un se présentait avec un désir déjà éveillé d’une vie spirituelle plus profonde et qu’il en était capable, il l’introduisait dans les profondeurs de l’amour, exposant l’indicible beauté que représente le fait de pouvoir vivre unis à Dieu et en sa présence : « Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu… Oh ! que c’est beau ! »[28]. A ceux-là, il enseignait à prier : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu’il est possible que je vous aime »[29].


    BENOÎT XVI
    LETTRE POUR L’INDICTION D’UNE ANNÉE SACERDOTALE
    À L’OCCASION DU 150e ANNIVERSAIRE
    DU DIES NATALIS DU SAINT CURÉ D’ARS
    16 juin 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - LETTRE POUR L’INDICTION D’UNE ANNÉE SACERDOTALE À L’OCCASION DU 150e ANNIVERSAIRE DU DIES NATALIS DU SAINT CURÉ D’ARS - 16 juin 2009


  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Le Pape, en sa demande de ce mois de juin, nous invite à prier chaleureusement pour les prêtres et pour le service qu’ils rendent au peuple de Dieu. Nous prions d’abord pour qu’ils soient unis au Cœur du Christ. Il ne peut en être autrement, puisque leur ministère jaillit du Cœur du prêtre unique, Jésus-Christ, médiateur de la Nouvelle Alliance. C’est en son Cœur que le Christ a dépassé l’ancien sacerdoce, extérieur et rituel, et qu’il l’a changé en un sacerdoce existentiel, intérieur, basé sur l’amour. Son Cœur même est le centre et la source de la Nouvelle Alliance. Son sacerdoce se poursuit activement et pour toujours au ciel, où il ne cesse d’intercéder pour nous auprès du Père.

    Le Cœur sacerdotal de Jésus est aussi le centre et le fondement du sacerdoce commun des fidèles que nous recevons par le baptême. Jésus étant prêtre en son Cœur, tous les chrétiens peuvent aussi l’être avec Lui et en Lui, par l’offrande de leur vie au Père pour leurs frères, en union de leur propre cœur avec son Cœur. Tel est le sacerdoce intérieur, existentiel, que les baptisés sont appelés à exercer en faveur des autres. Ils se convertissent ainsi en apôtres par la prière, offrant sur l’autel intérieur de leur cœur les tâches quotidiennes vécues pour Dieu : les travaux, les prières, les joies et les souffrances de chaque jour.

    Le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce baptismal. Nous pouvons constater que dans la seconde partie de l’intention de prière du Pape nous demandons que les prêtres « soient toujours de véritables témoins de l’amour attentionné et miséricordieux de Dieu. » Les ministres ordonnés célèbrent les sacrements pour nourrir la vie de l’Eglise. Ils sont les pasteurs du peuple, spécialement des plus pauvres. Ils accompagnent les personnes, les familles, les communautés, et tous ceux qui sont appelés à refléter le Cœur du Christ. Dans l’Eglise d’Occident, il s’agit de ceux qui suivent la voie du célibat consacré, en imitant plus étroitement Jésus, qui vécut célibataire, afin d’être des signes de son amour envers tous (dans les Eglises catholiques orientales, il est fréquent de voir des prêtres mariés.)

    Dans son message pour la Journée mondiale de prière pour les vocations de 2008, le pape Benoît XVI nous parle du rôle du prêtre dans la communauté:

    ……

    Si le Pape nous invite à prier pour les prêtres, c’est qu’il s’agit d’êtres humains faibles, comme tous les êtres humains, susceptibles de se sentir découragés, tristes et solitaires. Ils ont besoin de l’appui de notre prière. Ils ont aussi besoin de se sentir appuyés et aimés par leurs communautés. C’est ainsi qu’outre notre prière, nous pouvons aussi promouvoir des actions concrètes visant à consolider dans les paroisses, les collèges et les mouvements une atmosphère d’appréciation de leurs prêtres, et non pas de critique ou d’animadversion. Nous voulons éduquer nos enfants et les membres de nos communautés chrétiennes à être proches de leurs prêtres, à collaborer avec eux, à leur offrir leur proximité et leur appui concret. La création d’un climat d’affection et de respect du ministère sacerdotal dans la communauté chrétienne et dans les familles aura aussi une incidence sur les vocations sacerdotales dont nous avons besoin, que nous demandons et que nous attendons avec espoir. (Pour plus de détails sur ce dernier point, voir le commentaire venant par la suite, dans l’intention missionnaire de ce même mois de juin, sur les vocations missionnaires.)



  • Cliquer pour voir une vidéo parlant de la gratitude envers les prêtres (seulement en ESPAGNOL).



  • QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Que faisons-nous ou que pouvons-nous faire dans notre communauté pour favoriser la considération envers les prêtres et envers la vocation sacerdotale ?
  • Que signifie pour nous vivre le sacerdoce commun des baptisés ? Quelle relation a-t-il avec le sacerdoce ministériel ?
  • En ces temps où l’image du sacerdoce a perdu son prestige en raison des cas d’abus envers des mineurs, quels exemples de bons prêtres pouvons-nous partager afin de remercier Dieu pour leurs vies ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • 1 Tm 3,1-13 Le rôle des prêtres et des diacres dans la communauté
  • He 4,4-14 – 5,10 Le sacerdoce compatissant du Christ
  • Lc 22, 14-20 L’institution du sacerdoce et de l’Eucharistie


  • MISSION INTENTION - JUIN

    Pour que le Saint-Esprit fasse surgir de nos communautés de nombreuses vocations missionnaires, disposées à se consacrer pleinement à la diffusion du Règne de Dieu.


    Vocations missionnaires

    Chers frères et sœurs !

    1. Pour la Journée mondiale de prière pour les vocations, qui sera célébrée le 13 avril 2008, j'ai choisi pour thème : Les vocations au service de l'Église-mission. Jésus ressuscité a confié aux Apôtres le mandat : «Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19), en leur promettant : «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20). L'Église est missionnaire dans sa totalité et en chacun de ses membres. Si, en vertu des sacrements du Baptême et de la Confirmation, tout chrétien est appelé à témoigner et à annoncer l'Évangile, la dimension missionnaire est spécialement et intimement liée à la vocation sacerdotale. Dans l'alliance avec Israël, Dieu confia à des hommes, choisis par avance, appelés par Lui et envoyés au peuple en son nom, la mission d'être prophètes et prêtres. Il fit ainsi, par exemple, avec Moïse : «Maintenant, va ! – lui dit le Seigneur – Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte mon peuple… quand tu auras fait sortir d'Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne» (Ex 3, 10.12). Il en fut de même avec les prophètes.

    [...]

    3. C’est précisément parce qu'ils sont envoyés par le Seigneur que les Douze prennent le nom d'"apôtres", destinés à parcourir les routes du monde en annonçant l'Évangile comme témoins de la mort et de la résurrection du Christ. Saint Paul écrit aux chrétiens de Corinthe : «Nous – c'est-à-dire les Apôtres – nous proclamons un Messie crucifié» (1 Co 1, 23). Dans ce processus d'évangélisation, le livre des Actes des Apôtres attribue aussi un rôle très important à d'autres disciples, dont la vocation missionnaire provient de circonstances providentielles, parfois douloureuses, comme l'expulsion de leur terre en tant qu'adeptes de Jésus (cf. 8, 1-4). L'Esprit Saint permet de transformer cette épreuve en occasion de grâce et d’en tirer profit pour que le nom du Seigneur soit annoncé à d'autres peuples et qu'ainsi s'élargisse le cercle de la Communauté chrétienne. Il s'agit d'hommes et de femmes qui, comme l'écrit Luc dans le livre des Actes, «ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ» (15, 26). Le premier de tous, appelé par le Seigneur lui-même à être un véritable Apôtre, est certainement Paul de Tarse. L'histoire de Paul, le plus grand missionnaire de tous les temps, fait émerger, sous de multiples points de vue, le lien entre vocation et mission. Accusé par ses adversaires de ne pas être autorisé à l'apostolat, il fait maintes fois appel à la vocation qu'il a reçue directement du Seigneur (cf. Rm 1, 1 ; Ga 1, 11-12.15-17).

    4. Au début, comme par la suite, c'est toujours «l'amour du Christ» qui «pousse» les Apôtres (cf. 2 Co 5, 14). En fidèles serviteurs de l'Église, dociles à l'action de l'Esprit Saint, d'innombrables missionnaires ont suivi les traces des premiers disciples au long des siècles. Le Concile Vatican II fait remarquer : «Bien qu'à tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de répandre la foi, le Christ Seigneur ne cesse cependant d’appeler parmi ses disciples ceux qu'il veut pour qu'ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher aux peuples païens (cf. Mc 3, 13-15)» (Décr. Ad gentes, n. 23). En effet, l'amour du Christ est communiqué à nos frères par l’exemple et par la parole, et par toute l’existence. «La vocation spéciale des missionnaires ad vitam – selon les paroles de mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II – conserve toute sa valeur : elle est le paradigme de l'engagement missionnaire de l'Église, qui a toujours besoin que certains se donnent radicalement et totalement, qui a toujours besoin d'élans nouveaux et audacieux» (Enc. Redemptoris missio, n. 66).

    [...]

    6. Dans l'Église, il y a aussi depuis toujours beaucoup d'hommes et de femmes qui, poussés par l'action de l'Esprit Saint, choisissent de vivre l'Évangile d'une manière radicale, professant les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Cette multitude de religieux et de religieuses, appartenant à d'innombrables Instituts de vie contemplative et active, a encore «une très grande part dans l'évangélisation du monde» (Décr. Ad gentes, n. 40). Par leur prière permanente et communautaire, les religieux de vie contemplative intercèdent sans cesse pour toute l'humanité ; les religieux de vie active, par leurs multiples formes d'action caritative, apportent à tous le témoignage vivant de l'amour et de la miséricorde de Dieu. À propos de ces apôtres de notre temps, le Serviteur de Dieu Paul VI tint à dire : «Grâce à leur consécration religieuse, ils sont par excellence volontaires et libres pour tout quitter et aller annoncer l'Évangile jusqu’aux confins du monde. Ils sont entreprenants, et leur apostolat est marqué souvent par une originalité, un génie qui forcent l’admiration. Ils sont généreux : on les trouve souvent aux avant-postes de la mission, et ils prennent les plus grands risques pour leur santé et leur propre vie. Oui, vraiment, l'Église leur doit beaucoup» (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, n. 69).


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA XLV JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE
    POUR LES VOCATIONS
    3 décembre 2007


    © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA XLV JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS - 3 décembre 2007


  • POINTS PASTORAUX

    • Dans cette intention de prière, nous demandons que le Saint-Esprit fasse surgir des vocations missionnaires. Mais il ne s’agit pas ici d’une requête afin que le Saint-Esprit agisse seulement sur d’autres personnes, celles qui seront appelées à la vocation religieuse, et pas sur nous-mêmes. Il veut aussi toucher nos coeurs et nous impliquer personnellement dans cette requête. Il revient également à chacun de nous de prendre un engagement actif afin de rendre réel ce que nous sommes en train de demander. Il s’agit d’assumer un rôle actif et efficace dans la promotion des vocations. Toute la communauté chrétienne, et non seulement les prêtres et les religieuses sont responsables de promouvoir et de travailler pour les vocations dont nous avons besoin. Nous devons créer dans nos milieux ce que nous appelons une « culture des vocations » c’est-à-dire un climat paroissial et ecclésial qui accueille et qui apprécie la vocation religieuse, qui favorise un terrain propice à la naissance des vocations.

    • C’est premièrement par la prière que nous pouvons oeuvrer à la création d’une culture des vocations: il est bon que, dans nos liturgies, la prière pour les vocations soit fréquemment offerte à notre écoute. D’autres actions concrètes pourront aider : nous pouvons établir à cette intention dans les paroisses et les collèges des groupes spécifiques de prière, qui aient pour mission de rappeler cette intention et de la rendre présente à toute la communauté. Ces groupes peuvent demander la liste des séminaristes ou des religieux/religieuses du diocèse et attribuer à chacun d’entre eux des « marraines » ou des « parrains » de prière, c’est-à-dire des membres de la communauté qui se rendent responsables de prier spécifiquement pour ce ou cette jeune. Ainsi, lors des messes de la communauté, les noms de ces futurs prêtres ou religieuses seront mentionnés à haute voix, et tous prieront pour eux. L’on peut aussi donner un caractère de « messe pour les vocations » à une messe de la semaine dans la paroisse, par exemple le jeudi, pour intensifier cette prière pour les jeunes séminaristes et pour les religieux/religieuses. L’établissement d’un contact personnel entre les parrains et marraines de prière avec leur « filleul », qu’ils puissent se connaître, même si c’est par lettre ou par téléphone, apportera une aide considérable.

    • Cette culture des vocations permet que s’établisse un climat d’appréciation et de valorisation du rôle du prêtre, comme il est déjà dit un peu plus haut dans le commentaire de l’intention générale de ce mois, centrée sur le sacerdoce. Un jeune qui voit que dans son entourage prévaut une appréciation positive de ce qu’est une personne consacrée et de ce qu’elle fait, sera plus enclin à prendre en considération une telle option pour lui-même.

    • L’aspect spécifique de ce mois est celui de prier pour les vocations missionnaires, c’est-à-dire des personnes prêtes à passer leur vie sur les fronts périphériques de la foi, annonçant Jésus-Christ dans des milieux difficiles. Nous avons déjà relevé qu’aujourd’hui ces terres de mission se retrouvent même au sein des pays occidentaux traditionnellement catholiques. Beaucoup de ces pays, auparavant riches en vocations, sont actuellement paganisés, de sorte que de nos jours, la mission se situe aussi à l’intérieur de leurs frontières.

    • Nous allons donc prier aussi pour que pour que s’affermisse la vocation missionnaire de tout chrétien, laïcs compris. En effet, il est aujourd’hui très fréquent que des laïcs offrent leurs services pour une période déterminée dans une région ou dans des pays distincts des leurs. Il s’agit d’un service missionnaire spécifique, distinct d’autres types de volontariats, et réalisé par des laïcs dûment préparés qui remplissent un contrat clairement défini avec le diocèse ou l’institution qui les accueille.

    Sur le thème de la promotion des vocations, il faut lire aussi dans Prier et Servir le commentaire de l’intention de prière pour le mois de mai 2009.






    INTENTION GENERAL - JUILLET


    Les malades du SIDA

    Pour que les chrétiens contribuent à soulager, spécialement dans les pays les plus pauvres, la souffrance matérielle et spirituelle des malades du SIDA.


    Le Christ, espérance pour l'Afrique


    3. Quant au drame du SIDA, j'ai déjà eu l'occasion de souligner en d'autres circonstances qu'il se présente également comme une "pathologie de l'esprit". Pour le combattre de façon responsable, il faut accroître la prévention à travers l'éducation au respect de la valeur sacrée de la vie et la formation à la pratique correcte de la sexualité. En effet, si un grand nombre d'infections ont lieu à la suite de contamination par le sang, en particulier au cours de la grossesse - infections qui doivent être combattues par tous les moyens possibles - bien plus nombreuses sont celles qui ont lieu par voie sexuelle, et qui peuvent être évitées en particulier à travers une conduite responsable et l'observation de la vertu de la chasteté.

    Les Evêques participant au Synode pour l'Afrique de 1994 susmentionné, en faisant référence au rôle que des comportements sexuels irresponsables jouent dans la diffusion de la maladie, ont formulé une recommandation que je voudrais reproposer ici: "L'affection, la joie, le bonheur et la paix apportés par le Mariage chrétien et la fidélité, ainsi que la sécurité que donne la chasteté, doivent être continuellement présentés aux fidèles, spécialement aux jeunes" (Exhort. apost. post-synodale Ecclesia in Africa, n. 116).

    4. Tous doivent se sentir concernés par la lutte contre le SIDA. Il revient aux gouvernants et aux Autorités civiles de fournir, toujours sur ce thème, des informations claires et correctes au service des citoyens, ainsi que de consacrer des ressources suffisantes à l'éducation des jeunes et aux soins de santé. J'encourage les Organismes internationaux à promouvoir, dans ce domaine, des initiatives inspirées par la sagesse et la solidarité, visant toujours à défendre la dignité humaine et à protéger le droit inviolable à la vie.

    Une véritable reconnaissance va aux industries pharmaceutiques, qui s'engagent à contenir les coûts des médicaments utiles dans le traitement du SIDA. Certes, des ressources économiques sont nécessaires pour la recherche scientifique dans le domaine médical, et des ressources supplémentaires sont encore nécessaires pour commercialiser les médicaments issus de la recherche, mais face à une situation d'urgence comme celle du SIDA, la protection de la vie humaine doit passer avant toute autre considération.

    Aux agents de la pastorale, je demande "d'apporter aux frères et soeurs atteints du SIDA tout le réconfort possible, du point de vue matériel comme du point de vue moral et spirituel. Aux hommes de science et aux responsables politiques, je demande instamment que, animés par l'amour et le respect dus à toute personne humaine, il ne lésinent pas sur les moyens susceptibles de mettre fin à ce fléau" (Exhort. apost. Ecclesia in Africa, n. 116).

    Je voudrais rappeler en particulier les nombreux agents de la santé, les assistants religieux et les volontaires qui, en bons Samaritains, consacrent leur vie aux victimes du SIDA et prennent soin de leurs familles. A cet égard, il faut souligner le service précieux que prêtent des milliers d'institutions médicales catholiques en secourant, parfois de façon héroïque, ceux qui sont frappés en Afrique par toutes sortes de maladie, en particulier le SIDA, la malaria et la tuberculose.

    Au cours des dernières années, j'ai pu constater que mes appels en faveur des victimes du SIDA n'ont pas été vains. J'ai noté avec satisfaction que divers pays et Institutions ont soutenu, en coordonnant leurs efforts, des campagnes concrètes de prévention et de traitement des malades.

    [...]

    La Très Sainte Vierge Marie nous offre une anticipation éloquente de cette réalité eschatologique, en particulier à travers les mystères de son Immaculée Conception et de son Assomption au Ciel. En Elle, conçue sans l'ombre d'un péché, la disponibilité à la volonté divine et au service des hommes est totale, et par conséquent l'est également l'harmonie profonde d'où jaillit la joie.

    C'est pourquoi nous nous adressons à juste titre à Elle, en l'invoquant comme "Cause de notre joie". La joie que la Vierge nous donne est une joie qui demeure même dans les épreuves. Toutefois, en pensant à l'Afrique, dotée d'immenses ressources humaines, culturelles et religieuses, mais frappée également par d'indicibles souffrances, naît spontanément sur nos lèvres une prière implorante:


    Marie, Vierge Immaculée,
    Femme de la douleur
    et de l'espérance,
    sois bienveillante
    envers chaque personne qui souffre,
    et obtiens pour chacune
    la plénitude de la vie.


    Tourne ton regard maternel
    en particulier sur ceux qui,
    en Afrique,
    sont dans des situations
    de besoin extrême,
    car ils sont frappés par le SIDA
    ou par d'autres maladies mortelles.


    Regarde les mères
    qui pleurent leurs enfants,
    Regarde les grands-parents
    privés de ressources suffisantes,
    pour aider leurs petits-enfants
    devenus orphelins.


    Serre-les tous
    contre ton coeur de Mère.


    Reine de l'Afrique
    et du monde entier,
    Très Sainte Vierge, prie pour nous!



    JEAN-PAUL II
    MESSAGE POUR LA XIIIème JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
    8 septembre 2004


    © Copyright 2004 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • JEAN-PAUL II - MESSAGE POUR LA XIIIème JOURNÉE MONDIALE DU MALADE - 8 septembre 2004



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Le Rapport mondial sur les ressources tient maintenant compte du pourcentage des personnes affectées par le SIDA parmi les critères d’estimation de la croissance économique et sociale future des nations. L’agence concernée fournit les données en collaboration avec la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement, le Programme des Nations unies pour l’environnement et l’Institut mondial des ressources. Dans l’état actuel des choses, il s’avère que le SIDA, d’abord qualifié de pandémie, appartient à la catégorie des maladies chroniques accablant le genre humain. Une fois acquis, VIH et SIDA sont incurables. Ils restent avec nous pour la vie. Certes, l’emploi des médicaments antirétroviraux s’est révélé efficace, grâce à leur “effet Lazare”, dans la réduction de l’activité VIH et par leur influence sur l’organisme, aussi longtemps que les intéressés continuent à les prendre. Par contre, ils soulèvent malheureusement une foule de problèmes relatifs à leurs effets collatéraux potentiels, aux dangers de résistance qu’ils entraînent, et à la création d’un certain sentiment - injustifié - d’optimisme. Enfin, leur prix les maintient désespérément hors de portée des pays les plus pauvres.

    Le coeur, l’esprit, la raison et l’âme forment avec le corps une seule réalité chez les hommes et les femmes infectés et affectés par le SIDA. Quand la douleur physique s’éloigne, les malades se réjouissent du fond du coeur. Et quand les donateurs des pays plus riches les aident, les chrétiens des pays pauvres arrivent à s’organiser avec assez de succès pour entourer de soins leurs voisins touchés par le SIDA. Ils exercent leur activité dans certains centres ou dans le cadre de petites communautés chrétiennes. Lorsqu’un esprit de pardon et de réconciliation inspire l’assistance médicale et sociale offerte aux personnes atteintes du SIDA, le Christ lui-même se fait présent au milieu d’elles. La paix, la charité, un certain bien-être et l’expérience du pardon font partie de ces nouvelles valeurs du royaume qu’Il est venu proclamer. Les chrétiens se reposent sur le Christ, voyant en lui celui qui écoute le Père et qui est également à l’écoute des besoins, des espoirs, des joies, des angoisses et des peines de ceux qu’Il a rachetés. (Is 50, 4-5)

    Selon le dicton populaire, "une once de prévention vaut une livre de cure ". Tandis que les malades reçoivent des soins, il faut également prendre des mesures préventives pour tenir le virus et le SIDA à distance. Il semble bien que pour contrer la pandémie, l’éducation s’impose comme mesure préventive de base. Les preuves ne cessent de s’accumuler en ce sens : l’éducation protège contre l’infection par VIH. Plus nous assurons à la population l’éducation nécessaire et pertinente, moins le SIDA se répand. La Conférence internationale sur le SIDA a ouvert sa 18e session à Vienne le dimanche 18 juillet 2010. Il y fut sérieusement question de méthodes innovatrices de contrôle du VIH, à savoir de méthodes moins chères. Dans son rapport prospectif, la Conférence affirme que les jeunes se montrent prêts à participer à la révolution préventive en tant qu’agents de changement.

    Thuadingoma Antoine, S.J. (Nairobi, Kenya)
    Membre de l'équipe de AJAN, le reseau jésuite pour HIV/AIDS en Afrique




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Y a-t-il une ressemblance entre la situation actuelle des malades du VIH/SIDA et la situation des lépreux du temps de Jésus ? Comment sont-ils traités dans notre société et quelle serait l’attitude de Jésus envers eux s’il était ici ?
  • En quoi notre perception et la perception sociale de la maladie et des malades du VIH/SIDA a-t-elle changé, dans la mesure où nous avons eu plus d’information ?
  • Réalisons-nous ou pourrions-nous réaliser quelque service concret pour soulager la douleur de ces malades ou d’autres malades ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • 2R 5,1-14 Elisée guérit Naaman, le lépreux
  • Ac 3,1-10 L’Eglise au service des malades
  • Mt 8,1-4 Jésus guérit un lépreux


  • MISSION INTENTION - JUILLET

    Pour les religieuses qui oeuvrent dans les territoires de mission, afin qu’elles soient les témoins de la joie de l’Evangile et le signe vivant de l’amour du Christ.


    Des religieuses au Tchad

    4. Au début, comme par la suite, c'est toujours «l'amour du Christ» qui «pousse» les Apôtres (cf. 2 Co 5, 14). En fidèles serviteurs de l'Église, dociles à l'action de l'Esprit Saint, d'innombrables missionnaires ont suivi les traces des premiers disciples au long des siècles. Le Concile Vatican II fait remarquer : «Bien qu'à tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de répandre la foi, le Christ Seigneur ne cesse cependant d’appeler parmi ses disciples ceux qu'il veut pour qu'ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher aux peuples païens (cf. Mc 3, 13-15)» (Décr. Ad gentes, n. 23). En effet, l'amour du Christ est communiqué à nos frères par l’exemple et par la parole, et par toute l’existence. «La vocation spéciale des missionnaires ad vitam – selon les paroles de mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II – conserve toute sa valeur : elle est le paradigme de l'engagement missionnaire de l'Église, qui a toujours besoin que certains se donnent radicalement et totalement, qui a toujours besoin d'élans nouveaux et audacieux» (Enc. Redemptoris missio, n. 66).

    […]

    6. Dans l'Église, il y a aussi depuis toujours beaucoup d'hommes et de femmes qui, poussés par l'action de l'Esprit Saint, choisissent de vivre l'Évangile d'une manière radicale, professant les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Cette multitude de religieux et de religieuses, appartenant à d'innombrables Instituts de vie contemplative et active, a encore «une très grande part dans l'évangélisation du monde» (Décr. Ad gentes, n. 40). Par leur prière permanente et communautaire, les religieux de vie contemplative intercèdent sans cesse pour toute l'humanité ; les religieux de vie active, par leurs multiples formes d'action caritative, apportent à tous le témoignage vivant de l'amour et de la miséricorde de Dieu. À propos de ces apôtres de notre temps, le Serviteur de Dieu Paul VI tint à dire : «Grâce à leur consécration religieuse, ils sont par excellence volontaires et libres pour tout quitter et aller annoncer l'Évangile jusqu’aux confins du monde. Ils sont entreprenants, et leur apostolat est marqué souvent par une originalité, un génie qui forcent l’admiration. Ils sont généreux : on les trouve souvent aux avant-postes de la mission, et ils prennent les plus grands risques pour leur santé et leur propre vie. Oui, vraiment, l'Église leur doit beaucoup» (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, n. 69).


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA XLV JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE
    POUR LES VOCATIONS
    13 AVRIL 2008


    © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA XLV JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS - 13 AVRIL 2008


  • * * *

    Chers frères, les hommes et femmes consacrés sont reconnus à juste titre comme "des témoins et des artisans du "projet de communion" qui est au sommet de l'histoire de l'homme selon Dieu" (Vita consecrata, n. 46). Je vous prie d'assurer les religieux, hommes et femmes, de vos territoires de mon appréciation pour la contribution prophétique qu'ils apportent à la vie ecclésiale dans vos pays. Je suis certain que, fidèles à leur nature essentielle et aux charismes respectifs, ils rendront un témoignage courageux du "don de soi par amour du Seigneur Jésus et, en lui, de chaque membre de la famille humaine" (ibid., n. 3).


    BENOÎT XVI
    DISCOURS AUX ÉVÊQUES DE LA CORÉE ET
    AU PRÉFET APOSTOLIQUE D'OULAN-BATOR (MONGOLIE)
    EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM"
    3 décembre 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - DISCOURS AUX ÉVÊQUES DE LA CORÉE ET AU PRÉFET APOSTOLIQUE D'OULAN-BATOR (MONGOLIE) EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM"- 3 décembre 2007


  • * * *

    (4) Vos diocèses peuvent compter de façon particulière sur le témoignage et sur l'œuvre des nombreux religieux et religieuses qui, se donnant librement, contribuent tant à la vie et à la vigueur de votre communauté. Leur consécration spéciale au Seigneur les rend aptes à rendre un témoignage particulièrement efficace de l'amour de Dieu pour son peuple et fait d'eux des signes vivants de la vérité selon laquelle «le Royaume de Dieu est proche» (Mc 1, 15). Ils représentent un élément à part entière de la vie et de la mission de l'Eglise qui est au Nigeria: que votre attention et votre sollicitude paternelle ne leur manquent jamais; soyez proches d'eux et préservez leur charisme, don extraordinaire du Seigneur.

    6. Les membres des Eglises particulières confiées à votre soin sont les citoyens d'une nation qui doit à présent affronter divers défis importants dans la tentative d'opérer des changements politiques et sociaux. Dans ce contexte, votre rôle de guides de la communauté catholique acquiert une signification encore plus grande; des guides qui reconnaissent l'opportunité et la nécessité d'un dialogue constructif avec tous les secteurs de la société en ce qui concerne les bases justes et solides de la vie en société. Un tel dialogue, tout en s'efforçant de conserver ouvertes toutes les voies de communication dans un esprit de patience et de bonne volonté, ne vous empêche pas d'exposer ouvertement et avec respect les convictions de l'Eglise, surtout en ce qui concerne la justice et l'équité pour tous les citoyens, le respect des droits de l'homme, la liberté religieuse et la vérité morale objective qui doivent se refléter dans la législation civile.

    Il est d'une importance vitale que tous les Nigérians collaborent afin de garantir que les changements nécessaires aient lieu de façon pacifique et sans souffrances inutiles pour les secteurs les plus faibles de la population. Il est donc clair que les efforts généreux des pasteurs et des fidèles, en étroite collaboration avec les chrétiens des autres Eglises et communautés ecclésiales, jouent un rôle important pour garantir une bonne issue à cette période de transition. En effet, comme les Pères du Concile Vatican II l'ont observé, une action commune de ce type «exprime vivement l'union déjà existante» entre les chrétiens et, si tous s'unissent au service du bien commun, «elle met en plus lumineuse évidence le visage du Christ Serviteur» (Unitatis redintegratio, n. 66).


    JEAN-PAUL II
    RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU NIGERIA
    23 mars 1998


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • JEAN-PAUL II - RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU NIGERIA - 23 mars 1998



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    L’intention de ce mois s’inscrit dans le cadre de la tâche qui nous incombe à tous de faire connaître une Eglise missionnaire et vivante. Ce mois-ci, le Pape nous invite en particulier à prier et à rendre grâce pour le grand nombre de femmes qui, avec joie, avec espérance et par amour, ont offert leur vie au Seigneur et qui l’ont fait en particulier en s’offrant à la mission loin de leur terre natale.

    Nombreuses sont les femmes qui dès les premiers siècles ont voulu vivre cette union profonde et cette conformité avec Jésus et sa cause. Nombreuses sont celles qui le font dans leur propre pays, en se consacrant à des missions dans différents domaines de la vie, dans l’éducation, la promotion humaine, la justice… et beaucoup aussi sont celles qui, en raison d’un appel particulier, ont quitté leur terre, pour se rapprocher d’endroits où la parole de Dieu n’avait pas encore été annoncée. Nous prions ce mois-ci pour ces dernières, femmes appelées à vivre leur tâche missionnaire avec enthousiasme, générosité et dévouement.

    J’ai eu par deux fois l’occasion de partager et d’accompagner la mission de l’Eglise au Tchad, en Afrique. Je sens que cette terre s’est convertie pour moi en une terre sacrée, en un lieu privilégié où Dieu a parlé à mon cœur, où il m’a séduit. Là, il m’a fait découvrir sa présence dans les valeurs fondamentales de la vie : loin de la richesse et du pouvoir, Dieu est dans ce qui est humble et simple, dans le quotidien de celui qui partage la liesse et la douleur ; dans les peines et les joies ; il est dans les recherches et les espérances des pauvres. Cela a été une occasion de me reconnaître comme sœur et d’entrer en dialogue malgré la difficulté de la langue et les différences culturelles, parce que l’amour de Dieu est plus grand et qu’il traverse les frontières de tous genres. Cela n’a pas toujours été facile, c’est sans doute une vie sacrifiée, solitaire, mais pour moi cela a toujours été une possibilité de rencontrer le Christ pauvre, le Christ souffrant, le Christ frère.

    Espérons que la requête du Pape nous aide à accroître notre prière et que nous demandions au Seigneur de soutenir et d’encourager tant de religieuses servant aujourd’hui en différentes terres de mission d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine. Prions pour qu’elles sachent faire transparaître la face maternelle de Dieu, là où elles se trouvent. Prions aussi pour que le Seigneur continue de susciter de nombreuses vocations missionnaires féminines.

    Témoignage de sœur Quena en Haïti, où elle a passé quelques mois après le tremblement de terre. Là, elle a pu donner sa collaboration à un camp de deux semaines pour enfants, organisé à la campagne par les sœurs de sa congrégation:


    Sœur Quena Valdés O. rscj
    Religieuse chilienne du Sacré-Cœur de Jésus, qui fut missionnaire au Tchad,
    en Afrique, durant plusieurs années



    Durant ces journées de campement avec les enfants, j’ai pu jouir de la nature, de la rencontre gratuite, de la joie des enfants lorsqu’ils jouaient au football pieds nus, sur un sol inégal rempli de pierres, et de plus avec un ballon à moitié dégonflé. Je jouissais de les voir danser au son du tam-tam (tambours), remuant leur corps avec l’agilité propre aux insulaires des Caraïbes, avec leurs racines africaines… Je ressentais un vrai plaisir quand la pluie tombait à flots et que cela nous soulageait de la chaleur et nous résolvait le problème de l’eau pour laver, cuisiner, nous baigner. J’ai tiré de la joie de la rencontre matinale avec le Seigneur, reconnaissant sa présence dans ce qui est simple et m’invitant à apprendre encore plus de choses de cette simplicité. J’ai terminé mon séjour d’un cœur ému et très reconnaissant de tout ce que j’avais vécu. Une des choses qui m’a profondément émue fut d’être témoin de la capacité des gens de faire face à l’adversité, de leurs espérances et de leurs désirs de rêver. Les jeunes animateurs me surprirent par leur expressivité, leur joie et leur enthousiasme, en donnant le meilleur d’eux-mêmes aux enfants. Après ces semaines, Haïti est une terre sœur et fait partie de mon histoire… MERCI SEIGNEUR !!!


    Sister Quena’s testimony from Haiti, where she was for several months after the earthquake. There she was able to help in a two-week camp for children, organised in the country side by the sisters of her congregation.







    INTENTION GENERAL - AOUT


    La Journée Mondiale de la Jeunesse

    Pour que la Journée Mondiale de la Jeunesse célébrée à Madrid encourage tous les jeunes du monde à enraciner et à fonder leur vie dans le Christ.


    Chers amis,

    Nous fêtons cette année le vingt-cinquième anniversaire de l’institution de la Journée Mondiale de la Jeunesse, voulue par le Vénérable Jean-Paul II comme rendez-vous annuel des jeunes croyants du monde entier. Ce fut une initiative prophétique qui a porté des fruits abondants, permettant aux nouvelles générations chrétiennes de se rencontrer, de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, de découvrir la beauté de l’Eglise et de vivre des expériences de foi fortes qui ont conduit de nombreux jeunes à décider de se donner totalement au Christ.

    Cette XXVème Journée représente une étape vers la prochaine Rencontre Mondiale des jeunes, qui aura lieu en août 2011 à Madrid, où j’espère que vous serez nombreux à vivre cet événement de grâce.

    Pour nous préparer à cette célébration, je voudrais vous proposer quelques réflexions sur le thème de cette année : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Mc 10,17), tiré de l’épisode évangélique de la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche. Ce thème a déjà été traité, en 1985, par le Pape Jean-Paul II, dans une très belle lettre adressée pour la première fois aux jeunes.


    1. Jésus rencontre un jeune homme

    « Il [Jésus] se mettait en route, – raconte l’Evangile de saint Marc – quand un homme accourut et, s’agenouillant devant lui, il l’interrogeait : “ Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ”. Jésus lui dit : “ Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne tue pas, Ne commets pas d’adultère, Ne vole pas, Ne porte pas de faux témoignage, Ne fais pas de tort, Honore ton père et ta mère ”. “ Maître, lui dit-il, tout cela je l’ai observé dès ma jeunesse ”. Alors Jésus fixa sur lui son regard et l’aima. Et il lui dit : “ Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi ”. Mais lui, à ces mots, s’assombrit et il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens » (Mc 10, 17-22).

    Ce récit exprime d’une manière probante la grande attention de Jésus envers les jeunes, envers vous, envers vos attentes, vos espérances, et montre combien son désir est grand de vous rencontrer personnellement et d’ouvrir un dialogue avec chacun de vous. De fait, le Christ interrompt son chemin pour répondre à la question de son interlocuteur. Il manifestait ainsi sa pleine disponibilité à l’égard de ce jeune, qui est mû par un ardent désir de parler avec le « Bon Maître », pour apprendre de lui à parcourir la route de la vie. En proposant ce passage évangélique, mon Prédécesseur voulait exhorter chacun de vous à « développer votre propre dialogue avec le Christ – dialogue qui a une importance fondamentale et première pour un jeune » (Lettre aux jeunes, n.2).


    2. Jésus le regarda et l’aima

    Dans le récit évangélique, saint Marc souligne que « Jésus fixa sur lui son regard et l’aima » (cf. Mc 10,21). C’est dans le regard du Seigneur que réside le cœur de cette rencontre très particulière et de toute l’expérience chrétienne. Le christianisme, en effet, n’est pas d’abord une morale, mais une expérience de Jésus-Christ, qui nous aime personnellement, jeunes ou vieux, pauvres ou riches. Il nous aime même quand nous lui tournons le dos.

    Commentant cette scène, le Pape Jean-Paul II ajoutait, s’adressant à vous les jeunes : « Je vous souhaite de connaître un tel regard ! Je vous souhaite de faire l’expérience qu’en vérité, lui, le Christ, vous regarde avec amour ! » (Lettre aux jeunes, n.7). Un amour, qui s’est manifesté sur la Croix d’une manière si pleine et si totale qu’il fait écrire à saint Paul, avec stupeur : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2, 20). « Savoir que le Père nous a toujours aimés en son Fils, que le Christ aime chacun en tout temps – écrit encore le Pape Jean-Paul II – cela devient un solide point d’appui pour toute notre existence humaine » (Lettre aux jeunes, n.7), et nous permet de surmonter toutes les épreuves : la découverte de nos péchés, la souffrance, le découragement.

    Dans cet amour se trouve la source de toute la vie chrétienne et la raison fondamentale de l’évangélisation : si nous avons vraiment rencontré Jésus, nous ne pouvons pas nous empêcher de lui rendre témoignage devant ceux qui n’ont pas encore croisé son regard !


    3. La découverte du projet de vie

    Chez le jeune homme de l’Evangile, nous pouvons découvrir une condition très semblable à celle de chacun de nous. Vous aussi vous êtes riches de qualités, d’énergies, de rêves et d’espérances : des ressources que vous possédez en abondance ! Votre âge même constitue une grande richesse non seulement pour vous, mais aussi pour les autres, pour l’Eglise et pour le monde.

    Le jeune homme riche demande à Jésus : « Que dois-je faire ? ». La période de la vie où vous vous trouvez est un temps de découverte : celle des dons que Dieu vous a accordés et de vos responsabilités. C’est également l’heure des choix fondamentaux pour construire votre projet de vie. C’est donc le moment de vous interroger sur le sens authentique de l’existence et de vous demander : « Suis-je satisfait de ma vie ? Quelque chose me manque-t-il ? ».

    Comme le jeune homme de l’Evangile, vous aussi vous vivez peut-être des situations d’instabilité, de trouble ou de souffrance, qui vous conduisent à aspirer à une vie qui ne soit pas médiocre et à vous demander : en quoi consiste une vie réussie ? Que dois-je faire ? Quel pourrait être mon projet de vie ? « Que dois-je faire, afin que ma vie ait toute sa valeur et tout son sens ? (Ibid., n° 3).

    N’ayez pas peur d’affronter ces questions ! Loin de vous accabler, elles traduisent les grandes aspirations, qui sont présentes dans votre cœur. Par conséquent, il faut les écouter. Elles attendent des réponses non superficielles, mais capables de satisfaire vos authentiques attentes de vie et de bonheur.

    Pour découvrir le projet de vie qui peut vous rendre pleinement heureux, mettez-vous à l’écoute de Dieu, qui a son dessein d’amour sur chacun de vous. Demandez-lui avec confiance : « Seigneur, quel est ton dessein de Créateur et de Père sur ma vie ? Quelle est ta volonté ? Je désire l’accomplir ». Soyez sûrs qu’il vous répondra. N’ayez pas peur de sa réponse ! « Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout » (1 Jn 3, 20) !


    4. Viens et suis-moi !

    Jésus, invitant le jeune homme riche à aller bien au-delà de la satisfaction de ses aspirations et de ses projets personnels, lui dit : « Viens et suis-moi ! ». La vocation chrétienne jaillit d’une proposition d’amour du Seigneur et ne peut se réaliser que grâce à une réponse d’amour : « Jésus invite ses disciples au don total de leur vie, sans calcul ni intérêt humain, avec une confiance sans réserve en Dieu. Les saints accueillent cette invitation exigeante et se mettent, avec une humble docilité, à la suite du Christ crucifié et ressuscité. Leur perfection, dans la logique de la foi parfois humainement incompréhensible, consiste à ne plus se mettre au centre, mais à choisir d’aller à contre-courant en vivant selon l’Evangile » (Benoît XVI, Homélie à l’occasion de plusieurs canonisations, 11 octobre 2009).

    A l’exemple de nombreux disciples du Christ, vous aussi, chers amis, accueillez avec joie l’invitation à le suivre, pour vivre intensément et avec fécondité en ce monde. Par le Baptême, en effet, il appelle chacun à le suivre par des actions concrètes, à l’aimer par dessus tout et à le servir dans ses frères. Le jeune homme riche, hélas, n’accueillit pas l’invitation de Jésus et s’en alla tout triste. Il n’avait pas trouvé le courage de se détacher des biens matériels pour trouver le bien plus grand proposé par Jésus.

    La tristesse du jeune homme riche de l’Evangile est celle qui naît dans le cœur de chacun quand on n’a pas le courage de suivre le Christ, d’accomplir le bon choix. Mais il n’est jamais trop tard pour lui répondre !

    Jésus ne se lasse jamais de tourner son regard d’amour et d’appeler à être ses disciples, mais il propose à certains un choix plus radical. En cette Année Sacerdotale, je voudrais exhorter les jeunes et les adolescents à être attentifs au fait de savoir si le Seigneur les invite à un don plus grand, sur la voie du Sacerdoce ministériel, et à se rendre disponibles pour accueillir avec générosité et enthousiasme ce signe de prédilection particulière, en entreprenant avec un prêtre, avec leur directeur spirituel, un nécessaire chemin de discernement. N’ayez pas peur, chers jeunes gens et chères jeunes filles, si le Seigneur vous appelle, par ailleurs, à la vie religieuse, monastique, missionnaire ou de consécration spéciale : il sait donner la joie profonde à ceux qui répondent avec courage !

    En outre, j’invite ceux qui ressentent la vocation au mariage à l’accueillir avec foi, en s’engageant à jeter des bases solides pour vivre un grand amour, fidèle et ouvert au don de la vie, qui est richesse et grâce pour la société et pour l’Eglise.



    BENOÎT XVI
    MESSAGE AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION
    DE LA XXVe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE
    22 février 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION DE LA XXVe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE - 22 février 2010



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Quand, dans mes jeunes années, j’eus vent pour la première fois d’une imminente Journée mondiale de la jeunesse, je n’eus pas envie d’y aller! J’étudiais alors à l’université et menais une vie qui n’était, en quelque sorte, pas très enracinée en Jésus-Christ. Mais ma grand-mère, que j’aimais beaucoup, me persuada d’y aller. Dieu bénisse les grands-mères !

    La grâce dont je fus touché en cette Journée mondiale de la jeunesse fut l’intention de prière que le pape Benoît nous proposa pour ce mois-ci, à savoir "que les jeunes soient encouragés à enraciner et construire leur vie en Jésus-Christ". Cette Journée fut, pour le jeune adulte que j’étais, un moment décisif de ma vie de foi et ce fut notamment à cette période-là que furent semées les graines de ma vocation à la vie religieuse et à la prêtrise.

    La Journée mondiale de la jeunesse 2011 aura lieu du 16 au 21 août à Madrid, Espagne. La Journée mondiale de la jeunesse est en fait un rassemblement d’une semaine des jeunes et jeunes adultes catholiques, célébré tous les deux ou trois ans dans une ville différente du monde. Le pape Jean Paul II a initié cette série d’événements dans les années 1980 et la tradition se maintient avec le pape Benoît XVI. Les Journées les plus récentes avaient eu lieu à Sydney, Australie en 2008 ; à Cologne, Allemagne en 2005 ; et à Toronto, Canada en 2002. Des centaines de milliers de pèlerins de toutes les régions du globe se retrouvent en ces grands rassemblements de l’Eglise universelle.

    Le thème scripturaire de cette Journée est tiré de l’épître aux Colossiens : « Vivez dans le Christ Jésus, enracinés en lui, affermis dans la foi » (Col 2, 7). L’intention générale de Benoît XVI pour le mois au cours duquel la Journée mondiale de la jeunesse sera célébrée se réfère clairement à ce verset de saint Paul. Paul écrivait aux chrétiens de l’Eglise de Colosses qui avaient reçu le message évangélique, mais qui étaient tentés d’emprunter des voies de vie les conduisant à l’opposé d’une vie authentiquement enracinée dans le Christ Jésus. Cela n’est-il pas un défi que connaissent aussi tant de jeunes chrétiens de notre temps ? Ce fut certainement un défi pour moi quand ma grand-mère m’introduisit pour la première fois à la Journée mondiale de la jeunesse.

    Ainsi prions-nous avec le Pape et nos frères et soeurs dans l’apostolat de la prière à travers le monde pour que les centaines de milliers de jeunes qui se réuniront à Madrid en ce mois d’août 2011 puissent être vraiment encouragés – par le Pape lui-même, par leurs pairs unis dans la foi et dans la joie, et spécialement par l’amour du Coeur de Jésus – à continuer de vivre dans le Christ Jésus, enracinés en lui et affermis dans la foi. Quelle différence cela fera dans notre monde !

    Pour plus d’information sur la Journée 2011, voir : http://en.madrid11.com


    Fr. Phil Hurley, S.J.
    Apostolat de la prière, Etats-Unis
    Directeur, Jeunesse & Jeunes adultes




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Que signifie pour un jeune le fait de « fonder sa vie sur le Christ et de l’enraciner en Lui ? » Qu’est-ce que cela signifie pour moi personnellement, concrètement ?
  • A quoi le regard rempli de tendresse de Jésus invite-t-il aujourd’hui chacun d’entre nous ?
  • De quelle manière pouvons-nous, en tant que communauté, appuyer et soutenir les jeunes qui participent à la JMJ ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Col 2,6-7 Construire la vie fondée sur le Christ
  • Ph 3,7-11 Le Christ change toute la vie
  • Mc 10,17-22 Jésus invite le jeune homme riche


  • MISSION INTENTION - AOUT

    Pour que les chrétiens d’Occident, dociles à l’action du Saint-Esprit, retrouvent la fraîcheur et l’enthousiasme de leur foi.


    Une paroisse en Suède

    En recueillant cet héritage, j’ai pu affirmer, au début de mon ministère pétrinien, que l’Eglise est jeune, ouverte à l’avenir. Et je le répète aujourd’hui, près du sépulcre de saint Paul: l’Eglise représente dans le monde une immense force rénovatrice, assurément non grâce à ses propres forces, mais par la force de l’Evangile, dans lequel souffle l’Esprit Saint de Dieu, le Dieu créateur et rédempteur du monde. Les défis de l’époque actuelle sont certainement au-dessus des capacités humaines: c’est le cas des défis historiques et sociaux, et à plus forte raison des défis spirituels. Il nous semble parfois, à nous pasteurs de l’Eglise, de revivre l’expérience des apôtres, lorsque des milliers de personnes dans le besoin suivaient Jésus, et qu’Il demandait: que pouvons-nous faire pour toutes ces personnes? Ceux-ci faisaient alors l’expérience de leur impuissance. Mais Jésus lui-même leur avait démontré qu’avec la foi en Dieu rien n’est impossible, et que quelques pains et quelques poissons, bénis et partagés, pouvaient nourrir tout le monde. Mais il n’y avait pas — et il n’y a pas — seulement la faim de nourriture matérielle: il y a une faim plus profonde que Dieu seul peut rassasier. Même l’homme du troisième millénaire désire une vie authentique et pleine, a besoin de vérité, de liberté profonde, d’amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l’âme de l’homme a soif de Dieu, du Dieu vivant. C’est pourquoi Jean-Paul II a écrit: «La mission du Christ Rédempteur, confiée à l'Eglise, est encore bien loin de son achèvement. Au terme du deuxième millénaire après sa venue, un regard d'ensemble porté sur l'humanité montre que cette mission en est encore à ses débuts et que nous devons nous engager de toutes nos forces à son service» (Enc. Redemptoris missio, n. 1). Il existe des régions dans le monde qui attendent encore une première évangélisation; d’autres qui l’ont reçu, mais qui ont besoin d’un travail plus approfondi; d’autres encore où l’Evangile a planté depuis longtemps ses racines, donnant lieu à une véritable tradition chrétienne, mais où, au cours des derniers siècles — à travers des dynamiques complexes —, le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise.

    Dans cette perspective, j’ai décidé de créer un nouvel organisme sous la forme d’un «Conseil pontifical», ayant pour tâche spécifique de promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a déjà retenti la première annonce de la foi et où sont présentes des Eglises d’antiques fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d’«éclipse du sens de Dieu», qui constituent un défi à trouver des moyens adaptés pour reproposer la vérité éternelle de l’Evangile du Christ.

    Chers frères et sœurs, le défi de la nouvelle évangélisation interpelle l’Eglise universelle, et nous demande également de poursuivre avec application la recherche de la pleine unité entre les chrétiens. Un signe d’espérance éloquent dans ce sens est la coutume des visite réciproques entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople, à l’occasion des fêtes des saints patrons respectifs. C’est pourquoi nous accueillons aujourd’hui avec une joie renouvelée et avec reconnaissance la délégation envoyée par le patriarche Bartholomaios Ier, à qui nous adressons notre salut le plus cordial. Que l’intercession des saints Pierre et Paul obtienne à l’Eglise tout entière une foi ardente et le courage apostolique, pour annoncer au monde la vérité dont nous avons tous besoin, la vérité qui est Dieu, origine et fin de l’univers et de l’histoire, Père miséricordieux et fidèle, espérance de vie éternelle. Amen.


    BENOÎT XVI
    HOMÉLIE - SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL
    28 juin 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - HOMÉLIE - SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL - 28 juin 2010



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    La Bonne Nouvelle de Jésus-Christ est venue d’Asie. Des hommes et des femmes ont traversé le bassin méditerranéen et son allés à Rome, la capitale de l’Empire romain, ou bien en Gaule dès le IIème siècle, comme saint Irénée, pour faire connaître l’Evangile. L’évangélisation de l’Europe occidentale s’est faite très progressivement.

    A partir du XIIème siècle l’Eglise a été marquée par la « théologie monastique » (plus biblique et spirituelle), et la « théologie scolastique » (plus rationnelle), qui ont été fécondes, et ont façonné les manières de penser la foi et d’organiser l’Eglise latine. Dès 1215, au IV Concile de Latran, a fini par s’imposer un modèle paroissial qui a traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui dans l’Eglise catholique. Les chrétiens d’occident, dans leur diversité, sont héritiers de cette histoire, où s’est élaboré l’intelligence de leur foi et leurs chemins spirituels, une histoire faite de blessures, de déchirures et de réconciliations. Une histoire faite aussi de générosité et de lumière, avec de nombreux renouveaux spirituels.

    Aujourd’hui, dans un temps de changement culturel sans précèdent en Occident, dans un contexte da globalisation des cultures et des religions, en particulier venant d’Asie, le chrétiens semblent parfois atones, comme s’ils avaient perdu la fraîcheur et l’enthousiasme de leur foi. Une figure d’Eglise disparaît sous nos yeux. Le modèle pastoral qui a longtemps structuré l’Eglise catholique, à une époque où la société et l’Eglise étaient fortement imbriquées, ne semble plus viable aujourd’hui. Cependant alors que nous pourrions penser que c’est le crépuscule quelque chose de nouveau est en train de naître. Nous ne le voyons pas ou peu parce que nous cherchons souvent à reproduire le passé. Le ferment évangélique a travaillé patiemment nos sociétés, et l’évangile, aujourd’hui comme hier, commence à émerger des profondeurs de l’histoire. Le trésor du texte biblique est reconnu par tous. L’humus culturel est pétri par l’Evangile. L’appauvrissement de l’Eglise reconduit souvent celle-ci « vers le principe évangélique de son existence », sur les routes de Galilée. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont de plus en plus soif de vie spirituelle même s’ils ne croisent pas toujours les chemins du Christ. Peu à peu l’Eglise retrouve ses racines, et son « poumon oriental », dont elle s’était éloignée. Oui, notre époque est un temps favorable à l’Evangile, un temps favorable pour la mission !

    Au long de l’histoire il y a toujours eu des moments où l’allure évangélique des commencements est réapparu, comme avec saint François d’Assise, ou saint Ignace de Loyola, ou encore sainte Thérèse de Lisieux. Aujourd’hui encore dans ce temps favorable l’Esprit Saint, dans la lecture des Ecritures en communauté, dans la prière et la vie sacramentelle, aide des hommes et des femmes à retrouver la saveur de l’Evangile et à entrer dans le style de la vie de Jésus, au service de la justice du Royaume. La fraîcheur et l’enthousiasme de la foi ne peut se retrouver qu’en laissant l’Esprit Saint nous conduire à rencontrer personnellement Jésus-Christ, le Ressuscité.


    Père Frédéric Fornos, S.J.
    Secrétaire National de l’Apostolat de la Prière en France






    INTENTION GENERAL - SEPTEMBRE


    Une professeure en Inde

    Pour tous les enseignants, afin qu’ils sachent transmettre l’amour de la vérité et éduquer aux valeurs morales et spirituelles authentiques.


    Chers fidèles de Rome,

    J'ai pensé m'adresser à vous par cette lettre pour vous parler d'un problème que vous-mêmes ressentez et sur lequel les diverses composantes de notre Eglise sont fortement engagées: le problème de l'éducation. Nous avons tous à cœur le bien des personnes que nous aimons, en particulier de nos enfants, adolescents et jeunes. Nous savons, en effet, que c'est d'eux que dépend l'avenir de notre ville. Nous ne pouvons donc qu'être attentifs à la formation des nouvelles générations, à leur capacité de s'orienter dans la vie et de discerner le bien du mal, à leur santé non seulement physique, mais aussi morale.

    Eduquer n'a toutefois jamais été facile et cela semble devenir encore plus difficile aujourd'hui. Les parents, les enseignants, les prêtres et tous ceux qui exercent des responsabilités éducatives directes le savent bien. On parle donc d'une grande "urgence éducative" confirmée par les échecs auxquels se heurtent trop souvent nos efforts pour former des personnes solides, capables de collaborer avec les autres et de donner un sens à leur vie. Nous en rejetons alors spontanément la faute sur les nouvelles générations, comme si les enfants qui naissent aujourd'hui étaient différents de ceux qui naissaient jadis. On parle, en outre, d'une "fracture entre les générations", qui existe certes et qui est importante, mais qui est l'effet, plutôt que la cause, du manque de transmission de certitudes et de valeurs.

    Devons-nous alors rejeter la faute sur les adultes d'aujourd'hui, qui ne seraient plus capables d'éduquer? La tentation de renoncer est certainement forte, chez les parents et chez les enseignants et, plus généralement, chez les éducateurs, et plus encore le risque de ne pas même comprendre quel est leur rôle ou mieux, la mission qui leur est confiée. En réalité, ce qui est en question ce sont non seulement les responsabilités personnelles des adultes ou des jeunes, qui existent effectivement et ne doivent pas être cachées, mais aussi une atmosphère diffuse, une mentalité et une forme de culture qui conduisent à douter de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, en dernier ressort, de la bonté de la vie. Il devient alors difficile de transmettre d'une génération à l'autre quelque chose de valable et de certain, des règles de comportement, des objectifs crédibles autour desquels construire sa vie.

    Aussi, chers frères et sœurs de Rome, voudrais-je vous dire une parole très simple. N'ayez pas peur! Toutes ces difficultés, en effet, ne sont pas insurmontables. Elles sont plutôt, pour ainsi dire, le revers de la médaille du grand et précieux don qu'est notre liberté, avec la responsabilité qui précisément l'accompagne. A la différence de ce qui se produit dans le domaine technique ou économique, où les progrès d'aujourd'hui peuvent s'ajouter à ceux du passé, dans le cadre de la formation et de la croissance morale des personnes une telle possibilité d'accumulation n'existe pas, car la liberté de l'homme est toujours nouvelle et donc chaque personne et chaque génération doit prendre à nouveau et personnellement ses décisions. Même les plus grandes valeurs du passé ne peuvent pas être transmises en héritage; elles doivent, de fait, être faites nôtres et renouvelées à travers un choix personnel souvent laborieux.

    Toutefois, quand les fondations sont ébranlées ou quand les certitudes essentielles font défaut, le besoin de ces valeurs recommence à se faire sentir de façon urgente: ainsi, concrètement, la demande d'une éducation qui soit une réelle éducation, augmente aujourd'hui. Les parents, préoccupés et souvent angoissés pour l'avenir de leurs enfants, la demandent; beaucoup d'enseignants, qui vivent la triste expérience de la dégradation de leurs écoles, la demandent; la société dans son ensemble, qui voit mettre en doute les bases mêmes de la coexistence, la demande; les enfants et les jeunes, qui ne veulent pas être laissés seuls face aux défis de la vie, la demandent au plus profond d'eux-mêmes. Par ailleurs, celui qui croit en Jésus Christ a une autre raison, plus forte encore, de ne pas avoir peur: il sait, en effet, que Dieu ne nous abandonne pas, que son amour nous atteint là où nous sommes et tels que nous sommes, avec nos pauvretés et nos faiblesses, pour nous offrir une nouvelle possibilité de bien.

    Chers frères et sœurs, pour rendre plus concrètes mes réflexions, il peut être utile de discerner quelques exigences communes d'une éducation authentique. Elle a besoin avant tout de cette proximité et de cette confiance qui naissent de l'amour; je pense à l'expérience première et fondamentale de l'amour que font, ou du moins devraient faire, les enfants avec leurs parents. Mais tout éducateur véritable sait que pour éduquer il doit donner quelque chose de lui-même et qu'ainsi seulement il peut aider ses élèves à surmonter leurs égoïsmes et à devenir, à leur tour, capables d'un amour authentique.

    Chez le petit enfant déjà, il existe un grand désir de savoir et de comprendre qui se manifeste dans ses questions et ses demandes d'explications incessantes. Une éducation qui se limiterait à fournir des notions et des informations, mais qui laisserait de côté la grande question concernant la vérité, surtout cette vérité qui peut servir de guide dans notre vie, serait une bien pauvre éducation.

    La souffrance aussi fait partie de la vérité de notre vie. Par conséquent, en cherchant à tenir les plus jeunes à l'écart de toute difficulté et expérience de la douleur, nous risquons de faire grandir, malgré nos bonnes intentions, des personnes fragiles et peu généreuses: la capacité d'aimer correspond, de fait, à la capacité de souffrir et de souffrir ensemble.

    Nous en arrivons ainsi, chers amis de Rome, au point sans doute le plus délicat de l'œuvre éducative: trouver un juste équilibre entre la liberté et la discipline. Sans règles de comportement et de vie, mises en évidence jour après jour jusque dans les petites choses, on ne forme pas le caractère et on n'est pas préparé à affronter les épreuves qui ne manqueront pas à l'avenir. Cependant, la relation éducative est avant tout la rencontre de deux libertés et l'éducation bien réussie est une formation au bon usage de la liberté. Au fur et à mesure que l'enfant grandit, il devient un adolescent, puis un jeune; nous devons donc accepter le risque de la liberté, en demeurant toujours prêts à l'aider à corriger des idées et des choix erronés. En revanche, ce que nous ne devons jamais faire, c'est de le seconder dans les erreurs, faire semblant de ne pas voir, ou pire de les partager, comme si elles étaient les frontières du progrès humain.

    L'éducation ne peut donc pas se passer de cette autorité morale qui rend crédible l'exercice des rapports d'autorité. Elle est le fruit de l'expérience et de la compétence, mais s'acquiert surtout par la cohérence de sa propre vie et par l'implication personnelle, expression de l'amour véritable. L'éducateur est donc un témoin de la vérité et du bien: certes, il est fragile lui aussi et peut se tromper, mais il cherchera toujours à être en harmonie avec sa mission.

    Très chers fidèles de Rome, ces simples considérations font apparaître combien est décisif, dans l'éducation, le sens des responsabilités: responsabilité de l'éducateur, certes, mais aussi, et dans une mesure croissante avec l'âge, responsabilité du fils, de l'élève, du jeune qui entre dans le monde du travail. Celui qui sait se répondre à lui-même et répondre aux autres est responsable. En outre, celui qui croit cherche avant tout à répondre à Dieu qui l'a aimé le premier.

    La responsabilité est en premier lieu personnelle, mais il existe aussi une responsabilité que nous partageons ensemble, comme citoyens d'une même ville et d'une nation, comme membres de la famille humaine et, si nous sommes croyants, comme fils d'un unique Dieu et membres de l'Eglise. De fait, les idées, les styles de vie, les lois, les orientations globales de la société dans laquelle nous vivons, et l'image qu'elle donne d'elle-même à travers les moyens de communication, exercent une grande influence sur la formation des nouvelles générations, pour le bien, mais souvent aussi pour le mal. La société n'est toutefois pas une abstraction; à la fin, nous sommes nous-mêmes, tous ensemble, avec les orientations, les règles et les représentants que nous nous donnons, bien que les rôles et les responsabilités de chacun soient différents. La contribution de chacun de nous est donc nécessaire, de chaque personne, famille ou groupe social, car la société, à commencer par notre ville de Rome, devient un milieu plus favorable à l'éducation.

    Je voudrais enfin vous soumettre une pensée que j'ai développée dans la récente Lettre encyclique Spe Salvi sur l'espérance chrétienne: seule une espérance fiable peut être l'âme de l'éducation, comme de la vie tout entière. Aujourd'hui notre espérance est assiégée de toutes parts et nous risquons de redevenir nous aussi, comme les païens d'autrefois, des hommes "sans espérance et sans Dieu dans ce monde", comme l'écrivait l'Apôtre Paul aux chrétiens d'Ephèse (Ep 2, 12). C'est ici précisément que naît la difficulté peut-être la plus profonde pour une véritable œuvre éducative: à la racine de la crise de l'éducation se trouve, en effet, une crise de confiance dans la vie.

    Je ne peux donc pas terminer cette lettre sans une chaleureuse invitation à placer en Dieu notre espérance. Lui seul est l'espérance qui résiste à toutes les déceptions; seul son amour ne peut pas être détruit par la mort; seules sa justice et sa miséricorde peuvent panser les injustices et récompenser les souffrances subies. L'espérance qui s'adresse à Dieu n'est jamais une espérance pour moi seul, c'est toujours aussi une espérance pour les autres: elle ne nous isole pas, mais nous rend solidaires dans le bien, nous stimule à nous éduquer réciproquement à la vérité et à l'amour.

    Je vous salue avec affection et je vous assure de mon souvenir spécial dans la prière, tout en vous adressant à tous ma Bénédiction.



    BENOÎT XVI
    LETTRE AU DIOCÈSE DE ROME
    SUR LE DEVOIR URGENT DE LA FORMATION
    DES NOUVELLES GÉNÉRATION
    21 janvier 2008


    © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana



    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - DISCOURS AUX PROFESSEURS DE RELIGION CATHOLIQUE DES ÉCOLES ITALIENNES - 25 avril 2009
  • BENOÎT XVI - ALLOCUTION AUX PROFESSEURS, AUX RELIGIEUX ET AUX ÉLÈVES - 17 septembre 2010



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Une des questions les plus débattues de notre siècle et de notre monde est peut-être aujourd’hui celle qui concerne l’éducation, l’enseignement, l’apprentissage… Si nous nous sentons sûrs au moment de choisir le mot qui désigne la question, nous nous mettons beaucoup moins d’accord sur la méthodologie la plus appropriée, la hiérarchie de ses objectifs, les priorités des valeurs qu’elle implique ! Thème de grandes discussions intellectuelles, politiques, économiques à certaines latitudes, et thème criant par son absence ailleurs. Des millions de femmes analphabètes, des millions d’enfants sans scolarité, des millions d’écoles détruites par les guerres…

    Alors qu’en Europe nous nous débattons passionnément sur les avantages et les inconvénients de l’application des accords de Bologne sur l’éducation supérieure, en Afrique, des milliers d’enfants doivent marcher pieds nus des heures durant pour assister à l’école… Mais où que ce soit, nous sommes confrontés à l’image de l’enseignant, de l’éducateur. Une figure qui a subi en Occident une dévaluation alarmante, un manque progressif de reconnaissance et pour qui le Pape nous invite à prier. Et à demander quelque chose de très concret : « qu’il sache transmettre l’amour de la vérité. » Parce que l’éducation n’est pas seulement ni principalement instruction, transmission de connaissances…mais c’est aussi cet intérêt envers un sujet personnel que nous devons regarder chaque jour et à qui nous voudrions offrir quelque chose de plus qu’un ensemble de savoirs adressés à sa simple raison.

    L’enseignant doit remplir une mission aussi précieuse que difficile. Chaque vie est une histoire en puissance et la possibilité en germe d’un monde nouveau. L’influence que chaque personne fréquentant nos salles de classe peut avoir dans notre société n’est pas méconnue. Il est possible de freiner et d’annuler cet avenir ou de l’appuyer, de le nourrir et de le laisser ouvert.

    Le défi s’agrandit pour l’enseignant : enseigner à apprendre, enseigner à penser, enseigner à chercher, à discerner, à intégrer, à mûrir sa propre conscience jusqu’à parvenir à enseigner à aimer la vérité. Et, pour cela, l’enseignant doit être capable de susciter le désir de savoir à propos des choses et des savoirs de la vie, il doit introduire dans la réalité et inviter aussi bien à l’immersion dans l’intériorité énigmatique de chacun qu’à l’ouverture au mystère du monde et de l’autre. Eduquer des hommes et des femmes passionnés de chercher la vérité. Non pas la vérité philosophique, non pas la vérité considérée comme un choix de contenus qui s’imposent sur d’autres… mais bien la vérité offerte par l’Evangile, celle qui est inséparable de l’amour, celle qui se manifeste dans la cohérence intime entre le faire et le dire, le savoir et l’agir, dans le témoignage d’une vie qui est une vie parce qu’elle est vie pour les autres.

    Certes, les raisons de prier pour les enseignants sont innombrables. Il leur est imparti la tâche difficile d’acheminer vers cette vérité, en la montrant comme agréable, c’est-à-dire, en suscitant de la fascination envers elle, jusqu’à ce qu’elle se configure elle-même à celui qui la cherche, et que, de cette manière, il se sente poussé à la mettre en action avec joie et allégresse. Cette vérité nous a été révélée en la personne de Jésus-Christ. Seule cette vérité est aimable, digne de foi, chemin et vie. Et seul l’Esprit pourra finalement nous guider vers elle.


    Soeur Nurya Gayol
    Esclaves du Sacré-Coeur
    Enseignante à l’Université de Comillas, Madrid




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Quel type de maître Jésus est-il, contrairement aux pharisiens et aux maîtres de la loi ?
  • De quoi remercions-nous les maîtres ou les professeurs que nous avons eus dans la vie, qu’avons-nous le plus apprécié chez eux ?
  • Quelle contribution pouvons-nous apporter, nous, chrétiens, pour améliorer le niveau d’éducation des enfants et des jeunes dans notre pays ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Ac 12,27-31 Etre maître, un don de l’Esprit au service de la communauté
  • Mt 23,1-36 Jésus dénonce les maîtres de la loi
  • Jn 13,1-20 Jésus, Seigneur et Maître, lave les pieds de ses disciples


  • MISSION INTENTION - SEPTEMBRE

    Pour que les communautés chrétiennes éparpillées sur le continent asiatique proclament l’Evangile avec ferveur, et témoignent de sa beauté par la joie de leur foi.


    Une rencontre de l’AP en Philippines

    Chers frères Evêques,

    L'Eglise qui est dans vos pays a accompli d'importants progrès depuis l'arrivée des missionnaires dans la région, il y a plus de quatre cents ans, et depuis leur retour en Mongolie, il y a quinze ans à peine. Ce développement est dû en grande partie au témoignage exceptionnel des martyrs coréens et d'autres pays asiatiques, qui sont restés solidement fidèles au Christ et à son Eglise. La durée de leur témoignage exprime de manière éloquente le concept fondamental de communion, qui unifie et vivifie la vie ecclésiale dans toutes ses dimensions.

    Les nombreuses exhortations de l'évangéliste Jean à poursuivre dans l'amour et dans la vérité du Christ, évoquent l'image d'une demeure certaine et sûre. Dieu nous aime le premier et, poussés vers le don de l'eau vive, nous devons "boire toujours à nouveau à la source première et originaire qui est Jésus Christ, du cœur transpercé duquel jaillit l'amour de Dieu" (Deus caritas est, n. 7). Toutefois, saint Jean a également exhorté ses communautés à demeurer dans cet amour, car certains membres s'étaient déjà laissés capturer par les distractions qui conduisent à la faiblesse intérieure et à un détachement possible de la communion des croyants.

    Cet appel à demeurer dans l'amour du Christ revêt une signification particulière également pour vous aujourd'hui. Vos compte-rendus attestent de l'attrait exercé par le matérialisme et des effets négatifs d'une mentalité sécularisée. Lorsque des hommes et des femmes sont entraînés loin de la demeure du Seigneur, ils errent inévitablement dans une région sauvage d'isolement individuel et de fragmentation sociale, car "en réalité ce n'est que dans le mystère du Verbe incarné que le mystère de l'homme trouve sa véritable lumière" (Gaudium et spes, n. 22).

    Chers frères, de ce point de vue, il est évident que pour être des pasteurs d'espérance efficaces vous devez vous prodiguer pour que le lien de communion qui unit le Christ à tous les baptisés soit protégés et vécu comme le centre du mystère de l'Eglise (cf. Ecclesia in Asia, n. 24). En ne détournant jamais le regard du Seigneur, les fidèles doivent répéter à nouveau le cri des martyrs de la foi: "Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous" (1 Jn 4, 16). Cette foi est soutenue et nourrie par une rencontre permanente avec Jésus Christ, qui parvient au milieu des hommes et des femmes à travers l'Eglise: signe et sacrement de communion avec Dieu et d'unité entre toutes les personnes (cf. Lumen gentium, n. 1). L'accès à ce mystère de communion avec Dieu est bien sûr le Baptême. Ce sacrement d'initiation, loin d'être un rituel social ou de bienvenue dans une communauté particulière, est l'initiative de Dieu (cf. Rite du baptême, n. 99). Ceux qui renaissent à travers l'eau de la vie nouvelle franchissent la porte de l'Eglise universelle et sont insérés dans le dynamisme de la vie de foi. En effet, la profonde importance de ce sacrement souligne votre préoccupation croissante pour le fait que beaucoup des nombreux adultes qui entrent au sein de l'Eglise dans votre région chaque année ne réussissent pas à honorer cet engagement à la "pleine participation aux célébrations liturgiques qui est... un droit et un devoir en vertu... du baptême" (Sacrosanctum concilium, n. 14). Je vous encourage à vous assurer, en particulier à travers une joyeuse mystagogie, que la "flamme de la foi" soit conservée "vivante dans les cœurs" (cf. Rite du Baptême, n. 100) des nouveaux baptisés.

    Comme saint Paul l'enseigne avec éloquence (cf. 1 Co 10, 16-17), le mot communion se réfère également au centre eucharistique de l'Eglise. L'Eucharistie enracine notre idée de l'Eglise dans la rencontre intime entre Jésus et l'humanité et révèle la source de l'unité ecclésiale: l'acte du Christ de se donner à nous, fait de nous son corps. La commémoration de la mort et de la résurrection du Christ dans l'Eucharistie est "la plus haute manifestation sacramentelle de la communion dans l'Eglise" (Ecclesia de Eucharistia, n. 38), là où les Eglises locales permettent que l'on soit accueillis par les bras ouverts du Seigneur et que l'on soit fortifiés dans l'unité de l'unique Corps (cf. Sacramentum caritatis, n. 15).

    Vos programmes visant à souligner l'importance de la Messe dominicale devraient être transmis à travers une catéchèse sur l'Eucharistie saine et stimulante. Cela favorisera une compréhension renouvelée du dynamisme authentique de la vie chrétienne parmi vos fidèles. Je m'unis à vous pour exhorter le laïcat, et en particulier les jeunes de votre région, à explorer la profondeur et l'ampleur de notre communion eucharistique. Réunis chaque dimanche dans la Maison du Seigneur, nous sommes consumés par l'amour et par la vérité du Christ et dotés de la force d'apporter l'espérance au monde.


    BENOÎT XVI
    DISCOURS AUX ÉVÊQUES DE LA CORÉE ET
    AU PRÉFET APOSTOLIQUE D'OULAN-BATOR (MONGOLIE)
    EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM"
    3 décembre 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - DISCOURS AUX ÉVÊQUES DE LA CORÉE ET AU PRÉFET APOSTOLIQUE D'OULAN-BATOR (MONGOLIE) EN VISITE "AD LIMINA APOSTOLORUM" - 3 décembre 2007



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    L’Asie est le plus grand, le plus peuplé et peut-être le plus diversifié sur le plan culturel de tous les continents du monde. On trouve en Asie les nouveaux géants économiques que sont la Chine et l’Inde et d’autres centres globaux de prospérité comme la Corée du Sud, Singapour et Hong Kong. La plus grande nation musulmane du monde est l’Indonésie, avec une population de plus de 230 millions de personnes, dont 87 % sont des musulmans sunnites. Des millions de citoyens en Asie vivent encore sous des régimes répressifs comme celui du Myanmar, et d’innombrables autres continuent d’endurer des situations de guerre et de violence dans des endroits tels que l’Afghanistan et l’Irak. Des centaines de millions de pauvres, notamment ceux qui ont été affectés par des désastres naturels comme les récentes inondations du Pakistan, forment une part significative de la véritable fourmilière humaine qui peuple le continent asiatique.

    L’Asie est le berceau des grandes religions du monde et plus d’un milliard d’Asiatiques ont embrassé le bouddhisme, l’hindouisme, le confucianisme et l’islam au cours des siècles. Par contraste, l’Eglise catholique, pour sa part, est encore "un petit troupeau", ne comptant parmi ses membres qu’un modeste pourcentage des populations de l’Asie, à l’exception des Philippines et de Timor Est, qui sont catholiques dans une large mesure. Dans le même temps, ces anciennes religions et traditions culturelles asiatiques se trouvent elles-mêmes confrontées à la sécularisation croissante des cultures. Les moyens modernes de communication, en particulier, diffusent une culture globale, postmoderne et consumériste. Il est saisissant, par exemple, d’apprendre qu’un pays comme le Japon, dont la puissance économique était jusqu’à l’année dernière la deuxième du monde, est aussi le premier pays par le nombre annuel de suicides : environ 30.000 chaque année.

    Tout ceci fait voir que l’Asie, tellement importante pour l’avenir de l’histoire du monde, est à la recherche d’une vie plus pleine, une vie qui a un sens et qui porte un espoir, une vie libre de misère et de guerre, une vie de liberté et de paix. Le pape Jean Paul II nous l’a rappelé dans son exhortation apostolique Ecclesia in Asia (1999), la plénitude de vie que l’Asie recherche est un don que Jésus veut partager avec les peuples de l’Asie : Jésus est venu «pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en surabondance.» (Jn 10,10) Le pape Jean Paul II a donc appelé «les disciples du Christ en Asie» à «prendre un nouvel engagement à la mission.» (Ecclesia in Asia, N° 4) Cette mission ne peut réussir qu’à la condition d’être accomplie avec ferveur et intime conviction : «Un feu ne peut prendre que s’il est allumé par quelque chose qui brûle déjà.» (Ecclesia in Asia, N° 23)

    En outre, le but de cette mission n’est pas d’imposer aux autres de nouvelles croyances ni de nouveaux codes moraux, dans un esprit de rivalité ou de supériorité. Loin de là, comme nous le rappelle Ecclesia in Asia, l’Evangile est un don que les chrétiens en Asie ont reçu avec reconnaissance. Proclamer l’Evangile en Asie, cela signifie partager un don, partager la joie d’avoir trouvé dans l’amour de Jésus la source et le sens de la vie. Proclamer l’Evangile, c’est aussi montrer que la vie humaine peut être belle dès qu’elle est touchée et transformée par la Bonne Nouvelle de Jésus.

    En Asie, où les traditions religieuses sont tellement anciennes et tellement diverses et, aussi, où Jésus et son Evangile ont souvent été perçus comme "étrangers", les mots du pape Paul VI sonnent spécialement juste : « Les gens d’aujourd’hui se fient davantage aux témoins qu’aux maîtres, à l’expérience qu’à la leçon, à la vie et à l’action qu’aux théories ». Les personnes de l’Asie seront seulement attirées par l’Evangile si elles voient les vies transformées de ceux qui croient en Jésus : leur joie, leur respect, leur humilité, leur libération de la peur, leur compassion aimante et leur disponibilité au service des pauvres.

    Imprégnés de ces motivations, accompagnons donc le Saint-Père ce mois-ci dans sa prière pour les communautés chrétiennes de l’Asie et pour leur joie dans la proclamation de l’Evangile.


    Père Danny Huang, S.J.
    Assistant du Père Général jésuite pour la région de l’Asie






    INTENTION GENERAL - OCTOBRE


    Ministère aux malades dans la RD du Congo

    Pour les malades terminaux, afin qu’ils soient soutenus dans leurs souffrances par la foi en Dieu et par l’amour de leurs frères.


    Encore une fois, l'Eglise se tourne vers ceux qui souffrent et attire l'attention sur les malades incurables, dont un grand nombre meurent à la suite de maladies en phase terminale. Ils sont présents sur chaque continent, en particulier dans des lieux où la pauvreté et les difficultés sont la cause d'une misère et d'une douleur immenses. Conscient de ces souffrances, je serai spirituellement présent à la Journée mondiale du Malade, uni à ceux qui se rencontreront pour discuter du fléau des maladies incurables dans notre monde et qui encourageront les efforts des communautés chrétiennes dans leur témoignage de la tendresse et de la miséricorde du Seigneur.

    Etre malade comporte inévitablement un moment de crise et une sérieuse confrontation avec sa propre situation personnelle. Les progrès dans les sciences médicales offrent souvent les instruments nécessaires pour affronter ce défi, tout au moins en ce qui concerne ses aspects physiques. Cependant, la vie humaine a ses limites intrinsèques et, tôt ou tard, elle se termine par la mort. Il s'agit d'une expérience à laquelle chaque être humain est appelé et à laquelle il doit être préparé. Malgré les progrès de la science, on ne peut pas trouver de traitement pour chaque maladie et ainsi, dans les hôpitaux, dans les hospices et dans les maisons du monde entier, nous rencontrons la souffrance d'un grand nombre de nos frères et soeurs incurables et souvent en phase terminale. En outre, des millions de personnes dans le monde vivent encore dans des conditions insalubres et n'ont pas accès aux ressources médicales nécessaires, souvent même à celles de base, avec pour résultat que le nombre d'êtres humains considérés comme "incurables" a beaucoup augmenté.

    L'Eglise désire soutenir les malades incurables et ceux qui sont en phase terminale en exhortant à des politiques sociales équitables, qui puissent contribuer à éliminer les causes de nombreuses maladies et en demandant de manière urgente une meilleure assistance pour les personnes qui meurent et pour lesquelles aucun traitement médical n'est disponible. Il est nécessaire de promouvoir des politiques en mesure de créer des conditions où les êtres humains puissent également supporter des maladies incurables et affronter la mort de manière digne. A ce propos, il est nécessaire de souligner encore une fois la nécessité d'un plus grand nombre de centres pour les soins palliatifs qui offrent une assistance intégrale, fournissant aux malades l'aide humaine et l'accompagnement spirituel dont ils ont besoin. Il s'agit d'un droit qui appartient à chaque être humain et que nous devons tous nous engager à défendre.

    Je désire encourager les efforts de ceux qui oeuvrent quotidiennement pour garantir que les malades incurables et en phase terminale, ainsi que leurs familles, reçoivent une assistance adaptée et pleine d'amour. L'Eglise, suivant l'exemple du Bon Samaritain, a toujours fait preuve d'une sollicitude particulière pour les malades. A travers chacun de ses membres et ses institutions, elle continue d'être aux côtés de ceux qui souffrent et qui vont mourir, cherchant à préserver leur dignité en ces moments significatifs de l'existence humaine. Un grand nombre de ces personnes, du personnel médical, des agents pastoraux et des volontaires, ainsi que des institutions présentes dans le monde entier, servent inlassablement les malades dans les hôpitaux et dans les unités de soins palliatifs, dans les rues de la ville, dans le cadre des projets d'assistance à domicile et dans les paroisses.

    A présent, je m'adresse à vous, chers frères et soeurs qui souffrez de maladies incurables ou en phase terminale. Je vous encourage à contempler les souffrances du Christ crucifié et, en union avec Lui, à vous adresser au Père avec une confiance totale dans le fait que toute la vie, et la vôtre en particulier, est entre ses mains. Sachez que vos souffrances, unies à celles du Christ, se révéleront fécondes pour les besoins de l'Eglise et du monde. Je demande au Seigneur de renforcer votre foi dans Son amour, en particulier au cours de ces épreuves que vous affrontez. Je forme le voeu que, partout où vous êtes, vous trouverez toujours l'encouragement et la force spirituelle nécessaires pour nourrir votre foi et vous conduire plus près du Père de la Vie. A travers ses prêtres et ses collaborateurs pastoraux, l'Eglise désire vous assister et être à vos côtés, en vous aidant à l'heure du besoin et en manifestant ainsi la miséricorde pleine d'amour du Christ envers ceux qui souffrent.

    Enfin, je demande à la communauté ecclésiale du monde entier, et en particulier à ceux qui se consacrent au service des malades, de continuer, avec l'aide de Marie, Salus Infirmorum, à rendre un témoignage concret de la sollicitude aimante de Dieu, notre Père. Que la Bienheureuse Vierge, notre Mère, réconforte ceux qui sont malades et soutienne ceux qui ont consacré leur vie, comme de Bons Samaritains, à soigner les blessures physiques et spirituelles des personnes qui souffrent. En union de pensée et de prière, je donne de tout coeur ma Bénédiction apostolique en gage de force et de paix dans le Seigneur.



    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA XV JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
    8 décembre 2006


    © Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana



    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - VISITE À L'HOSPICE DU SACRÉ-CŒUR - « FONDAZIONE ROMA » - 13 décembre 2009
  • BENOÎT XVI - DISCOURS AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS SUR LE THÈME: "AUX CÔTÉS DU MALADE INCURABLE ET DE LA PERSONNE EN FIN DE VIE: ORIENTATIONS ÉTHIQUES ET PRATIQUES" - 25 février 2008



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Trois témoignages venant du Chili


    Quand on annonça au saint chilien Alberto Hurtado, alors âgé de 52 ans, qu’il avait un cancer terminal, il réagit par la jubilation : « J’ai tiré le premier prix à la loterie » s’exclama-t-il immédiatement. Il savait que l’heure était venue pour lui d’aller au Père, d’unir pour toujours sa vie à Dieu, comme il l’avait souhaité, toujours et sans cesse.

    A la messe funèbre pour la petite Macarena, morte du cancer à l’âge de cinq ans, sa mère prit la parole et nous dit d’une voix ferme, tout à fait sereine et le sourire aux lèvres : « Je rends grâces à Dieu de m’avoir donné pendant cinq ans cette fille merveilleuse. Par sa joie, ses rires et sa tendresse, elle nous a montré durant ces années la beauté de Dieu. Elle fut aussi l’instrument de Dieu pour transformer nos vies et nous montrer ce qui compte réellement. Le dur combat contre sa maladie, les longues heures passées à l’hôpital, la solidarité des amis et parents… nous ont permis de découvrir les choses les plus importantes de la vie. Avant, nous accordions trop d’importance aux apparences, à la réussite économique, à l’opinion des autres. Aujourd’hui, nous avons appris à apprécier l’amitié authentique, le fait d’être ensemble en famille, de jouir de chaque jour et de chaque moment comme d’un cadeau merveilleux et magique. Macarena a été l’instrument de notre rapprochement de l’amour suave et inépuisable de Dieu, qui ne nous a abandonnés à aucun moment, qui s’intéresse à nos vies. Aujourd’hui, nous nous sentons plus croyants et plus proches du Seigneur qu’auparavant, et nous savons que nous sommes protégés par sa tendresse. Sans posséder de richesses, grâce à sa providence surprenante, nous avons pu financer un traitement très cher et aujourd’hui, nous ne sommes même pas endettés. En mon nom et au nom de mon époux, nous rendons infiniment grâces à Dieu pour notre fille et pour tout ce que nous avons vécu avec elle durant ces années. Merci aussi à vous tous. »

    Une maman de 42 ans meurt du cancer en laissant cinq enfants âgés de 7 à 17 ans. Son époux, veuf, prend la parole lors de la messe de funérailles pour remercier, d’une voix tranquille et sincère :

    « Je rends grâces au Seigneur (en indiquant de la main le crucifix au fond du temple) pour les 19 belles années que j’ai vécues avec Caroline, que j’ai aimée de tout mon coeur. Je rends grâces pour tous les moments que nous avons partagés, qui furent pour moi un cadeau merveilleux. Ses rires, sa vivacité, son abnégation et son dévouement désintéressé au soin de nos beaux enfants m’ont appris à vivre. Je rends grâces pour sa famille qui m’a accueilli comme un des leurs et qui m’a montré un mode de vie enraciné en Dieu. Je rends particulièrement grâces pour les cinq merveilleux enfants que nous avons eus et qu’elle laisse maintenant à ma charge. La tâche qui vient est difficile, mais elle ne pourra pas y échapper, elle devra en prendre sa part du haut des cieux.

    Je suis en paix parce qu’elle m’a transmis l’énorme paix intérieure dont elle a témoigné en ses derniers moments. J’ai ressenti très fort en moi qu’elle remettait totalement sa vie entre les mains de Dieu, devant qui nous ne sommes pas comme dans une épreuve de force, mais comme quelqu’un qui est nous accompagne avec grand amour. Il est vrai que nous avons toujours demandé qu’elle guérisse, mais j’ai aussi pensé ces jours-ci à la Vierge et à Jésus lui-même, qui acceptèrent la volonté de Dieu, « que ta volonté soit faite. »

    Je me permets de terminer par une recommandation à tous ceux qui sont ici aujourd’hui : aimez-vous très fort, profitez au maximum de ceux qui sont à vos côtés, passez ensemble des moments heureux et aimez-vous les uns les autres. »

    Il est vrai que ces trois témoignages peuvent nous sembler surprenants et inhabituels. L’annonce d’une maladie terminale est habituellement la pire des nouvelles, et la tristesse et le désarroi constituent une réaction parfaitement normale. Mais nombreux sont également ceux qui, comme les protagonistes de ces récits, ont été capables de vivre à partir de la douleur un processus spirituel libérateur et découvrir que l’impuissance et l’infirmité peuvent aussi être l’occasion d’une visite de Dieu.

    Le Saint-Père nous demande de prier ce mois-ci pour que nous sachions accompagner ceux qui sont affectés par cette épreuve, être proches d’eux et les aider à effectuer ce processus, à se reconnaître et à se sentir soutenus par l’amour du Père. C’est aussi la mission de l’Eglise, c’est-à-dire notre mission, de fortifier la foi de nos frères malades et de leur montrer par notre amour que Dieu ne les a pas abandonnés.


    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Quelle était l’attitude de Jésus envers les malades (voir Mt 15,29-31) et quelle doit être la nôtre, concrètement ?
  • Comment considère-t-on, dans le milieu où je me trouve, les maladies et les malades terminaux ? Quelle est notre attitude personnelle face à cette réalité ?
  • Par quelles paroles pouvons-nous aider un malade terminal à se préparer à la mort et à la rencontre avec le Seigneur ?


  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Jc 5,15-16 Prière pour les malades
  • Ac 28,7-10 Paul visite et guérit les malades
  • 1 Co 15,1-58 La résurrection du Christ et notre résurrection
  • Jn 14,1-14 Jésus nous emmènera avec Lui dans la vie éternelle


  • MISSION INTENTION - OCTOBRE

    Pour que la célébration de la Journée Missionnaire Mondiale accroisse dans le peuple de Dieu la passion de l’évangélisation et le soutien de l’activité missionnaire par la prière et l’aide économique aux Eglises les plus pauvres.


    Un évêque en Angola

    Le mois d'octobre, avec la célébration de la Journée mondiale des missions, offre aux communautés diocésaines et paroissiales, aux instituts de vie consacrée, aux mouvements ecclésiaux, à tout le peuple de Dieu, l'occasion de renouveler l'engagement d'annoncer l'Evangile et de donner aux activités pastorales un plus grand souffle missionnaire. Ce rendez-vous annuel nous invite à vivre intensément les parcours liturgiques et catéchétiques, caritatifs et culturels, à travers lesquels Jésus Christ nous convoque à la table de sa Parole et de l'Eucharistie, pour goûter le don de sa Présence, nous former à son école et vivre de manière toujours plus consciente unis à Lui, Maître et Seigneur. Lui-même nous dit: « Celui qui m'aime sera aimé de mon Père; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui » (Jn 14, 21). Ce n'est qu'à partir de cette rencontre avec l'Amour de Dieu, qui change l'existence, que nous pouvons vivre en communion avec Lui et entre nous, et offrir aux frères un témoignage crédible, en rendant raison de l'espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15). Une foi adulte, capable de s'en remettre totalement à Dieu dans une attitude filiale, nourrie par la prière, par la méditation de la Parole de Dieu et par l'étude des vérités de la foi, est une condition pour pouvoir promouvoir un humanisme nouveau, fondé sur l'Evangile de Jésus.

    [...]

    « Nous voulons voir Jésus » (Jn 12, 21) est la demande que, dans l'Evangile de Jean, des Grecs, arrivés à Jérusalem pour le pèlerinage pascal, présentent à l'apôtre Philippe. Elle résonne aussi dans notre cœur en ce mois d'octobre, qui nous rappelle que l'engagement et le devoir de l'annonce évangélique concernent toute l'Eglise, « missionnaire par nature » (Ad gentes, n. 2), et elle nous invite à devenir les promoteurs d'une vie nouvelle, faite de relations authentiques, dans des communautés fondées sur l'Evangile. Dans une société multiethnique qui fait de plus en plus l'expérience de formes de solitude et d'indifférence préoccupantes, les chrétiens doivent apprendre à offrir des signes d'espérance et à devenir des frères universels, cultivant les grands idéaux qui transforment l'histoire et, sans fausses illusions ou peurs inutiles, s'engager à faire de la planète la maison de tous les peuples.

    Comme les pèlerins grecs d'il y a deux mille ans, les hommes de notre temps eux aussi, parfois sans en être conscients, demandent aux croyants non seulement de « parler » de Jésus, mais de « faire voir » Jésus, faire resplendir le Visage du Rédempteur dans tous les lieux de la terre devant les générations du nouveau millénaire et tout particulièrement devant les jeunes de tous les continents, destinataires privilégiés et sujets de l'annonce évangélique. Ils doivent sentir que les chrétiens apportent la parole du Christ parce qu'il est la Vérité, parce qu'ils ont trouvé en Lui le sens, la vérité pour leur vie.

    Ces considérations renvoient au mandat missionnaire qu'ont reçu les baptisés et toute l'Eglise, mais qui ne peut pas se réaliser de manière crédible sans une profonde conversion personnelle, communautaire et pastorale. En effet, la conscience de l'appel à annoncer l'Evangile encourage non seulement chaque fidèle individuellement, mais toutes les communautés diocésaines et paroissiales à un renouveau intégral et à s'ouvrir toujours davantage à la coopération missionnaire entre les Eglises, pour promouvoir l'annonce de l'Evangile dans le cœur de chaque personne, de chaque peuple, culture, race, nationalité, sous toutes les latitudes. Cette conscience est alimentée à travers l'œuvre de prêtres Fidei donum, de personnes consacrées, de catéchistes, de laïcs missionnaires, dans une recherche constante en vue de promouvoir la communion ecclésiale, de manière que le phénomène de l'« interculturalité » puisse lui aussi s'intégrer dans un modèle d'unité, dans lequel l'Evangile soit un ferment de liberté et de progrès, une source de fraternité, d'humilité et de paix (cf. Ad gentes, n. 8). L'Eglise, en effet, « étant dans le Christ, en quelque sorte, le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et l'instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain » (Lumen gentium, n. 1).

    La communion ecclésiale naît de la rencontre avec le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui, dans l'annonce de l'Eglise, touche tous les hommes et crée une communion avec Lui-même et donc avec le Père et l'Esprit Saint (cf. 1 Jn 1, 3). Le Christ établit une nouvelle relation entre l'homme et Dieu. « C'est lui qui nous révèle que "Dieu est charité" (1 Jn 4, 8) et qui nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc aussi de la transformation du monde, est le nouveau commandement de l'amour. A ceux qui croient à la divine charité, il apporte ainsi la certitude que la voie de l'amour est ouverte à tous les hommes et que l'effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n'est pas vain » (Gaudium et spes, n. 38).

    L'Eglise devient « communion » à partir de l'Eucharistie, où le Christ, présent dans le pain et dans le vin, avec son sacrifice d'amour, construit l'Eglise comme son corps, en nous unissant au Dieu un et trine et entre nous (cf. 1 Co 10, 16 sqq). Dans l'exhortation apostolique Sacramentum caritatis, j'ai écrit: « Nous ne pouvons garder pour nous l'amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d'être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin, c'est de l'amour de Dieu, c'est de rencontrer le Christ et de croire en lui » (n. 84). C'est pour cette raison que l'Eucharistie n'est pas seulement source et sommet de la vie de l'Eglise, mais aussi de sa mission: « Une Eglise authentiquement eucharistique est une Eglise missionnaire » (ibid.), capable de conduire tous les hommes à la communion avec Dieu, en annonçant avec conviction: « ce que nous avons vu et entendu nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous » (1 Jn 1,3).

    Très chers frères et sœurs, en cette Journée mondiale des missions, où le regard du cœur s'élargit sur les immenses espaces de la mission, sentons-nous tous les acteurs de l'engagement de l'Eglise d'annoncer l'Evangile. L'élan missionnaire a toujours été un signe de vitalité pour nos Eglises (cf. Lett. enc. Redemptoris missio, n. 2) et leur coopération est un témoignage singulier d'unité, de fraternité et de solidarité, qui rend crédibles les annonciateurs de l'Amour qui sauve!

    Je renouvelle donc à tous mon invitation à la prière et, malgré les difficultés économiques, à l'engagement à l'aide fraternelle et concrète au profit des jeunes Eglises. Ce geste d'amour et de partage, que se chargera d'effectuer le service précieux des Œuvres pontificales missionnaires, auxquelles va ma gratitude, soutiendra la formation des prêtres, des séminaristes et des catéchistes dans les terres de mission les plus lointaines et encouragera les jeunes communautés ecclésiales.

    En conclusion du message annuel pour la Journée mondiale des missions, je souhaite exprimer, avec une affection particulière, ma reconnaissance aux missionnaires, hommes et femmes, qui témoignent dans les lieux les plus reculés et difficiles, souvent aussi par leur vie, l'avènement du Royaume de Dieu. C'est à eux, qui représentent les avant-gardes de l'annonce de l'Evangile, que vont l'amitié, la proximité et le soutien de tout croyant. Puisse « Dieu (qui) aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7), les combler de ferveur spirituelle et de joie profonde.

    [...]


    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2010
    6 février 2010


    © Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2010 - 6 février 2010



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Nous prions afin que la Journée mondiale des missions puisse stimuler au sein du peuple de Dieu une passion pour l’évangélisation et la volonté de soutenir la mission par la prière et l’aide économique aux Eglises les plus pauvres.

    Que se passe-t-il lors d’une "célébration" dans la société humaine ou dans l’Eglise ? Remettons-nous en mémoire, pour un court instant, le championnat mondial de football qui s’est déroulé l’an dernier en Afrique du Sud. Partout dans le monde jusque dans les petits villages, les enfants, jeunes gens, adultes et même anciens se sont réunis devant les écrans de TV pour suivre les matchs palpitants. Des milliers de supporters enflammés ont rempli les stades d’Afrique du Sud pour acclamer les joueurs et manifester, au son de la "vuvuzela", leur participation enthousiaste à la victoire des uns et leur bruyante déconvenue face à la défaite des autres. Toutefois, cette célébration a ouvert les yeux de nombreux témoins parmi nous sur une "dimension nouvelle" de la tradition sportive : nous avons vécu un événement excitant dans un pays différent du nôtre ; nous avons touché du doigt les conditions de vie de la population de l’Afrique du Sud ; nous avons fait l’expérience d’une nouvelle sorte de fraternité et de camaraderie ; la passion du ballon rond s’est ravivée chez de nombreux amateurs ; ceux-ci ont partagé leur expérience avec les amis, créant une atmosphère d’enthousiasme en faveur du football. Par ailleurs, beaucoup de clients ont dépensé de l’argent dans l’achat de ballons souvenirs, de chaussures et de maillots de sport, pour faire montre de leur enthousiasme et de leur soutien. Voilà ce qui se passe dans la société des hommes.

    Et que se passe-t-il dans l’Eglise ? Rappelons-nous la "célébration" qui eut lieu à l’occasion de la mort du vénérable pape Jean Paul II ou de la bienheureuse Mère Teresa. Des milliers et des milliers de gens, chrétiens et non-chrétiens se rassemblèrent autour de la dépouille de leur Pape bien-aimé ou de leur bien-aimée Mère Teresa, impressionnés par le "sens" et le "charisme" de la vie de l’un et de l’autre, totalement offerte aux autres malgré beaucoup de souffrance physique et spirituelle, mais toujours courageusement vécue à l’image de Jésus : « Personne n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13)

    A quoi ressemblera la célébration de la Journée des missions cette année ?

    Elle rassemblera les membres de l’Eglise, peuple de Dieu. Elle les aidera à découvrir encore une fois le "mandat" reçu de Jésus et à l’assimiler : « Allez par le monde entier, proclamez l’Evangile à toute créature … » (Mc 16, 15) Cette Journée va stimuler notre enthousiasme en nous aidant à réaliser qu’à peine au bout de 2000 ans des millions de gens ont déjà reçu la Bonne Nouvelle et fait le choix d’entrer dans l’Eglise, pour y célébrer ensemble l’amour miséricordieux et fidèle de Dieu. Elle va renforcer notre engagement à porter la Bonne Nouvelle à beaucoup d’autres personnes qui ne sont pas encore chrétiennes. Selon le Bulletin international de recherche missionnaire (David Barrett 2009), la population mondiale compterait 6.814.826.683 personnes. La population des chrétiens, comprenant les catholiques et les protestants s’élèverait à 33%. A peu près la moitié d’entre eux sont des catholiques. Environ 1.967.000.000 personnes n’ont pas encore reçu l’annonce de la Bonne Nouvelle.

    Le dimanche des missions devra renforcer notre engagement à donner de notre personne, de ce que nous sommes et de ce que nous avons, par un généreux partage et par la mise au service de ceux qui en ont besoin, de nos talents et de nos ressources même financières, au nom de Jésus.

    Nous sommes une famille, le Corps mystique du Christ, et nous voulons "célébrer" cette réalité :

    - Nous ne formons qu’un, unis au Christ, « un seul corps, plusieurs membres ». (1Co 12, 12sqq)

    - Nous ne formons qu’un, habilités par la grâce salvatrice du Christ et par la venue du Saint-Esprit.

    - Nous ne formons qu’un, attentifs et concernés par la situation concrète les uns des autres.

    - Nous ne formons qu’un : c’est pourquoi nous sommes engagés à donner de notre personne par l’assistance aux membres les plus faibles de ce Corps Mystique ainsi qu’aux plus nécessiteux.

    Pour conclure, je voudrais vous faire part d’une expérience de la célébration du dimanche des missions dans ma paroisse en Italie, que j’ai vécue alors que j’étais un jeune laïc. Nous nous sommes réunis en prière et en adoration autour de l’Eucharistie, méditant sur la mission confiée par Jésus à ses disciples : « Allez donc, et faites des disciples de toutes les nations. » (Mt 28, 19sqq)

    Nous avons pris l’engagement de distribuer des bulletins et des dépliants sur le thème de l’évangélisation préparés pour l’occasion. Nous en avons distribué à l’école parmi nos camarades de classe et les autres étudiants, et aussi dans les rues et sur les marchés où nous circulions deux par deux, vêtus d’un tee-shirt coloré et armés… d’un grand sourire. Nous invitions les gens à donner de la monnaie ou même de plus ou moins gros billets destinés à l’aide aux habitants des zones défavorisées loin de chez nous, qu’il s’agisse de leurs dépenses courantes, des dépenses scolaires et bourses d’études, du coût des médicaments et autres frais médicaux.

    Nous nous étions engagés à mener cette action pendant tout le mois d’octobre. Une première évaluation de notre initiative fut faite la veille du dimanche des missions, sous la forme d’un rapport écrit. Ce rapport fut communiqué au public à l’occasion des messes du dimanche ; il contenait l’information chiffrée sur le nombre de bulletins et de dépliants distribués, et sur le montant des sommes reçues en donation. Cela étant fait, nous nous sommes réunis en prière devant Jésus dans l’Eucharistie et nous avons décidé de continuer notre action et même de la diversifier jusqu’à la fin du mois d’octobre. Pour finir, une seconde évaluation fut faite et nous avons offert ce qui avait été fait à Jésus dans l’Eucharistie. Le mois d’octobre complet était devenu pour nous "Un mois pour l’évangélisation".

    Tout au long de cette opération, nous faisions l’expérience d’agir en apôtres, d’être envoyés en mission, de devenir compagnons et amis l’un de l’autre, et aussi l’expérience de l’amour et de la puissance de Jésus qui touchait les coeurs de tant de personnes qui priaient (Ac 6, 5 ; 1, 24 ; Ph 4, 6) et qui donnaient généreusement leur obole en aide à l’oeuvre d’évangélisation. (1Co 16, 1sqq ; Rm 15, 26-28 ; Ga 2, 10 ; 2Co 8, 9 ; Ac 24, 17) Nous sommes très reconnaissants à Dieu qui nous a permis de faire l’expérience d’une grande joie et d’un sens nouveau d’être Eglise.


    Gino Picca, S.J.
    Missionnaire italien, Secrétaire national AP/MEJ à Taiwan, où il a vécu ces dernières 40 années






    INTENTION GENERAL - NOVEMBRE


    Une sanctuaire en Syrie

    Pour les Eglises catholiques orientales, afin que leur tradition vénérable soit connue et estimée en tant que richesse spirituelle pour toute l’Eglise.


    Aujourd'hui, le Pape remercie à nouveau les orientaux de la fidélité payée par leur sang, dont, au fil des siècles, il demeure des pages admirables jusqu'au martyrologe contemporain! Il les assure, à son tour, de vouloir demeurer à leurs côtés. Et il réaffirme la profonde considération envers les Eglises orientales catholiques pour leur rôle singulier de témoins vivants des origines (cf. Orientalium Ecclesiarum, n. 1). Sans un rapport constant avec la tradition des origines, en effet, il n'y a pas d'avenir pour l'Eglise du Christ. Ce sont en particulier les Eglises orientales qui conservent l'écho de la première annonce évangélique; les plus antiques souvenirs des signes accomplis par le Seigneur; les premiers reflets de la lumière pascale et la réverbération du feu jamais éteint de la Pentecôte. Leur patrimoine spirituel enraciné dans l'enseignement des Apôtres et des Pères, a engendré de vénérables traditions liturgiques, théologiques et disciplinaires, en montrant la capacité de la "pensée du Christ" de féconder les cultures et l'histoire. C'est précisément pour cette raison que moi aussi, comme mes prédécesseurs, je considère avec estime et affection les Eglises de l'Orthodoxie: "Un lien particulièrement étroit nous unit déjà. Nous avons presque tout en commun, et nous avons surtout en commun l'aspiration sincère à l'unité" (Orientale lumen, n. 3). Le vœu qui s'élève du plus profond de mon cœur est que cette aspiration puisse au plus tôt trouver sa pleine réalisation.

    L'Eglise universelle trouve dans le patrimoine des origines la capacité de parler aussi à l'homme contemporain de manière unanime et convaincante: "Les paroles de l'Occident ont besoin des paroles de l'Orient pour que la Parole de Dieu dévoile toujours plus ses insondables richesses" (Orientale lumen, n. 28). C'est le Concile œcuménique Vatican II qui désire que les Eglises orientales "soient florissantes et accomplissent avec une vigueur apostolique renouvelée la mission qui leur incombe [...] de promouvoir l'unité de tous les chrétiens, notamment des chrétiens orientaux, selon les principes du décret de ce Concile sur l'œcuménisme, par la prière d'abord, par l'exemple de leur vie, par une religieuse fidélité aux anciennes traditions orientales, par une meilleure connaissance mutuelle, par la collaboration et l'estime fraternelle des choses et des hommes" (Orientalium Ecclesiarum, nn. 1. 24). Favorisées par une habitude de vie pluriséculaire, elles devront prendre en charge le défi interreligieux, dans un esprit de vérité, de respect et de réciprocité, afin que des cultures et des traditions différentes trouvent mutuellement hospitalité au nom du Dieu unique (cf. Ac 2, 9-11).

    […]

    Je réaffirme l'irréversibilité du choix œcuménique et le caractère indérogeable de la rencontre au niveau interreligieux. Je me félicite de la correcte application de la collégialité synodale et de la vérification précise du développement ecclésial suscité par la liberté religieuse retrouvée. La priorité de la formation tient beaucoup à cœur au Pape, ainsi que la mise à jour de la pastorale de la famille, des jeunes et pour les vocations, et la mise en valeur de la pastorale de la culture et de la charité. Il faudra que se poursuive et même que croisse ce mouvement de charité que, sur mandat du Pape, la Congrégation supervise afin que, de manière ordonnée et équitable, la Terre Sainte et les autres régions orientales reçoivent le soutien spirituel et matériel nécessaire pour faire front à la vie ecclésiale ordinaire et à des nécessités particulières. Enfin, un effort intelligent est requis également pour affronter le grave phénomène des migrations, qui prive parfois ces communautés tant éprouvées des meilleures ressources. Il faut garantir aux migrants un accueil adapté dans le nouveau contexte et le lien indispensable avec leur tradition religieuse.

    […]



    BENOÎT XVI
    VISITE À LA CONGRÉGATION POUR LES ÉGLISES ORIENTALES
    9 juin 2007


    © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - VISITE À LA CONGRÉGATION POUR LES ÉGLISES ORIENTALES - 9 juin 2007



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Plaise au ciel que les catholiques instruits aient au moins une petite idée de ce que sont les Eglises catholiques d’Orient! Ces Eglises doivent-elles allégeance au Pape ou à quelque Patriarche ? Nos catholiques sont souvent très hésitants sur ce point, car ils ne réalisent pas qu’il y a des patriarches en communion avec Rome, tel le patriarche de l’Eglise maronite ou le patriarche de l’Eglise chaldéenne. Nos catholiques sont encore plus surpris de découvrir qu’il y a dans ces Eglises des clercs mariés – avec la bénédiction du pape – et que ces Eglises jouissent d’une large autonomie. Leurs formes de célébration diffèrent considérablement du rite latin : leur calendrier liturgique est différent, avec des saints spéciaux, des fêtes et des périodes de jeûne spéciales et ainsi de suite. La surprise résulte du fait que la grande majorité des catholiques appartiennent à l’Eglise latine, mais il existe au sein de l’Eglise catholique d’autres Eglises qui célèbrent différemment, tout en reconnaissant le pape comme le chef de l’Eglise catholique.

    Ces Eglises d’Orient ont une énorme importance, non seulement en raison du patrimoine inestimable qu’elles conservent et qui remonte au temps des Pères de l’Eglise, mais aussi parce qu’elles peuvent aider les catholiques à comprendre ce que sont les Eglises orthodoxes. Certaines de ces Eglises, comme l’Eglise maronite ou l’Eglise italo-albanaise professent qu’elles n’ont jamais rompu avec l’Eglise catholique, tandis que d’autres, comme l’Eglise malabaresque, proclament qu’elles ont reconnu Rome dès que l’occasion s’est présentée. Toutefois, la plupart d’entre ces Eglises se sont séparées des Eglises orthodoxes après le concile de Trente au seizième siècle afin d’être en communion avec l’Eglise universelle.

    En dépit de leur importance, toutes ces Eglises ne forment qu’une petite minorité en comparaison de l’Eglise catholique qui applique la liturgie latine ; en outre, et comme c’est le cas de toutes les minorités, elles ont mis des siècles pour faire respecter pleinement leurs droits. La carta magna de leurs droits leur fut accordée par le décret pontifical Orientalium Dignitas de Léon XIII en l’an 1894. Mais, comme l’exprimait au temps de Vatican II un patriarche catholique oriental, Maximus IV Sayegh, il faudra encore attendre une autre centaine d’années à peu près, avant que les catholiques ne réalisent pleinement que ces Eglises catholiques d’Orient existent.

    Les prières du pape Benoît portent l’espoir de raccourcir ce délai séculaire.

    L’Institut pontifical des études orientales, dirigé par les jésuites et situé à Rome sur la place de Sainte-Marie-Majeure est important - bien que relativement peu connu -, d’une part en tant qu’instrument d’aide au Saint-Père en son activité de défense des droits des Eglises orientales et , d’autre part en tant qu’instrument d’aide à ces Eglises elles-mêmes dans la préservation de leur patrimoine et dans leur souci de rester ouvertes aux défis oecuméniques de notre temps.

    Sans entrer dans les détails, nous pouvons dire que les Eglises catholiques orientales se divisent en quatre groupes.


    (A) Deux Eglises ne tirent pas leur origine d’une Eglise orthodoxe: 1. l’Eglise maronite ; et 2. l’Eglise italo-albanaise.

    (B) Deux Eglises dérivent d’une Eglise qui était simplement connue comme "l’Eglise de l’Est" en raison de sa grande ancienneté, mais qui répond de nos jours au titre de "l’Eglise assyrienne de l’Est" : 3. l’Eglise catholique chaldéenne ; et 4. l’Eglise catholique syro-malabare.

    (C) Cinq Eglises dérivent des Eglises orthodoxes orientales, ainsi dénommées parce qu’elles se sont séparées des Eglises orthodoxes de l’Est en communion avec Constantinople : 5. l’Eglise catholique arménienne; 6. l’Eglise catholique copte; 7. l’Eglise catholique éthiopienne; 8. l’Eglise catholique syrienne; et 9. l’Eglise ca- tholique syro-malankare.

    (D) Treize Eglises dérivent de l’Eglise orthodoxe byzantine: 10. l’Eglise catholique melchite ; 11. l’Eglise catholique ucrainienne ; 12. l’Eglise catholique ruthénienne ; 13. l’Eglise catholique roumaine ; 14. l’Eglise catholique grecque ; 15. Catholiques byzantins dans l’ex-Yougoslavie ; 16. l’Eglise catholique bulgare ; 17. l’Eglise catholique slovaque ; 18. l’Eglise catholique hongroise ; et les Communautés catholiques de l’Est sans hiérarchies : 19. Russes ; 20. Biélorusses ; 21. Georgiens ; 22. Albaniens.

    La liste ci-dessus est tirée de : "Fr. Ronald Roberson, CSP, Les Eglises Chrétiennes de l’Est, Rome 2008", une publication de l’Institut pontifical oriental.


    Edward G. Farrugia, S.J.
    Doyen et professeur à l’Institut Oriental Pontifical à Rome




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • « Les paroles de l’Occident ont besoin de celles de l’Orient pour que la Parole de Dieu manifeste de mieux en mieux ses richesses insondables », dit le Pape. A quoi se réfère-t-il ? Quelle est la sagesse propre aux traditions orientales dont l’Occident a besoin ?
  • De quelle manière la connaissance et le partage avec des traditions chrétiennes différentes de la nôtre peuvent-ils enrichir notre propre mode de célébrer la foi ? Comment mieux nous informer ?
  • Comment puis-je mieux connaître et davantage exploiter la richesse de ma propre tradition liturgique, tout en me disposant à m’enrichir de l’apport d’autres traditions ?



  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • 1 Co 12,4-26 Dans le Corps du Christ, il y a diversité et unité
  • Ac 2,1-12 La Pentecôte : diverses traditions et cultures se rencontrent
  • Lc 22,7-22 La Cène – l’Eucharistie, source de notre unité


  • MISSION INTENTION - NOVEMBRE

    Pour que le continent africain trouve dans le Christ la force de réaliser le chemin de réconciliation et de justice indiqué par le second Synode des Evêques pour l’Afrique.


    L’AP dans la RD du Congo

    [...]

    Toute l’Église prête attention à notre rencontre en vue de la Seconde Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, qui, si telle est la volonté de Dieu, sera célébrée en octobre prochain. Le thème en est : « L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Vous êtes le sel de la terre…Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13.14).

    [...]

    Je voudrais maintenant suggérer quelques réflexions sur le thème proprement dit de la Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, relatif à la réconciliation, à la justice et à la paix. Selon le Concile Œcuménique Vatican II, « l’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (LG 1). Pour bien remplir sa mission, l’Église doit être une communauté de personnes réconciliées avec Dieu et entre elles. De cette manière, elle peut annoncer la Bonne Nouvelle de la réconciliation à la société actuelle, qui connaît malheureusement en de nombreux lieux des conflits, des violences, des guerres, et de la haine. Votre continent n’a pas été épargné, hélas, et il a été et est encore le triste théâtre de graves tragédies qui appellent à une vraie réconciliation entre les peuples, les ethnies et les hommes. Pour nous chrétiens, cette réconciliation s’enracine dans l’amour miséricordieux de Dieu le Père et elle se réalise à travers la personne du Christ-Jésus, qui, dans l’Esprit Saint, a offert à tous la grâce de la réconciliation. Les conséquences se manifesteront alors par la justice et la paix, indispensables pour construire un monde meilleur. En réalité, qu’y a-t-il de plus dramatique, dans le contexte sociopolitique et économique actuel du continent africain, que le combat souvent sanglant entre groupes ethniques ou peuples frères ? Et si le Synode de 1994 a insisté sur l’Église-Famille de Dieu, quel peut être l’apport de celui de cette année à la construction de l’Afrique, assoiffée de réconciliation et à la recherche de la justice et de la paix ? Les guerres locales ou régionales, les massacres et les génocides qui se déroulent sur le continent doivent nous interpeller de manière toute particulière : s’il est vrai qu’en Jésus Christ, nous appartenons à la même famille et partageons la même vie, puisque dans nos veines circule le même Sang du Christ, qui fait de nous les fils de Dieu, membres de la Famille de Dieu, il ne devrait donc plus y avoir de haines, d’injustices et de guerres entre frères. Constatant le développement de la violence et l'émergence de l'égoïsme en Afrique, le Cardinal Bernardin Gantin, de vénérée mémoire, appelait, dès 1988, à une théologie de la Fraternité, comme réponse aux appels pressants des pauvres et des plus petits (Osservatore Romano, éd. française, 12 avril 1988, pp.4-5). Il lui venait peut-être en mémoire ce qu’écrivait l'Africain Lactance à l'aube du IVe siècle : « Le premier devoir de la justice est de reconnaître l'homme comme un frère. De fait, si le même Dieu nous a faits et nous a tous engendrés dans la même condition, en vue de la justice et de la vie éternelle, nous sommes assurément unis par des liens de fraternité : celui qui ne les reconnaît pas est injuste » (Epitomé des Institutions Divines, 54, 4-5 ; SC 335, p. 210). L’Église-Famille de Dieu qui est en Afrique, a réalisé une option préférentielle pour les pauvres, depuis la Première Assemblée Spéciale du Synode des Évêques. Elle manifeste ainsi que la situation de déshumanisation et d’oppression qui afflige les peuples africains n’est pas irréversible ; au contraire, elle met chacun face à un défi, celui de la conversion, de la sainteté et de l’intégrité. Le Fils, à travers lequel Dieu nous parle, est lui-même Parole devenue chair. Cela a été l’objet des réflexions de la récente douzième Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques. Devenue chair, cette Parole est à l’origine de ce que nous sommes et faisons ; elle est le fondement de toute vie. C’est donc à partir de cette Parole qu’il faut valoriser les traditions africaines, corriger et perfectionner leur conception de la vie, de l’homme et de la famille. Le Christ Jésus, Parole de vie, est source et accomplissement de toutes nos vies, car le Seigneur Jésus est l’unique médiateur et rédempteur. Il est urgent que les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage des lieux d’écoute profonde de la Parole de Dieu, et de lecture méditative de l’Écriture Sainte. C’est par cette lecture méditative et communautaire en Église que le chrétien rencontre le Christ ressuscité qui lui parle et lui redonne l’espérance en la plénitude de vie qu’Il donne au monde. Quant à l’Eucharistie, elle rend le Seigneur réellement présent dans l’histoire. À travers la réalité de son Corps et de son Sang, le Christ tout entier se rend substantiellement présent dans nos vies. Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28, 20) et Il nous renvoie à nos réalités quotidiennes afin que nous puissions les remplir de sa présence. Dans l’Eucharistie, il est mis clairement en évidence que la vie est une relation de communion avec Dieu, avec nos frères et nos sœurs, et avec la création tout entière. L’Eucharistie est source d’unité réconciliée dans la paix. La Parole de vie et le Pain de la vie offrent lumière et nourriture, comme antidote et viatique dans la fidélité au Maître et Pasteur de nos âmes, afin que l’Église en Afrique réalise le service de la réconciliation, de la justice et de la paix, selon le programme de vie donné par le Seigneur lui-même : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13.14). Pour l’être vraiment, les fidèles doivent se convertir et suivre Jésus Christ, devenir ses disciples, pour être témoins de son pouvoir salvifique. Durant sa vie terrestre, Jésus était « puissant par ses actions et ses paroles » (Lc 24, 19). Par sa résurrection, il a soumis toute autorité et pouvoir (cf. Col 2, 15), toute puissance du mal pour rendre libres ceux qui ont été baptisés en son nom. « Si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres » (Ga 5, 1). La vocation chrétienne consiste à se laisser libérer par Jésus Christ. Il a vaincu le péché et la mort et il offre à tous la plénitude de la vie. Dans le Seigneur Jésus, il n’y a plus ni juif ni païen, ni homme, ni femme (cf. Ga 3, 28). Dans sa chair, il a réconcilié tous les peuples. Avec la force de l’Esprit Saint, j’adresse à tous cet appel : « Laissez-vous réconcilier ! » (2 Co 5, 20). Aucune différence ethnique ou culturelle, de race, de sexe ou de religion ne doit devenir entre vous un motif d’affrontement. Vous êtes tous fils de l’unique Dieu, notre Père, qui est aux cieux. Avec cette conviction, il sera alors possible de construire une Afrique plus juste et pacifique, à la hauteur des attentes légitimes de tous ses fils.
    BENOÎT XVI
    RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DU CONSEIL SPÉCIAL
    POUR L'AFRIQUE DU SYNODE DES ÉVÊQUES
    19 mars 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana


    Voir aussi:

  • BENOÎT XVI - HOMÉLIE - L’OUVERTURE DE LA II ASSEMBLÉE SPÉCIALE POUR L’AFRIQUE DU SYNODE DES ÉVÊQUES - 4 octobre 2009



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Le second synode des évêques pour l’Afrique a eu lieu à Rome en Octobre 2009, quinze ans après le premier synode de 1994. L’on se demandait s’il n’était pas trop tôt pour convoquer un deuxième synode. Parmi les raisons qui ont milité en faveur de la tenue d’un second synode, on a mentionné les conflits armés qui ont ensanglanté une grande partie de l’Afrique avant et après l’an 2000. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de l’Afrique, les conflits armés, le syncrétisme religieux, l’instabilité politique… ont caractérisé la fin du deuxième millénaire et le début du troisième en Afrique. Le manque de paix généralisé a montré qu’on était encore loin de vivre en fils et filles réconciliés. La justice était encore loin d’être une réalité. Un deuxième synode s’est donc avéré nécessaire !

    Les pères synodaux ont conçu 57 propositions à partir desquelles le Saint Père publiera l’exhortation apostolique. Ils n’ont cessé d’affirmer la nécessité de hâter la réconciliation entre les peuples dont les cœurs sont blessés et déchirés. Leur guérison est non seulement une nécessité, mais aussi une urgence. L’église en Afrique doit davantage insister sur l’amour de l’autre, dans sa prédication. Car on a assisté à une sorte de contradiction, lorsque des frères d’un même pays, d’une même race, et d’un même village ont pris des armes pour s’entretuer, allant contre le principe de la solidarité africaine et celui de la charité chrétienne. Il faut aussi reconnaître que certains conflits en Afrique sont plutôt télécommandés de l’extérieur. Les armes sont fabriquées et vendues à partir de l’Occident où certains milieux trouvent du profit à entretenir des conflits en Afrique. Les pères synodaux ont demandé aux églises sœurs d’Occident de jouer de leur influence pour obtenir le concours de tous afin d’établir la vraie paix en Afrique.

    Une action pastorale importante à mettre en place, telle que suggérée par les évêques, est l’instauration d’un jour de réconciliation par an. L’initiative contribuera à une plus grande prise de conscience de la nécessité de la réconciliation entre les personnes et les peuples. Le sacrement de la réconciliation reste le lieu privilégié de la réconciliation avec soi-même, avec les autres et avec Dieu. En effet, il prépare directement à communier au corps et au sang du Christ. Il y a un appel à redécouvrir la puissance libératrice de ce sacrement qui est aussi un sacrement de guérison. On en récolte les bienfaits qu’après une expérience personnelle. Ceux qui s’approchent de la table du Seigneur acceptent ipso facto de vivre en frères et sœurs réconciliés. Comment communier au corps du Christ tout en entretenant des rancunes envers son frère ou sa sœur ? La participation à ce sacrement ouvre nécessairement à l’autre, et engage à lutter pour la justice, pour un monde meilleur. Puissent la foi et la communion au Christ aider l’Eglise en Afrique à hâter la vraie justice et la vraie réconciliation. Qu’elle puisse davantage être le « poumon spirituel » de l’église universelle.


    Père Rigobert Kyungu, S.J.
    Secrétaire National de l’Apostolat de la Prière en RD du Congo
    Coordinateur de l’AP et le MEJ en Afrique






    INTENTION GENERAL - DECEMBRE


    Paix dans les peuples

    Pour qu’à travers la connaissance et le respect réciproque, tous les peuples de la terre grandissent dans la concorde et dans la paix.


    […]

    Pensant précisément aux enfants, spécialement à ceux dont l'avenir est compromis par l'exploitation et par la méchanceté d'adultes sans scrupules, j'ai voulu, à l'occasion de la Journée mondiale de la Paix, que l'attention commune se focalise sur le thème: Personne humaine, cœur de la paix. Je suis en effet convaincu qu'en respectant la personne on promeut la paix et qu'en bâtissant la paix on jette les bases d'un authentique humanisme intégral. C'est ainsi que se prépare un avenir serein pour les nouvelles générations.


    La personne humaine et la paix: don et tâche

    2. La Sainte Écriture affirme: «Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme» (Gn 1,27). Parce qu'il est créé à l'image de Dieu, l'individu humain a la dignité de personne; il n'est pas seulement quelque chose, mais quelqu'un, capable de se connaître, de se posséder, de se donner librement et d'entrer en communion avec d'autres personnes. En même temps, il est appelé, par grâce, à une alliance avec son Créateur, à Lui offrir une réponse de foi et d'amour que nul autre ne peut donner à sa place(1). C'est dans cette admirable perspective que se comprend la tâche confiée à l'être humain de parvenir lui-même à une maturation de sa capacité d'aimer et de faire progresser le monde, en le renouvelant dans la justice et dans la paix. Dans une synthèse saisissante, saint Augustin enseigne: « Dieu, qui nous a créés sans nous, n'a pas voulu nous sauver sans nous »(2). Il est par conséquent du devoir de tous les êtres humains d'entretenir en eux-mêmes la conscience du double aspect de don et de tâche.

    3. La paix est aussi à la fois un don et une tâche. S'il est vrai que la paix entre les individus et entre les peuples — capacité de vivre les uns à côté des autres en tissant des relations de justice et de solidarité — représente un engagement qui ne connaît pas de répit, il est aussi vrai, et même encore plus vrai, que la paix est un don de Dieu. La paix est en effet une caractéristique de l'agir divin, qui se manifeste à la fois dans la création d'un univers ordonné et harmonieux, et dans la rédemption de l'humanité, qui a besoin d'être rachetée du désordre du péché. Création et rédemption offrent donc la clé de lecture qui introduit à la compréhension du sens de notre existence sur la terre. Mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II, en s'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies le 5 octobre 1995, affirmait que « nous ne vivons pas dans un monde irrationnel ou privé de sens, mais que, au contraire, il y a une logique morale qui éclaire l'existence humaine et qui rend possible le dialogue entre les hommes et entre les peuples ».(3) La « grammaire » transcendante, à savoir l'ensemble des règles de l'agir individuel et des relations mutuelles entre les personnes, selon la justice et la solidarité, est inscrite dans les consciences, où se reflète le sage projet de Dieu. Comme j'ai voulu le réaffirmer récemment, « nous croyons qu'à l'origine, il y a le Verbe éternel, la Raison et non l'Irrationalité ».(4) La paix est donc aussi une tâche qui oblige chacun à une réponse personnelle en harmonie avec le plan divin. Le critère dont doit s'inspirer une telle réponse ne peut être que le respect de la « grammaire » écrite dans le cœur de l'homme par son divin Créateur.

    Dans cette perspective, les normes du droit naturel ne doivent pas être considérées comme des directives s'imposant de l'extérieur, contraignant presque la liberté de l'homme. Au contraire, elles doivent être accueillies comme un appel à réaliser fidèlement le projet divin universel inscrit dans la nature de l'être humain. Guidés par de telles normes, les peuples — dans leurs cultures respectives — peuvent ainsi s'approcher du mystère le plus grand, qui est le mystère de Dieu. La reconnaissance et le respect de la loi naturelle constituent par conséquent, aujourd'hui encore, le grand fondement du dialogue entre les croyants des diverses religions, et entre les croyants et les non croyants eux-mêmes. C'est là un grand point de rencontre et donc un présupposé fondamental pour une paix authentique.


    Le droit à la vie et à la liberté religieuse

    4. Le devoir de respecter la dignité de tout être humain, dont la nature reflète l'image du Créateur, comporte comme conséquence que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir. La personne qui jouit d'un plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s'en prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses. C'est en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix. Consciente de cela, l'Église s'emploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne. Elle revendique en particulier le respect de la vie et de la liberté religieuse de chacun. Le respect du droit à la vie à toutes ses étapes constitue un point fort d'une importance décisive: la vie est un don; le sujet n'en a pas la pleine disponibilité. De la même façon, l'affirmation du droit à la liberté religieuse met l'être humain en relation avec un Principe transcendant qui le soustrait à l'arbitraire de l'homme. Le droit à la vie et à la libre expression de la foi en Dieu ne relève pas du pouvoir de l'homme. La paix a besoin que s'établisse une frontière claire entre ce qui est disponible et ce qui ne l'est pas: on évitera ainsi d'introduire des éléments inacceptables dans le patrimoine de valeurs qui est propre à l'homme en tant que tel.

    5. En ce qui concerne le droit à la vie, on doit dénoncer toutes les terribles violations qui lui sont faites dans notre société: outre les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence, il y a les morts silencieuses provoquées par la faim, par l'avortement, par l'expérimentation sur les embryons et par l'euthanasie. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix? L'avortement et l'expérimentation sur les embryons constituent la négation directe de l'attitude d'accueil envers l'autre, qui est indispensable pour instaurer des relations de paix durables. Pour ce qui concerne la libre expression de la foi, un autre symptôme préoccupant du manque de paix dans le monde est constitué par les difficultés que rencontrent souvent aussi bien les chrétiens que les croyants d'autres religions à professer publiquement et librement leurs convictions religieuses. En parlant particulièrement des chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés; dans certains États, ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de violence abominable. Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent non pas une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances religieuses. Dans tous les cas, un droit humain fondamental n'est pas respecté, avec des répercussions graves sur la convivialité pacifique. Cela ne peut que promouvoir une mentalité et une culture négatives pour la paix.


    L'égalité de nature de toutes les personnes

    6. À l'origine des nombreuses tensions qui menacent la paix, il y a assurément les innombrables et injustes inégalités qui sont encore tragiquement présentes dans le monde. Parmi elles, de manière particulièrement insidieuse, on trouve, d'une part, les inégalités dans l'accès aux biens essentiels, comme la nourriture, l'eau, un toit, la santé; d'autre part, les inégalités persistantes entre homme et femme dans l'exercice des droits humains fondamentaux.

    La reconnaissance de l'égalité essentielle entre les personnes humaines, qui découle de leur commune dignité transcendante, constitue un élément de première importance pour l'édification de la paix. L'égalité à ce niveau est donc un bien de tous inscrit dans la « grammaire » naturelle, qui ressort du projet divin de la création; un bien qui ne peut pas être laissé de côté ou bafoué sans provoquer de graves répercussions mettant la paix en péril. Les très graves manques dont souffrent de nombreuses populations, spécialement sur le continent africain, sont à la source de revendications violentes et constituent donc une blessure profonde infligée à la paix.

    7. Le fait que la condition féminine soit insuffisamment prise en considération introduit aussi des facteurs d'instabilité dans l'ordre social. Je pense à l'exploitation de femmes traitées comme des objets et aux nombreuses formes de manque de respect pour leur dignité; je pense également — dans un contexte différent — aux perspectives anthropologiques persistantes dans certaines cultures, qui réservent aux femmes une place encore fortement soumise à l'arbitraire de l'homme, avec des conséquences qui portent atteinte à leur dignité de personne et à l'exercice des libertés fondamentales elles-mêmes. On ne peut se faire illusion: la paix ne sera pas assurée tant que ces formes de discrimination, qui lèsent la dignité personnelle, inscrite par le Créateur en tout être humain, ne seront pas abolies.(5)



    BENOÎT XVI
    MESSAGE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
    8 décembre 2006


    © Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana



    Texte intégral:

  • BENOÎT XVI - MESSAGE POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX- 8 décembre 2006



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Le Saint-Père nous demande de prier ce mois-ci pour la concorde et la paix entre les peuples de la terre. Il nous propose deux moyens pour y parvenir : la connaissance et le respect mutuels. Cela jettera les bases d’une véritable réconciliation personnelle, nationale et internationale. C’est pourquoi nous partageons avec vous une réflexion du Père Elías López, s.j., expert en la matière, et qui travaille actuellement à Rome dans l’équipe centrale du Service jésuite pour les réfugiés.

    Il n’y a pas de relation d’amour ou de concorde (ce qui signifie littéralement "avec-cœur") sans connaissance et respect mutuels. On n’aime pas vraiment ce qu’on ne connaît pas vraiment. On ne connaît pas vraiment ce qu’on ne respecte pas dans l’égalité et dans la différence du mode de vie des uns et des autres. La réconciliation est nécessaire lorsque cette relation mutuelle de connaissance profonde et de respect discerné est brisée. La réconciliation est une des tâches qui se présente toujours comme un défi dans le cœur de chaque chrétien, dans chaque famille et groupe social, entre peuples et nations.

    Nous avons tous, par vocation, des bras suffisamment grands et forts pour embrasser le monde brisé et pour le "ré-concilier." La signification de ce mot est "d’appeler à se remettre ensemble" ceux qui sont divisés par la violence et l’injustice. Jean Paul II exprime clairement ce que nous entendons, nous, chrétiens, par chemin de la réconciliation dans la construction de la paix. Voici ce qu’il a dit: « Il n’y a pas de paix sans justice, ni de justice sans pardon. » Le processus de la réconciliation, qui, en certaines occasions, englobe différentes générations, implique l’assainissement des relations discriminatoires et injustes qui violent les droits humains et la dignité d’enfants de Dieu, qui nous rend tous égaux, créatures de Dieu avec une valeur absolue.

    La réconciliation qui assainit les relations est fondée sur l’amour radical de Jésus qui dit sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font. » Pour guérir radicalement le mal, il faut "hyper-donner" (c’est ce que signifie "par-don" ) ; c’est l’amour extrême dont Jésus a fait preuve sur la croix. C’est pourquoi Benoît XVI dit que le mal radical se vainc par le pardon, comme Dieu l’a fait par Jésus à propos du mal radical de la croix, qui représente toutes les croix continuant encore aujourd’hui de mettre à mort l’humanité par la discrimination ethnique, écologique et religieuse, par les guerres et par la dégradation du milieu environnant.

    Prier, c’est se mettre en contact direct avec la source de l’amour divin qui est capable de pardonner l’impardonnable… et de guérir de la sorte toute blessure de division et d’injustice. Mystérieusement, dans l’amour insondable de Dieu, toute réconciliation est possible. C’est là notre foi et notre espérance, c’est là notre joie. Ce n’est pas la haine qui a le dernier mot, mais bien l’Amour et la Paix.


    Elías López, S.J.




    QUESTIONS DE REFLEXION INDIVIDUELLE
    ET EN GROUPE

  • Que faisons-nous ou que pouvons-nous faire pour favoriser la paix et la réconciliation dans notre famille ? Et dans la société où nous vivons ?
  • Commentons la phrase de Jean Paul II : « Il n’y a pas de paix sans justice, ni de justice sans pardon. » Appliquons-la à notre famille, à notre quartier, à notre pays.
  • Engageons-nous à quelque geste concret, personnel ou communautaire, qui soit signe et contribution concrète à la paix dans un domaine où celle-ci est nécessaire.



  • TEXTES BIBLIQUES POUR LA CELEBRATION

  • Ps 85,10-13 Justice et paix s’embrasseront
  • Ep 2,14-22 Le Christ est notre paix
  • Mt 5,9 Les artisans de paix


  • MISSION INTENTION - DECEMBRE

    Pour que les enfants et les jeunes soient des messagers de l’Evangile et pour que leur dignité soit toujours respectée et préservée de toute violence et de toute exploitation.


    Le MEJ en Pologne

    L’image de l’Enfant-Jésus fait immédiatement penser au mystère de l’Incarnation, au Dieu tout-puissant qui s’est fait homme et a vécu pendant 30 ans dans l’humble famille de Nazareth, confié par la Providence à la garde pleine d’attention de Marie et de Joseph. Ma pensée va vers vos familles et vers toutes les familles du monde, à leurs joies et à leurs difficultés. Unissant la prière à notre réflexion, nous demandons à l’Enfant-Jésus le don de l’unité et de la concorde pour toutes les familles. Nous pensons spécialement aux jeunes familles qui doivent faire tant d’efforts pour assurer à leurs enfants la sécurité et un avenir digne. Nous prions pour les familles en difficulté, éprouvées par la maladie et par la souffrance, pour celles qui traversent une crise, qui sont séparées ou meurtries par la mésentente et l’infidélité. Nous les confions toutes au Saint Enfant-Jésus de Prague, sachant combien est importante leur stabilité et leur bonne entente pour le vrai progrès de la société et pour l’avenir de l’humanité.

    La statue de l’Enfant-Jésus, reflet de la tendresse de son enfance, nous fait en outre percevoir la proximité de Dieu et de son amour. Nous comprenons combien nous sommes précieux à ses yeux, parce que, particulièrement grâce à Lui, nous sommes devenus à notre tour fils de Dieu. Chaque être humain est fils de Dieu et donc, chacun de nos frères est, comme tel, à accueillir et à respecter. Puisse notre société comprendre cette réalité ! Chaque personne humaine serait alors considérée non pour ce qu’elle a mais pour ce qu’elle est, puisque dans le visage de chaque être humain, sans distinction de race ni de culture, resplendit l’image de Dieu.

    Cela vaut par-dessus tout pour les enfants. Dans l’Enfant-Jésus de Prague, nous contemplons la beauté de l’enfance et la préférence que le Christ-Jésus a toujours manifestée envers les plus petits, comme nous le lisons dans l’Évangile (cf Mc 10, 13-16). Combien d’enfants, au contraire, ne sont pas aimés, ni accueillis, ni respectés ! Combien sont victimes de la violence et de toutes formes d’exploitation de la part de personnes sans scrupules ! Puissent être réservés à ces petits le respect et l’attention qui leur est dû : les enfants sont l’avenir et l’espérance de l’humanité !

    Je voudrai maintenant adresser une parole spéciale à vous, chers enfants, et à vos familles. Vous êtes venus nombreux à ma rencontre et je vous en remercie de grand cœur. Vous qui êtes les préférés –du cœur- de l’Enfant-Jésus, sachez rendre son amour, et, en suivant son exemple, soyez obéissants, délicats et affectueux. Apprenez à être, comme Lui, le réconfort de vos parents. Soyez de vrais amis de Jésus et recourrez toujours à Lui dans la confiance. Priez-le pour vous-mêmes, pour vos parents, pour votre famille, pour vos maitres et pour vos amis, et priez-le aussi pour moi. Je vous remercie encore pour votre accueil et je vous bénis de grand cœur, invoquant sur tous la protection de l’Enfant-Jésus, de sa Mère Immaculée et de saint Joseph.


    BENOÎT XVI
    VISITE À L' "ENFANT JÉSUS DE PRAGUE"
    26 septembre 2009


    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana


    Texte intégral:
  • BENOÎT XVI - VISITE À L' "ENFANT JÉSUS DE PRAGUE" - 26 septembre 2009



  • COMMENTAIRE PASTORAL

    Lorsque le Saint-Père nous demande de prier « Pour que les enfants et les jeunes soient des messagers de l’Evangile et pour que leur dignité soit toujours respectée et préservée de toute violence et exploitation », nous donnons la parole aux jeunes eux-mêmes. Nous partageons avec vous deux types de témoignages de jeunes, les uns victimes de la violence et de l’abus, illustrant le cours des choses lorsque la demande du Pape n’est pas suivie d’effet, et ensuite des témoignages de jeunes qui ont appris à être des " messagers de l’Evangile."


    Témoignages d’enfants accueillis à la Caritas Congo en association avec la Caritas italienne


    LA GARDE DE SATAN

    J’étais avec ma mère et mes sœurs sur la route qui porte au puits pour aller prendre l’eau et acheter le riz. A l’improviste, les Mai-Mai ont surgi de la forêt et nous ont hurlé de nous étendre par terre sans respirer. Ils ont commencé par jouer du bout de leurs fusils avec les cheveux de ma sœur cadette, lui hurlant de cesser de sangloter… puis, ils lui ont tiré des dizaines de projectiles sur tout le corps. Ma mère les suppliait de cesser…, alors ils l’ont tuée elle aussi, d’un coup au cœur. Moi, ils m’ont prise comme cuisinière et comme esclave sexuelle. Pendant des mois, ils m’ont forcée d’aller avec 5-6 hommes par jour, parfois tous ensemble. La nuit, ils m’ordonnaient de monter la garde de Satan et de ses collaborateurs, prétendant qu’ils étaient les rois des ténèbres et que nul ne devait les détrôner. Je me suis enfuie et j’ai trouvé refuge dans cette école. On a retrouvé ma grand-mère ; aujourd’hui, je vis avec elle. Je n’ai plus eu de nouvelles de mon père et de mes frères.

    MULASI


    DOULEURS A LA RATE, CANONS DANS LES OREILLES

    On m’a séquestré avec deux amis. Ceux-ci ont été enrôlés en tant qu’espions et voleurs ; moi, j’ai été pris comme soldat parce que j’étais plus robuste. Maintenant, je souffre de douleurs à la rate et au thorax, et j’entends encore le bruit des canons dans mes oreilles, car ils m’obligeaient à porter toute la journée des armes très lourdes qui lançaient des projectiles bruyants comme des bombes… Ils m’envoyaient tirer sur tout et sur tous, sans juste raison … Pour se procurer de la nourriture et des objets, pour détruire maisons et personnes.

    YULU


    PARFOIS CINQ, PARFOIS CENT ANS

    J’ai peur d’avoir contracté des maladies sexuelles parce que j’ai toujours mal au ventre. Les Mai-Mai étaient 12 à me violer à tour de rôle. Je pensais mourir. Ils m’ont cognée si fort par terre que j’ai en partie perdu l’ouïe. Ils m’ont utilisée comme cuisinière et comme chanteuse. Depuis lors, je fais des cauchemars toutes les nuits, je me sens une nullité. Je me souviens encore de leurs poids sur moi, comme des cicatrices indélébiles, et parfois, je voudrais m’arracher la peau. Maintenant j’ai grandi et je souhaiterais encore que quelqu’un me raconte des fables pour m’endormir. Je suis grande, mais j’ai parfois l’impression d’avoir cinq ans, d’autres fois cent. J’aime tant la vie et les gens, on ne peut pas comprendre combien je les aime… Je voudrais réussir à éprouver des sensations normales comme les autres, à arrêter le tourment inextinguible de mes souvenirs, pour commencer à faire des rêves sereins… Comme eux.

    NGELIMA


    * Extraits d’histoires recueillies par Paola Briganti au cours des sessions de formation sur "La communication dans les processus de détraumatisation" qui ont eu lieu du 25 au 31 juillet 2008 dans les écoles de Kindu, Katako, Basoko, Mabala et Mangobo (région de Maniema, République démocratique du Congo), au bénéfice des assistants psychosociaux et lors de la rencontre avec des enfants ex-soldats et des petites filles ex-esclaves sexuelles



    Témoignage d’une jeune fille enlevée en Ouganda et enrôlée de force comme enfant-soldat


    Je m’exprime au nom de World Vision, organisation chrétienne de secours et développement, qui offre une assistance de terrain aux enfants et aux familles de tout bord qui se trouvent dans le besoin. […] Depuis 1986, le groupe rebelle qui s’appelle "Armée de résistance du Seigneur" (the Lord’s Resistance Army – LRA), aux ordres de Joseph Kony, est en guerre contre le gouvernement ougandais du moment et contre nous, les enfants du Nord de l’Ouganda. Kony a enlevé plus de 30.000 enfants et les a enrôlés sous la contrainte comme enfants-soldats et comme "concubines forcées" dans les rangs de sa bande armée. J’ai été l’un de ces enfants. J’en suis sortie vivante par la grâce de Dieu et me voilà maintenant avec vous.

    Mon histoire

    En octobre 1996, la LRA attaquait le collège Sainte Marie, un internat pour filles en ville d’Aboké, dans le district Apac au Nord de l’Ouganda et enlevait 139 pensionnaires, dont moi-même. J’avais alors 15 ans.

    Une des religieuses responsables de l’école, Soeur Rachelle Fassera poursuivit les rebelles jusque dans la brousse, les suppliant de nous relâcher. Les rebelles rendirent leur liberté à 109 de mes compagnes, mais refusèrent de me laisser aller. Je fus forcée de rester, ainsi que 29 autres filles.

    Je fus entraînée de force vers le Sud Soudan. Nous avons marché quatre jours et quatre nuits. Dans le Sud Soudan, la LRA avait des bases dirigées et protégées par des forces alliées au gouvernement soudanais à Khartoum.

    Moi, comme les autres filles capturées avec moi, nous avons été formées à monter et démonter les fusils, à les nettoyer et à nous en servir. Nous avons été exploitées comme main d’oeuvre esclave par les soldats de la LRA et du gouvernement soudanais et livrées de force aux hauts gradés de la LRA comme soi-disant "épouses".

    J’ai été retenue en captivité par la LRA pendant sept mois et je n’ai pas cessé de chercher une occasion de m’échapper. J’ai constamment prié Dieu qu’il me permette de revoir ma famille au moins une fois avant de mourir. J’étais au désespoir de pouvoir achever mes études, mais cet espoir semblait tellement éloigné. J’ai vu deux autres enfants qui avaient tenté, sans succès, de se sauver. Ils ont été brutalement assassinés devant moi pour me servir d’exemple. Une nuit, j’ai dû participer à l’attaque d’un village ; je devais aider à razzier l’eau et la nourriture. Je me suis évanouie tellement j’avais soif. Je me suis réveillée après plusieurs heures, enterrée vivante dans une tombe à fleur de terre. Sur ces entrefaites, les soldats ougandais, côte à côte avec un détachement de l’armée de libération du peuple soudanais (Sudan People’s Liberation Army – SPLA) ont attaqué la base locale de la LRA et j’en ai profité pour m’enfuir.

    J’ai marché trois jours, vivant de feuilles et de ce que trouvais au sol, jusqu’à ce que je retrouve un autre groupe d’enfants, évadés eux aussi. Huit d’entre eux se sont laissé convaincre de venir avec moi et nous avons fini par rencontrer un groupe de villageois qui ont pris soin de nous avant de nos aider à prendre contact avec l’armée ougandaise. C’est ainsi que nous avons pu rentrer chez nous.

    J’ai réchappé, vivante, des griffes de la LRA, mais cinq de mes compagnes de classe sont mortes en captivité. Les autres ont réussi, l’une après l’autre, à se libérer au cours des dix dernières années. Certaines d’entre elles étaient contaminées par le VIH/SIDA ; plusieurs ont eu des enfants des hauts gradés qui ont abusé d’elles. Dix ans après les événements que je viens de relater, deux de mes amies sont encore retenues en otages par la LRA.

    Je rends donc grâces à Dieu qui m’a permis de revoir ma famille. Je le remercie de m’avoir permis de reprendre mes études. Je suis retournée à Sainte Marie où j’ai achevé mon secondaire et puis je suis entrée à l’Université chrétienne de l’Ouganda, dans le sud du pays près de la capitale, Kampala. Ensuite, je suis passée au Collège Gordon à Boston, où je prépare actuellement la licence en communication. Quand j’aurai accompli ce cycle d’études, je voudrais d’abord travailler pendant une année et puis me remettre aux études en vue du diplôme de relations internationales et résolution des conflits. Je souhaite en effet me joindre aux personnes qui luttent jour et nuit dans l’espoir d’apporter la paix au monde.

    Mon histoire, hélas ! n’a rien d’exceptionnel. Elle illustre un drame devenu tellement commun que la peur d’un enlèvement caractérise aujourd’hui la vie quotidienne des enfants qui habitent dans des zones affectées par la guerre. Dans le Nord de l’Ouganda, comme ils ne bénéficient d’aucune protection, les enfants ont créé leur propre système de s’en tirer. Des milliers d’enfants vont tous les soirs à pied, sans personne pour les accompagner, vers les villes proches - qui peuvent se trouver à plus de 10 ou 15 km de distance -, où ils se sentent à l’abri de la LRA. Ils dorment par terre dans les rues du centre des villes ou dans des camps de fortune. Ces enfants sont maintenant connus comme "les navetteurs nocturnes". Récemment, la fréquence des attaques de la LRA a baissé et le nombre des navetteurs nocturnes a diminué à l’avenant. Mais, tout comme les hommes de la LRA m’avaient kidnappée en pleine nuit, c’est habituellement encore sous le couvert de l’obscurité qu’ils enlèvent les enfants. A cause de cela, la plupart des enfants du Nord de l’Ouganda ont maintenant peur de dormir la nuit dans leur propre lit.

    Pour plus d’information : http://www.worldvision.org/content.nsf/learn/globalissues-uganda-grace



    Témoignage de Claire Boche, 16 ans, membre du MEJ France, Mai, 2010


    Claire

    Si aujourd'hui j'ai envie de t'écrire ce message c'est pour te faire partager l'immense joie, le grand bonheur qui m'habite ! Du bonheur au quotidien, dans une multitude de choses, dans des petites attentions, dans des sourires, au cœur de rencontres formidables, du bonheur oui vraiment en toutes choses ! Alors c'est ça et vraiment ça cet éclat de la Lumière du Christ qui fait changer la vie, qui fait changer son regard ! Car oui, les choses n'ont pas changées j'en suis consciente, mon lycée est toujours le même depuis toutes ces années, mes camarades sont sans doute semblables à eux mêmes et la routine (métro-boulot-dodo) reste identique mais c'est mon regard, mon regard sur tout chose qui a changé! Le regard que je pose sur chaque personne, et la manière dont j'aborde chaque journée ! C'est une drôle d'aventure qu'il nous est donnée de vivre, qu'Il nous a donné de vivre. Une aventure qui finalement m'emporte plus loin que je ne l'aurais cru... Cette Petite Lumière de Dieu elle habite chaque journée, elle est la au cœur de la vie qui s'éveille! Elle était la depuis toujours, je le sais mais elle n'avait le droit qu'a mon indifférence, mon inattention! Maintenant je sais qu'elle est là, cette petite Lumière, cette présence de Dieu en toute chose, et ça change la vie. Au début ce n’est pas évident même cela parait impossible, il n'y a pas de déclic d'un coup TADAM!, tout parait plus beau… non c'est venu progressivement comme tu as pus le voir dans les mails que je t'ai envoyé. Petit à petit, je l'ai apprivoisée cette petite Lumière, cette amour débordant, cet éclat nouveau, ce n’était pas "habituel" pour moi cette beauté qui illumine le cœur et l'esprit. Mais Dieu ne s'impose pas et oui, c'est progressivement qu'il est arrivé, sans bruit mais avec force et éclat !

    Avant Dieu et ma vie ça faisait deux, maintenant je sais que la route de chaque jour est à ses cotés ! […] Depuis quelques semaines j'apprends a dire merci a Dieu..Oui, merci..Pas évident de lui dire merci quand on a l'impression que tout dérape, c'est tellement plus simple d'arriver avec son flot de demandes...mais finalement je me rends compte qu'il y a une infinité de choses dans chaque jour pour lesquelles nous pouvons remercier Dieu...

    Je découvre donc, avec la prière, avec un autre regard posé sur le monde, avec l'équipe du MEJ que j'anime... je découvre ... et j'ouvre les yeux émerveillés sur ce monde qui finalement n'est pas aussi gris que je pensais... rien n'est acquis et rien ne serra jamais tout a fait découvert mais voila, j'avance avec le sourire, avec confiance !

    Mon sourire ne me quitte presque plus jamais et je sens en moi que Dieu n'est plus comme un fardeau (honte de s'avouer catholique, la messe vue comme une contrainte...) mais comme un pilier, un tremplin sur qui je m'appui encore et encore et qui me pousse, plus loin sur la route de la vie, sur Sa route ! Le Bonheur est donc là, en nos cœurs ! Et plus je porte au delà de mon cœur, au delà de l'indifférence cette Petite Lumière plus je suis heureuse ! Comme quoi, donner enrichie !



    Témoignages des jeunes du MEJ Liban lors d’un camp fait en Jordanie, en 2009


    MEJ Libain

    « J’ai grandi en confiance et en responsabilité... Je peux parler sans peur de l’Evangile et du Christ. Je suis vraiment un disciple du Christ et je veux continuer la mission dans ma vie personnelle avec mon entourage ! »

    Georges Adem - 16 ans


    « J’ai compris l’importance de la vie, des parents et des amis... Je ne tiens plus vraiment aux choses matérielles ».

    Jhon-Jacques Charo - 16 ans




    « J’ai découvert que Dieu est présent en moi à tout moment ! J’ai redécouvert le sens d’être chrétien ! »

    Youmna Abboud - 17 ans


    « J’ai réalisé la chance que j’ai d’être une chrétienne du Liban... J’emporte avec moi le bonheur d’avoir semé la joie chez les petits enfants ! »

    Karen Abou Assi – 16 ans


    « J’ai découvert combien il y a des personnes profondément blessées mais qui gardent la foi ! Combien il y a des gens qui ont besoin de nos prières... J’ai compris que Dieu est ce qui compte le plus dans la vie... Il est présent à chaque instant de ma vie ! Nous devons lui faire entièrement confiance et lui confier notre vie... ».

    Grace Fakhry- 19 ans


    « Je suis un être nouveau ! J’emporte avec moi, la satisfaction, la paix intérieure, la joie de servir, l’amitié et que de beaux souvenirs ! ».

    Nour Nakhoul- 19 ans





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